La France va-t-elle enfin restituer à l’Algérie le canon «Baba Merzoug» ?

baba Macron
Le canon érigé en colonne dans la cour de l’arsenal de Brest. D. R.

Par R. Mahmoudi – Le président français, Emmanuel Macron, a réitéré, mardi, son engagement à mener des «restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique». Le chef de l’Etat français, qui s’exprimait en marge de son entretien avec son homologue béninois à Paris, Patrice Talon, avait soulevé cette question lors de sa tournée en Afrique en novembre dernier, et plus précisément à Ouagadougou.

Pour ce faire, Macron a nommé deux experts qui ont jusqu’à novembre pour étudier et livrer leurs recommandations sur la restitution des œuvres africaines et examiner les conditions dans lesquelles les œuvres pourront être rapatriées et mises à l’abri dans leurs pays d’origine, a rapporté Radio France Internationale (RFI).

Pour rappel, Patrice Talon avait déjà réclamé les œuvres de son pays à la France en 2016 mais le gouvernement de François Hollande avait formellement refusé. L’occasion pour l’Algérie de rappeler sa demande, introduite depuis plus de six ans auprès du gouvernement français, de restituer à l’Algérie 158 objets appartenant au patrimoine mémoriel de l’Algérie et conservés en France depuis l’époque coloniale.

Parmi ces objets précieux figure le mythique canon surnommé «Baba Merzoug» qui pèse 12 tonnes, et sa longueur est de 7 mètres. Il s’agit d’un butin de guerre ramené le jour même de la prise d’Alger, le 5 juillet 1830, par l’amiral Guy Duperré. Il se trouve depuis 1833 érigé en colonne dans la cour de l’arsenal de Brest. Selon les historiens, ce canon, dont la portée est exceptionnelle pour l’époque, a été fabriqué par un fondeur vénitien en 1542 sur une commande du Turc pacha Hassan, fils et successeur de Kheirredine Barberousse.

Parmi les objets figurant sur la liste, le gouvernement algérien réclame également les effets personnels du dey d’Alger et, plus important encore, les crânes de 37 résistants algériens du XIXe siècle, et notamment de la révolte héroïque des Zâatchas en 1848, conservés au Musée de l’Homme de Paris. Après moult tergiversations, l’Algérie a demandé officiellement, début janvier 2018, la restitution de ces crânes et la récupération des archives (copies).

A cet effet, deux demandes ont été déposées par l’ambassadeur d’Algérie à Paris au bureau du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Cette démarche faisait suite aux discussions qui avaient eu lieu le 6 décembre dernier, à Alger, entre le président Abdelaziz Bouteflika et son homologue français, Emmanuel Macron. Ce dernier avait, alors, exprimé sa disponibilité à restituer à l’Algérie les crânes des résistants et une copie des archives couvrant la période allant de 1830 à 1962. Mais des spécialistes français avaient expliqué que le processus de déclassification de ce patrimoine risquait de prendre du temps, puisqu’il faudrait qu’un projet de loi soit élaboré par le gouvernement, puis déposé et adopté par l’Assemblée nationale et ensuite le Sénat.

R. M.

Comment (2)

    Anonymeplus
    8 mars 2018 - 14 h 57 min

    Restituer les 500 tonnes d’or que la france a emprunté des caisses de la régence d’Alger. Certains parlent même de 800 tonnes que la france ne pouvait pas rembourser, d’où le débarquement de 1830 prétextant un affront alors que le réel objectif était double :
    – envahir et coloniser l’Algérie
    – ne jamais rembourser l’or emprunté

    Zaatar
    7 mars 2018 - 7 h 49 min

    « La France va t’elle restituer le canon de Baba Merzoug » titre Monsieur R. Mahmoudi, si l’on tient compte de la nature de nos relations avec la France dans les coulisses et de ce qui se dit ça et là de chacun sur l’autre en officieux, la France restituera plutôt que baba Merzoug, mais Baba Bahri…

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