Elaborer un dossier pour classer le jardin d’Essai du Hamma comme «site naturel universel»

jardin d'Essai classement site naturel universel par l'Unesco
Le jardin d'Essai du Hamma. D. R.

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a mis l’accent sur la nécessité d’œuvrer pour élaborer un dossier permettant de classer le jardin d’Essai du Hamma comme «site naturel universel» afin de le soumettre à l’Unesco, conformément aux conditions et aux normes internationales.

«Ce jardin, qui est considéré comme l’un des plus importants au monde, comprenant de rares espèces végétales, doit être classé comme site naturel et culturel universel», a indiqué M. Mihoubi à l’occasion de la conférence internationale sur le jardin d’Essai du Hamma, faisant état de la création d’un groupe d’experts ainsi qu’un groupe relevant du ministère de la Culture pour élaborer un dossier de classement du jardin selon les normes et les conditions internationales exigées afin de le soumettre à l’Unesco.

L’objectif de cette conférence, à laquelle assistent des spécialistes italiens, français, britanniques et espagnols, est de permettre aux étrangers, dont les membres du réseau international des parcs mondiaux, de connaître de plus près les richesses de ce jardin, à l’instar des rares espèces végétales et des statues antiques, qui méritent d’être classés comme monument naturel et culturel universel.

M. Mihoubi a rappelé que ce jardin formait un lieu de tournage de plusieurs films, à l’image du film Tarzan en 1932, d’autant plus qu’il était source d’inspiration de plusieurs artistes et sculpteurs qui ont mis leur touche artistique à travers des statues reflétant l’environnement algérien, indiquant que ce jardin antique a une histoire culturelle, scientifique et environnementale par excellence.

Il a indiqué, dans un contexte lié, que cette conférence permettra aussi de «mettre en place une plateforme» afin d’élaborer un dossier et de le soumettre à l’Unesco pour le classer comme «site culturel universel».

De son côté, la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma-Zahra Zerouati, a mis en avant l’importance du jardin d’Essai du Hamma sur l’aspect scientifique et culturel, soulignant que cette rencontre «permettra d’échanger les expertises et les expériences avec les pays étrangers qui disposent de jardins botaniques mondiaux».

Etant donné que le jardin du Hamma contient plusieurs espèces végétales rares, Mme Zerouati a mis l’accent sur l’importance d’assurer une sensibilisation afin de préserver ces espèces et «de mettre en place une banque environnementale où toutes les espèces végétales rares en Algérie seront recensées».

«L’investissement dans la diversification biologique est le seul garant d’une sécurité alimentaire et d’un développement durable, notamment avec le phénomène des changements climatiques», a-t-elle affirmé.

Après avoir considéré que le jardin du Hamma est «un monument exceptionnel pour le pays» qui a préservé son héritage végétal depuis sa création en 1832, le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a indiqué que l’objectif essentiel de cette conférence est de permettre aux spécialistes internationaux de connaître de plus près les richesses de ce jardin.

Il a rappelé que «le président de la République accorde un intérêt particulier» à la réhabilitation des richesses environnementales du jardin, soulignant que le jardin a accueilli en 2017 plus de 1,3 million de visiteurs.

«Le deuxième objectif de cette conférence est l’échange d’expériences et d’expertise et la création de domaines de coopération entre l’Algérie et les pays participants à cette conférence», a-t-il poursuivi.

Pour sa part, la présidente du Conseil scientifique du jardin du Hamma, Nassima Yahi, a fait état de l’organisation de plusieurs ateliers à l’occasion de cette conférence avec la participation d’experts de Grande-Bretagne, d’Espagne, d’Italie et de France. En outre, des travaux d’inventaire des espèces botaniques du jardin seront entrepris au niveau du jardin, qui connaît depuis deux jours des visites élargies et précises effectuées par ces experts.

Elle a affirmé que les experts étrangers ayant visité le jardin ont exprimé leur étonnement quant au non-classement de ce dernier comme patrimoine mondial depuis longtemps, car répondant aux conditions et critères internationaux en la matière.

Lors de cette conférence, l’expérience des jardins mondiaux (jardins de Kew au centre de Londres) a été présentée par l’expert Timouti Pierece.

Le directeur du jardin d’Essai, Abdelkrim Boulahia, avait présenté un exposé détaillé sur les activités du jardin ainsi que sa couverture végétale, ses animaux et ses établissements.

Il a souligné l’intérêt de cette conférence internationale sur le jardin d’Essai qui «va permettre de jeter la lumière sur le grand potentiel et les richesses botaniques du jardin, lui permettant d’être élevé au rang des jardins du monde».

«Une convention va être signée, à cette occasion, entre le jardin du Hamma et le parc zoologique de Jerez (Espagne) en vue d’échanger les compétences et des espèces d’animaux menacées d’extinction (issus, en particulier, d’Afrique et d’Algérie)», a affirmé le membre du Conseil scientifique du jardin, Fellous Djerdini Amina.

Plus de 150 participants, dont des membres de la Conservation internationale des jardins botaniques (BGCI) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ont pris part à cette conférence internationale sur le jardin du Hamma d’Alger.

Ont pris part à cette conférence le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazgui, le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, et la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati.

R. N.

Comment (8)

    Djeha Dz.
    10 avril 2018 - 7 h 18 min

    «Ce jardin, qui est considéré comme l’un des plus importants au monde, comprenant de rares espèces végétales, doit être classé comme site naturel et culturel universel»
    Ah la belle trouvaille !! Considéré par qui ???????
    Nous sommes devenus les champions du monde de la vantardise, souvent aveuglés par un chauvinisme stérile et ridicule. Ce besoin de vouloir briller à tout prix, se hausser au niveau universel c’est bien, mais faut-il aussi en avoir les capacités et la mentalité??
    Je connais ce jardin depuis les années 60 et j’y allais souvent. Sa dégradation a commencé vers la moitié des années 70, comme du reste la dégradation de la ville d’Alger.
    Je n’y ai plus mis les pieds depuis 3 ans, j’espère sincèrement que ça a changé en mieux. Cet espace magnifique mérite d’être mieux valorisé et conservé.
    On n’y arrivera pas tant que dans les lieux publiques on ne trouve pas des WC aux standards d’hygiène impeccables et que la vue des immondices qui envahissent les espace urbains et sera inacceptable.
    L’activisme politique n’y pourra rien. Plus de civisme et de culture pour tous dans un cadre de politique d’EDUCATION nationale et l’Algérie deviendra un Eden.

    Nostalgia
    9 avril 2018 - 21 h 33 min

    Le jardin d’essais du Hamma n’est pas un site naturel, c’est un site artificiel créé par les agronomes français pour des essais d’introduction d’espèces exotiques. (…) Il est, hélas, en dégradation permanente alors qu’il figurait parmi les jardins les plus intéressants et les plus beaux du monde. Nous avons détruit ce pays plus vite que ne le ferait un cataclysme naturel.

    Farid1
    9 avril 2018 - 20 h 20 min

    Feu mon père nous accompagnait au jardin…. Maintenant je prends mes enfants au jardin…Il est toujours aussi beau, bien entretenu,…j’y vais souvent en famille

    Anonyme
    9 avril 2018 - 15 h 54 min

    De grace,fermez ce jardin a tout jamais ce jardin, laissez la nature tranquille, notre peuple est incivile dans 15 ou 20 ans ce jardin va disparaitre,

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    mhamed
    9 avril 2018 - 11 h 34 min

    j’y étais une fois et marchant dans la belle avenue bordée d’arbres majestueux j’ai pris toute le poussière du monde grâce aux occupants du véhicule de la direction qui roulait à toute allure pour rejoindre les bureaux. Je n’ai plus remis les pieds dans ce cadre magnifique. Alors signez ce que vous voulez l’incivisme règnera en maître.

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      mouatène
      9 avril 2018 - 16 h 27 min

      moi aussi j’allait tous les dimanches. c’était il y a 60 ans de cela. le ticket d’entrée on le payer  » setta dorro « . on allaient surtout pour taquiner « t’chitta » la guenon. on achetaient des arachides et en cours de route on prenaient soin d’ouvrir la coquille en deux pour manger le fruit et la recoller. on donnaient les coquilles vides à t’chita et ça la rendait folle. haaa le jardin d’essai, quelle grande merveille de l’enfance.

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    Zaatar
    9 avril 2018 - 10 h 59 min

    Le dossier à élaborer est surtout celui de l’affaire connue sous le nom de la statue la baigneuse.

    Anonyme
    9 avril 2018 - 6 h 38 min

    ….:::le jardin d essai et une merveille

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