Des bavures à crever les yeux

islamisme FIS
Les nervis du FIS changent de déguisement : costume et tenue sport. New Press

Par Saadeddine Kouidri – A la fin des années 1940, les militants les plus engagés, c’est-à-dire les Révolutionnaires qui allaient allumer le feu du 1er Novembre 54, n’étaient pas originaires de la même classe sociale.

En leur sein existait un clivage originel, que l’activité militante estampait, mais dont les contours allaient resurgir crescendo, surtout chez les responsables. Nous savons que la première direction de la lutte de libération était pour l’option socialiste.

Et voilà que le 18 septembre 1958, le premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), qu’on peut assimiler à la deuxième direction, est confié à Ferhat Abbas, pour laisser croire au monde capitaliste que la Révolution était bourgeoise et démentir ceux qui taxaient les moudjahidine de communistes. Les tenants du projet socialiste sont, depuis, mis à rude épreuve même si paradoxalement l’image d’un bourgeois à la tête du GPRA consolidait le chemin de l’indépendance. On peut dire que, depuis, la Révolution a laissé son âme, c’est-à-dire cette intelligence d’un peuple libre d’initiative, sans pour autant y laisser sa peau.

Faire de l’histoire sans tenir compte de la lutte de classes nous invite à un éternel recommencement et préserve le système politique de toute alternative.

Juger les différends entre les leaders en dehors de ce clivage a toujours pour effet d’assimiler cette démarche à une tentative de rabaisser la lutte du peuple. C’est toujours une raison secondaire qui est évoquée par les historiens de la bourgeoisie pour reprendre à leur avantage les combats qu’ils avaient perdus. La stratégie de leurs maîtres leur dicte de nier l’existence de la lutte de classes pour faire de leur système capitaliste l’unique, l’éternel, le divin !

L’Algérie de l’espoir, c’est-à-dire celle qui est à la fois démocratique, sociale, laïque et écologique est toujours contrée par des féodalités locales, au service de l’international, à l’instar d’une cinquième colonne, jusqu’au jour où son aile la plus radicale, adossées au terrorisme, ose déployer l’étendard des wahhabites, comme ils l’ont fait jusque dans nos stades au début des années 90.

La lutte de libération portait les deux projets de société antagoniques. La lutte anticolonialiste était du ressort de tout le peuple, car l’ennemi était un étranger. Ce n’est pas le cas dans un pays indépendant où la bourgeoisie s’oppose naturellement à l’émancipation de la majorité du peuple. Cette émancipation ne peut se faire que démocratiquement. C’est la raison qui fait que pour les islamistes, elle est impie, elle et tous ceux qui la revendiquent. Tandis que le pouvoir la neutralise, opportunément, sournoisement, jusqu’à la répression de 2001 en Kabylie et jusqu’à cette crise de l’APN aujourd’hui.

Chadli considérait l’ingérence d’un ministre dans les affaires de l’entreprise économique comme un délit pénal, mais pas la violence du FIS contre les citoyens ! Dans le domaine économique, il était donc permis de couler une entreprise sans que la tutelle ne puisse s’en mêler, tout en permettant aux islamistes de tuer sans que les forces de l’ordre ne puissent intervenir.

En outre, les élections étaient pratiquées avec ceux qui qualifiaient la démocratie d’illicite avec un gouvernement qui qualifiait les élections de propres et honnêtes.

On entend dans les télés privées ceux qui condamnent l’arrêt du processus électoral et ne pipent mot sur la cause, la cause principale qui n’est autre que la violence du FIS qui l’avait engendré. Oublier la raison tout en condamnant la violence de l’armée enterre la vérité et les crimes des GIA, du FIDA et autre AIS, ces ancêtres de Daech.

Mohammedi Saïd, l’ancien colonel dirigeant de la Wilaya III, confirme «avoir donné en 1957 l’ordre du massacre de la population masculine de Melouza». C’est au nom de cette même politique de la violence contre le peuple que, plus de trente ans après, ses frères commettront les Bentalha.

A la veille des élections législatives de 1991, «Le vive Dieu !», c’est comme ça qu’il terminait ces discours, menaçait les électeurs en affirmant du petit écran de l’Etat que «le bulletin de vote est sacré et quiconque ne votera pas pour le FIS en sera comptable devant Dieu», tout en décrivant l’accoutrement obligatoire que les hommes et les femmes devraient porter après la victoire du FIS aux élections.

Il est utile de rappeler à ceux et à celles qui continuent à condamner l’arrêt du processus électoral au nom de la démocratie et en prétextant que Chadli était en mesure d’assurer le pouvoir et particulièrement à Ali Benouari, du mouvement Mouwatana, ce qu’écrivait Alger Républicain le dimanche 12 mars 1991. Il rapporte que deux responsables du FIS affirment que : «Si nous sommes majoritaires, nous suspendrons la Constitution, nous interdirons les partis laïcs et socialistes, nous appliquerons immédiatement la charia et nous expulserons le président de la République.» La violence que pratiquaient les adhérents à ce parti laissait présager le pire, sauf pour la majorité des obscurantistes, des affairistes du marché noir… et des ministres de Chadli.

Ceux qui avaient détourné le mouvement du 5 octobre 1988 étaient à l’offensive depuis bien longtemps. Il suffit de rappeler qu’en :

– 1984 : l’Assemblée populaire nationale a voté le code de l’infamie et que cette même année Mahfoud Nahnah et Ali Belhadj condamnés, dans l’affaire dite «Bouyali», étaient graciés par Chadli.

– 1985 : l’école de police de Soumaâ, près de Blida, est attaquée et plusieurs élèves sont égorgés le jour même de la fête de l’Aïd.

– 1989 : dans la nuit du 22 au 23 juin, des adeptes du FIS, agissant en tant que police des mœurs, brûlent la maison de Dekkiche Saliha à Makhadma, aux environs de Ouargla, où l’enfant de quatre ans de cette femme divorcée périt dans l’incendie.

– 15 août 1990 : Chadli décrète l’amnistie générale pour les terroristes. Ces terroristes qui encadreront les armées du FIS.

Et, depuis, le pouvoir et son opposition politique nous invitent à oublier, à effacer les événements, les crimes, les victimes et à ne retenir que les «bavures» de l’armée.

Par conséquent, il est vital de cultiver la mémoire pour pouvoir entamer un programme politique crédible.

S. K.

Comment (14)

    Le Français
    23 octobre 2018 - 22 h 22 min

    « Mohammedi Saïd, l’ancien colonel dirigeant de la Wilaya III, confirme «avoir donné en 1957 l’ordre du massacre de la population masculine de Melouza». C’est au nom de cette même politique de la violence contre le peuple que, plus de trente ans après, ses frères commettront les Bentalha. »

    On a mis dans la tête des algériens que le massacre de Melouza était l’œuvre des français car on ne veut pas (ceux qui gouvernent) qu’ils sachent que la guerre d’indépendance ne s’est pas faite dans l’unité bien au contraire, une majorité des combattants voulait d’un état méritocratique où tous les algériens auraient leur chance mais une minorité (le FLN, à ne pas confondre avec l’ALN) voulait consolider son pouvoir.

    Karamazov
    22 octobre 2018 - 12 h 27 min

    En effet , on dirait que la constitution n’est qu’une vitrine pour l’extérieur qui peut instaurer l’égalité des sexes et la liberté de conscience et les contredire et dans son texte et dans les lois . Il faut mettre ça sur le compte de notre culture arabo-musulmane . C’était déjà dans le texte du congrès de la Soummam : « dans le cadre de l’islam » et Islam religion d’Etat dans la constitution.

    Tout à fait d’accord avec vous sauf sur l’essentiel : Vous considérez que les islamistes et ceux qui dominaient le pouvoir faisaient partie de deux mouvements séparés et antagonistes , alors qu’ils ne faisaient qu’un, les uns et les autres n’étaient que concurrentiel pendant la révolution et après. On ne peut pas dire que la concurrence mine le capitalisme alors qu’elle le sert.

    Je rejoins Abou Stroff ,quant à l’existence d’une bourgeoisie indigène et par conséquent d’un prolétariat auxquels on opposerait une théocratie féodale. Je vous rappelle que c’est pour ces raisons-là qu’on a assimilé les marxistes ( pardon Abou Stoff) aux colonialistes. Dans les pays colonisés les plus avancés ce ne sont pas les paysans indigènes qui ont lutté pour l’indépendance de leur colonie. Et vous savez ce que la révolution russe a donné malgré tout son volontarisme dont on ne peut pas affirmer l’existence chez nous où les ruses de guerres et la compromission ont dominé.

    Je ne voudrais pas sombrer dans un fatalisme béat mais je crois qu’on ne pouvait pas y couper.

    Tarass Boulba
    22 octobre 2018 - 9 h 59 min

    Cher @fatigué 21 octobre 2018 – 14 h 40 min , être pour le libéralisme ou le capitalisme (et donc contre le socialisme) ne veut pas dire être bourgeois ! C’est à vous de vous documenter sur la définition de modes de production économiques et de classes sociales. Mes respects !

    MELLO
    21 octobre 2018 - 20 h 50 min

    Monsieur Kouidri, votre analyse mérite bien lecture, mérite tout autant réflexion, car beaucoup de zones d’ombres doivent être éclaircies. Très méritant comme rappel les événements de la colonisation, celui du placement de Ferhat Abbés à la tête du GPRA. Mais , mais juste après 1962, la lutte interne de la partie Algérienne à été « zappee ». En effet le coup d’État de l’état major contre le GPRA fut le grand tournant de cette Algérie indépendante. Par la suite ,tout, absolument tout découle de cet acte odieux. Le GPRA et l’Assemblée Nationale Constituante ainsi que le reste des institutions, notamment judiciaire disparaissent, n’est ce pas Me Benyoucef Mellouk ? Deuxième dérapage fut l’institution de ce weekend en Jeudi Vendredi (repos hebdomadaire ) par ordonnance 76/77 du 11/08/76. Mais qui est derrière ? Les Oulémas -de Constantine -qui ont sollicité Boumedienne suite au déplacement du cimetière musulman de Constantine permettant la réalisation du projet cher au président l »université de Constantine. Premiere concession aux islamistes, suivie de toutes celles qui permirent aux chefs de cette nébuleuse d’être absous de leurs « crimes ». Alors , pourquoi, la légalisation du FIS par les services du Ministère de l’intérieur ? Et cette légalisation ne vient pas seulement de Chadli, puisque là première structure qui donne son accord c’est le DRS -anciennement SM.
    Personnellement, le phénomène islamiste en Algérie, à été bien cultivé afin de verrouiller toute initiative démocratique qui engendrera, de fait, la fin de ce pouvoir. L’islamisme politique à été mis sur rail, délibérément, le contrôler quitte à provoquer des pertes de vies humaines pour permettre à ce pouvoir de sauvegarder sa place à la tête de ce pays. Aujourd’hui, cet islamisme prend une autre tournure en s’imprégnant du phénomène social avec de plus en plus de jeunes qui y plongent ,dangereusement. Que fait l’État ?.

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      Kouidri Saâdeddine
      22 octobre 2018 - 5 h 58 min

      Tout en légalisant le FIS, l’identité socialiste a été effacée de la Constitution et a donné automatiquement plus de poids aux forces qui avaient inscrit l’islam religion de l’Etat. Cette utilisation de l’islam est le début officiel de l’islamisme qui est le résultat de l’aile radicale de ceux qui ont toujours été contre la promotion de la femme, contre la Réforme agraire, contre l’enseignement et de la santé gratuits. En un mot, cette aile représente ceux et celles qui sont contre l’émancipation de la majorité mais seulement de la minorité (une émancipation qui se limitent à leurs propres progénitures masculine). Il faut rappeler que le code de l’infamie voté en 1984 a minorisé la femme contrairement à la Constitution ou la femme est l’égale de l’homme . Si le monde est dominé par le capitalisme ; les luttes sans discontinuité des peuples pour s’émanciper de ce système qui a comme base l’exploitation de l’Homme par l’Homme sont menées avec des moyens plus ou moins développés dans chaque région et donc un niveau de conscience politique plus ou moins élevé . En schématisant on dira que le système politique mondial est comme une médaille dont l’une des faces est le capitalisme et son revers le socialisme. Quand la majorité des peuples prendra conscience de son appartenance de classe nous passerons crescendo, à la Möbius, de la face à son revers.

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    ceux que la société a vomi !
    21 octobre 2018 - 19 h 20 min

    il faut que les gens constatent le vrai tableau en se rendant à l’évidence que :
    les salafo intégristes NE SONT PAS PLUS MUSULMANS QUE VOUS ET MOI , NON NON ET NON , DETROMPEZ VOUS ! ,
    CE SONT JUSTE CEUX QUI N’ONT PAS RÉUSSI L’INTÉGRATION DANS LA SOCIÉTÉ ,

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    Abou Stroff
    21 octobre 2018 - 16 h 04 min

    je pense que la « dynamique » de la formation sociale algérienne est incompréhensible si nous ne désignons pas et si nous ne comprenons pas la « rente » en tant que rapport social dominant, rapport qui structure totalement la dite formation et lui donne son cachet particulier.
    ceci dit, il me semble qu’évoquer une classe bourgeoise algérienne ou tout autre classe sociale d’une formation sociale capitaliste relève d’une pensée idéaliste qui ne saisit pas la nécessité d’analyser concrètement une situation concrète.
    je pense que, contrairement aux apparences, il n’y a aucune contradiction antagonique entre la marabunta qui nous gouverne et dont le parrain du moment est kouider el mali et la vermine islamiste.
    en effet, la marabunta et la vermine sont le produit direct d’un système basé sur la distribution de la rente et se reproduisent uniquement grâce à la distribution de la rente. en termes simples, les conflits entre les deux fractions d’un même pôle émergent uniquement lorsque la distribution de la rente ne semble pas équitable à l’une des fractions.
    c’est ainsi que la décennie dite noire s’est terminée (après la mort de 200000 quidams qui, pour la plupart, n’étaient concernés, ni de près, ni de loin par le « conflit ») par une redistribution des cartes qui a permis à la vermine islamiste de recevoir une plus grande part de rente. ainsi, la marabunta représentée par boutef et la cour qui lui sert de (…) siphonne une partie de la rente grâce à son monopole sur la distribution de la rente tandis que la vermine islamiste récupère une partie de la rente grâce à son quasi-monopole sur le commerce formel et informel.
    moralité de l’histoire: il n’y a que les niais qui croient que la marabunta qui nous gouverne et la vermine islamiste ont des intérêts opposées. en fait, leurs intérêts sont convergents et l’intérêt de la marabunta, après avoir épuisé le discours nationaliste auquel quasiment plus personne ne croit, a tout intérêt à faire sien le discours islamiste qui lui permet de se maintenir au pouvoir.
    c’est d’ailleurs, en ce sens, que l’on peut comprendre pourquoi la marabunta et la vermine développent, à quelques nuances près, les mêmes pratiques archaïques et les mêmes discours décalés par rapport aux enjeux du moment.
    c’est d’ailleurs, en ce sens que les éléments qui constituent la vermine islamiste ne revendiquent plus l’érection d’une dawla islamia puisque la marabunta est, malgré les apparences, en train réaliser le projet de la vermine.
    PS1: il faut néanmoins reconnaitre que les patriotes algériens ont, depuis l’arrivée de kouider el mali sur un char de l’armée, baissé la garde et semblent se complaire dans une situation qui ne peut être qualifiée que de suicidaire.
    PS2: au sein d’un système basé sur la distribution de la rente il n’y a (en caricaturant un petit chwiya) que les rentiers du système (ceux qui monopolisent la distribution de la rente et s’enrichissent, par la même occasion et qui peuvent hisser le drapeau du « nationalisme » ou celui de l’islamisme), d’une part et les tubes digestifs ambulants qui reçoivent des miettes de rente des premiers, d’autre part. les premiers s’enrichissent (ne pas confondre enrichissement et accumulation du capital) grâce à leur proximité vis à vis robinet de la rente ou à leur monopole sur les commerces formel et informel tandis que les seconds réduits à des êtres amorphes attendent des premiers qu’ils soient alimentés.
    PS3: enfin on peut distinguer, au sein du système basé sur la distribution de la rente, un ensemble minoritaire qui prend ses désirs pour la réalité et discourt sur la république, sur la démocratie, les droits de l’homme, les élections propres et honnêtes, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, etc..
    il me parait inutile de souligner que dans un tel système (le système basé sur la distribution de la rente), il n’y a quasiment pas de luttes de classes au sens propre du terme.

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    Anonyme
    21 octobre 2018 - 14 h 08 min

    Je ne vois pourquoi vous vous attaquez à Ferhat Abbès qui était un pur légaliste en le traitant de bourgeois »wlid familia « ça Oui!!!
    En tout cas si on l avait laissé on ne serait pas dans cette situation de coup d état permanent depuis 1962..
    Les violents et les sans scrupules ont volé le pouvoir et on vit la pire dictature qui au nom de la révolution s en fout complètement du peuple!!!
    Si des sondages se réalisent actuellement la majorité des algériens choisiraient le maintien de la colonisation française car là au moins l ennemi est identifiable….
    Ils ont fait du peuple,un peuple sans cervelle préoccupé plus par l au delà que la vie sur terre,des tubes digestifs à remplir point barre pendant qu eux en profitent au maximum….

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    Tin-Hinane
    21 octobre 2018 - 13 h 59 min

    La photo illustre très bien le FIS, cet enfant de la trahison, fabriqué par l’occident et les juifs. Comment osent ils se montrer de nouveau?
    Je ne sais pas si on peut vraiment parler de lutte de classe en Algérie quelque soit la période, avons nous aujourd’hui et avons nous eu hier vraiment une classe exploitante et une autre exploitée, je ne crois pas. Cette organisation sociale est spécifique à l’Europe car indo-européenne. Tout comme en Inde où cette organisation sociale est érigée en religion: l’hindouisme, l’Inde et sons système de castes et l’Europe indo-européenne et son système de classes, plus qu’un schéma social c’est un schéma mental, il est donc vital pour l’occident de mondialiser cette aberration car ils étaient de plus en plus rejetés par des peuples qui ne voulaient de cette organisation sociale injuste et cruelle. Ils ont su trouver des complices dans tous les pays du monde, tous les éclopés mentaux, tous les archaïques, tous les inadaptés, tous les réactionnaires, tous ceux qui n’ont pas les moyens ou qui ne veulent pas fournir l’effort de progresser les ont rejoints, ce sont deux mondes qui se sont opposé et s’opposent encore: ceux qui veulent avancer ver la lumière et ceux qui veulent continuer à patauger dans l’obscurantisme. Pour en revenir aux années 90 et à la décennie noire, aurions nous pu l’éviter? je ne crois pas, l’Algérie a été attaqué avec une rare violence car il fallait absolument l’abattre pour qu’en aucun cas ce pays ne serve de modèle. Le monstre capitaliste voulait abattre tous les pays qui s’étaient affranchis, surtout ceux qui l’avaient fait par une révolution et le nôtre était en bonne place. On a vu d’autres pays s’effondrer, disparaitre comme la Yougoslavie, les occidentaux n’allaient pas permettre aux pays socialistes de réussir, il était urgent pour eux de les détruire et de répandre le chaos. Malgré les moyens faramineux qu’ils ont mis dans cette entreprise il semblerait bien qu’ils ont bel et bien perdu et qu’ils sont en train de s’effondrer.
    Nous n’oublierons pas, je ne crois pas qu’il ait un seul algérien digne de ce nom qui oubliera le FIS et ses dérivés assassins, on feint d’avoir oublié car la bête occidentale n’est pas encore abattue et continue de s’agiter. Nous n’avons plus longtemps à attendre la bête est de plus en plus faible et démunie, ceux qui la servent le Fis, Daesh, El quaida et tous les autres ne font pas le poids ce ne sont que les larves des peuples, la chute de la bête est proche, l’intelligence et l’humanité finissent toujours par triompher, en tout cas il est me plait de le croire.

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      Ch'ha
      21 octobre 2018 - 21 h 02 min

      @Tin-Hinane
      Excellente analyse.

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    Anonyme
    21 octobre 2018 - 13 h 19 min

    Entreprendre pour décrire les différentes idéologies qui se sont revendiquées du Marxisme au xx siècle procure un vertige : celui lié à l’étude de leurs méandres fastidieux, qui déroutent par leur complexité.

    Les idéologies nées de la pensée originelle de l’auteur du Manifeste du parti communisme (1848) ont engendré une exégèse aussi considérable, donner naissance à des régimes politiques si nombreux, et structurer un siècle de la vie politique de nombreux pays du globe.

    Plusieurs points communs unissent ces doctrines : le monopole du parti communisme sur le pouvoir, le principe du centralisme démocratique, la nationalisation par l’Etat des moyens de production, une économie planifiée et non pas orientée vers le marché, l’appartenance à un mouvement communiste international et l’aspiration, du moins en principe, à la marche vers une société communiste sans Etat, sans classes et sans propriété privée.

    Mais, au-delà de ces convergences propres au marxisme-léninisme, stalinisme, trotskisme, maoïsme, titisme et castrisme, constituent autant d’avatars qui ont suscité en leur temps adhésions frénétiques et haines incommensurables.

    La plus part des Etats qui s’étaient engagés dans la construction d’une société communiste y renonèerent. En URSS, Mikhael Gorbatchev lance en 1985 un processus de « rénovation » qui aboutira à…la fin de l’ère soviétique. En Chine, Deng Xiaoping initie dès 1981 une immense réforme du système économique, ouvrant la voie à un capitalisme sous contrôle de l’Etat.

    De l’ex planète communiste, seuls subsistent à ce jour la Corée du Nord, Cuba et très formellement, la chine et le Vietnam, deux pays où le développement capitaliste bat son plein.

    L’idéologie du système algérien d’inspiration soviétique, a porté préjudice à son image. Elle a obéré et obère de nos jours tout développement d’un état fort, d’une république solide, d’une Algérie forte et conquérante dans ce monde de globalisation politiquement et économiquement injuste. Un monde qui se mue, avance, bouge.

    Le Président Chadli à été imposé par la force de la baïonnette. Mis sous tutelle, Il n’a pas su ou pu prévoir l’orage en temps clair. L’Etat algérien se trouva confronter aux affres du dépôt de bilan.

    La pénétration des islamistes, voulue et entretenue par les gardiens du système, s’appuie sur un discours moral et égalitaire qui met l’accent sur les principes coraniques d’équité, de justice sociale et de solidarité. Ce faisant, ils ont réussi à mobiliser les déshérités et une partie des classes moyennes en plein désarroi. Néanmoins, s’ils avaient accédé au pouvoir, ils se révéleront incapables d’améliorer le sort de la population algérienne.

    Pour comprendre la situation actuelle, nous devons faire le parallèle entre la Corée du Sud du général Park et l’Algérie du colonel Boumédienne.

    Après la mort de son dictateur, la Corée du sud a pris un virage à 180°. Intégrant l’O.C.D.E en 1976, elle s’est métamorphosée en un tigre de l’Asie alors que l’Algérie, malgré son potentiel humain et naturel est, au jour d’aujourd’hui, empêtrée dans les maux inhérents au sous développement pour ne pas dire en dépôt de bilan.

    A méditer.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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      Kouidri Saadeddine
      21 octobre 2018 - 14 h 27 min

      Merci pour votre commentaire .
      Il existe de part tous les temps deux sortes de propriétés, celle du privé et celle du public. De cette propriété découle le système politique .Il ne peut donc y avoir que deux systèmes diamétralement opposés. La propriété privée est dominante dans le monde . Nous sommes donc dans le système capitaliste. Il domine le monde et il ne permet pas à l’autre système d’émerger. La lutte entre les deux systèmes est naturelle. Si les riches défendent le capitalisme les autres défendent ce que les uns nomment socialisme et d’autres le communisme . Marx affirme que le communisme ne peut avoir cour qu’après la période capitaliste et malgré cet avertissement Lénine a juger bon de faire la Révolution dans une Russie loin d’être une puissance capitaliste pour instaurer le pouvoir des soviets. Il misait sur l’entrée en scène du puissant parti communiste Allemand et la première guerre mondiale aidant pour affaiblir l’adversaire. Il s’est rendu compte qu’il ne pouvait réussir et décida en mars 1921 une Nouvelle Politique Economique . Les recommandations de Lénine et le NEP n’ont pas été suivis par Staline. Les chinois semblent avoir compris l’erreur de Staline pour dire que si le monde a deux options, il n’y a qu’une qui domine et que tant que l’une domine, il faut travailler avec jusqu’à son terme c’est-à-dire jusqu’à son revers.

    Tarass Boulba
    21 octobre 2018 - 10 h 57 min

    Je ne comprends pas !!! Comment peut-on taxer Ferhat Abbès de représentant de la classe bourgeoise algérienne ? Est-ce que parce qu’on est pharmacien, issue d’une famille modeste mais néanmoins cultivée et éduquée … on doit être taxé automatiquement de .. « bourgeois » ! Je connais très bien la famille Abbès de la région de Taher (Jijel) et celle de Sétif, je n’ai pas vu en eux des … »bourgeois » !! C’est une bonne famille tranquille oui, mais pas des bourgeois !

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      fatigué
      21 octobre 2018 - 14 h 40 min

      Rappelez vous en 1976 quand Ferhat Abbes a co signé une déclaration anti charte nationale c’est à dire anti socialisme et qu’il a été mis en résidence surveillée par Boumedienne.
      Enfin si vous avez un certain age ou si vous vous êtes documenté sur le passé récent de l’Algérie.

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