L’Algérie et le Titanic

Bouteflika Ben Bella Algérie
Abdelaziz Bouteflika avec feu Ahmed Ben Bella. New Press

Par Bachir Medjahed – Si nous validons l’hypothèse que la phase de transition en Algérie aurait commencé avec la présidence Ben Bella et que cette phase non limitée textuellement dure le temps d’une génération, c’est Bouteflika que le sort a choisi maintenant pour clôturer celle-ci. La phase de légitimation par l’histoire. Bouteflika a été l’un des acteurs de l’ouverture de cette phase ; il «tombe bien» pour être celui qui en sifflera la fin en en devenant l’acteur prépondérant.

L’élection constituera-t-elle la solution ? Pour le moment, jamais une élection n’a pu à elle seule constituer LA solution, ni même une solution d’ailleurs. Nous sommes à un moment où l’Algérie est plus grande que nous tous et où l’ambition de chacun doit être l’Algérie. L’Algérie ne saurait être un autre Titanic.

C’est une charge lourdement historique ; autant historique que ne l’a été l’accès à l’indépendance nationale. Avec l’acquisition d’une nouvelle légitimité, nous sommes devant une sorte de nouvelle indépendance.

Voici venir maintenant le temps de ne plus surfer sur les vagues de la crise. C’est le temps de la consensualisation d’une démarche et d’une initiative devant la porter. Quelle nouvelle légitimité ? Si on fait entrer en politique l’argent comme nœud gordien, on aura une légitimité financière et les voix et les urnes seront soumises aux enchères. Nos nouveaux riches n’ont pas acquis leur fortune sur la base de leur contribution à l’industrialisation du pays, c’est-à-dire le développement. Les fonds publics ont construit des fortunes privées ici et là-bas.

L’Algérie a besoin d’un consensus partagé par tous. Peut-être est-il venu le moment de corriger notre entrée dans le multipartisme politique car le précédent a été une source permanente d’insécurité.

B. M.

Comment (6)

    TARZAN
    15 décembre 2018 - 19 h 18 min

    benbella l’homme qui a assassiné l’algérie en nous jetant dans les bras des russes (alliers de la france) en obéissant aux ordres de la france qui cherchait à se venger des USA qui soutenaient sans réserve l’indépendance de l’algérie. boumédienne a vu juste mais trop tard, benbella n’aurait jamais dû être président de l’algérie pour plusieurs raisons, il était le dernier des révolutionnaires algériens, un illettré, et pion de la france qui l’a mis président. et le détournement de l’avion je me demande si c’est pas coup franco marocain pour donner un poids politique à benbella

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    Anonyme
    10 décembre 2018 - 21 h 39 min

    C’est l’Algérie et le radeau de la méduse pas le Titanic .

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      Zaatar
      11 décembre 2018 - 9 h 25 min

      Qu’on n’appelera jamais « les copains d’abords », ces naufragès de la mort et de la colonisation.

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    La besace pétrolière
    10 décembre 2018 - 17 h 44 min

    Il est naïf de croire que la disparition ou la fin de mandat de Bouteflika va clôturer ce que l’auteur de l’article appelle  » la phase de transition en Algérie » ! Cette transition a bel et bien commencé en mars 62, c’est vrai mais elle n’est pas prête de s’arrêter avec la fin prochaine de Bouteflika, car cette « transition » a été perfusé dans le sang, les gènes et l’ADN de l’Algérie politique !! Ce n’est pas demain la veille pour de siffler la fin du match !! C’est ne pas connaître le pouvoir algérien de croire qu’il va lâcher prise ou passer le témoin à une autre génération, à un autre système de gouvernance politique. On ne crache pas sur la besace de la rente pétrolière, on ne l’abandonne pas alors qu’elle n’est pas encore épuisée , surtout qu’elle peut encore de ré-remplir !

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    Pour un scrutin honnête, responsable et respectée
    10 décembre 2018 - 13 h 10 min

    Un gouvernement ne peut tenir la légitimité du pouvoir et l’exercer en toute souveraineté devant son peuple autrement que d’un scrutin honnête, émanation collective de l’expression libre et responsable des Algériens.
    Mais pour cela, il faut que les Algériens, du moins la grande part, aient la volonté d’être d’une intégrité irréprochable, à commencer par ceux détenant des responsabilités (institutionnelle, économique, sociale..) jusqu’au simple citoyen.
    De la sorte, l’expression du scrutin sera respectée de tous.
    Autrement, celle-ci sera à chaque fois détournée aux profits d’intérêts spécifiques (démocratie de façade) et le pays ne sera vraiment pas gagnant.

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    Tin-Hinane
    10 décembre 2018 - 10 h 40 min

    Je n’ai pas l’impression que le peuple algérien s’arrangerait d’un système libéral ou néo libéral comme se plaisent à l’appeler certains. En fait ce système est un système de prédateurs malhonnêtes, cupides et scélérats. Et dans des pays comme l’Algérie c’est encore plus grave car les riches ne se fabriquent pas eux mêmes dans la mesure ou ils ne produisent pas d’abord et deviennent riches après grâce à leur travail ou à leur talents, non en Algérie les riches nous les fabriquons en leur octroyant des pans entiers de l’économie et ça c’est non seulement injuste et injustifié mais ce n’est pas normal. Le multipartisme non plus n’est pas une bonne chose, les partis sont un danger pour une nation, on peut les noyauter et les gruger de l’intérieur ce sont des silos à rats. L’article dit vrai nous sommes à un tournent majeur de notre histoire, il s’agirait de bien le prendre ce tournant, l’Algérie est en train de devenir plus grande que nous et il faudrait que nous soyons tous autant que nous sommes, pas seulement les autorités, à même d’accompagner notre pays dans son élan. J’espère de tout coeur que la bonne voie sera prise notre pays le mérite.

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