Contribution – Le pour et le contre d’une réélection d’Abdelaziz Bouteflika

Le Président
Le président de la République effectuera des «contrôles médicaux périodiques». D. R.

Par Dr Arab Kennouche – L’Algérie entre en période électorale dans un contexte délicat où le principe même d’une élection pluraliste, ouverte, démocratique, est discuté au nom d’une quête absolue de stabilité dont semblerait jouir actuellement le pays. L’idée fondamentale se résume en un mot, la continuité de l’ordre bouteflikien, sachant que les quatre mandats conduits par Bouteflika, selon la thèse avancée, ont permis au pays de recouvrer une relative stabilité politique ainsi qu’une aisance économique affichée comme des conquêtes qu’ils ne faut pas gâcher.

L’argument est de taille, car il consiste à dire que cette période est encore positive, même si beaucoup de choses restent à revoir, donc autant continuer ainsi. Aux défenseurs de la continuité, s’opposent ceux du respect de la légalité constitutionnelle, ce qui comporte un élément de taille, l’impossibilité pour le président sortant de se représenter vu son état de santé. Le saut dans l’inconnu étant reproché aux défenseurs de la légalité, les légalistes présupposent également qu’un nouveau mandat fragiliserait encore plus les institutions en les discréditant, dont principalement la Loi fondamentale régulant la vie politique du pays, un autre saut vers l’inconnu.

En d’autres termes, si l’on offrait à Bouteflika un nouveau mandat, on violerait la Constitution sur le principe de son éligibilité, ce qui mettrait en défaut un nombre important d’acteurs institutionnels, principalement l’ANP et l’état-major, soucieux de légalisme constitutionnel mais également de continuité bouteflikienne. Ainsi, selon les légalistes, c’est la sécurité de l’Algérie qui est en jeu.

La continuation est-elle viable ?

Plusieurs fissures survenues lors du 4e mandat permettent de dire que le pouvoir actuel aura du mal à terminer un 5e sur le principe d’un accord entre l’état-major et le président Abdelaziz Bouteflika. Il existe de nombreux signes d’usure politique qui se sont traduits ces derniers temps par des dysfonctionnements patents à l’APN, au niveau institutionnel, mais également au niveau des grands corps de sécurité nationale, avec des nominations suivies de contre-nominations, ce qui tend à multiplier les centres de décision. Ce phénomène a également gagné la DGSN et l’ANP, avec des valses de nominations qui ont mis au grand jour le délitement des centres de décision institutionnels. Même si on peut mettre ceci sur le compte d’une période électorale cruciale, rien ne dit, en effet, que tout rentrerait dans l’ordre si Bouteflika rempilait pour un autre mandat. L’argument de l’héritage est donc démenti par ces premières fissures qui deviendraient sans doute plus récurrentes à l’avenir.

Une société tétanisée seulement en partie

C’est un fait du quatrième mandat, que l’Etat algérien sous Bouteflika est bien moins stable que la société elle-même qui n’en est pas encore le reflet. Cette dernière n’est, pour ainsi dire, pas encore ancrée dans le jeu institutionnel et politique, mais on commettrait une erreur à sous-estimer cet attentisme ou le caractère passif d’une société habituée, formatée à observer sur un long terme. C’est l’activisme politique des islamistes qui est le plus à craindre si les acteurs institutionnels donnaient à penser qu’ils sont divisés et que la loi de l’Etat n’est plus un cadre formel du jeu politique. On a vu, dans le théâtre syrien par exemple, que l’argument de la relative prospérité d’une société n’était pas un rempart inexpugnable contre un retour des islamistes, qui peuvent aussi jouer sur le facteur de l’Etat déliquescent ou sur l’incurie de la démocratie pour fonder un nouveau djihadisme.

Un scénario bis repetita : ANP arbitre malgré elle

L’actuel chef d’état-major n’a jamais manqué une occasion pour rappeler les devoirs constitutionnels de l’ANP, allant jusqu’à promulguer une loi obligeant à la réserve tout officier issu de ses rangs. Cependant, malgré toutes ces précautions, il est évident que l’ANP aura à subir malgré elle les conséquences des divisions politiques malsaines de l’ordre civil au plus haut point, et même dans un contexte de préservation de l’unité nationale.

En ce sens, Ahmed Gaïd-Salah commet une erreur d’appréciation en invoquant une position de neutralité absolue de l’institution militaire mais qui ne correspond pas à un jeu sain des joutes politiques, tel qu’il le souhaiterait, mais plutôt à une superposition d’intérêts personnels, claniques au-dessus de ceux de l’Etat. Surtout, en garantissant l’appui de l’armée à un 5e mandat, celle-ci serait de facto propulsée dans l’arène du jeu politique institutionnel, à tous les niveaux de l’Etat, avec beaucoup plus d’acuité qu’actuellement. L’ANP serait donc la grande perdante de ce 5e mandat, car elle se verrait obligée d’internaliser les luttes politiques en son sein, sur la base d’un accord politique. De telles escarmouches se sont déjà produites au cours du 4e mandat, elles ne feront que s’accentuer ultérieurement.

Légitimité contre pseudo-légalisme

Dans le débat actuel sur l’élection présidentielle, il y a deux façons de revendiquer l’ordre constitutionnel. Par la perspective de l’armée, il s’agit de séparer l’ordre civil de l’ordre militaire, mettant ainsi en valeur le jeu démocratique d’élections ouvertes. Une seconde perspective s’offre à nous, celle du respect entier de la lettre constitutionnelle quant aux conditions d’éligibilité des candidats à l’élection présidentielle. Cette dernière position est tenue par un ensemble de partis politiques, mais également au sein de corps sécuritaires.

Ces derniers ont réussi à démontrer logiquement qu’on ne peut arguer de la lettre constitutionnelle comme rempart à ne pas franchir par l’armée, tout en permettant une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika qui ne réunit pas les conditions de santé physique. Les partisans de la légalité institutionnelle, donc de la non-continuité du 4e mandat en d’autres termes, invoquent à juste titre des risques de déflagration de l’Etat, sous le jeu en roue libre d’un pacte scellé entre la Présidence et l’ANP, mais contre la continuité et la légitimité des représentants de l’Etat.

Il faut ajouter à cela le caractère profondément conjoncturel d’une alliance dyarchique entre l’ANP et la Présidence, qui risque d’exploser à tout moment. De ce côté-ci également, le facteur de l’usure est important, et c’est l’Etat institutionnel qui risque de se retrouver sans état-major, ou bien l’inverse, l’ANP sans chef d’Etat.

Retour nécessaire à un fair-play politique

D’où la nécessité d’un retour au respect rigoureux de la Loi fondamentale. C’est la voie la plus sûre pour l’Algérie. D’autant que l’Etat entre actuellement en phase de recomposition, devenue nécessaire dans un contexte d’amoindrissement des ressources, donc de capacité de redéploiement, et de ré-institutionnalisation de ses fonctions. Seule une revitalisation des institutions en exigeant une application stricte des lois de l’Etat, notamment la loi électorale, dans la perspective des élections présidentielles de 2019, pourrait sortir l’Algérie de l’ornière actuelle, où les luttes claniques ont désormais largement outrepassé les règles et les principes constitutionnels.

La primauté du fair-play politique ou d’une amorce de décrispation entre les clans doit dicter en principe les prochaines élections contre toute tentative de forçage personnel contre-productif pour tous les acteurs.

A. K.

Comment (30)

    Bibi
    6 janvier 2019 - 19 h 20 min

    Il a épongé les dettes de l’Algérie qui était surendettée et il a fait un matelas en devises de 215 milliards de dollars de cash. Depuis sa maladie, le pays a régressé et depuis 2014, l’épargne mis de côté a fondu pour être à 74 milliards de dollars. Les voitures importées ont croqué les 3/4 des devises. En 2022, le pays aura fini son matelas en devises et sera obligé de s’endetter de nouveau sur le marché international.

    EL Che
    6 janvier 2019 - 9 h 20 min

    Laisser ce vieux President Mourrir en Paix et cesse d’exploite son handicapp voila ce qui prime pour le moment !
    l’Algerie eternelle est plus grande que les Hommes qui eux sont mortel…….. Tahya AL Jazayer w Allah Yerham echouhada

      Anonyme
      7 janvier 2019 - 15 h 13 min

      autrement dit,cessons d’exploiter « son handicap »qui en passant est surtout une maladie,et foutons la paix a ce président qui est surtout préoccupé par son etat de santé que par la situation économique du pays et de son avenir!! bizzard comme opinion???

    Sophisme
    6 janvier 2019 - 8 h 08 min

    Ah,? parce qu’il y a des arguments « POUR »?

    Anonyme
    6 janvier 2019 - 3 h 04 min

    Lorsqu’il avait apporté son soutien à Saïdani, Gaïd Salah avait fait preuve d’une « grande neutralité ».

    Anonyme
    5 janvier 2019 - 23 h 15 min

    Le peuple est fatigué, et déprimé, les institutions, et l’économie en faillites morale, et économique
    Le peuple patient, et sage veut l’alternance, de vrais changements, et de vraies réformes démocratiques,
    Et de Justice
    Pour sauver le pays, et ses institutions bloqués, et paralysés, pris secrètement, en otages, par un clan
    Hommages à nos valeureux Chouhadas, et à nos valeureux Moudjahidines avant, et après 1954

    Anonyme
    5 janvier 2019 - 23 h 13 min

    le terrorisme du pouvoir depuis plus de 50 annees continu avec ou sans Boutef le citoyen est atteint psychologiquement . d’ailleurs les seuls fois ou il s’est reellement exprime il s’en est suivi des reprimades 1 lors du referudum de l’independance zn 1962 s’en est suivi la dictature de l’armee des frontieres et en 1992 et la decennie macabre, un peuple qui n’a plus confiance en ses  » gouvernents » un peuple qui a demissionne de la vie politique un peuple qui a consommer le divorse avec le pouvoir, la societe civile meme avec lui meme.

    MELLO
    5 janvier 2019 - 22 h 19 min

    Une élection présidentielle, élection suprême pour une Nation. Chez nous , on continue à en faire un jeu , un jeu de pile ou face : pile je gagne , face tu perds; c’est à dire que dans tous les cas le peuple perds. Pour le candidat président, si les décideurs le replacent candidat, qu’ils le fassent, sans nous consulter. La consultation populaire reste une vieille histoire d’un pays qui s’est déchiré. Ne pas le proposer , ils ont un autre candidat qui continuera le programme de fakhamatou, avec son lot de projets qui n’arrivent jamais à terme, au point de laisser tous ses ministres dubitatifs. Alors pourquoi être pour ou être contre ?

    lhadi
    5 janvier 2019 - 19 h 25 min

    Une formule de bon sens recommande « de savoir quitter le pouvoir avant qu’il vous quitte ».

    Malheureusement, rares sont les hommes d’Etat ou simples dirigeants qui se résignent facilement à mettre en pratique cette sage résolution.

    Quel est le comportement qui s’impose à un citoyen algérien face à celui, qui, la main sur le Coran, a promis de défendre et de respecter la constitution algérienne ; cette loi fondamentale de la république qui lui a beau tracé la voie ; malheureusement, il marche dans la sienne ?

    Je réponds qu’il ne peut, sans honte, y être associé.

    Tous les citoyens algériens admettent le droit à la révolution : c’est-à-dire le droit de refuser l’allégeance à ce renard de la politique et celui de lui résister, quand sa tyrannie ou son inefficacité sont grandes et insupportables.

    A cet égard, il importe de stigmatiser le Président du conseil constitutionnel et le faire sortir de sa tanière dans laquelle il s’est assoupi d’un sommeil hiémal car l’Algérie, selon les directives de la constitution, est , non pas une monarchie, mais une république semi présidentielle bi camériste.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    Kenza
    5 janvier 2019 - 18 h 47 min

    Rien que pour sa politique extérieure et sa grande expérience en matière de diplomatie et de la chose politique, je ne suis pas contre Mr Bouteflika. Mais, vu son grand âge et son état de santé, j’estime qu’il est grand temps qu’il aille se reposer. Aussi, je suis contre un cinquième mandat qui, de plus, risque de donner à nos ennemis de l’intérieur comme de l’extérieur et qui sont à l’affût de la moindre petite occasion pour mettre le feu aux poudres, une plus grande facilité à déstabiliser notre pays.

    Anonyme
    5 janvier 2019 - 18 h 43 min

    20 ans ça suffit même le FLN est bon pour le musée du Moudjahid

    Flicha
    5 janvier 2019 - 18 h 35 min

    Arrêtez de prendre les citoyens pour des idiots, l’actuel président algérien manoeuvre vers les 90 ans, il a ensuite subi plusieurs attaques cérébrales qui ont laissé des stigmats profonds, vous n’avez qu’à voir son regard hagard, et pour finir il a eu pendant vingt ans la possibilité de redresser l’économie de l’ Algérie.
    Vous constatez qu’avec ça votre pretendue contribution ne sert en réalité qu’a lancer un débat inutile, elle perd encore plus de sa légitimité de servir la patrie quand on sait que notre président ne jouit pas d’un mandat légal et que son entourage encourage la naissance d’une oligarchie néfaste au pays.
    En voulez vous plus?

    Anonyme
    5 janvier 2019 - 18 h 13 min

    bastion de l’Algérianité…Avec bouteflika en 5 e mandat on va se retrouver avec face à nous des fonctionnaires fraîchement débarqué du Maroc qui nous donneront la liste des documents à apporter pour refaire notre passeport…
    Je vous jure que ce n’est pas de la science fiction…Mon récent passage à Ain Temouchent Oran et Tlemcen ( Maghnia et Ghazaouet) m’a effaré quand à la présence visible et affirmée de marocains et de naturalisés au sein même de fonctions dites publiques…C’est depuis Bouteflika.
    L’Algérie a eu 3 mandats de trop…

    Djazairi Hor
    5 janvier 2019 - 17 h 26 min

    يا من تذعون أنكم تحّبون الرئيس خافوا ربي خّليوه يكمل أيامو في راحة هذا الشيئ عيب و حرام، يا الّسعيد أستر أخوك حتى يستره الّتراب

      Anonyme
      5 janvier 2019 - 18 h 18 min

      T’es leur allié fidèle

    Rassasié de 20 ans du Président
    5 janvier 2019 - 15 h 32 min

    On a plus faim, on ne veut pas reprendre un peu de 5ème mandat. Le plat est chauffé, réchauffé, le goût MACHACHE!!! On a envie de goûter à autre chose. Non, merci sans façon, j’ai ai pris 4 louches, je ne veux pas d’une 5ème sinon la nausée va me monter à la bouche!

    La tulipe
    5 janvier 2019 - 15 h 14 min

    Restons positif ! 😎
    À mon sens il n’y a pas de délai de péremption pour le développement ! Donc on pourra toujours évoluer ! Le principal c’est la maturité de la société civile, et de ce côté cela avance assez bien ! Le pays est beau avec beaucoup d’espoirs !

    Anonyme
    5 janvier 2019 - 14 h 55 min

    ni pour ni contre boutef mais profondément contre le 5 eme mandat ,, il est temps de laisser reposer ce vieux monsieur

    Hibeche
    5 janvier 2019 - 14 h 40 min

    La situation est plus grave que de parler de légalité ou d’illégalité , de constitutionnalité ou d’inconstitutionnalité, de légitimité ou d’illégitimité. La confiance est rompue entre les gouvernants et les gouvernés. Beaucoup d’indices le montrent, à moins de cacher les yeux avec un « tamis « . Le boycott des élections, le soutien massif à tous les blogueurs sur les réseaux sociaux, les mouvements de masse dans les stades, les émeutes, les hargas, etc….. ce sont des signes avant coureurs. Si on n’anticipe pas, et on ne procède pas à un changement radical, la déflagration est inévitable. C’est loin d’être un alarmisme, ni un pessimisme de ma part, mais c’est une réalité concrète. Il nous faut un sang neuf pour mobiliser les algériens autour du défi de la relance économique, et ses corollaires, le chômage, la précarité, le logement, la harga etc…. Sans ça, (on voit bien ce qui se passe en France, au Soudan comme avant chez nos voisins), on ira contre le mur. Ce moment là, l’anp malgré ses moyens, sa force et son expérience ne pourra rien faire contre son peuple, car son existence même est pour le protéger et non de l’affronter. L’histoire nous l’a prouvé.

    Brakna
    5 janvier 2019 - 12 h 57 min

    20 Sna Barakat ! L’Algérie est devenue la risée du Monde.
    Il y a 40 Millions d’Algériens, peut-être c’est un Plan pour en éliminer quelques millions ? Je ne vois pas d’autre raison.

    Hamdoullah Chberna, 20 ans suffit !!!
    5 janvier 2019 - 12 h 09 min

    Nous somme un pays de malade, un peuple malade à l’image de son président !!! Comment peut on se poser la question de l’utilité d’un 5 ème mandat…???
    Nous voulons retrouver notre dignité, notre fierté d’antan, ne plus etre honteux d’être algérien et/ou vouloir fuir le pays par désespoir… On n’en peut plus… tournons la page, elle ne sera pas pire, elle ne peut que être meilleure.

    Tredouane
    5 janvier 2019 - 11 h 13 min

    Nous avons besoin d’accéder à une nouvel étape avec des Hommes plus compétents, des institutions capables et non pas des institutions qui son devenues non pas seulement un poids financier lourd aussi génératrices de faux débats, où chacun fasse son travail convenablement.
    Nous devons comprendre tous autant que nous sommes que nous avons un devoir vital, à savoir relever nos défis économiques sociaux et politiques, dans un contexte économique et géopolitique à moyen et long termes difficile.
    La question donc n’est pas vraiment de savoir si l’actuel chef de l’État briguera un autre mandat, la question est comment évoluer vers un État fort par ces institutions, un État de droit. Cela implique des décisions irréversibles.

    Djeha Dz.
    5 janvier 2019 - 10 h 54 min

    Ceux qui ne respectent pas la constitution, ne respectent pas le peuple, la violation des lois pour les désirs du prince, c’est le mépris de l’Etat, des institutions et des hommes. C’est tout simplement la confiscation de la souveraineté du peuple. Donc, il ne sert à rien de chercher des raisons pour justifier ceci ou cela. Ceux qui ont gouverné jusqu’à présent ont tout simplement faillit.

    La gestion des deniers publics, n’est pas une affaire personnelle de gré à gré, les affairistes ne sont pas des hommes d’affaires, les voleurs ne peuvent pas être des gendarmes, etc., on est arrivé à importé même des immondices, que le massacre et la mascarade cessent.

    Il est temps de faire tabula rasa de la médiocrité institutionnalisée, d’écarter les vautours qui ont ruiné le pays. Vu que nous sommes au point zéro, autant repartir sur des bases plus cohérentes et adéquates à nos besoins, avec des hommes compétents et intègres, dans un système empreint de transparence de légalité et de justice, loin des manœuvres politiciennes qui n’ont fait que ruiner le pays et faire fuir ses meilleures femmes et hommes.

    Karamazov
    5 janvier 2019 - 10 h 22 min

    J’allais dire : enfin une an analyse qui nous change de l’alarmisme général d’une neutralité abstractive si pure qui nous sort de la réalité pesante et de notre quotidien agité pour nous plongé dans un ronronnement contemplatif avec des hochements de tête: p’tète bien que oui p’tète bien que non…

    Avec cette analyse qui épuise les pour et les contre il ne nous manque que celle qui liquiderait les ni pour ni contre pour épuiser le sujet. Car en matière des pour exclusifs et des contre radicaux nous avons été largement servis.

    On a vu l’année 2018 que nos escatologistes nous annonçaient comme l’année de tous les dangers et qui finalement nous a épargnés. Tout ce à quoi on eu droit était les feuilleton burlesques de Bouhadja, Saidani, Ould Abbes qui nous ont rejoué la comédie de la tectonique des placards. Il y a aussi (…) toutes les orfraies apocalypsionnistes de l’opposition qui nous ont fait quelques tours avant de s’en aller. Et, nous, nous sommes toujours là à broder l’ouvrage qu’on a bien voulu nous donner . ET voilà l’année 2019 qui radine comme si on l’y avait forcée alors que bien d’autres parmi nous auraient préféré la voir lambiner le temps qu’on bidouille une sortie à la crise pour la remplacer par une crise toute neuve pour nous changer.

    En attendant une fois les vœux de bounani bounsanti expédiés, et à peine revenus de nos escapades éthyliques , revoilà les Cassandre qui nous plombent l’atmosphère avec des augures noires. L’année 2019 sera l’année de tous les risques (…) l’année de toutes les calamités : il pleuvra des enclumes , des sauterelles dévoreront nos cultures,… on nous cassera la planche à billets et je vous épargne des plus vertes et des pas mûres…
    Et je vous en épargne des plus saugrenue comme ceux qui nous disent que l’avenir est incertain. Comprenez qu’il n’y aura pas de 2020. C’est sans doute la raison pour laquelle on reconduit la même année sous une fausse date. Ceux qui disent que nous n’avions pas quitté le Moyen-âge auraient donc raison.

    En attendant le 19 tout ce beau monde se rajuste pour repartir pour une virée de quelques semaines et faute d’inspiration il nous repasseront les vieux disques rayés comme pour nous punir de ne pas les avoir trop écoutés. Et nous qui n’avons rien d’autre à nous mettre sous les yeux nous broderons dessus quitte à surfiler ou à faufiler : une maille à l’endroit une à l’envers et trois de travers avant de recommencer.

    Que nenni, vous pouvez dormir sous vos lauriers , ou sous vous oreillers , l’année 2019 sera une année comme celles qui l’ont précédée et je vous donne un paquet de raisons irréfutables qui expliquent cela :

    La première c’est parce qu’on ne sait pas faire d’autre et pour reconduire la crise il vaut mieux que les vieilles années ne meurent pas.

    La deuxième , c’est qu’aucune année nouvelle ne viendrait chez nous, quand elle voit, justement, tous ce que nos prévisionnistes nous annoncent comme calamités.

    Et la troisième que vous pourriez réfuter, si vous êtes de l’autre coté du Mur, c’est que nous sommes arrivés et que nous avons fini le temps qui nous a été imparti , il n’y aura plus d’après. Il ne nous reste qu’à attendre la fracture temporelle, ou une distorsion de l’espace-temps pour nous y engouffrer.

    Et enfin ; c’est que cette année encore nous avons décidé que la noughayirou ma bi anfoussina hetta yataghayarou wahdahou. Sauf si parmi vous il y en aurait qui auraient pris une résolution de tout chambouler et qui se serait décidé à tout changer, bien en entendu.

    un régime criminel ne devient jamais démocrate par savolonté
    5 janvier 2019 - 9 h 17 min

    Vous avez beau tenter d’habiller le nul de toute les modes , reste que la queue dément toute votre compréhensible volonté de normalité, mais l’anormal ne peut outre-passer les faits. La dictature sans foi ni loi est là par le crime votre noble volonté a besoin de reconnaitre le mal pour y remédier.

    Anonyme
    5 janvier 2019 - 8 h 44 min

    Aisance économique dites-vous. A mon humble avis, c’est ce que le petit peuple reproche le plus au système, lui qui se préoccupe plus de son ventre que de la chose politique. Le chômage, la harga, les suicides font des ravages et le peuple sait que c’est l’incompétence et la rapine qui nous ont conduit à cette situation. Avec tous les milliards engrangés nos gouvernants se sont occupés de distribuer la rente et magouiller au lieu de bâtir une économie hors hydrocarbures ou au moins valoriser ses dernières dans la pétrochimie. Leurs seules investissements, les infrastructures, ont été mus par le seul souci d’acheter le peuple mais surtout de distribuer les marchés à leurs clientèles intérieures et étrangères avec des surcouts et chippas faramineux. Mieux, même aujourd’hui que la situation est critique ils investissent sans intelligence, cas de l’automobile avec 40 marques quand les grandes nations se limitent à 2 ou 3, et ils bloquent tous les investisseurs nationaux qui ne mangent pas dans leurs mains.
    Alors revoyez votre copie Me Kannouche.

    Zaatar
    5 janvier 2019 - 8 h 38 min

    Encore un ecrit qui confirme l’environnement larvesque de notre pays et de ses institutions. A croire qu’on vient a peine de sortir de la guerre de liberation et que tout est a batir. Sauf qu’on est en 2019 et par consequent cela signifie qu’on a fait un saut vers le passe, en 1962. On retrouve les memes tiraillades de l’epoque et peut etre les memes etats d’esprits qui animent les differents acteurs politiques. On n’est donc pas sorti de l’auberge, et c’est donc reparti pour un tour, c’est a dire un autre demi siecle. Pendant ce temps, les coreens du sud auront realise un autre exploit qu’est celui d’exporter en une annee pour plus de 2000 milliards de dollars rien que par le fruit de leur travail.

      Abou Langi
      5 janvier 2019 - 10 h 27 min

      J’ai eu le même sentiment que le tien à la lecture de cet article. Je me suis revu en swassatdou à me demander ou l’indépendance m’a débarqué. Tout y est: le style la vision, la désolation.

      De quoi désespérer encore cinquante ans.

      yassine
      5 janvier 2019 - 13 h 24 min

      MR ZAATAR
      Je tiens a rajouter qu’en 1964 , le revenu par habitant en algerie ete de 850,00 USD alors que celui de la Coree du sud ete de 780,00 USD.
      Nous sommes en dehors de l’histoire . Un sous peuple de l’extreme peripherie de l’humanite!

        Karamazov
        5 janvier 2019 - 19 h 05 min

        Et en plus les Coréens sont encore plus Zarabes et plus muzulmans que nous !

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