Unanimité

eo Mustapha
Les énergies renouvelables semblent peu intéresser les décideurs. D. R.

Par Sadek Sahraoui Mustapha Guitouni et Abdelmoumene Ould-Kaddour, les deux plus importants responsables du secteur algérien de l’énergie, et cela se vérifie tous les jours, ont une formidable aversion pour les énergies renouvelables. Depuis leur installation, le nombre de fois où ils ont parlé d’énergies propres se comptent un peu plus que sur les doigts d’une seule main. Mais peut-être ne s’agit-il pas que d’un simple désintérêt ou d’une simple répugnance !

Cet «aveu par omission» confirme que les plus hautes autorités du pays ne sont fondamentalement pas pressées de changer de modèle énergétique ou que, peut-être, elles ne croient même pas que le vent et le soleil (nous en avons à en revendre) puissent constituer un jour une alternative sérieuse aux hydrocarbures.

Pour se défendre de tels procès d’intention, les concernés peuvent bien dire que l’Etat a planté et accroché un peu partout dans le pays des panneaux photovoltaïques et des éoliennes. C’est vrai, il y en a. Mais il se révèle de plus en plus aussi que ces bidules technologiques sont plus utilisés comme alibis pour accréditer effectivement l’idée que les autorités pensent «vert» qu’autre chose.

Au sein de l’Etat, il apparaît que le débat n’oppose pas encore les défenseurs des énergies vertes aux partisans de l’exploitation des énergies fossiles. Non, ce n’est malheureusement pas le cas. Au sommet de la pyramide, il y a unanimité autour de la poursuite du pompage du pétrole et du gaz.  Mustapha Guitouni, le ministre de l’Energie, et Abdelmoumene Ould-Kaddour, le patron de Sonatrach, ne semblent diverger que sur un élément : l’Etat de nos réserves.

Alors que le premier prône la prudence en raison du fait, a-t-il avancé un moment avant de se raviser, que certains des champs gaziers et pétroliers sont finissants, le second pense qu’au contraire nous sommes encore loin d’avoir épuisé tout notre potentiel. Et quand bien même il serait épuisé, Ould-Kaddour rappelle que les hydrocarbures de schiste seront là pour nous sauver la mise. Très rassurant tout cela. Mais après, nous laisserons quoi aux générations futures ?

S. S.

Comment (13)

    ridicule
    19 janvier 2019 - 22 h 03 min

    pour que le président de la république préside le conseil national à l’energie il faudrait qu’il en ait la capacité à le faire. Peut être le prochain mandat.Ou bien il faudra rappeler Mr Zeroual , s’il le veut bien.

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      C.N.E
      20 janvier 2019 - 15 h 36 min

      @Ridicule – 22 h 03 min , c’est vous qui êtes ridicule car vous oubliez que Bouteflika est au pouvoir depuis 1999 . Il aurait pu ,quand il était « valide » , convoqué le Conseil National de l’Energie. Il avait largement le temps de le faire ! 20 ans de règne , c’est énorme ! Le ridicule n’a jamais tué fort heureusement pour vous.

    Anonyme
    19 janvier 2019 - 17 h 37 min

    YA SI S. SAHRAOUI « APRES MOI LE DELUGE »
    TELLE EST LEUR DEVISE A CES MKHAKHS

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    Conseil National de L'Energie
    19 janvier 2019 - 15 h 54 min

    Cher Monsieur Sadek Sahraoui , auteur de l’article, il est connu, et c’est normal, que Mustapha Guitouni, Abdelmoumene Ould-Kaddour chef de Sonatrach et ARKAB Mohamed chef de Sonelgaz ne sont désignés à leur poste que pour gérer le court terme, année après année ! Même les prévisions à moyen et long terme qu’ils s’amusent à nous présenter chaque année n’ont aucun poids juridique, ni constitutionnel, ni économique, ni énergétique, ni politique. Pourquoi je dis cela ? Parce que c’est le Conseil National de L’Energie qui a les compétences juridiques et politiques pour définir les stratégies à court, moyen et long terme. Ce Conseil ne s’est pas réunit officiellement depuis le mandat présidentiel de Liamine Zéroual ! Ce Conseil de grande importante ne s’est donc réunit qu’une seule fois … officiellement , et à l’époque au vu et au su de tout le monde y compris les médias !

    Ce conseil est important car il est présidé par le Président de la République et y assistent les ministères les plus importants comme le Chef du Gouvernement, la Défense Nationale, les Finances, l’Energie, la Justice, et quelques autres ! Donc, Sonatrach, Sonelaz et leur PDG ne peuvent pas réellement parler d’une manière engageante et sérieuse au delà d’une ou deux ans années ! C’est pour cela qu’on assiste seulement à des annonces çà et çà selon l’humeur de chacun, dans la généralité, dans des atermoiements, dans des annonces contradictoires etc.. etc.. ! Le Conseil National de l’Energie décide sur la base d’informations officielles, sérieuses et stratégiques sur les réserves et le sous-sol algérien, sur les capacités réelles de production, sur les consommations nationales réelles, sur les avoirs réels en recettes d’exportation d’énergie, sur les contrats commerciaux d’exportation d’énergie en vigueur en cours, à court moyen et long terme ! Les prévisions sont alors faites par les experts de chaque structure (notamment administration centrale de l’Energie et entreprises énergétiques) sur la base de scénarios adoptés après consultation et débats entre les concernés ! Le Président de la République décide et engage alors tout le pays sur la base des décisions officielles et engageantes prises à ce moment là ! Seul Zeroual a fait ce genre de travail du temps du Ministre de l’Energie Amar Mekhloufi , en 1995 , si je ne me trompe pas ! La situation depuis cette seule réunion de 1995 est absolument anormale et irresponsable ! Quand un Président de la République ne s’inquiète et ne s’intéresse pas à pareille chose, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche dans sa tête !

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    Nasser
    19 janvier 2019 - 14 h 39 min

    Il y a un vieux proverbe chinois qui dit que lorsque tu montres avec ton doigt la lune à un imbécile, ce dernier regarde ton doigt.

      Argentroi
      19 janvier 2019 - 16 h 42 min

      L’imbécile est plutôt obnubilé par ce doigt qui va attraper la lune !
      C’est vraiment promettre la lune aux algériens pour leur demander en ces temps de vaches maigres de s’intéresser aux énergies renouvelables et de laisser le gaz pour les générations futures !
      Ce conseil est à donner aux pays qui ont plein de centrales nucléaires ou thermiques classiques et qui feraient mieux d’importer du gaz moins dangereux et moins polluant !
      L’avenir est au gaz, le solaire et l’éolien ne sont que des énergies d’appoint ! Desertec est une fumisterie qui n’intéresse personne bien que la campagne promotionnelle de ce projet a failli réussir ! C’est sûr que ses partisans assez friqués en Algérie reviendront à la charge au courant de ces présidentielles mais nous saurons quoi dire, nous les imbéciles !

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    Argentroi
    19 janvier 2019 - 13 h 59 min

    A-t-on vu une société qui s’inquiète pour les générations futures plus qu’elle ne le fait pour elle-même ? Le plus courant est qu’elle ne s’inquiète que pour elle-même pour survivre comme le veut la nature intrinsèque de l’homme ou même de l’animal.
    Je n’arrive pas à saisir ce sentiment d’inquiétude pour un petit-fils ou un arrière petit-fils quand actuellement c’est mon propre fils qui m’inquiète car au chômage, sans mariage en plein marasme sexuel, menacé par le fléau actuel de la drogue ce qui peut l’entrainer vers d’autres déviances encore plus dangereuses. Ce raisonnement de laisser les richesses actuelles aux générations futures est vraiment ahurissant, surtout quand cela concerne l’Algérie. Car cela pourrait être logique, acceptable si on était riche comme les USA ou un pays super développé qui peut se passer de l’exploitation de ses richesses naturelles.
    Alors inquiétons-nous pour nous-mêmes et nos enfants qui sont là devant nous comme le font toutes les sociétés normalement constituées. Les générations futures ne sont pas notre affaire pour qu’elles soient un sujet de débat pour les présidentielles comme pourrait l’être l’école ! Mais non, on ne débat pas de l’école chez nous et pourtant cela peut concerner les générations futures !
    PS : Le solaire et l’éolien ne sont que des énergies d’appoint et ne peuvent être des alternatives aux énergies fossiles ou au nucléaire en dépit de la démonstration qu’on voulue faire les allemands (aidés peut-être par certains algériens) pour prouver la fumisterie du projet Desertec que Bouteflika a cru un moment ! Ceci explique la haine de certains pour tout ce qui est Sonatrach et ministère de l’énergie dont les experts ou raisonnables d’esprit ont évité à l’Algérie d’être roulée dans la farine devant l’arnaque du siècle de Desertec dont le sujet sera certainement abordé durant la campagne présidentielle de certains.

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    Nasser
    19 janvier 2019 - 13 h 53 min

    Nos dirigeants ne croient pas en l’avenir du pays. Il faut d’ailleurs un minimum de capacité d’abstraction pour penser que le vent et le soleil sont des alternatives durables au bon baril de pétrole. Le baril est là. Palpable. Quantifiable. On peut le caresser et imaginer toutes les joies qu’il procure à ceux qui en profite. Leurs générations futures sont dans les pays où on débat de la transition énergétique. Du développement durable. De qualité de vie. Nos générations futures discutent du plus court chemin vers les côtes européennes sur des barques de fortune. De l’effet le plus percutant des psychotropes. De la meilleure façon de tuer le temps en se tuant à petit feu.

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    Antisioniste
    19 janvier 2019 - 12 h 14 min

    nous laisserons quoi aux générations futures ?
    el ma yahma, et encore il faudra de l’énergie pour le chauffer.

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    R.A.S
    19 janvier 2019 - 12 h 01 min

    Nos deux génies de la trahison et la manipulation qui dit Mieux

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    Djeha Dz.
    19 janvier 2019 - 11 h 37 min

    ‘’ Nous laisserons quoi aux générations futures ?’’ Bonne question Mr S.S.
    Quelles générations d’abord ? Leurs progénitures ou bien celles du peuple ?
    Tout ce beau monde, n’ignore rien des énergies alternatives, ni des capacités et potentialités nationales.
    Répétons-le, encore, le système son pouvoir et ses hommes, sont aux services de leurs intérêts propres et de leurs sponsors.
    Quand il n’y aura plus rien à gratter, ils rejoindront leurs maîtres respectifs.

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    Abou Stroff
    19 janvier 2019 - 10 h 49 min

    je pense que nos augustes dirigeants travaillent pour des intérêts étrangers.
    en effet, pendant que tous les experts reconnaissent la dangerosité de l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste, sonatrach s’allient à des compagnies (total et bp, entre autres) pour exploiter cette ressource dont RIEN ne garantit la rentabilité (rappelons que total n’a pas le droit d’exploiter cette m…. en france).
    ceci dit je pense que nos augustes dirigeants sont incompétents et ne sont à leur poste que parce qu’ils servent les puissants du moment.

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      Argentroi
      19 janvier 2019 - 17 h 52 min

      Effectivement, les américains viennent d’abandonner l’exploitation du gaz de schiste bien que il leur a permis d’être le premier producteur mondial. Donc, on a qu’à suivre les américains !

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