«Dégagez tous !» sans «Engageons-nous tous !», à quoi sert-il ?

Engageons-nous tous !
Marche du 24 mai à Alger. New Press

Par Kaddour Naïmi – Tout le monde a déjà suffisamment mentionné les mérites inattendus et admirables de l’intifadha (soulèvement) populaire algérien actuel. Et c’est bien que relever les aspects positifs. J’ai assisté à la «massira» (marche) du vendredi 17 mai, à Oran, tout le long de l’itinéraire jusqu’au rassemblement final(1). Etaient présents tous les âges, d’environ quatre ans jusqu’à plus de quatre-vingt ans, hommes et femmes, de diverses classes sociales. Le degré d’organisation était parfait : encadrement des manifestants ; distribution de banderoles portant des mots d’ordre en invitant les manifestants à les brandir (ce jour-là, notamment la banderole proclamant «Djeich-chaâb, yed wahda» (Armée peuple, une seule main) cependant l’un des slogans dénonçait «Gaïd Salah, chef de la issaba» ; animateurs lisant sur des feuilles des slogans repris par les autres à voix haute mais sans agressivité ; et, aussi, joie, sourires, belles émotions. Bref, un peuple manifestait sa dignité enfin retrouvée, trop longtemps criminellement bafouée, et proclamait pacifiquement mais fermement ses droits en tant que peuple souverain.

Encore des efforts !

Mais il est tout autant important de veiller à déceler les aspects négatifs des marches du vendredi. En voici, à mon avis, le plus important : réclamer «Dégagez tous !», soit, mais qui mettre à la place ? Bien entendu, les actuels et ex-politiciens, ainsi que des «personnalités» intellectuelles de tout genre se proposent, d’une manière franche ou insidieuse. C’est dans leur nature psychosociale de se croire les sauveurs des peuples. Avec les résultats que l’on constate partout dans le monde, depuis toujours. A savoir la formation d’une oligarchie inédite, en remplacement de celle qui a trop exploité le peuple au point de provoquer son soulèvement contestataire. Alors, on propose une exploitation-domination plus «consensuelle».

Mais le bon sens, la logique et les enseignements de l’histoire sociale de l’humanité ne fournissent-ils pas la leçon adéquate, à savoir qu’un peuple ne peut être émancipé de la domination que par lui-même ? Et, pour y parvenir, ce peuple doit absolument savoir s’engager lui-même. Non pas seulement par des manifestations publiques, aussi splendides soient-elles, car elles ne sont que des protestations et des négations d’un système établi. Bien entendu, c’est déjà un fait important, et l’on sait combien de sacrifices, parfois sanglants, de combats et de courage sont nécessaires pour parvenir à oser occuper l’espace public et protester, même pacifiquement.

Mais, une fois parvenu à ce stade – manifester en masse, publiquement, de manière organisée et pacifique – il reste au peuple à accomplir le plus dur, le plus complexe, le plus difficile : s’engager dans la phase constructive. Celle-ci exige l’auto-organisation, de la base au centre national, afin de choisir les représentants qui seront mandatés, de manière impérative, pour exposer et défendre les intérêts du peuple face aux détenteurs de l’autorité étatique. Ne pas réussir à passer à cette seconde étape laisse le champ libre aux adversaires du peuple pour se reprendre, mieux s’organiser afin de se doter de leurs représentants pour réaliser leurs propres objectifs. Il s’ensuit que reprocher à ces adversaires d’agir pour défendre leurs intérêts oligarchiques est totalement inutile, car ils agissent selon leur logique. La seule réaction (ou, plutôt, action) raisonnable, pour le peuple manifestant, est d’agir de même : s’engager à s’auto-organiser, à choisir ses représentants correctement et à les envoyer dialoguer avec qui détient le pouvoir étatique.

Là, encore, exiger de ne pas parler avec un représentant politique de l’oligarchie contestée, tels les actuels président par intérim et Premier ministre, soit ! Mais, alors, parler avec qui ? Et ce qui, comment le choisir ? Ajoutons ceci : les uns exigent du représentant de l’armée, le chef d’état-major, d’accompagner correctement le mouvement populaire, tandis que d’autres réclament qu’il «dégage», n’est-ce pas là une contradiction que le peuple doit résoudre ? Et comment y parviendrait-il sans s’auto-organiser et se doter de ses représentants légitimes, et cela d’une manière à ce qu’ils respectent correctement leur mandat sans se transformer en nouveaux oligarques ? Cela est possible, les sources d’inspiration existent, bien que généralement occultées − et pour cause ! − afin de trouver les solutions spécifiques au mouvement populaire algérien.

«L’imagination au pouvoir»

Il est vrai que le peuple algérien a été soumis trop longtemps à l’obscurantisme, sous toutes ses formes(2). On objectera, donc, avec raison, que l’auto-organisation du peuple n’est pas facile. Cependant, cette dernière est une condition sine qua non pour concrétiser ses objectifs, s’il veut éviter de se voir dominé par une nouvelle oligarchie. Rappelons-nous les impressionnantes manifestations populaires après le putsch militaire de l’été 1962 : «Sabaâ s’nine barakat !» (Sept années, cela suffit !) Qu’en fut le résultat, sinon une oligarchie militaro-policière inédite qui a dominé le peuple depuis lors, par la terreur et l’obscurantisme démagogique ?

Tenons compte d’un fait observable dans toute révolution populaire : le temps devient un facteur déterminant, les jours comptent des années ! Et la prise de conscience fonctionne, par conséquent, de manière extrêmement rapide.

Imaginons que les manifestants consacrent leurs soirées, hors du vendredi, à constituer des forums de consultation partout géographiquement, et dans tous les secteurs d’activité sociale ; cela commence à se réaliser. Imaginons que ces forums parviennent à constituer des comités citoyens. Imaginons que ces comités parviennent à élire, de manière démocratique, leurs authentiques représentants. Imaginons que ces représentants soient présentés à toute élection possible (APC, APW, Assemblée nationale, jusqu’à un président de la République), que ces élections soient contrôlées par des représentants des comités citoyens pour leur déroulement correct. Alors, imagine-t-on alors le résultat obtenu par ce processus ?

Outre ce résultat, ce processus démontrera un fait : contrairement aux opinions des divers «sauveurs» du peuple, ce dernier démontrerait de manière concrète qu’il n’en a pas besoin, qu’il sait gérer lui-même la société dont il fait partie.

Dès lors, ne devient-il pas clair et stratégiquement décisif que, après treize vendredis, le «Dégagez tous !» soit remplacé par «Engageons-nous tous !» et cela le plus tôt possible, car les adversaires du mouvement populaire sont déjà passés à la contre-offensive, notamment en changeant d’aspect, pour maintenir la substance du système social contesté. Toute révolution provoque une contre-révolution, rien d’étonnant à ce sujet. Et l’enjeu est totalement clair : où la révolution triomphe ou elle est annihilée par la contre-révolution. Et triomphera celle qui se dotera de la meilleure organisation et des meilleurs représentants. C’est l’histoire qui l’enseigne.

La charrue et les bœufs

Habituellement, des manifestations populaires de dimension importante sont le résultat d’une longue période de préparation en matière de résistance et de combat d’idées, d’organisations, de tactiques et de stratégies. Or, le soulèvement populaire algérien actuel est, malheureusement, très peu le résultat de ce qui vient d’être mentionné et beaucoup le résultat de l’accumulation d’humiliations, d’exploitation, de domination, de répression commises par une oligarchie impitoyable, comme le sont, par nature, toutes les oligarchies. Autrement dit, le peuple a réagi et non pas agi, c’est-à-dire que l’initiative est partie de l’oligarchie et pas de lui. Elle était à l’offensive, et le peuple uniquement sur la défensive.

Certes, le peuple eut quelques significatives initiatives (octobre 1988, printemps 2001, grèves et révoltes sporadiques, apparition de syndicats autonomes, etc.), mais l’action déclenchée le 22 février 2019 est la plus importante. Elle a même tardé pour apparaître.

Cette affirmation a comme preuve le fait qu’en Algérie, les idées d’émancipation des opprimés par eux-mêmes ont toujours été très minoritaires. Il suffit de mentionner les nombreux articles que j’ai publiés à ce sujet, qui ont eu un écho très négligeable(3). J’avais même lancé un «Appel pour un mouvement d’autogestion sociale»(4), puis «L’autogestion encore : Adresse à une minorité d’intellectuel(le)s algérien(ne)s»(5) et même ceci « Autogestion algérienne : appel à témoignages»(6).

J’avais, aussi, signalé mon témoignage sur ma participation au mouvement social de mai 1968 en France ; enfin, j’ai exposé les expériences autogestionnaires russe de 1917-1921, espagnole de 1936-1939, algérienne de 1962-1965. J’attirais l’attention sur le motif principal d’échec de ces expériences : le manque d’organisation et de direction suffisamment efficaces. Ce fut un prêche dans un désert quasi total ! On objecterait que tous ces textes sont parus uniquement dans des moyens d’information alternatifs. Mais n’est-ce pas ceux-ci que lisent les intellectuels algériens dits progressistes ? Pourquoi aucune réaction, aucun débat ?

Dès lors, on comprend que le mouvement actuel de manifestations populaires algériennes a mis la charrue avant les bœufs. Manipulé ou spontané, peu importe ! Ce soulèvement n’est pas le résultat d’une préparation idéelle et organisationnelle lui donnant la conscience et les instruments de son auto-organisation.

Qui est donc responsable de cette carence sinon les détenteurs algériens de savoir social (politiciens et intellectuels) qui ont ignoré cette nécessité ? Pourquoi l’ont-ils ignoré sinon parce que, malgré leurs déclarations en faveur du peuple, ils ne lui ont jamais accordé une confiance dans sa propre capacité de s’auto-organiser ?

«Anarchie ! Utopie ! Désordre ! Irresponsabilité ! Démagogie», proclamaient-ils. Comment expliquer ce manque de confiance de la part de ces détenteurs de savoir social sinon par le fait d’être aliénés par leur statut de caste, «progressiste» mais néanmoins caste méprisant en fait le peuple ?

Nous sommes dès lors devant le résultat : un magnifique mouvement populaire mais sans direction ni représentation, donc voué logiquement à l’échec : une récupération d’une manière ou d’une autre. A moins d’un nouveau «miracle». «La speranza è l’ultima a morire» (L’espérance est la dernière à mourir). En effet, si l’on ne croit pas aux capacités créatrices du peuple, malgré tout, à quoi faut-il croire ? Aux «élites» ? N’a-t-on pas constaté assez les résultats de leur gestion autoritaire et hiérarchique, quelque soit leur couleur politique ? Où sont donc les détenteurs de savoir social qui, au lieu de se servir du peuple, ont l’intelligente humilité de le servir pour son émancipation, seule manière d’une émancipation collective générale ?

K. N. ([email protected])

1) Vidéo in https://youtu.be/6syXIhNSXqQ

2) Voir «Que vivent encore Larbi Ben Mhidi et Abane Ramdane !» in http://kadour-naimi.over-blog.com/preview/cefb5a84b333c122c7712a538a0b9581634a340d

3) Voir http://kadour-naimi.over-blog.com/tag/autogestion/

4) Le 25 janvier 2018, voir http://kadour-naimi.over-blog.com/2018/01/pour-un-mouvement-d-autogestion-sociale.html

5) Le 8 février 2018, voirhttp://kadour-naimi.over-blog.com/search/Pour%20un%20Mouvement%20d%E2%80%99autogestion%20sociale/

6) Le 14 janvier 2019, http://kadour-naimi.over-blog.com/2019/01/autogestion-algerienne-appel-a-temoignages.html

NDLR : les opinions exprimées dans cette tribune ouverte aux lecteurs visent à susciter un débat. Elles n’engagent que l’auteur et ne correspondent pas nécessairement à la ligne éditoriale d’Algeriepatriotique.

Comment (16)

    yacine
    31 mai 2019 - 10 h 16 min

    Monsieur Kaddour Naimi
    Je ne peux croire une seconde que vous n’etes pas de mauvaise foi !
    « Etnahew Gaa3  » concerne le systeme et vous le savez tres bien .
    Quant aux personnes qui sont concernees par ce slogan ,elles ne depassent pas une centaine au debut ; et peut etre mille a la fin du processus .

    Vous voulez nous faire croire , que l’algerie avec ses millions de diplomes universitaires n’est pas capable de remplacer mille personnes pourries et mafieuses par mille autres competentes et agissant dans un systeme sain?
    Allons ; soyons serieux ! Les manipulations grossieres , c’est fini ! Arretez votre toxicite !

    La deuxieme question est de parler avec qui ?
    Nous avons deux acteurs . Le peuple en revolution et l’institution militaire .
    Que cette derniere arrete de louvoyer et de chercher a gagner du temps .
    Qu’ils disent clairement au peuple , envoyez nous vos representants pour negocier . L’objectif des ces negociations est d’arriver a aller vers une nouvelle republique et un etat de droit dans lequel le peuple est le souverain .

    Tout va ainsi s’enclencher . On choisira des deux cotes des personnes « Soft » qui veulent reellement aller vers l’objectif defini . Pour le moment , la confiance est rompue !
    L’EM ne veut pas assumer publiquement qu’il est le detenteur du vrai pouvoir .
    Le peuple ne veut pas choisir des representants , car il y aura pressions et manupulations sur ces personnes.

    Anonyme
    31 mai 2019 - 10 h 02 min

    Madame Fatiha
    Je ne peux croire une seconde que vous n’etes pas de mauvaise foi !
    « Etnahew Gaa3  » concerne le systeme et vous le savez tres bien .
    Quant aux personnes qui sont concernees par ce slogan ,elles ne depassent pas une centaine au debut ; et peut etre mille a la fin du processus .

    Vous voulez nous faire croire , que l’algerie avec ses millions de diplomes universitaires n’est pas capable de remplacer mille personnes pourries et mafieux par mille autres competentes et agissant dans un sytseme sain?
    Allons , soyons serieux ! Les manipulations grossieres , c’est fini !
    Arretez votre toxicite !

    Une bonne base de discution sérieuse !
    29 mai 2019 - 17 h 08 min

    @LOUCIF. Cher internaute merci pour votre contribution surtout si on prend en compte les revendications des des millions de citoyens qui sortent dans la rue depuis plus de 14 semaines ! En principe si le forum AP a la gentillesse, on accepte de la mettre mettre dans la partie contribution , comme les autres ! Elle sera une base de discution car elle est très argumentée, avec un planning précis. C’est une très bonne proposition de sortie de crise à discuter, à débattre entre nous et que chacun donne son avis , la rejette ou l’adopte !

    Mon Bravo à l'internaute LOUCIF
    29 mai 2019 - 15 h 19 min

    @LOUCIF, bravo cher internaute pour votre proposition ! J’espère que nos amis de AP vont prendre le temps ,calmement, de vous lire et donner des contre-arguments , leur solution s’ils en ont une ! En tout cas chappeau pour les détails et la clarté de votre proposition et moi j’adhère ! Aux autres de vous critiquer ou non.

    Mais je pense que ce n’est pas très utile de revenir encore avec le vide consitutionnel, la main étrangère, la situation sécuritaire régionale, Israêl, BHL, le Maroc, çà ne marche plus et le peuple algérien connait tout çà et en est très conscient ! Il veut simplement savoir la méthode, le processus pou aller vers une nouvelle vraie république démocratique, un changement de système politique, un Etat de droit en tenant compte des millions d’algériens qui revendiquent cela dans la rue depuis plus de 14 semaines ! A +

    صالح/ الجزائر
    29 mai 2019 - 15 h 14 min

    Les maîtres lointains des instigateurs de « dégagez tous » ne cherchent pas ni à libérer le pays de l’oligarchie corrompue et vorace , ni instaurer la démocratie et justice sociale , ni à servir les intérêts et le progrès de l’Algérie.
    Les slogans genre : «Dégagez tous !» , «Gaïd Salah, Dégage!» , …, «Gaïd Salah, chef de la issaba» ne sont apparus sur les banderoles qu’après l’arrestation de la « Issaba » , suivi peu de temps après du propriétaire de Cévital . Auparavant c’était «Djeich-chaâb khawa khawa» qui prédominait .
    On est des géants en critiques , mais malheureusement des nains quant il s’agit de produire des solutions et propositions alternatives . Mais le rêve ne fait de mal à personne.

      Un autre aplaventriste ?
      29 mai 2019 - 15 h 36 min

      Non Monsieur صالح/ الجزائر le slogan « Gaid Salah dégage » est apparu bien avant l’arrestation de Rebrab ou de je ne sais qui ! Il est apparu quand à la 11 ème semaines le harak s’est rendu compte que Gaid Salah le tournait en bourique et qu’il ne cherchait qu’à gagner du temps sans être clair dans ses discours, toujours ambigûs même après le dernier à partir de Tamanrasset ! Si vous voulez faire vous aussi de là-plat-ventrisme c’est votre problème pas celui du harak !

    dahou
    29 mai 2019 - 13 h 20 min

    …pour le moment on a détruit le pays et on est sorti dans la rue la main dans la main..ni plus ni moins …

    LOUCIF
    29 mai 2019 - 11 h 28 min

    Bonjours chers citoyens, je vais être un peu long encore une fois, mais c’est impossible de faire plus court.

    Des voix commencent à reprocher au hirak de se dresser contre l’armée et de ne pas être capable de désigner ces représentants ! Ces deux reproches ne sont pas très exactes car :

    1/- au début du mouvement et pendant plusieurs semaines le hirak était avec l’armée (djeich chaab, khaoua, khaoua) mais c’est à partir du moment où Gaid Salah s’est joué de lui par ses attitudes ambiguës et non claires que le hirak s’est retourné contre lui, oui en fait plus contre Gaid Salah que l’armée elle-même.

    2/- le mouvement est actuellement en discussion, en réunion quotidienne pour rédiger sa feuille de route qui débouchera sur la désignation de interlocuteurs chargés de la porter devant l’armée. Oui hélas devant l’armée car c’est elle qui détient hélas le pouvoir réel. Il faut savoir que ces discussions, ses débats sont bien avancés au niveau de la société civile, des associations, des syndicats, des corporations, des ligues des droits de l’homme et même des partis politiques ! Donc, arrêtons de dire des choses inexactes car il y a plus de volonté politique du côté hirak que du côté de l’armée. Il suffit donc d’une volonté politique clairement affichée de la part du pouvoir pour que le processus s’enclenche ! Il suffit que Gaid Salah et son Etat Major s’érigent en rassembleur et non en diviseur des algériens et déclarent solennellement qui sont à l’écoute du hirak qu’ils sont prêts à l’accompagner pour que les choses se calment et que le débat devienne serein et constructif.

    Puisque les choses suivantes sont revendiquées par la majorité du hirak, Gaid Salah et son Etat Major doivent se rendre à l’évidence de :
    a- la nécessité de désigner une instance collégiale (quatre ou 5 membres chargée de conduire la transition et représentant toutes les composantes de la société (islamistes, laïcs démocrates, armée).

    b- la nécessité de désigner un gouvernement de compétences pour assurer la continuité de l’Etat en attendant la normalisation. Les personnes composants ses entités ne pourront pas prétendre se présenter aux prochaines élections.

    c- la nécessité de modifier la Constitution et la loi électorale ! C’est une trahison d’aller à la Présidentielle avec une telle Constitution. Pour se faire on n’est pas obligé d’attendre une Constituante qui risque de nous mener très loin et nous demander beaucoup de temps, on en a déjà assez perdu. Cela ne veut pas dire que la Constituante ne peut être remise à l’ordre du jour en cas de nécessité politique mais plus tard et au moment voulu. La modification, je parle de modification et non de bouleversement, portera particulièrement sur le changement de la nature du régime hyper présidentiel car le pouvoir exécutif étouffe complètement les autres pouvoirs législatif et judiciaire, sur la garantie de la séparation du pouvoir et de l’alternance. Ensuite, du fait que le peuple algérien a prouvé qu’il reconnaît désormais la triple dimension identitaire du pays (amazighité, arabité et islamité), la Constitution doit simplement affirmer le caractère de langue nationale et officielle à Tamazight au même titre que l’arabe ! Cette affirmation ne voudra pas dire que Tamazight va demain être appliquée obligatoirement partout, même dans l’administration mais simplement pour obliger l’Etat à mettre les moyens (financiers et autres) pour développer progressivement cette langue comme l’a fait pour l’arabe Taleb Ibrahimi. Par ailleurs, on n’est pas obliger de déterrer les démons en supprimant l’article 2 (islam religion de l’Etat, et oui il y a des personnes qui pensent encore que l’Etat doit avoir à tout prix une religion) puisqu’il existe l’article 52 alinéa 16 qui empêche l’utilisation de la religion et du régionalisme à des fins partisans et politiques ! Les partis ne seront même pas obliger de changer de sigle si ils respectent cet article ! Par contre, il faut bien faire apparaître la séparation du politique et du militaire, c’est essentiel et Gaid Salah et l’Etat Major doivent reconnaître au fond d’eux-mêmes au fond d’eux-mêmes qu’ils ont du pain sur la planche avec leurs missions et se permettre de perdre du temps à s’occuper de politique. N’est-ce pas Monsieur Gaid. Cette Constitution modifiée sera en définitive soumise par voix référendaire au peuple. Le référendum est en ligne avec le pouvoir constituant du peuple que lui attribuent les articles 7 et 8. L’équipe collégiale restreinte qui sera chargé de plancher sur la révision Constitutionnelle sera composés de personnes qui seront élus par les élus des organisations et associations représentatives de la société civile, des syndicats, des corporations, des avocats, des magistrats, des travailleurs, des ligues de droits de l’homme etc… etc.., eux-mêmes aidés par 2 ou 3 Constitutionnalistes de renom, on en a quand même.

    d) de la nécessité d’actualiser le fichier électoral et de désigner une instance véritablement indépendante d’organisation et de contrôle des élections.

    e) et enfin de la nécessité de comprendre que ce n’est qu’après tout çà que l’on peut aller à la Présidentielle puis quelques temps après aux législatives et aux locales.

    Plus Gaid se décide vite, plus vite l’Algérie se portera mieux. Est-ce qu’il y a un danger pour le pays avec cette proposition et son planning ? Est-ce qu’il ne nous suffit que de quelques mois (5 à 6 mois) pour réaliser ce projet exaltant si on est de vrais patriotes et qu’on aime vraiment son pays et non les clans ? Il suffit donc d’une sincère volonté politique de Gaid Salah et de son Etat Major pour que les choses se calment, que la marche vers la normalisation du pays commence, et que l’Etat de droit et la République commencent enfin à montrer leur museau.
    Bon courage à tous.Bonjours chers citoyens, je vais être un peu long encore une fois, mais c’est impossible de faire plus court.

    Des voix commencent à reprocher au hirak de se dresser contre l’armée et de ne pas être capable de désigner ces représentants ! Ces deux reproches ne sont pas très exacte car :

    1/- au début du mouvement et pendant plusieurs semaines le hirak était avec l’armée (djeich chaab, khaoua, khaoua) mais c’est à partir du moment où Gaid Salah s’est joué de lui par ses attitudes ambiguës et non claires que le hirak s’est retourné contre lui, oui en fait plus contre Gaid Salah que l’armée elle-même.

    2/- le mouvement est actuellement en discussion, en réunion quotidienne pour rédiger sa feuille de route qui débouchera sur la désignation de interlocuteurs chargés de la porter devant l’armée. Oui hélas devant l’armée car c’est elle qui détient hélas le pouvoir réel. Il faut savoir que ces discussions, ses débats sont bien avancés au niveau de la société civile, des associations, des syndicats, des corporations, des ligues des droits de l’homme et même des partis politiques ! Donc, arrêtons de dire des choses inexactes car il y a plus de volonté politique du côté hirak que du côté de l’armée. Il suffit donc d’une volonté politique clairement affichée de la part du pouvoir pour que le processus s’enclenche ! Il suffit que Gaid Salah et son Etat Major s’érigent en rassembleur et non en diviseur des algériens et déclarent solennellement qui sont à l’écoute du hirak qu’ils sont prêts à l’accompagner pour que les choses se calment et que le débat devienne serein et constructif.

    Puisque les choses suivantes sont revendiquées par la majorité du hirak, Gaid Salah et son Etat Major doivent se rendre à l’évidence de :
    a- la nécessité de désigner une instance collégiale (quatre ou 5 membres chargée de conduire la transition et représentant toutes les composantes de la société (islamistes, laïcs démocrates, armée).

    b- la nécessité de désigner un gouvernement de compétences pour assurer la continuité de l’Etat en attendant la normalisation. Les personnes composants ses entités ne pourront pas prétendre se présenter aux prochaines élections.

    c- la nécessité de modifier la Constitution et la loi électorale ! C’est une trahison d’aller à la Présidentielle avec une telle Constitution. Pour se faire on n’est pas obligé d’attendre une Constituante qui risque de nous mener très loin et nous demander beaucoup de temps, on en a déjà assez perdu. Cela ne veut pas dire que la Constituante ne peut être remise à l’ordre du jour en cas de nécessité politique mais plus tard et au moment voulu. La modification, je parle de modification et non de bouleversement, portera particulièrement sur le changement de la nature du régime hyper présidentiel car le pouvoir exécutif étouffe complètement les autres pouvoirs législatif et judiciaire, sur la garantie de la séparation du pouvoir et de l’alternance. Ensuite, du fait que le peuple algérien a prouvé qu’il reconnaît désormais la triple dimension identitaire du pays (amazighité, arabité et islamité), la Constitution doit simplement affirmer le caractère de langue nationale et officielle à Tamazight au même titre que l’arabe ! Cette affirmation ne voudra pas dire que Tamazight va demain être appliquée obligatoirement partout, même dans l’administration mais simplement pour obliger l’Etat à mettre les moyens (financiers et autres) pour développer progressivement cette langue comme l’a fait pour l’arabe Taleb Ibrahimi. Par ailleurs, on n’est pas obliger de déterrer les démons en supprimant l’article 2 (islam religion de l’Etat, et oui il y a des personnes qui pensent encore que l’Etat doit avoir à tout prix une religion) puisqu’il existe l’article 52 alinéa 16 qui empêche l’utilisation de la religion et du régionalisme à des fins partisans et politiques ! Les partis ne seront même pas obliger de changer de sigle si ils respectent cet article ! Par contre, il faut bien faire apparaître la séparation du politique et du militaire, c’est essentiel et Gaid Salah et l’Etat Major doivent reconnaître au fond d’eux-mêmes au fond d’eux-mêmes qu’ils ont du pain sur la planche avec leurs missions et se permettre de perdre du temps à s’occuper de politique. N’est-ce pas Monsieur Gaid. Cette Constitution modifiée sera en définitive soumise par voix référendaire au peuple. Le référendum est en ligne avec le pouvoir constituant du peuple que lui attribuent les articles 7 et 8. L’équipe collégiale restreinte qui sera chargé de plancher sur la révision Constitutionnelle sera composés de personnes qui seront élus par les élus des organisations et associations représentatives de la société civile, des syndicats, des corporations, des avocats, des magistrats, des travailleurs, des ligues de droits de l’homme etc… etc.., eux-mêmes aidés par 2 ou 3 Constitutionnalistes de renom, on en a quand même.

    d) de la nécessité d’actualiser le fichier électoral et de désigner une instance véritablement indépendante d’organisation et de contrôle des élections.

    e) et enfin de la nécessité de comprendre que ce n’est qu’après tout çà que l’on peut aller à la Présidentielle puis quelques temps après aux législatives et aux locales.

    Plus Gaid se décide vite, plus vite l’Algérie se portera mieux. Est-ce qu’il y a un danger pour le pays avec cette proposition et son planning ? Est-ce qu’il ne nous suffit que de quelques mois (5 à 6 mois) pour réaliser ce projet exaltant si on est de vrais patriotes et qu’on aime vraiment son pays et non les clans ? Il suffit donc d’une sincère volonté politique de Gaid Salah et de son Etat Major pour que les choses se calment, que la marche vers la normalisation du pays commence, et que l’Etat de droit et la République commencent enfin à montrer leur museau.

    Bon courage à tous.

    Karamazov
    29 mai 2019 - 11 h 05 min

    Moua , ce Hirak, me rappelle cette histoire d’un vieux monsieur qui se fait expliquer par une jeune pharmacienne le mode d’administration des médicaments qu’elle venait de lui délivrer.

    Hadou tchekette , wahda fenhar
    hada sirou mghourfa kbira thlatha khetrat fenhar
    hadou kachiyates 2/ reb3a khetrat fenhar
    ou …

    Ou … hadou chma3 , dir wahda fellil qebl ma ten3es

    Ou kifech , chma3 ? Nech3el houm ? Le pauvre croyait que c’était des fumigations à respirer.

    Lala ma tech3elhoumch, dir houm bark lui dit la jeune pharmacienne toute rouge de pudeur .

    Bessah kifech ndirhoum , dirili entiya wahda bach enchouf kifech. Le vieux n’arrêtait pas d’insister bach tdirlou wahda.

    Heureusement qu’un autre vieux le sortit et lui dit viens je vais t’expliquer comment on les met.

    Le Hirak , a des exigences , mais il voudrait qu’on les lui satisfasse.

    Elephant Man
    29 mai 2019 - 4 h 33 min

    Effectivement le « dégagez tous » est un slogan publicitaire à la BHL pour l’avoir écrit à maintes reprises.
    Où sont les structures politiques représentatives des manifestants…Aucune inexistantes si ce n’est des mots d’ordre sur face de bouc. On ne crée pas un gouvernement avec du vide avec le néant total qui lui aboutira au chaos total.
    Je réitère des patriotes des politiques intègres qui ont servi leur pays et peuple existent Lamamra, je m’étonne qu’il ne soit pas candidat à la présidentielle. On ne dirige pas un pays avec des novices inexpérimentés et sortis de nulle part si ce n’est pour certains d’officines étrangères.
    À qui profite le crime comme toujours …pas au pays ni au peuple comme toujours ! Pourquoi empêcher un ministre actuel d’exercer sa fonction…le but ultime c’est quoi →→ le chaos à qui profite le crime ?!
    Je reprends un commentaire d’un lecteur AP @thebest qui a dit « ils pensent que le nouveau système gouvernement va leur tomber du ciel ».
    Je rejoins @Nasser.

    Yes
    29 mai 2019 - 1 h 30 min

    Mr naimi,votre analyse est juste pour dire que ce mouvement n’a pas de représentant. Mais votre explication et vos recommandations ne sont pas justes.
    Les représentants de c manifestants auraient dû être les partis politiques démocrates et les organisations syndicales de l’opposition. Malheureusement c partis dont certains ont marché et manifesté bien avant le 22/2 ont été marginalisés par le pouvoir, privés d’expression,et méprisés même par vous même injustement. C manifestants devraient aller vers c partis et y militer; on va pas faire croire que c foules ne trouvent pas un parti à leur conviction parmi les 60 qui existent?

      Essaid
      29 mai 2019 - 7 h 31 min

      Mon ami je partage l’avis de notre contributeur. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous sur un point: que les manifestants se livrent aux partis existants. C’est à ces partis ,qui sont restés longtemps en marge ,soit par incapacité ,soit par peur du système (répression sous toutes ses formes ,et par toutes les institutions de l’Etat).
      C’est un travail de proximité que les partis n’ont jamais effectué! Avez-vous jamais été approché ,par un quelconque représentant de parti ,soit dans votre milieu professionnel soit dans la rue? Une seule fois ,et c’était Talaie Elhouria ,qui n’a plus refait l’opération (pour des raisons que j’gnore). C’est du marketing politique ,pour cela je vous renvoie à l’ouvrage de Thomas Stenger « le marketing politique.Bref l’essentiel est d’avancer dans notre débat politique ,qui reste fécond toutefois.

    lhadi
    28 mai 2019 - 23 h 06 min

    (bien lire)

    Les vertus individuelles qui sont indispensables peuvent prendre le contre-pied de nombre de principes enseignés si la raison est opprimée, le jugement bafoué, le talent meurtri.

    Au jour d’aujourd’hui, des manoeuvres se font jour, notamment en faveur d’une transition qui risque de trainer notre pays dans une aventure aux conséquences incalculables et imprévisibles.

    Qu’à cela ne tienne, elles ne nous feront pas détourner de la seule tache qui mérite adhésion et que l’urgence rend nécessaire : oeuvrer pour le patriotisme républicain qui permettra, sans aucun doute, de désensabler la jeune nation algérienne empêtrée dans les cercles vicieux inhérents au sous développement et la mettre à la taille des géants.

    Tous ensemble pour une Algérie qui ose. Nous pouvons le faire. Nous devons le faire.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    lhadi
    28 mai 2019 - 23 h 03 min

    Les vertus individuelles qui sont indispensables peuvent prendre le contre-pied de nombre de principes enseignés si la raison est opprimée, le jugement bafoué, le talent meurtri.

    Au jour d’aujourd’hui, des manoeuvres se font jour, notamment en faveur d’une transition qui risque de trainer notre pays dans une aventure aux conséquences incalculables et imprévisibles.

    Qu’à cela ne tienne, elles ne nous feront pas détourner de la seule tache qui mérite adhésion et que l’urgence rend nécessaire : oeuvrer pour le républicanisme patriotique qui permettra, sans aucun doute, de désensabler la jeune nation algérienne empêtrée dans les cercles vicieux inhérents au sous développement et la mettre à la taille des géants.

    Tous ensemble pour une Algérie qui ose. Nous pouvons le faire. Nous devons le faire.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    Anonymo
    28 mai 2019 - 22 h 08 min

    Y’as pas de miracles. C’est un travail titanesque et de longue haleine pour le peuple de construire un état de droit et de chances. Y’a tous ces prétendants a l’élection presidentielle mais personne ne s’engage. C’est comme se présenter a la présidentielle est un objectif personnel pour eux même. Maintenant c’est le temps de passer a l’action pour concrétiser le fruit. Chasser pour le remplacer par qui? Ce mouvement de protestations qui perdure trop et on se pose la question quelle est la finalité de ce mouvement? Il parait qu’on se focalise sur le vol et corruption mais la société a de myriades de problèmes qu’il faut organiser et structurer pour pouvoir les apprécier et résoudre. Ces marches jusqu’a présent semblent dire a tout le monde: nous n’aimons pas le travail et somme fainéants mais nous voulons se partager le rente. Y’as pas que vous seulement(pouvoir) vous devez en profiter. La premier des choses est de contrôler strictement et diligemment la rente pétrolière pour l’utiliser a lancer des projets productifs qui se subsisteront aux ressources naturelles.

    Nasser
    28 mai 2019 - 21 h 24 min

    « Yetnahaw Ga3 » est un slogan stupide, irresponsable et irréaliste qui parait simple et logique qu’à ceux qui sont insensés et qui n’ont pas de suite dans les idées !
    Celui qui enlèvera « tout le monde » c’est qui, comment et qui remplacera qui par qui, comment et quand ……. Du blabla de foule inculte et moutonnière !
    On dit bien « La multitude est moutonnière. »
    Ils ne veulent pas dialoguer ; ils ne veulent pas laisser le gouvernement expédier les affaires courantes ; ils ne veulent pas de vote, ils « murent » les administrations de proximités, ils coupent les routes, ils veulent mettre tous les cadres en prison, ils veulent déstabiliser l’Armée, ils veulent « dégager tous le monde sans savoir qui doit le faire et par qui les remplacer et comment! Ce sont les « révolutionnaires du 19 mars »
    Nous pensons que notre société et les pseudo-partis ne sont encore préparer à la démocratie en voulant « dégager tous le monde » ! Il est donc temps de les dégager eux aussi par la force de la loi !

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