Comment le statu quo imposé par le pouvoir menace l’économie de faillite

Alger consommateurs
Alger ville morte suite à l'appel à la grève le 10 mars dernier. PPAgency

Houari A. Le constat du président de l’Organisation algérienne de défense et d’orientation des consommateurs est plus qu’alarmant. Selon lui, les dépenses des ménages ont reculé de 70% ces dernières semaines, ce qui augure une catastrophe imminente.

Mustapha Zebdi a affirmé que de nombreux industriels l’ont contacté pour s’informer sur les raisons de cette dangereuse crise qui risque de provoquer une vague de licenciements des travailleurs sans précédent si elle n’est pas résorbée au plus tôt.

L’opération politicienne qui a consisté à mettre plusieurs oligarques ayant profité de leur proximité avec le clan présidentiel et bénéficié d’avantages sans limites sous Bouteflika a eu l’effet contraire à celui qui était escompté par le chef d’état-major de l’armée qui a voulu se servir de cette action ultra-médiatisée pour s’imposer comme le «sauveur» de la nation. L’opinion publique qui, au début du hirak, appelait Gaïd-Salah à «remplir les prisons», a fini par comprendre que l’arrestation d’anciens ministres et d’une poignée d’hommes d’affaires véreux réclamée par les manifestants était de la poudre aux yeux.

Plus grave, la célérité avec laquelle l’institution judiciaire a traité les affaires liées à la corruption, au détournement des deniers publics, au trafic d’influence et autres indus avantages obtenus sous le règne de Bouteflika fait planer de sérieux doutes sur l’objectif inavoué de ce «nettoyage» qui s’apparente moins à une lutte contre la rapine et la prévarication qu’à une opération de charme à l’endroit des citoyens pour faire accroire à la fin de l’impunité et à l’avènement d’une nouvelle ère fondée sur la justice sous les bienveillants auspices du commandement de l’armée.

De nombreuses sources ont affirmé à Algeriepatriotique que le nombre de désinvestissements de firmes étrangères a atteint des proportions inquiétantes ces derniers mois. A cela s’ajoute le ralentissement des activités des industriels nationaux qui attendent d’y «voir plus clair» et, surtout, du refus de nombreux responsables au sein des institutions et des entreprises publiques de se compromettre, en refusant de signer quoi que ce soit qui pourrait les conduire en prison, bloquant ainsi la machine économique.

Le statu quo induit par le refus du chef d’état-major de l’ANP de répondre aux exigences des millions de citoyens qui battent le pavé depuis le 22 février, et qui menacent désormais de recourir à la désobéissance civile, fait peser de graves menaces sur la stabilité du pays. Le départ des symboles militaires et civils du régime Bouteflika, réclamé par le peuple depuis plus de cinq mois, devient de plus en plus urgent.

H. A.

Comment (12)

    Vroum Vroum 😤..
    5 août 2019 - 21 h 51 min

    Et c’est le constat de tous les Experts Économique ,l’économie est en grave danger , malgré l’opération mains propres sélectives , et toujours l’impasse.. cependant les Hadad , Kouninef , Rabrab….sont poursuivis en justice , mais Bizarrement le Dossier Tliba et ces Complices aurait disparu ??… protégé ??.. Dossier Saidani aussi , évaporé ??.. Qui aurait intérêt à enterrer ces Dossiers ??.. quel lien entre ces Corompus et leurs ou leur Protecteur , ..On dit que la Justice fasse son Travail , à moitié ou comme il faut !?… Car si notre Économie est en danger c’est bien à cause de la mauvaise Gouvernance et Gestion Économique mais aussi à cause de la Corruption , du Clientélisme , favoritisme , et dans les Poursuites judiciaires contre les Corrompus , certains seraient favorisés , épargnés , pourquoi les Hadad et pas l Tliba et ces Complices car si on remonte le Fil ….???.. Car c’est ce qu’on supposerait que ces Corrompus qui ont profites de l’argent public ne soient pas à El Harrache !… Car il s’agit de notre Argent à tous , l’argent de l’Algérie qui a été dilapidé et tous les Grands Corrompus doivent payer sans aucune exception . .. Quelqui’ils soient .. Et alors on pourra parler Algérie nouvelle , ..Mais qui protège Saidani , Tliba et ces Complices..qui ??.. car La Justice doit combattre l’injustice , pour être Crédible .

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    karimdz
    5 août 2019 - 18 h 15 min

    Le statut quo est aussi bien imputable au hirak qu à Gaid Salah. On s est plaint de ce que le General Gaid voulait des élections en juillet et on a dit c est trop tôt.

    Le hirak demeure toujours non structuré incapable de nommer un panel.

    Je renvoi dos à dos hirak et le général Gaid. Je n en appelle pas moins le Hirak et le General à se rencontrer pour dialoguer et entrevoir une sortie crise.

    Hamdoulah, la révolution est pacifique mais c est notre économie qui souffre.

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      MELLO
      6 août 2019 - 16 h 54 min

      Le hirak ne doit pas s’insérer dans ce calendrier du pouvoir , il doit contourner tous les pièges de ses manoeuvres pour survivre. Ne jamais répondre aux provocations de toutes sortes dont le seul but est de maintenir ce système qui ne cesse de nous essorer. Mobilisation et vigilance jusqu’a la chute inéluctable de ce regime. Car le temps , contrairement a ce que d’aucuns peuvent croire ou declarer joue en faveur du hirak. Le temps isole , de plus en plus , le regime et sème le doute chez ses clients les plus fidèles . Le regime est a bout de souffle , il n’a plus de plans de rechange , hormis de rentrer dans une guerre médiatique , psychologique et diplomatique. Ensemble maintenons la mobilisation.

    Lyes-DZ
    5 août 2019 - 14 h 41 min

    L’Algérie souffrait déjà depuis belle lurette pratiquement depuis que Ouyahia a mis en place la place la planche à billet en 2017, de surcroit, l’Algérie souffre d’une administration envahissante et inefficace qui freine le développement des entreprises et empêche la création d’une base industrielle qui permet de créer des emplois, d’équilibrer les comptes externes et de sortir le pays de sa dépendance aux hydrocarbures.
    Par exemple, dans le classement « doing business » de la Banque Mondiale qui estime la facilité avec laquelle les entreprises peuvent se développer dans un pays, Vous vous rendez compte l’Algérie figure à la 157ème place mondiale en 2018 pour un pays producteur de gaz et pétrole, on est atteint du ‘SYNDROME HOLLANDAIS’ c’est une situation économique déjà degatdéé qui; va alimenter le mécontentement populaire, tous ces politiciens véreux et incapables n’ont pas fait les reformes nécessaires depuis 2013, je l’ai toujours signalé dans mes commentaires si, par malheur on est balayé par une récession économique c’est le chaos et l’anarchie qui nous attend !!!!

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    Elephant Man
    5 août 2019 - 14 h 34 min

    À qui profite le crime comme toujours …. cf.désobéissance civile crise et cie, pas à l’Algérie pas à l’État et surtout pas aux Algériens eux-mêmes les uniques victimes.

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    Brahms
    5 août 2019 - 14 h 30 min

    Ces voleurs sont devenus vieux (…) si bien qu’ils n’auront pas le temps de croquer leurs millions d’euros ou leurs milliards entassés à travers le monde. Leur système est fini, ils sont donc incrédibles vis à vis des citoyens. Le temps joue en faveur du peuple.

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    Anonyme
    5 août 2019 - 14 h 23 min

    Le peuple est le dernier de leurs soucis.

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    Kahina-DZ
    5 août 2019 - 14 h 19 min

    Ce n’est pas la crise politique qui va faire exploser l’Algérie, mais une crise économique sans nom.

    Si le départ de Bensaleh et Bedoui est une première solution pour cette crise, alors il faut qu’ils partent le plus tôt possible.
    On ne va pas sacrifier un pays pour deux marionnettes .

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    El Haouèt
    5 août 2019 - 11 h 40 min

    Un dictant venant de chez nous,Dit lorsque les moineaux se déclarent la guerre entre eux;c’est les champs de blés qui subissent les dommages; c’est toujours les plus faibles qui payent les caprices et les magouilles de nos incompétents dirigeants;le pays le plus riche du continent;le plus vaste;n’arrive pas à nourrir convenablement ses citoyens,un million et demi de victimes;juste pour ne pas manger a notre faim;

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    MELLO
    5 août 2019 - 10 h 10 min

    L’intronisation des affairistes dans le monde politique , voulu et exécuté par Bouteflika était, en réalité, un plan de destabilisation économique de l’Algérie. Le « patronat » était tres impliqué dans la vie politique Algérienne , pendant que les entreprises étatiques subissaient toute sorte de contraintes allant vers la baisse de la productivité. Les partis de la coalition présidentielle avaient ouvert leurs listes aux magnats de l’argent . Ce n’est qu’un retour d’ascenseur par un Bouteflika soutenu quasiment par ces affairistes en 2014.
    Le debut de ce plan diabolique remonte a 2001 , avec cette ordonnance du 20 Aout relative aux investissements. Elle indique qu’un investisseur national ou étranger , personne physique ou morale , n’est soumis a aucune autorisation préalable pour investir et des avantages sont offerts aux investisseurs qui se déclarent a l’ANDI. Non satisfait de cette procedure, le gouvernement ouvre , par credit ANSEJ, les portes du développement de ces affairistes. Les jeunes , toute categorie confondue, se lancent dans une operation de credits pour enrichir tous ces affairistes, puisque 80 % des dossiers ANSEJ sont orientés vers le secteur des transports ( transport de marchandises et transport de voyageurs) nécessitant acquisition des véhicules utilitaires payés au prix forts au bénéfice des importateurs / concessionnaires qui se remplissent les « poches ». Les autres projets inscrits a l’ANSEJ se sont , pour la plupart, retrouvés confronter a des problèmes de marchés non acquis.
    Voila , comment Bouteflika a muselé l’économie Algérienne qui cherchait a sortir de sa dependance des hydrocarbures.
    En vingt ans , l’Etat a englouti plus de 1500 Milliards de Dollars pour récolter , au final, ces rideaux baissés et ces couffins vident.
    L’apothéose de toute cette gabegie fut atteint lors du dernier Forum Africain , organisé par le FCE , le ministère des affaires étrangères et une boite privée , Allégorie. Cette rencontre a vu la participation de Andrey Azoulay , conseillé du roi momo 6 et proche du sionisme , c’est ainsi que notre grand patron Issad Rebrab s’est fait remarqué par son absence , lui qui commerce avec beaucoup de pays Africains.
    Voila comment le pouvoir a programmé la descente aux enfers de cette riche Algérie.

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    5 août 2019 - 9 h 13 min

    LES EX MEMBRES DU SYSTÈME APPLIQUE LA POLITIQUE DE LA TERRE BRÛLÉE « Avec nous ou rien  » gaid

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    Anonyme
    5 août 2019 - 7 h 32 min

    Menace l’économie de l’Algérie?? S’il pensaient à l’Algérie il n’aurait jamais brûlé 1000 milliards de dollars en se mettant un bon quart de ce magot dans les poches.

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