De l’urgence de doter le Mouvement populaire d’un management moderne et performant

algérie Bennabi
L’Algérie écrira encore une fois son histoire et contribuera à l’édification de la cité humaine. PPAgency

Par Boudjema Tirchi – Lors d’une rencontre dans le cadre du Hirak, le jeune Amine K., dit «El Che», me persuada de lire Les Conditions de la renaissance de Malek Bennabi, qui était pour moi un intellectuel «islamiste» dépourvu d’intérêt. Finalement, je découvre un scientifique ouvert sur l’universalité et qui proposait de pertinentes idées. L’ouvrage est vite dévoré et à trois reprises relu afin de mieux saisir les théories. Surtout les trois «richesses permanentes» qui présentent avec le Monde à 3 + 1 dimensions (de votre serviteur) de curieuses ressemblances. Enfin, avec ces outils, on analyse la «révolution du sourire» déclenchée par les indignés.

L’ouvrage de Bennabi (éditions Anep, 2011) est subdivisé en deux parties.

La première aborde le présent et l’histoire des peuples musulmans (page 23).

«Stade épique guerrier et traditions» (23). C’était l’ère du sommeil dans lequel seul le lien tribal subsistait avec parfois de remarquables chefs, tel l’Algérien Abdelkader ou le Rifain Abdelkrim. Cette période prit fin avec le lever du jour annoncé par Djamel-Eddine du haut des montagnes d’Afghanistan.

«Stade politique et idée» (27). Vers 1922, la voix d’El-Afghani eut un écho en Algérie grâce à Ben Badis qui semait les idées du «réveil» d’un peuple endormi.

«Stade de l’idole» (33). Selon Bennabi, avant ce «réveil», l’idole régnait en maîtresse à l’ombre des zaouïas où des âmes crédules allaient quêter des amulettes et des barakas. En 1936, les Oulémas participèrent au Congrès musulman algérien, à Paris, en transformant leur association en mouvement politique organisé. L’auteur en fut révolté, affirmant que le virus politique avait alors succédé au virus maraboutique, sans la moindre transformation du milieu ou des idées.

La seconde partie concerne l’avenir (43).

«De l’entassement à la construction» (45). En partant des lois de la «chimie biologique» et de la «dynamique spéciale», il proposa une théorie de l’évolution des sociétés : «Civilisation = Homme + sol + temps.» Cette découverte est, pour l’auteur de ces lignes, la pierre angulaire de l’ouvrage car elle rappelle les éléments fondamentaux (espace, temps, force et mystère) que nous verrons plus loin. Pour Bennabi, la pensée religieuse est le catalyseur indispensable à la synthèse de ces trois richesses, mais avec une différence entre les cycles d’évolution des sociétés occidentale et musulmane. D’ailleurs, il affirma que les peuples musulmans n’étaient guère en 1948 (année de rédaction de l’ouvrage), mais en 1367 de l’Hégire. Après cela, il fixa deux conditions pour la renaissance de la société algérienne.

«Examen de la première condition. Conformité de l’histoire avec le principe coranique» (57). Il nous rappelle que là où le cycle de la civilisation commence, il y a les trois «facteurs temporels», mais qui sont insuffisants, car il manque la synthèse «bio-historique» de ces éléments. En interrogeant l’histoire, il constata que l’origine de l’expansion des civilisations islamique et chrétienne provenait de l’essor d’une idée religieuse. Il fut conforté en cela par un penseur allemand : «J’étais, en fait, convaincu par la brève explication du rôle qu’accomplit l’idée religieuse dans l’histoire ainsi que par les opinions de H. Keyserling sur le sujet et sur lesquelles je me suis fondé. Je veux parler de ses conclusions sur le rôle de l’idée chrétienne dans la civilisation occidentale.» (17)

«Examen de la deuxième condition. Possibilité de l’application du principe coranique actuellement. […] Ainsi donc, pour réaliser la synthèse nécessaire comme solution du problème algérien, synthèse de l’Homme, du sol et du temps, il faut le catalyseur d’une religion qui transforme l’âme musulmane, c’est-à-dire, selon le mot de Keyserling, lui donne le principe du sens.» (65)

«L’influence de l’idée religieuse dans la formation de la civilisation.» (69) Dans ce chapitre, l’auteur aborde le «cycle d’une civilisation» qui se compose de trois phases : au départ, les individus sont au stade instinctif. Grâce à l’idée religieuse, ils «refoulent» le règne des instincts au profit de l’esprit conscient (l’auteur utilise des termes de la psychanalyse freudienne) : c’est le début de la civilisation. La deuxième phase gère ce changement. La troisième étant le déclin : le retour à l’état instinctif.

La suite de l’ouvrage propose des moyens à développer afin d’augmenter l’efficacité de la synthèse «bio-historique» des trois «richesses permanentes» : l’Homme, l’orientation, la culture, l’alphabétisme, l’éthique, l’esthétique, la technique, etc. Mais cette efficacité est contrariée par «le coefficient colonisateur» et «le coefficient autoréducteur» : notre «colonisabilité».

Après ce bref tour d’horizon de l’ouvrage, la première idée qui vient à l’esprit est comment ce géant de la pensée n’est-il pas suffisamment étudié, médiatisé dans son propre pays ?

Cependant, deux remarques s’imposent : d’abord, le «coefficient colonisateur» paraît désuet aujourd’hui car la dictature de l’indigène n’a rien à envier à celle du colon étranger : le «coefficient oppresseur» semble plus indiqué ; ensuite, l’exclusivisme de l’idée religieuse dans la synthèse de la civilisation : c’est un des moyens, mais pas le seul. Surtout qu’elle possède une restriction reconnue par l’auteur : «La coïncidence de ces deux dates [psychologique et chronologique] est exceptionnelle pour la civilisation musulmane, qui le doit à la conscience vierge de toute empreinte antérieure qu’elle a trouvée chez le bédouin d’Arabie. […] Ce n’est que lorsqu’il touchera les consciences vierges des primitifs du nord de l’Europe [1000 ans après J.-C.] que le christianisme déterminera ce potentiel spirituel qui est la source de toute civilisation.» (62) C’est-à-dire que l’idée religieuse est surtout efficace avec des peuplades «primitives».

La théorie de John A. Toynbee (cité dans l’ouvrage) n’est guère dépourvue d’intérêt : la civilisation est une réponse à un «défi» géographique ou climatique (même s’il existe d’autres «défis»).

Bennabi vomissait les marabouts et leurs zaouïas, mais également les «intellectomanes politiciens» qu’il tenait pour responsables de la stérile phase «boulitique». C’est peut-être pour cela qu’il demeura figé en gare, regardant passer le train de la Révolution algérienne, l’une des plus grandes du XXe siècle. Ce n’était guère avec les armes des Oulémas (enseignement de la langue arabe et du Coran) qu’on aurait sorti la 4e puissance mondiale d’alors, aidée par l’Otan. Il est vrai que les «Badissis» n’avaient nullement revendiqué l’indépendance : ils se contentaient de l’intégration au sein de la France. Tandis que leur enseignement déracinait les Algériens de leur élément afin de les arrimer au Moyen-Orient : leur religion « islahiste» combattait l’islam humaniste de nos ancêtres ; leurs enseignants d’arabe littéraire étouffaient nos langues maternelles. Ayant été un de leur élève (vers 1960, à la Medersa de la Scala, à El-Biar, sur les hauteurs d’Alger), ils nous interdisaient de parler en derdja (arabe dialectal) qu’ils désignaient avec mépris par le nom «el-barbariya». Voyons maintenant les similitudes entre les théories de Bennabi et le monde à 3 + 1 dimensions.

Cette «trouvaille» est le fruit du hasard, alors que je cherchais les raisons de mon échec professionnel. Fin 1997, je sabordai l’entreprise de bâtiment créée à Boumerdès faute de marchés, après une expérience de deux années. Fortement déçu et un peu vexé, je m’accordai un congé sabbatique de six mois (au 4e étage de la cité Sbaat, à Rouiba) afin de cerner les causes de mon désarroi, en révisant des ouvrages de psychanalyse, comptabilité, marketing et management. Au bout de quatre mois, je découvris l’espace, le temps et la force : ce qui m’incita à explorer d’autres sujets, telle la théorie de la relativité ; le mystère sera découvert sept ans après. Voici un aperçu des éléments fondamentaux du monde à 3 + 1 dimensions.

Espace matériel : les terres (le «sol» de Bennabi), les mers et les airs. Espace spirituel : les points cardinaux sont constitués des quatre fonctions de Jung, opposées deux à deux (sensation-intuition et sentiment-pensée, introverties et extraverties) ; le centre du croisement des fonctions : le Moi (Freud) ; les rivages peu profonds : l’Inconscient personnel (Freud) ; les profondeurs des entrailles de la Terre ainsi que l’immensité de l’Univers : l’Inconscient collectif (Jung), le domaine des images archétypiques, aisément accessibles aux peuples dits «primitifs» (terrain de prédilection de la pensée religieuse de Bennabi). La première dimension obéit aux lois de la vérité et de la lucidité.

Temps : semblable à la définition donnée par Bennabi. La seconde dimension obéit à la loi de l’évolution.

Force (ou Energie) matérielle : celle du corps, mais également de l’argent et d’autres ressources. Force spirituelle : l’élan vital qui nous anime pour ressentir, penser, parler et agir. Celle-ci ressemble à l’«Engagement» de Bennabi. La troisième dimension obéit à la loi de la fructification.

Mystère (ou Dieu). Le terme «Mystère» est emprunté au psychanalyste suisse Carl Gustav Jung : il désigne la puissance divine ressentie, mais inexpliquée. Ce que Cheikh Khaled Bentounès, guide de la zaouïa Alawya de Mostaganem, nomme Allah. Cette dimension ressemble à un halo qui englobe les trois autres. Son centre est le point de rencontre des douze qualités opposées (le mandala et le Soi de Jung), dont les deux façades du Moi qui pilote notre destin. L’idée religieuse de Bennabi y trouve naturellement sa place. La quatrième dimension obéit à la loi de l’harmonie.

On retrouve le «Sol» et le «Temps» de Bennabi, mais pas l’«Homme», car les éléments sont éternels tandis que les êtres sont éphémères. Ces derniers ont juste pour rôle l’accomplissement de leur mission en étant dans le sens de la vie.

Le sens de la vie (Alfred Adler et Paul Diel). C’est l’assimilation des lois des éléments fondamentaux afin de réaliser convenablement la mission vitale, en satisfaisant harmonieusement les besoins en richesses essentielles par l’activation performante de l’élan vital.

Mission vitale (Diel). Assurer la survie (besoins de base), puis le développement (besoins sublimes) afin d’atteindre le stade de l’«individuation» (Jung) ou «ihsân» (Bentounès). Cela consiste à être en accord avec soi-même, avec les autres pour être en accord avec le Mystère (Dieu). Tout cela en tenant compte de la phase de son cycle de la vie (naissance, croissance, développement, mort). Ce dernier est valable pour un produit (marketing) ou une civilisation (Bennabi).

Besoins essentiels (Diel). Ils dérivent de la pyramide des besoins de Maslow modifiés par le manager Mohed Altrad. Pour survivre et se développer, l’individu et l’espèce ont besoin de quatre richesses essentielles : Matière, Esprit, Autrui, Grandeur. Leur satisfaction harmonieuse conduit au stade de l’«individuation» ou «ihsân».

Activation performante de l’élan vital (Diel). C’est l’utilisation convenable de la science du management (Information, Planification, Action, Evaluation) afin de satisfaire nos besoins en richesse essentielles.

Cette théorie universelle concernait les individus, car destinée à la psychothérapie. Mais après la découverte de l’œuvre de Bennabi, elle semble indiquée pour comprendre les sociétés. Prenons le cas de la «révolution du sourire» en cours dans notre pays.

L’élément déclencheur (catalyseur) n’était guère la «pensée religieuse» de Keyserling et Bennabi. La réponse à un «défi» de Toynbee était plus proche de la réalité. Selon la méthode de l’harmonie des Besoins, nous étions scandalisés par les adorateurs du Cadre et humiliés par les images dégradantes du Présidant. Pour rétablir notre équilibre, nous devions satisfaire un besoin spirituel : la dignité (au Soudan, c’était un besoin matériel : prix du pain). Pour cela, on utilisera un management instinctif en planifiant directement le but : «Non au 5e mandat». La phase Action débuta le 22 février. Grâce à une forte mobilisation et des attitudes ayant suscité l’admiration du monde entier, le 2 avril, le Hirak obtint gain de cause en chassant l’intrus.

On a chanté et dansé toute la nuit. Le lendemain, on planifie un nouveau but en criant : «Yetnahaw gaâ !» (ils partent tous). Après un minimum de dignité, on exige la démocratie. C’est le passage d’une communauté archaïque où règne la loi du plus fort à une société civilisée, régie par les droits et les devoirs. La tâche est ardue, car elle exige de nous tous un changement de mentalité, comme recommandé dans ce verset : «Dieu ne change rien à l’état d’un peuple que celui-ci n’ait d’abord changé son état d’âme.» (Coran). (30).

Au début, l’enfant assouvit instinctivement ses désirs. L’éducation (dans le sens large) consiste à maîtriser les instincts et à développer la conscience afin de sortir de l’animalité pour intégrer l’humanité. Cela donnera naissance aux deux aspects du Moi : le sublime qui accomplit sa mission vitale en satisfaisant ses Besoins essentiels ; l’archaïque au service de l’image de l’ego (persona, anima ou animus de Jung) qui obéit aux quatre fausses motivations (Diel) : vanité, culpabilité, accusation et sentimentalité. Notre changement consistera à surmonter les instincts, l’égoïsme et l’égocentrisme afin d’agir consciemment en faveur de la collectivité : «… La naissance en Algérie du sens “ collectif ” à partir duquel commence l’histoire et la mission d’un peuple.» (28).

Cette évolution concernera d’abord les élites, car l’urgence est dans la création d’une structure provisoire afin de doter le Mouvement d’un management moderne, performant. Les leaders (surtout les jeunes) qui immergeront seront les cadres de la nouvelle République. Si nous persistons dans ce statu quo, l’échec sera au rendez-vous. En effet, malgré le changement de but, nos moyens de lutte demeurent identiques. Tandis que le système, vieux de 57 ans, dispose d’un plan : s’appuyer sur le panel pour «élire» rapidement un pantin qui lui assurera la pérennité.

Pour terminer, les notions du Monde à 3 + 1 dimensions sont divulguées pour la première fois. Elles étaient destinées à améliorer la «synthèse des écoles», élaborée en 1970 à Paris par Madeleine et Yves Dienal, mes défunts psys. Sans répondant de mon environnement, elles étaient délaissées depuis cinq ans. C’est pour cela que je remercie infiniment «El Che» qui m’a éclairé l’esprit en me faisant découvrir Malek Bennabi. Ce dernier m’a déçu avec le second ouvrage : Le Phénomène coranique, car je ne suis guère branché sur ce sujet. Laissons le dernier mot à ce digne fils de l’Algérie : «Quoi qu’il en soit, c’est en achevant sa propre renaissance, en s’acheminant, elle-même, vers le progrès moral et scientifique que l’Algérie pourra contribuer efficacement à l’édification de la cité humaine.» (167)

B. T.

Auteur de Réplique au Livre noir de la psychanalyse

 

Comment (24)

    B. TIRCHI
    25 septembre 2019 - 9 h 25 min

    En effet, au stade archaïque, l’être humain est égoïste car étant sous l’influence de l’ego. S’il veut sortir de ce stade animal, il doit devenir altruiste pour accéder au stade sublime. Au début du Hirak, cette attitude commençait à se développer, mais avec le statut quo, l’ego commence à reprendre le dessus.

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      Momo
      25 septembre 2019 - 10 h 27 min

      Tu veux dire l’ego de Gaid … a pris de l’ampleur. Il jurait par le 102, le 7 et 8. Puis il s’est parjuré en refusant le 7 et le 8. Le 102 lui a donné un statut de Néron.
      Quand vous écrivez des choses mesurez la portée de vos propos. Les mots ont un sens. Et si vous ne craignez pas Dieu faites au moins place honorable à la raison.

        Zaatar
        26 septembre 2019 - 5 h 41 min

        Non l’ami @Momo, il parle de l’ego de tout le monde. Même ceux du hirak et ceux qui soutiennent le hirak. Pour être plus précis, il n y a aucune différence sur ce terrain entre ceux du hirak et tous les Gaid au pouvoir à part quelques exceptions. Tout le monde veut s’enrichir et tour le monde ne met que ses intérêts en premier en toutes circonstances. La seule différence entre le hirak et les Gaid est que ces derniers ont le pouvoir, les lois, les institutions avec eux et le hirak n’a que son nombre et son abnégation dans ce tete a tete. Cependant, si les Gaid au pouvoir tombent, ce qui n’est pas exclu, il faudra s’attendre à un autre combat entre d’autres rivalités issues du hirak pour devenir des Gaid. D’ailleurs on en voit déjà depuis un bon moment et chacun avance à sa façon, certains avec un camouflage, d’autres avec des armes, d’autres encore avec des intimidations et puis d’autres encore faisant les yeux doux aux Gaid d’aujourd’hui.. etc. Tout cela parce qu’il y a une vache laitière nommée rente pétrolière dans le pré Algerie que tout le monde veut teter gouba… voilà les véritables raisons et méditez si vous le voulez. Bien à vous.

          B. Tirchi
          26 septembre 2019 - 9 h 26 min

          @ Zaatar. Merci pour cette explication magistrale de la nature humaine. En effet, selon la loi des opposés, en chacun de nous se déroule la lutte entre les deux tendances archaïque et sublimes. Souvent, en critiquant l’autre, on ne fait que « projeter » sur lui notre coté obscure (l’ombre) qui contient toute nos saloperies.

    Il Faut Être Simple Et Pragmatique
    24 septembre 2019 - 13 h 32 min

    Monsieur @Zaatar (23 septembre 2019 – 18 h 45 min) , je suis entièrement d’accord avec vous que le hirak a besoin de représentants pour faire aboutir ces revendications ! Personne ne veut entendre la raison. Comme je n’ai pas votre Email, je vais utiliser Algérie Patriotique pour vous donner ma proposition à ce sujet. C’est long mais pardon, je ne peux pas faire plus court et donc je la vous la transmets telle que je l’ai partagée sur les réseaux sociaux !

    Bonjours chers amis, chers patriotes républicains démocrates
    Bonjours chers dirigeants des partis politiques de l’Alternatives démocratiques et dirigeants de ligues des droits de l’homme.
    (une proposition parmi d’autres)

    C’est beaucoup plus à la deuxième catégorie que je m’adresse parce qu’elle rejette, à juste raison, d’aller à l’élection présidentielle sans garanties ni préalables, et moi j’en fais partie en tout cas. Il n’est pas question d’aller à cette élection avec le résidu de la même Camorra du pouvoir Bouteflika toujours en place, avec le même gouvernement Bedoui et la même Constitution. Mais, il y a une chose que je ne comprends pas chez cette catégorie d’opposants, c’est son exigence de passer à tout prix par ce qu’elle appelle (d’une manière non encore précise) un « processus Constituant ». Je crois savoir que cette nouvelle exigence n’existait pas dans le passé chez certains partis politiques de l’alliance démocratique ! Ce sont le FFS et le PST et le PT qui ont imposé cette option. J’aimerai rappeler aux partis dits de l’opposition, qu’ils ne sont pas seuls sur la scène politique, qu’il y a aussi des opposants qui ne sont pas tout à fait d’accord avec cette offre politique extrême, mais surtout qu’ils n’oublient pas qu’il y a aussi l’Etat Major de l’armée qui n’est pas simplement une armée mais aussi un « parti politique » qui cherche à défendre ces intérêts …vitaux (j’espère qu’on a bien saisi le sens de ce terme « vital »). Il ne faut pas oublier non plus que c’est lui qui détient, pour l’instant, non seulement la besace rentière mais aussi qu’il a la main sur tous les corps constitués !

    Partant de là et aussi du fait que le hirak représentent une bonne majorité qui revendique un changement de système politique, un changement de pouvoir qui doit être arraché à l’EM pour le remettre au civil, pour une nouvelle gouvernance et un Etat de droit, il faut donc chercher à trouver la juste mesure et faire une proposition équilibrée. Certes on est majoritaire dans la rue, mais la raison veut qu’il ne faille pas chercher la confrontation pour la confrontation, mais imposer des choses essentielles mais raisonnables qui puissent se négocier ! Ceux qui pensent que le « processus constituant » est incontournable et vital, ceux qui pensent qu’il nous faut en urgence une refondation totale de l’Etat avant d’aller à l’élection présidentielle est un peu exagéré. Les élites politiques averties savent que d’abord l’EM ne va pas accepter facilement cette offre politique car elle demande beaucoup de temps alors que eux ont leur derrière sur le feu, mais qu’aussi çà nécessite beaucoup d’investissements, d’implication de la part de l’opposition et des citoyens eux-mêmes pour arriver à ce noble objectif de refondation de l’Etat de fond en comble. Il nous faut au moins une ou deux années au bas mot, connaissant notre société. Moi, je suis contre la Constituante pour des raisons que je développe ci-dessus et je suis pour un amendement de certains articles de la Constitution et la modification totale de la loi électorale avant d’aller à la présidentielle. Partant du fait qu’il n’est pas raisonnable du tout (c’est dangereux) d’aller à la présidentielle avec la même Constitution, voici donc mes propositions que j’ai déjà suggérées dès les premières semaines du hirak.

    Je renouvelle encore une fois ma proposition car je viens d’apprendre, et j’en suis très heureux, qu’enfin plus de 100 organisations et syndicats sont réunis contre le coup de force électoral. Je me suis dit qu’il faut profiter de ce regain de vigueur de la société civile pour établir une feuille de route consensuelle à imposer à l’EM. C’est pour cela que je soumets une nouvelle fois ma proposition ci-après en plusieurs points, et que je la propose au débat. Elle se décline par les étapes suivantes:

    1/- élection de représentants du hirak à partir de la société civile avec les syndicats, les corporations, les organisations, les ligues de droits de l’homme etc…( représentants des magistrats, des avocats, des professeurs enseignants, des travailleurs, des étudiants, des professeurs de médecine, etc..etc…) depuis la base jusqu’au niveau national, en passant par le niveau régional !

    2/- les représentants qui sont élus au niveau national se réuniront en Congrès ou en Conférence pour élire à leur tour soit une personnalité crédible, soit trois ou quatre personnalités probes, crédibles et acceptées par le hirak pour former une Instance collégiale de transition qui sera chargé de piloter la transition en respectant les exigences du hirak. Comme il y a du boulot qui nous attend, la deuxième solution (collégiale) est préférable. Il est même judicieux de suggérer à l’armée (EM) de désigner un de leurs représentants comme observateur au sein de cette Instance, et pourquoi pas.

    3/- l’Instance mettra en place un gouvernement de compétences pour gérer les affaires courantes et assurer la continuité de l’État durant cette transition et dissoudra l’Assemblée Nationale.

    4/- l’instance désignera (elle peut se le permettre puisqu’elle agit au nom de millions d’Algériens) quelques juristes, constitutionnalistes et représentants de ligues des droits de l’homme pour amender la Constitution de 2016 de Bouteflika ainsi que la modification en profondeur de la loi électorale. C’est le minimum avant d’aller éventuellement à l’élection présidentielle. Il s’agit là d’amendement de certains articles pathogènes de la Constitution.

    L’option de la Constituante n’est pour l’instant pas judicieuse, ni indiquée car elle va demander beaucoup de temps. Mais aussi la Constituante est dangereuse du fait de ruptures idéologiques, politiques, linguistiques, culturelles, cultuelles existantes au sein de notre société, combien même on constate que ses fractures sont mises de côté, pour l’instant, par le hirak. Mais il est sûr que ces questions resurgiront inévitablement au moment des réunions de l’Assemblée Constituante.

    L’amendement de la Constitution se fera nécessairement en tenant compte de l’esprit des revendications de hirak qui exige un changement de régime et de gouvernance. Quels sont les amendements possibles ? : expurger la nature hyper présidentielle de la Constitution de 2016, garantir d’une manière précise la séparation des pouvoirs, garantir l’alternance, garantir l’indépendance de la justice, garantir le caractère civil et non militaire du pouvoir, garantir les libertés individuelles (d’opinion, de conscience, de culte etc) , garantir l’égalité homme-femme et les droits de chacun, garantir les libertés collectives, garantir la liberté de la presse et l’ouverture des médias, garantir le justice sociale.

    On peut à ce sujet proposer aussi une sorte de « charte d’étique politique » qui s’imposera à tous les élus, au président élu, aux chefs de partis politiques afin de respecter et d’appliquer ces principes démocratiques universels comme par exemple le respect des libertés individuelles et collectives, le respect des minorités, le respect de la liberté de conscience, d’opinion, de culte, etc. etc.

    Il faut savoir qu’il est possible d’organiser rapidement (en 3 mois max) un référendum populaire pour adopter ses deux textes fondamentaux par la voie des urnes en se référant à l’article 7 et 8 de la Constitution et ce, pour aller plus confiant à la présidentielle. Pourquoi prendre le risque de la Constituante alors que le but principal de celle-ci est, in fine, de réécrire une Constitution qui sera soumise elle aussi, au référendum populaire. Donc du fait que dans les deux cas on revient au référendum alors pourquoi ne pas le faire maintenant plus rapidement avant la présidentielle.

    Le jour où le pays sera un peu plus stabilisé sur le plan politique et institutionnel, il n’est pas exclu qu’à ce moment là on pense à une véritable refondation totale et en profondeur de l’Etat et des institutions sur la base d’une Constituante. Mais là qu’on le veuille ou non il y a une nécessité d’aller quand même à une élection présidentielle du fait de la situation exceptionnelle et dangereuse que nous a laissé Napoléon Boutelika. Donc, aller à l’élection rapidement mais pas n’importe comment, évidemment.

    Les partis politiques oublient que ce n’est que cette feuille de route que demande le hirak et non un « projet de société » ou « un programme politique ». Ce type de projet c’est pour plus tard lors des joutes électorales. Le hirak a besoin de représentants et a besoin d’une feuille de route consensuelle.

    5/- désignation d’une Instance Collégiale Indépendante de contrôle et d’organisation des élections à qui on affectera un budget en conséquence, avec pour missions essentielles d’actualiser le fichier électoral , de mettre en place toutes les prérogatives de contrôle depuis le bureau de vote jusqu’à déclaration des résultats. La société civile, les partis politiques d’opposition et les citoyens doivent à tout prix s’impliquer tout le long de ce processus et des étapes de l’élection présidentielle proprement dites. C’est après la présidentielle qu’on organisera les élections législatives et non l’inverse.

    Plus vite on décide dans cette voie, plus vite on ira à l’élection présidentielle que veulent à tout prix les « Gaid Salah and Co » , et plus vite tout le monde y gagnera, et donc le pays d’abord et avant tout. Et on pourra ainsi dire à Gaid : si tu ne veux pas que s’installe le soi disant « vide constitutionnel » que tu nous sors à chaque fois, eh bien écoute nous et on ira aussi vite que possible.

    Chers compatriotes, est-ce raisonnable ou impossible de s’entendre sur cette option que je propose au débat ???!!! Est-ce demander la lune ??? Est-ce qu’on a intérêt à compliquer plus le schmilblick ???

    Bon courage au hirak, aux étudiants et au peuple algérien.

      Zaatar
      24 septembre 2019 - 19 h 34 min

      Bonsoir,
      Il faut être simple et pragmatique je suis entièrement d’accord. Tout comme je suis d’accord avec votre proposition mais juste en théorie. Effectivement ça serait la solution, et la constituante, même si elle est la meilleure en absolue présente le gros inconvénient du temps énorme qu’il faut pour la mettre en place. En revenant à votre proposition, tout réside dans la problématique des représentants du hirak. Avant je disais que l’Algerie n’avait qu’un seul problème et qu’une fois résolu tout le reste en découle. Le problème est comment mettre hors jeu le système. La solution est apparemment trouvée, c’est le hirak. Cependant, pour que ça réussisse, il lui faut des représentants sérieux, et la se pose un autre problème. Comment les choisir et selon quels critères, et qui va définir tout cela et qui va coordonner tout cela sachant qu’il faut faire abstraction de toute l’administration qui sera une pollution, et d’une, et de deux se sauvegarder des perturbations et des coups fourrés du système qui bien évidemment ne se laissera pas faire par l’intermédiaire du chef d’état-major qui nous montre qu’il sait faire, avec ses collaborateurs, des mises en scènes. Voilà, on voit bien que ce n’est pas demain la veille et qu’il faudra beaucoup de courage et d’abnégation.

        Il Faut Être Simple Et Pragmatique
        25 septembre 2019 - 11 h 16 min

        Monsieur @Zaatar merci d’avoir pris le temps de me lire et d’apporter vos remarques !

        Pour ce qui concerne l’important problème que vous soulevez concernant la représentation du hirak , j’ai justement fait une proposition dans ma contribution. J’ai proposé l’élection de représentants du hirak à partir de la base de la société civile avec les syndicats, les corporations, les organisations, les ligues de droits de l’homme etc…( représentants des magistrats, des avocats, des professeurs enseignants, des travailleurs, des étudiants, des professeurs de médecine, etc..etc…) depuis la base jusqu’au niveau national, en passant par le niveau régional ! Et ce sont les élus au niveau national qui vont se réunir en Congrès ou en Conférence pour élire une personnalité ou une Instance collègiale de 3 ou 4 personnes crédibles, intègres et acceptées par le hirak ! C’est cette instance qui parlera au nom du hirak, qui coordonnera et gérera la transition en respectant les revendications du hirak car elles seront élues pour çà ! Et la suite du processus est dans ma contribution.
        PS : en tout cas merci pour votre contribution et mes respects.

      Momo
      25 septembre 2019 - 1 h 54 min

      Vous êtes un dhoubab soft mais un dhoubab quand même. Vous essayez de vendre de la neige à des esquimaux. Vous avez le droit de tenter votre chance mais c’est quand même fort de café. Entendre des inepties telles que l’armée C’est un parti politique ou encore l’armée détient la besace c’est prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.
      L’armée a des missions constitutionnelles claires. Elle est là pour défendre la souveraineté nationale sur le territoire national. Period!
      L’armée ne doit pas s’immiscer dans les affaires politiques. Ce n’est pas son rôle. Elle l’a fait pendant 57 ans et vous voyez le résultat. Avec les potentialités humaines, matérielles dont le pays est pourvu on aurait été mieux que l’Espagne Et la Turquie. Or nous sommes à peu près les derniers en tout. Et ceci à cause des généraux véreux, incompétents et séniles que tu veux nous faire passer pour des acteurs de premier plan dans le processus de résolution de la crise. Ces gens là sont le PROBLÈME et pas la SOLUTION. Get out!

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        Il Faut Être Simple Et Pragmatique
        25 septembre 2019 - 14 h 05 min

        Ya tonton @Momo, les hauts dirigeants armée n’ont fait que de la politique depuis 1962. L’armée n’a jamais cesser de s’immiscer dans les affaires politiques depuis cette date.L’armée a des missions constitutionnelles claires définie par la Constitution mais son haut commandement a été au delà de ses missions, et même les sourds et les aveugles le reconnaissent. Je te le répète : les hauts gradés de l’ANP ont utilisé la force de l’armée comme une arme politique, et donc ils ont fait joué un pouvoir politique au haut commandement de l’ANP et se comporte comme un parti politique classique ! Ils se sont même donné un pouvoir économique avec une main basse prédatrice sur la rente pétrolière. Gaid Salah te le prouve encore aujourd’hui avec ces injonctions politiques, judiciaires et son entêtement à diriger le pays politiquement, au lieu de s’occuper de ses missions constitutionnelles de défense de la souveraineté nationale.

        NB1 : Toi tu vends des esquimaux à Tamarasset …. sans glacière !
        NB 2 : tu es incapable de comprendre la proposition que je fais donc oublies, mets toi de côté, ..

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    Zaatar
    23 septembre 2019 - 18 h 45 min

    Yaw le problème est dans le naturel de l’être humain. On est tous égoïstes. Le hirak n’ira effectivement pas loin sans représentants. Car il faut bien baliser une marche à suivre, une check-list conduite par des personnes désignées aux compétences avérées pour vaincre ce système grâce au poids du hirak. Le problème est qu’il sera difficile de dénicher ces représentants du hirak. Tous ceux qui sortent la tête un peu haut sont suspects, surtout s’ils ont été en accointances quelques jours seulement avec le système auparavant. Et du reste, parmi ceux qui s’érigent en leader politique, la bataille pour la prise du pouvoir fait rage par en dessous. Et pourquoi ? Parce qu’il y a de l’intérêt derrière. Toutes ces affaires sorties d’un seul coup de ceux qui ont pillés l’algerie a donné bien des idées aux autres. D’autant plus qu’ils ont été habitués aux miettes. Et encore, ce n’est que la partie émergé de l’iceberg. Le pouvoir actuel de toutes les façons utilise à merveille cette division basée sur le fait ou chacun veut en tirer profite en ne voyant que ses intérêts en premier…le pays? On verra après, une fois que j’aurais assuré mes arrières. C’est ainsi l’être humain, jusque dans ses gènes. Et vous ne me convaincrez jamais du contraire.

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      B. Tirchi
      25 septembre 2019 - 19 h 32 min

      @ Zaatar. 23 septembre 2019 – 18 h 45 min.
      En effet, au stade archaïque, l’être humain est égoïste car étant sous l’influence de l’ego. S’il veut sortir de ce stade animal, il doit devenir altruiste pour accéder au stade sublime. Au début du Hirak, cette attitude commençait à se développer, mais avec le statut quo, l’ego commence à reprendre le dessus.

    Il faut être simple et pragmatique
    22 septembre 2019 - 11 h 48 min

    Monsieur Boudjema Tirchi, ce n’est pas la peine de nous étaler ici la théorie de Malek Benanabi. Cet intellectuel algérien a un seul vrai mérite celui d’avoir parler de la « colonisabilité » (c’est son concept) du fait de l’Etat de sous-développement culturel et technologique des société arabo-musulmane en général ! Donc, cet un intellectuel qui a combattu le colonialisme française, c’est engager dans la lutte du mouvement nationale contre le colonialisme français et c’est à son honneur parce qu’il a milité beaucoup sur ce plan là.

    Mais moi ce que je lui reproche ,c’est que tout en reprochant à ces sociétés arabo-musulmane d’être restées dans le sous développement culturel et technique, il a préféré s’engager au côté des partis islamistes du Moyen orient (les frères musulmans) en prétendant que l’islam est le seul secours pour nous en sortir de notre état de « colonisabilité » ! C’est un peu paradoxale comme attitude de sa part : d’un côté il sait très que la religion musulmane telle qu’elle qu’il a été utilisé politiquement par les gouvernants et les monarchies du golfe a été un des éléments qu retard de pays arabe, mais il a été chercher quand même le recours dans l’islam politique ! çà les partisans et les admirateurs de Malek Bennabi évite d’en parler alors qu’on sait les danger de l’islam politique et de la non séparation du religieux et du politique ! Les conséquences néfastes en les vit encore aujourd’hui ! Utiliser la religion, Dieu le prophète a des fins politiques est un crime , une insulte à la religion ! Je préféré être terre à terre mais pragmatique en évoquant ces sujets là, quitte à me faire traiter de simpliste et d’inculte.

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      B. Tirchi
      22 septembre 2019 - 17 h 50 min

      Merci Monsieur pour votre longue réponse, mais permettez-moi de vous contredire.
      D’après ce que j’ai compris, la découverte principale de Bennabi ce sont les 3 « richesses permanentes » (Homme, Sol et Temps) mais qu’ont besoin d’un catalyseur (la pensée religieuse) pour être fécondes. La « colonisabilité » n’est qu’un « facteur réducteur » qui entrave l’efficacité du catalyseur du colonisé.
      Bennabi est un nationaliste du monde musulman et non pas algerien, c’est pour cela qu’il n’avait pas participer à la Révolution (il était en France, puis en Égypte).
      Vers la fin de sa vie, il a créé une association El Qiyam avec comme elèves : Ahmed Sahnoun, Abdellatif Soltani, Abassi Madani…

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        Il Faut Être Simple Et Pragmatique
        23 septembre 2019 - 10 h 26 min

        Bonjour Monsieur Tirchi

        Je ne vous comprends plus ! D’un côté vous me demandez de vous permettre de me faire la contredire, mais dans votre réponse vous êtes d’accord avec moi. Je ne comprends pas ! Vous concluez par ce que j’ai évoqué à savoir que Malek Bennabi est un partisan de l’islam politique à fond la caisse et de l’utilisation du Coran à des fins politiques ! Pour lui tout combat politique doit se baser sur la religion. C’est donc le gendre du gus qui pense que : l’islam politique est la solution aux problèmes des pays arabes. C’est normal il n’a fréquenté que les « Frères Musulmans » de longues années. C’est connu !
        Vous évoquez la « pensée religieuse » comme soi-disant le catalyseur de la fécondité du développement des pays arabes, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une stratégie politique de prise pouvoir, basée sur la religion, sur l’islam. On voit bien que ses élèves que vous citez ont bien appris les leçons de Malek.

        PS : Apprenons à respecter notre religion en la séparant du politique, en ne la laissant pas entre les mains des politiques, des gouvernants,des monarques, des autocrates et laissons la s’épanouir en tant que foi. Votre rôle d’intellectuel est en principe de combattre dans ce sens là pour le bien de notre religion et de l’avenir des pays musulmans. Mes respects.

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    Momo
    22 septembre 2019 - 11 h 42 min

    L’auteur de ce papier a écrit 300 lignes sur Bennabi et un melting pot d’autres théoriciens dont on peine à retrouver le fil d’ariane qui conduit à la ‘révolution du sourire ‘. Tout cela pour dire que le hirak a besoin d’encadrement. L’idée du leadership du hirak a été maintes fois exposée et maintes fois répondue. Nous n’en voulons pas de leadership à ce stade-ci du Hirak. Gaid Salah n’attend que cela pour soit les soudoyer, soit les incarcérer. On veut d’abord qu’il accepte de remettre les clés de la maison Algerie. Ensuite, nous aviserons .
    Il y a de plus en plus de gens qui écrivent des niaiseries pour venir à la rescousse de Gaid Salah. La mayonnaise ne prendra pas. Ils peuvent compter sur le hirak .

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      B. Tirchi
      22 septembre 2019 - 16 h 29 min

      @ Momo. Merci pour votre feedback concernant les 3 parties. Je persiste et signe : sans un encadrement collégial (pour éviter le zaïmisme), le Hirak n’ira pas loin. D’ailleurs, je suis en train de rédiger une autre contribution consacrée exclusivement à ce sujet. Cela dit, ce n’est qu’un avis, pas une vérité absolue.

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        Momo
        22 septembre 2019 - 19 h 18 min

        Vous pouvez rédiger mille autre contributions, cela ne convaincra personne d’aller vers un encadrement du Hirak. Nous avons vu comment les Aarouchs ont été réduits au silence au début des années 2000 parce qu’ils avaient élu des représentants dont le fameux Abrika. Nous ne voulons plus tomber dans ces pièges conçus dont les officines des barbouzes algériens et distillées à l’opinion publique via des relais informationnels divers. Il suffit de voir comment Gaid Salah essaye chaque semaine d’étouffer le Hirak pour comprendre qu’il veut sa mort à tout prix.
        Mr Tirchi, vous êtes citoyen algérien, vous gagnerez à être aux côtés du Hirak car jouer la carte de Gaid Salah c’est perdre à coup sûr. Ses jours sont comptés. Il ne passera pas l’hiver incha Allah.

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          B. Tirchi
          22 septembre 2019 - 22 h 11 min

          Je n’ai jamais été avec le système mafieux:
          En 2014, j’étais avec Barakat
          Bien sûr que j’ai participé à la marche du 22 février.
          Si vous voulez mieux me connaitre, allez sur google et taper Boudjema Tirchi.

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    Abou Ligam
    22 septembre 2019 - 11 h 18 min

    On est tout simplement en train de nous dire qu’il faut passer la main aux tangos , eux ils savent y faire. En troquant le sabre contre les incantations.

    Tout est dit dans ce paragraphe:
      » D’ailleurs, il affirma que les peuples musulmans n’étaient guère en 1948 (année de rédaction de l’ouvrage), mais en 1367 de l’Hégire. Après cela, il fixa deux conditions pour la renaissance de la société algérienne.
    «Examen de la première condition. Conformité de l’histoire avec le principe coranique» 

    En clair il nous dit que les peuples musulmans (colonisés) étaient exclus de leur époque et vivent comme vivaient les gens au temps du prophète sans les idées dominantes de cette époque . Ils nous propose donc d’y retourner ? Ce que firent les tangos dans les années 90 et nous savons tous ce que cela à donné.
    Les intellectuels musulmans ont toujours peiné à accrocher leur société au présent. Ils mesurent bien l’incompatibilité de leur religion avec la modernité . Mais ils ne proposent pas une réforme de la religion pur l’adapter mais l’inverse.

    Ce qu’ils appellent renaissance n’est rien d’autre qu’une régression vers le passé qui constitue pour eux une période de gloire. Comme si l’Europe retournait à l’époque des Romains , les Grecs à celle d’Alexandre, les Mongols à celle Gengis Khan .

      B. Tirchi
      22 septembre 2019 - 16 h 14 min

      Je suis un fervent lecteur (et de rares fois contributeur) d’AP depuis ses débuts. Je crois que ce merveilleux site n’est pas du tout fréquenté par les tangos.
      La 1ère partie relate fidèlement ce que j’ai compris de la lecture du livre. À la conclusion, je donne brièvement mon avis.
      Les 2e et 3e parties reflètent mes propres opinions.

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        Abou Ligam
        22 septembre 2019 - 21 h 06 min

        Vous répondez à coté. Je sais qu’on n’attrape pas les mouches avec le vinaigre. Mais c’est vous qui invitez un tango au débat. Vous êtes en train de prendre à votre compte ses propos concernant le rôle directeur de la religion. Sinon ce ne sont pas les meneurs de révolution qui manquent dans l’histoire . Alors pourquoi un tango comme muse ?

        Non, si le hirak entend rester pacifiste , il n’a pas besoin de s’organiser ni d’être manager, l’essentiel c’est de durer et de s’en tenir à sa revendication principale sans en rajouter.

    Anonimaoui
    22 septembre 2019 - 10 h 29 min

    Appliquer les théories sociales de Bennabi ou bien les concepts religieux de Benbadis au mouvement populaire algérien du 22 février est une façon comme une autre de réduire son importance, sa particularité, sa spontanéité à des approches classiques et usitées qui n’ont jamais été expérimentées au sein de populations à arracher son indépendance par des actions de masse à caractère pacifique. Vous faites fausse route par cette approche irréaliste.

      Ali mamelouk
      22 septembre 2019 - 12 h 11 min

      Ou la vous m’avez fait peur àvec votre titre
      Ç les cerceaux qu’il faut moderniser
      Pas le management

      B. Tirchi
      22 septembre 2019 - 16 h 02 min

      Désolé de vous contredire, mais la contribution dit qu’il faut appliquer les théories du « Monde à 3 + 1 dimensions » qui dérivent de la psychanalyse et du management et non pas celles de Bennabi qui s’appuient sur la religion.

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