La psychopolitique à l’épreuve du Hirak

Hirak islamistes berbéristes
L'Etat a besoin de la religion pour se compléter comme tel. PPAgency

Par Youcef Benzatat – A la lecture de la réponse de Lahouari Addi à la mienne à son appel aux consciences cosigné par Djamel Zenati, je suis resté sur ma faim. Car, je m’attendais à beaucoup plus de sa part en tant que professeur en sociologie et de surcroît engagé dans le processus révolutionnaire en cours en Algérie et non pas en attendant beaucoup du Hirak comme il l’a formulé dans une assertion injustifiée. D’assertion en assertion, il m’affuble de craindre que le Hirak ne soit pas uni idéologiquement ! Alors que mon propos pose la question de la souveraineté de l’Etat où celui-ci devrait être désaliéné du religieux, de l’identitaire et du militaire et ce que je peux craindre dans la circonstance est que parmi les courants idéologiques présents au sein du Hirak se trouvent des groupes qui n’entendent pas de cette oreille la nécessité de la souveraineté de l’Etat, notamment les islamistes et les identitaires. De ce point de vue, il n’y a donc aucune convergence de la part des idéologies citées dans le projet de la construction de l’Etat, excepté celle de la fin de la domination militaire. Dire que «Benzatat craint que le Hirak ne soit pas uni idéologiquement» relève d’une insuffisance de compréhension et d’interprétation de mon propos. Bien que celui-ci soit explicite et affirme que les idéologies présentes au sein du Hirak ne sont pas unies autour de l’objectif d’une construction d’un Etat souverain. Alors que toute sa réponse va reposer sur cette assertion. Tout ce qui suivra est le développement de celle-ci.

En résumé, il affirme «le fait que, dans les manifestations, des islamistes barbus soient à côté de jeunes femmes en jeans, montre que la conscience collective ou nationale est suffisamment forte pour accepter les divergences idéologiques de la société. De ce point de vue, le Hirak a mis fin à la fiction populiste du peuple uni par la même idéologie». Un internaute a répondu à cette autre assertion par ceci : «L’acceptation des divergences idéologiques ne devrait pas être déduite juste parce que des gens se retrouvent dans un même lieu, même si c’est pour défendre une même cause. A moins qu’elle en soit la cause. Sinon, elle devrait être une croyance partagée par toutes ces idéologies». Il poursuit «Y. Benzatat exprime deux inquiétudes dans son texte, l’une relative à la revendication amazighe pervertie en nationalisme ethnique, et l’autre en rapport avec la revendication religieuse porteuse d’un projet théocratique. Là aussi, il soustrait volontairement ou non cette crainte à ma préoccupation devant le dévoiement de la souveraineté de l’Etat par ces deux idéologies, impliquant son rejet explicite de toute prétention à l’Etat de devenir souverain.

Dans mon propos, j’explique le danger que représente l’aliénation de l’Etat dans ces deux idéologies et la conséquence sur les libertés fondamentales et sur la construction d’une citoyenneté dans laquelle toute Algérienne et tout Algérien, quelles que soient ses croyances et ses origines ethniques, se sentirait représenté. Son examen de ces deux idéologies vient confirmer mes craintes : «Ceci est un nationalisme ethnique à dimension nationale» et le monopole de la violence qui doit appartenir naturellement à l’Etat ne le préoccupe nullement si celui-ci échoue démocratiquement au profit des islamistes. La violence, dans ce cas, ne peut être que le monopole des islamistes et cela le laisse complètement indifférent !

La perspective de l’effondrement du pouvoir totalitaire, qui semble se profiler sous la pression du Hirak, impose à la société algérienne, aujourd’hui plus que jamais, une révolution culturelle à la mesure de ses ambitions proclamées par la révolution armée anticoloniale. C’est inéluctablement le seul rempart aux reflux contre-révolutionnaires, aussi bien celui des résidus de l’ancien système politique néo-conservateur déchu sous le signe du néopatriarcat, d’un potentiel totalitarisme sous couvert de l’islam politique, par une exacerbation et une généralisation systématique du mythe religieux, que celui d’un nationalisme ethnique vecteur d’un totalitarisme plus ravageur encore que ne l’a été toute idéologie fascisante sous le signe d’un néofascisme.

Pour éviter à la société et aux futures générations de se consumer par la fatalité, il conviendrait que les citoyens engagés dans la construction d’un Etat démocratique, fondé sur les droits de l’Homme et la liberté de conscience, puissent s’engager franchement dans une dynamique de sensibilisation, envers leurs concitoyens, pour une révolution culturelle permanente, seul rempart a ces tragédies périodiques qui annihilent tout sursaut populaire pour l’émancipation de l’obscurantisme et des errances idéologiques inappropriées.

Le citoyen engagé par l’analyse et le discours critique doit refuser de cautionner sans examen critique tout discours et actions contre-révolutionnaires, ainsi que toute convention sociale et sens commun traditionnel. Il doit faire preuve de pédagogie en contribuant à l’éducation politique des populations laissées à leur sort, pour rattraper le déficit engendré par les stratégies de leur dépolitisation par les coalitions prédatrices dominantes et pallier l’inefficacité des partis politiques qui ont failli dans leur mission d’éclairer la société contre l’immobilisme et l’obscurantisme.

C’est aussi éviter à la société et aux futures générations de se consumer par une schizophrénie collective en tant que pathologie sociale qui peut mener à une psychose paranoïaque. La psychose paranoïaque ! Voilà où peut mener la schizophrénie en tant que pathologie sociale, initiée et imposée par la trajectoire d’idéologies identitaires et religieuses ayant pris en otage l’Etat. Elle mène son sujet, par un repli sur soi et par un rejet systématique de tout ce qui peut l’altérer dans sa pureté supposée, jusqu’au délire paranoïaque, celui qui consiste à diaboliser et à rejeter tout ce qui est autre que soi. Malheureusement, cela s’apparente à la dégradation morale qui a conduit des esprits pourtant très au fait de la vertu de la morale vers l’irréparable : le fascisme comme symptôme psychotique de la pureté de la race. La lutte du sujet contre les troubles de la scission schizophrénique pour son recentrement débouche inévitablement sur une psychose paranoïaque, lorsque celui-ci est aliéné dans une structure mentale élaborée à partir d’un système de valeurs intériorisé qui est impuissant à contrebalancer ce qui perturbe son équilibre psychique : l’altérité. Ayant le plus souvent comme conséquence le passage à l’acte, caractérisé par la violence et l’invective, s’exprimant dans un discours confus, en recourant nécessairement à des termes connotés négativement tel que «bâtard» pour désigner le métissage, dissimulés derrière l’alibi de la pureté identitaire. Généralement, la pulsion à travers laquelle s’exprime cette pathologie consiste à anéantir toute contrariété dans un esprit d’intolérance absolue.

Quant à l’Etat que projette la «démocratie islamique» – ou tout autre adjectif religieux associé à un projet politique et qui se veut un complément indispensable au concept de démocratie (démocratie chrétienne, etc.) –, il a besoin de la religion pour se compléter comme Etat. Quant à l’Etat souverain, l’Etat démocratique sans adjectif, «il n’a pas besoin de religion pour son achèvement politique, il peut s’en passer, disait Karl Marx, parce qu’en lui, le fondement de la religion est réalisé d’une manière profane».

La «démocratie islamique» se fonde sur l’occultation de l’histoire rationnelle et objective, déterminant par-là, fatalement, son sujet à n’être que le résultat de ses déterminations. Cette occultation n’a d’autre sens que la négation de la liberté en tant que dimension essentielle de la condition humaine, car elle exclut le sujet de toute intervention sur son autodétermination. Elle se fonde en même temps sur la surdétermination du mythe en tant que facteur d’intégration d’enjeux qui lui sont à priori étrangers.

Avec l’avènement de l’islam politique pendant les années 1970, de nouvelles approches socio-politiques et anthropologiques ont investi les études du champ islamique. L’image qu’en donne généralement ces nouvelles approches de l’islam serait une religion totalitaire, qui englobe et lie tous les aspects de la société : le spirituel et le temporel, le politique et le religieux, le public et le privé. L’Etat (dawla) se fonde sur la foi (‘aqîda), la loi (charî’a) et la religion (dîn). L’islam serait donc réduit par ces nouvelles approches à une religion (dîn), une foi (‘aquîda), des obligations cultuelles (‘ibâdât) et des devoirs (mu’âmalât) ; un système éthico-politico-juridique (le califat, l’imamat ou l’Etat islamique) fondé sur la chari’â ; une communauté musulmane à la fois spirituelle et politique (l’u’ma) et un territoire (dâr al islâm).

Après les années 1990, émerge une nouvelle approche en rupture totale avec celles qui ont dominé les études concernant l’islam et les réalités islamiques durant la période allant de la fin des années 1970 avec l’avènement de la révolution islamique iranienne, jusqu’au début des années 1990 suite à la violence particulièrement meurtrière qui s’est déclenchée après l’arrêt du processus électoral en Algérie pour faire barrage à l’avènement de l’islamisme radical au pouvoir.

Actuellement, avec les bouleversements en cours dans le monde musulman méditerranéen, la tendance est de privilégier une approche en termes de mutations et de transitions, en les comparant à celles que l’Europe et l’Amérique ont connues par le passé. Qualifiant la situation que traverse actuellement le monde musulman comme une période transitoire de modernisation, qui est inévitable et incontournable.

Dans ce processus d’évolution, une nouvelle conscience musulmane émerge peu à peu, pour dénoncer l’islamisme radical à caractère théocratique et revendiquer la démocratie, les droits de l’Homme, et tend à se démarquer de cette stigmatisation d’«islamiste» en se qualifiant plutôt de «mouvements à référence islamique» ou appartenant à un «islam modéré». On assiste donc à une rupture, un clivage au sein de l’islam politique, entre un islam radical porteur d’un projet politique théocratique et un «islam modéré» qui se veut démocratique et qui s’inscrit dans une forme de démocratie spécifique : la «démocratie islamique». C’est donc ce long processus d’évolution qui a permis l’émergence de nouvelles tendances politiques caractérisées par ce clivage.

Malheureusement, cette évolution de l’islam politique semble plus s’inscrire dans une dynamique d’échec et de concessions obligées plutôt que d’une évolution des rapports de force entre les tendances à l’intérieur de ses mouvements. Car cette amorce d’évolution est, en fait, un infléchissement dû à une résistance qui lui est extérieure et qui l’instrumentalise en la détournant de sa trajectoire évolutive, généralement de la part d’islamophobes, de la mondialisation impérialiste et des régimes autoritaires et totalitaires corrompus des pays musulmans.

Au-delà de ces considérations, les choix et les tendances politiques de cette élite «néoconservatrice» musulmane répondent à une double aliénation ; d’abord, celle par calculs stratégiques d’accès au pouvoir, qui est relative au conservatisme de la société, doublement religieux et «néopatriarcal», ensuite, celle qui est relative à l’aliénation dans un état affectif élémentaire, produisant dans l’émotion des résistances de type «ouled el-houma», «ouled el-bled», «abnâ’ el-u’ma», etc. Voir à ce propos le concept philosophique forgé par le philosophe Serbe Radomir Konstantinovic, «Filozofija Palanke» que l’on pourrait traduire par philosophie de bourg, philosophie de village ou philosophie de province. Il y décrit un esprit de village, provincial et prétentieux, replié sur lui-même, qui conduit inévitablement vers le nationalisme, qui semble satisfaire parfaitement cette correspondance par son caractère tendancieux et autarcique. Cette aliénation affective dans l’islam politique, qui se veut une forme de résistance à l’hégémonisme des puissances occidentales et aux dictatures corrompues entretenues par celles-ci, prétend être une forme originale d’accès à la modernité et à la démocratie à travers son expression de «démocratie islamique», s’appuyant sur des catégories prétendument démocratiques, telles que la «chûrâ» islamique ou «thajmaâth» propre à la culture tribale maghrébine, surinvesties de valeurs démocratiques. Et elle va jusqu’à accuser ceux qui contestent cette thèse d’islamophobie ou d’anti-berbérisme. Pour légitimer l’islam politique ou le nationalisme ethnique, ils considèrent les courants modernistes des pays musulmans comme l’une des formes achevées de l’aliénation culturelle qui contraint les dominés à ne recourir, pour se représenter ou exprimer leurs aspirations, qu’aux seuls référents et concepts produits et imposés par la société dominante. Et que c’est en réaction à cette aliénation culturelle que se fait sentir le besoin chez eux de recourir à des représentations nouvelles, susceptibles de concurrencer l’Occidental sur le terrain de l’idéologie.

Dans cette perspective, ils conçoivent, alors, la relation à l’Occident non pas en termes d’échange civilisationnel avec des contenus d’ordre culturel dans un esprit d’échange de savoir et de pensées, à la recherche d’une voie transculturelle et universelle, mais exclusivement en termes commerciaux et technologiques. Ce compartimentage de la culture est une conception du multiculturalisme cosmopolitique qui a fonctionné jusqu’à ce jour sous la forme d’une ghettoïsation culturelle, où c’est la valorisation des cultures qui garantit apparemment l’autarcie des peuples. Ce multiculturalisme se contente d’enregistrer la pluralité des morales, la pluralité des systèmes juridiques et la pluralité des systèmes politiques associés aux diverses cultures, et se contente d’inviter à la compréhension des autres cultures comme si leur pure et simple existence était justifiée d’elle-même. Ces rapports ont été décrits par Karl Marx dans sa critique de la société comme la luxuriance naturelle, c’est-à-dire tout ce qui était irrationnel et qui s’imposait sans avoir à se justifier. C’était comme si ce fut la nature qui se déployait à profusion de façon non régulable, au même titre que la posture de ces cultures. Elles sont là et se justifient d’elles-mêmes. Elles sont réduites à des productions et à des expressions des manifestations objectives de la nature. On doit les respecter ainsi comme des personnes morales ; et si on ne les respectait pas, on ne respecte pas l’humanité qui essaye de s’exprimer à travers leurs contenus. Or, il nous semble que pour s’affirmer, une culture doit faire le tri entre ce qui est objectif et ce qui ne l’est pas, ce qu’elle ne peut pas continuer à soutenir et prendre une conscience critique de ses limites dans la compréhension même qu’elle a des autres cultures.

Il est nécessaire de la soumettre à la critique, car les marges des cultures sont à la fois des frontières et des barrières. Il s’agit de voir les limites de sa propre culture et, en même temps, de voir ce qui, dans les autres cultures, est essentiel à la nôtre pour se développer.

Paradoxalement, l’islam lui-même, au temps du Prophète Mohamed, s’est constitué essentiellement dans son expression universelle relative à cette époque et à son âge d’or, par un apport culturel de son environnement dans un processus d’acculturation indéfini. A tel point que le Prophète Mohamed lui-même fut persécuté par les membres de sa tribu qui lui reprochaient d’être aliéné dans des valeurs étrangères, qui offensaient les valeurs et les croyances de leurs ancêtres. Déjà ! L’expression de «la main de l’étranger», qui semble aussi vieille que l’humanité, c’est un «esprit de Palanke» qui frappe sans discriminer toutes tentatives de critiques des traditions et des conservatismes en tous lieux et de tout temps. Partout dans le monde, la droite conservatrice active pour maintenir la singularité culturelle en autarcie. La privation des citoyens des libertés individuelles par des tentatives permanentes d’introduction de préceptes religieux dans le politique, y compris les grandes sociétés démocratiques (France, Etats-Unis, Angleterre). Partout, aussi, dans ces grandes démocraties et également dans le monde musulman, s’opposent à leurs objectifs les démocrates sans adjectifs, la gauche progressiste, les écologistes et d’autres mouvements alternatifs qui luttent pour la condition humaine universelle contre la condition du marché et du pouvoir pour le marché, qui luttent pour les libertés individuelles et la justice sociale, la liberté de disposer pleinement de son corps et de sa conscience.

Y. B.

 

Comment (11)

    n
    3 décembre 2019 - 21 h 58 min

    Pourquoi j’ai l’impression que vous utilisez du vocabulaire recherché pour dire des choses simples.

    Souri
    1 décembre 2019 - 15 h 35 min

    Islamique et identaire ,13% en forçant

    Felfel Har
    30 novembre 2019 - 18 h 22 min

    Plus personne ne croit que la solution islamiste soit la bonne pour les Algériens de demain. Cette doctrine est périmée et n’a servi à rien, sauf à démasquer les faux dévots.. Ils rêvent d’un avenir radieux, brillant, prospère pour eux et leurs enfants, débarrassés des charlatans qui promettent des vierges à des criminels, qui se dopent à la chnouf , qui se gargarisent de propos belliqueux, qui anonnent des versets coraniques en les interprétant à leur manière et en ne retenant que ce qui les arrangent, qui sous-traitent pour le pouvoir, et qui veulent livrer le pays aux chameliers du désert d’Arabie.
    On s’offusque faussement des déclarations de l’UE, mais on applaudit les interventions de plus en plus assassines des émirs et autres princes, laquais du sionisme. Que nos dirigeants tournent leur langue avant de se lancer tête baissée dans des menaces (vaines) contre ceux qui leur conseillent la sagesse et la prudence au lieu de la force.
    Saddam et Mouammar, apprentis-dictateurs se sont fait hara-kiri en jouant les fiers-à-bras. A qui le tour?

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    Anonyme
    30 novembre 2019 - 16 h 40 min

    L’état et la religion sont la c… (cela dit, c’était un projet qui portera ses fruits pour lui) d’un empereur romain qui a fait de la religion (christianisme puis toutes derrières suivront au fil des régimes de ce monde) l’instrument de la politique.
    Il suffit de lire le coran (lui en particulier en fait) pour comprendre que le prophète Mahomet voyait la religion comme une communion personnelle entre le croyant et Dieu et non pas comme une idéologie de conquête où son nom serait prononcé par des gouvernants.
    Malheureusement, de nombreux musulmans, particulièrement en europe, ne connaissent plus leur religion et surtout les jeunes, ils n’ont jamais lus un livre saint et écoutent des « savants » qui en font le récit sans en vérifier la véracité.

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    lhadi
    30 novembre 2019 - 14 h 37 min

    La culture est la nourriture de l’esprit.

    Par conséquent, Il importe d’oeuvrer pour une politique d’encouragement à la création dans tous les domaines qui stimulera le progression de la nation et ouvrira les perspectives d’un développement sans précédent des personnalités et des relations entres les hommes.

    Cette politique s’accompagnera d’un effort de diffusion de la culture, de conservation du patrimoine et d’extension des échanges culturels internationaux. Elle s’associera ainsi à la reforme de l’éducation nationale et à l’effort de la recherche.

    Cette tâche est inséparable d’une politique du progrès social, du dégagement de ressources élevées, d’une démocratisation générale de la vie.

    Qu’on se le dise : Pas d’épanouissement de la création sans liberté de la création. Pas d’essor de la pensée sans liberté de pensée. Pas de liberté de création et de pensée sans liberté de leur expression et de leur diffusion.

    L’intelligence doit enfin cesser d’être en butte à la loi du profit, aux contraintes et aux entraves matérielles et idéologiques que cette loi impose.

    La culture doit recevoir les moyens qui garantiront son expansion. D’où les relations essentielles entre l’essor culturel et las transformation politique et économique de la nation.

    Pas d’accès de tous à la culture sans que l’ensemble de la population ait le temps et les moyens de vivre, sans qu’un équipement culturel moderne, dynamique, diversifié, soit implanté sur tout le territoire, sans que soit formé un personnel qualifié, capable de mettre en valeur le patrimoine et d’animer la vie culturelle.

    La reforme de l’éducation nationale est une condition majeure de la réussite d’une politique culturelle.

    Pour déterminer les objectifs, dégager les orientations et rechercher l’utilisation rationnelle des moyens, une collaboration permanente sera instituée, au plan national, entre les représentants qualifiés de toutes les activités qui concourent à la création et à la diffusion de la culture, avec, en particulier, l’intervention des créateurs. De même que le développements sciences nécessite les débats et les recherches, la création artistique ne se conçoit pas sans explorations, sas courants, sans écoles diverses et sans confrontations entre elles. Toute forme de pré-censure et de censure sera abolie.

    Les dispositions particulières assurant la liberté de création reposeront sur les principes suivants :
 1- Soustraire la culture à l’emprise des affaires 
2- démocratiser les moyens modernes d’information et de diffusion 
3- Décentraliser 
4- Ouvrir la culture à l’enfance et à la jeunesse.

    Fraternellement lhadi

    ([email protected])

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      Elephant Man
      30 novembre 2019 - 18 h 35 min

      @Lhadi
      « La culture est la nourriture de l’esprit ».
      Je rajoute le développement et avancées technologiques scientifiques etc dans le domaine médical domaine de la santé et ce ne sont pas les cerveaux qui manquent ay pays.

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    Karamazov
    30 novembre 2019 - 10 h 32 min

    Décidément , à chaque fois qu’il essaie de s’extraire du Hirak, il s’y enfonce. Ou le Hirak est une révolution, alors il faut considérer qu’il traverse une phase ou les tares dont il l’affuble, très justement d’ailleurs: le berbérisme et l’islamisme , vont finir par se décomposer mécaniquement , comme dans toute révolution, ou c’en est pas , dans ce cas il faut effectivement une révolution culturelle , que j’ai toujours posée comme condition indispensable, mais non suffisante à toute sortie de la situation actuelle

    Je rappellerai au passage les arguments que je j’ai apportés ici dès le début de cette branlade populacière pour la démonstration magistrale que cela n’est pas une révolution.

    Le premier était le fait qu’une populace qui carbure à la rente et à la religion est incapable de produire les moyens de son dépassement .

    La deuxième étant qu’aucun bouleversement, économique , culturel, biologique, ou géophysique n’a affecté la société pour enclencher un processus révolutionnaire

    la troisième c’est qu’au lieu de se débarrasser de ces archaïsmes et de ses entraves cette branlade populacière les revendique et les porte et en a fait son credo .

    La quatrième c’est que ces archaïsmes, dont le berbérisme et l’islamisme, structurent essentiellement ce mouvement.

    Mais ce qui a ici attiré mon attention ce n’est pas qu’on me plagie pour faire de l’antithèse de pacotille.

    En rappelant que je ne suis ni méta ni beta ni pata-psychologue comme YB. Cependant !

    Je me souviens de quelques fragments de son roman autobiographique qu’YB nous a donné à lire ici même. Il y évoque son impossibilité à liquider son oedipe faute de repères généalogiques . Oui généalogique, un euphémisme parce que la la pudeur m’interdit d’être vulgaire , aujourd’hui, même si ce n’est pas la tentation qui m’a manqué. Faute d’avoir pu tuer le père il tue la paternité . D’où sa haine viscérale pathologique contre tout ce qui est identification. Faute de complexe d’Oedipe à liquider il liquide le Complexe d’Oedipe en tant que théorie
    Bessah c’est un roman, n’allez pas tirer des conclusions.

    J’ai retenu dan cette contribution, qui n’est rien d’autre qu’une anamnèse inavouée , ce paragraphe très éloquent :

    « Ayant le plus souvent comme conséquence le passage à l’acte, caractérisé par la violence et l’invective, s’exprimant dans un discours confus, en recourant nécessairement à des termes connotés négativement tel que «bâtard» pour désigner le métissage, dissimulés derrière l’alibi de la pureté identitaire. Généralement, la pulsion à travers laquelle s’exprime cette pathologie consiste à anéantir toute contrariété dans un esprit d’intolérance absolue. »

    Sur le plan pata-psychologique : il faut comprendre que l’absence de repères identitaires pour se construire un complexe oedipien conduit à la négation de l’identité sous prétexte que n’importe qui pourrait être père , il ne serait donc pas juste d’en liquider un uniquement pour être fils. Sur le plan purement biologique la science lui donne raison , aujourd’hui Le père biologique est non seulement aboli mais inutile pour procréer.

    Mais ce n’est pas pour cette raison que YB hait tout ce qui est identitaire , c’est juste parce que lui il n’arrive pas en vérité pas à s’en extraire. Il ne veut pas s’assumer en tant que « métisse » , alors il démoli tout ce qui est identitaire.

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    ABOU NOUASS
    30 novembre 2019 - 9 h 20 min

    De grâce, arrêtez de déblatérer pour ne rien dire !

    Il n’y aura d’état islamique , théocratique ou à tendance intégriste , jamais ça, nous avions eu notre dose et nous savons à qui profite tout ce magma politicien.

    Alors basta svp! Nous ne voudrions qu’une chose : Un Etat civil , une constitution votée par référendum et
    une justice intègre.
    L’armée dans les casernes et la destitution de tous ces faux généraux .

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    SOYOUZ
    30 novembre 2019 - 8 h 16 min

    Mr YB, elle est plus qu’ennuyeuse votre analyse du Hirak, arrêtez de philosopher dans votre salon, soyez pragmatique en allant sur le terrain des luttes pour comprendre les motivations des manifestants, citer Karl Marx et autres philosophes de l’occident qui ont eu le mérite d’étudier leurs sociétés montre votre aliénation qui ne vous apporte pas plus de crédit car tellement loin de la réalité . Réfléchissez et faites des recherches par vous mm comme l’a fait Mouloud Mameri si vous voulez vraiment comprendre et éventuellement aider la société Algérienne qui ne vous demande absolument rien, surtout pas les villages Kabyles perché en haut du Djurdjura qui sans leur identité et leurs croyances ne survivraient à des siècles d’invasion. Surtout, ne confondez plus ethnie et identité, l’islamisme produit par les manipulateurs dont vous êtes victime et la religion musulmane .

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      Momo
      30 novembre 2019 - 17 h 10 min

      Il faudra mettre Benzetat, karamazov et L’hadi dans une chambre d’hôtel et les laissez se fendre de toutes les théories vaseuses, mais en aparté pour préserver la qualité de l’air, qu’ils veulent. Nous cotiserons pour leur payer un séjour dans un petit hôtel à Barbès.
      Le trio se met à brasser des ‘idées’ avec une légèreté de saltimbanque. Dans leur bouche, le mot culture n’a d’intérêt que dans ces 3 premières lettres.
      J’aime bien l’expression: avoir la bouche en cul de jatte.

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    Zenaty
    30 novembre 2019 - 7 h 40 min

    Un Peuple Révolutionnaire est un PEUPLE UNIS DU NORD AU SUD ET DE L EST À L’OUEST, Citoyennes et Citoyens. POUR UNE DEUXIÈME RÉPUBLIQUE DE FEMMES ET D HOMMES LIBRE… VIVE L ALGERIE AVANT TOUT POUR UN AVENIR POUR NOS ENFANTS

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