Régionalisme et révisionnisme : ces tares ancrées dans la mentalité politique

manif la parole
L’Algérie politique indépendante est aujourd’hui une réalité incontournable. PPAgency

Par Dr Arab Kennouche – Depuis que la parole s’est libérée anarchiquement en Algérie, allant jusqu’à provoquer le viol de la conscience historique de la nation, l’Etat semble dépassé par ces attaques verbales qui fusent de toute part sur l’identité, la religion et, désormais, la Guerre de libération nationale. Le discours nationaliste et revendicateur du peuple algérien, incarné par le Front de libération nationale historique, est l’objet aujourd’hui d’une remise en cause en bonne et due forme dans le discours latent de nombreux medias actionnés par des officines politiques très proches des cercles du pouvoir de l’époque Bouteflika, du patrimoine de la Révolution de Novembre 1954.

Ces tirs croisés visent essentiellement à diffuser une nouvelle idéologie assimilationniste, collaboratrice, contre-révolutionnaire, grâce à l’action conjointe de certains leviers politiques, de médias inféodés à l’étranger, du Proche-Orient, de l’Europe occidentale, qui n’est pas sans rappeler la politique harkie de la France au plus fort de la Guerre d’Algérie. Mais cette nouvelle harkisation des esprits n’aurait jamais vu le jour si le pouvoir politique s’était prémuni de telles dérives antipatriotiques, savamment entretenues de l’extérieur, par l’élaboration d’un système de répression sans faille des atteintes sourdes et sournoises aux fondements de l’Etat algérien.

En Algérie, le régionalisme est devenu une tare bien profonde ancrée dans la mentalité politique des plus hauts personnages de l’Etat. On se souvient encore de la réhabilitation de Messali Hadj par Bouteflika comme une transgression incompréhensible par le peuple des fondements idéologiques de la Révolution nationale. C’est, au fond, une lecture purement régionaliste et révisionniste de Bouteflika qui le conduisit à réhabiliter un personnage qui fut pourtant considéré comme un ennemi du combat libérateur, car il était aisé, autrement que par la figure largement controversée de Messali, pour l’ex-président de la République, de rappeler à la mémoire de tous les Algériens les faits d’armes glorieux des combattants de la région de Tlemcen, des monts Traras, inconnus du grand public algérien.

Nous pourrions citer de nombreux autres exemples par lesquels l’alliage du régionalisme et du révisionnisme eut des effets pervers dans l’Algérie politique de ces dernières années. Ce sont ces deux ferments qui ont empêché de faire la part des choses entre la réalité historique d’une indépendance obtenue de haute lutte et une réécriture programmée de l’histoire en vue de modifier le cours des événements adapté au nouvel agenda occidental du Proche et Moyen-Orient. Un autre fameux exemple consiste à prendre en grippe les citoyens de la Kabylie, non pour ce qu’ils sont, une partie de l’Algérie, mais pour ce qu’ils représentent, le congrès de la Soummam du 20 août 1956. On s’attaque ouvertement à Abane Ramdane, omettant de souligner que Larbi Ben M’hidi – et bien d’autres encore qui n’étaient pas issus de cette région – était lui-même le président de ce congrès et venait des Aurès.

Le révisionnisme sélectif largement entretenu par les médias algériens de Bouteflika utilisa le même procédé de confusion des mémoires en créant dans l’esprit du peuple une association perverse entre la Kabylie et le combat national, et même la kabylité et la Révolution nationale. Jamais au grand jamais il n’a été donné à penser à la nation que le FLN a formé le creuset le plus antirégionaliste dans l’histoire de l’Afrique du Nord, que le FLN s’est évertué dès le début de l’aventure anticoloniale à éliminer tous les discours de division qui ont cours aujourd’hui en Algérie ; bref, que le FLN est une véritable marque de fabrique contre le régionalisme, la division ethnique et le révisionnisme politique.

Qui peut aujourd’hui nier que ce sont des hommes de Constantine, Batna, Biskra, Mila qui sont allés verser leur sang et diriger la lutte en Oranie ? Pourquoi les hauts faits d’arme des monts de Tlemcen sont occultés à la mémoire des citoyens de la Kabylie et des autres régions d’Algérie ? Pourquoi, aujourd’hui dans les médias, le concept de Révolution nationale est remis en cause insidieusement par l’incompétence voire l’ignorance d’acteurs médiatisés empreints de localisation géographique excessive de la Révolution ? Pourquoi le peuple algérien ignore-t-il les grandes révoltes des hauts plateaux de Djelfa, Biskra, M’sila qui, au cours du XIXe siècle, ont eu un impact fondamental, par leurs convulsions répétitives et nombreuses, sur la Révolution de 1954 ? Pourquoi l’Etat est-il absent de la promotion d’un discours institutionnel sur la nature véritablement nationale de la Révolution algérienne, prise dans un rapport espace-temps et non plus, cette fois-ci, par le bout d’une lorgnette révisionniste et anti-algérienne ?

Il est, en effet, grand temps de constitutionnaliser une instance souveraine de protection et de sauvegarde des acquis de la Révolution algérienne, visant à écarter le risque de promotion de personnes hostiles à ses idéaux d’unité de la nation qui, chaque jour, prolifèrent en pontifiant sur l’identité des Algériens, leur religion et leur histoire politique. Une telle instance, dans un pays comme l’Algérie, ne doit pas être uniquement un organe consultatif laissé à la portée discrétionnaire du président de la République, mais doit se placer au-dessus de tous les organes électifs du pouvoir, de sorte qu’aucune atteinte à la Révolution nationale ne puisse être perpétrée par l’un quelconque des pouvoirs élus, comme ce fut la cas lors de la volonté par l’ancien président de la République de ne pas faire passer une loi visant la qualification de crime du pouvoir colonial en Algérie.

Quels seraient, en effet, les bénéfices d’un tel Haut Conseil dans l’édifice constitutionnel de l’Etat ? Le pouvoir politique en Algérie, dans son intérêt bien compris de raffermir les institutions de l’Etat, ne peut plus se permettre une atteinte vitale à l’idéologie de l’indépendance nationale, fondée à régir le jeu des organes étatiques mais qui prend les contours, aujourd’hui, d’un révisionnisme dangereux pour la stabilité du pays. Un Haut Conseil de la Révolution algérienne formerait un bloc constitutionnel de principes inébranlables, que le peuple entendrait comme des lignes rouges infranchissables par quiconque, simple citoyen, ou élu représentant l’Etat à tous les niveaux. Les membres d’un tel haut conseil jouiraient d’une légitimité historique irréprochable ainsi que d’une vision purement apolitique des intérêts de l’Etat. Bien plus, il opérerait par consensus un filtrage des pratiques et des discours qui, soit de façon directe ou indirecte, constitueraient des attaques hostiles à l’Algérie indépendante.

Même si de larges pans de l’histoire de la libération nationale reste encore à écrire, d’une façon qui fasse honneur à la science historique, il ne reste pas moins que l’Algérie politique indépendante est aujourd’hui une réalité incontournable qui jouit d’un appareil d’Etat et idéologique issu en droite ligne des principes de la déclaration du 1er Novembre 1954. Ce sont ces acteurs qui, seuls, seront habilités à défendre, contre l’ethnicisme, le régionalisme et le révisionnisme, et au nom des principes vitaux de sauvegarde de l’Etat, toute infraction à la morale et à la mémoire de nos nombreux martyrs.

A. K.

Comment (28)

    Anonyme
    24 janvier 2020 - 10 h 30 min

    L’article conclu par : »Il ne reste pas moins que l’Algérie politique indépendante est aujourd’hui une réalité incontournable qui jouit d’un appareil d’Etat et idéologique issu en droite ligne des principes de la déclaration du 1er Novembre 1954. Ce sont ces acteurs qui, seuls, seront habilités à défendre, contre l’ethnicisme, le régionalisme et le révisionnisme,….. »
    Sauf que le régime actuel se dit « nationaliste » mais n’a en réalité jamais dépassé le stade indépendantiste de 54-62.
    Il y a en effet une grande différence entre le nationalisme, propre aux peuples libres, et l’indépendantisme, propres aux colonisés.
    Le régime actuel est schizophrène, se croit toujours en plein guerre d’indépendance, tel le malheureux soldat japonnais posté sur une ile, qui refusait de croire à la fin de la 2ème guerre mondiale et continua la guerre seul jusqu’en 1974.
    Ils ont gardé les réflexes des guérilleros : clandestinité, improvisation, méfiance, paranoïa, tromperie, complexe d’infériorité, sentiment d’insécurité, sentiment d’etre traqués,…
    Nos dirigeants ont raté le virage du Nationalisme en 1962 et continuent à entretenir la schizophrénie et l’anachronisme indépendantiste!
    Ce régime n’est pas Nationaliste et ne l’a jamais été !
    Il n’est donc nullement habilité à défendre ce que vous appelez « les principes vitaux de sauvegarde de l’Etat », tout simplement parce que, à la place de vrais Hommes d’État, l’Algérie continue à être gouvernée par des petits colonisables sans envergure, et parce que, contrairement à ce que vous prétendez, l’Algérie ne jouit pas d’un vrai appareil d’Etat et est loin, très loin de d’exister idéologiquement. LE SENTIMENT NATIONALISTE, LE VRAI, EST TOUT SIMPLEMENT INEXISTANT EN ALGÉRIE. QUELQU’UN A-T-IL DÉJÀ ENTENDU UN RESPONSABLE POLITIQUE, UN OPPOSANT, UN INTELLECTUEL PRONONCER L’EXPRESSION «  » » »NATION ALGÉRIENNE «  » »???
    Par ailleurs, pourquoi dénigrer le régionalisme?
    Le régionalisme n’est pas en soi anti national, sauf s’il est combiné à un internationalisme destructeur.
    Le vrai régionalisme, qu’il soit kabyle, chaoui, oranais,..etc, renforce le sentiment National.
    Un vrai Nationaliste est forcément régionaliste. Un vrai régionaliste est forcément Nationaliste.
    Le Nationalisme est la forme accomplie du régionalisme.
    Nationalisme et régionalisme se complètent et se renforcent mutuellement.
    Nous sommes fiers de notre Nationalisme Algérianiste UNIQUE et nous sommes fiers de nos régionalismes MULTIPLES.
    L’internationalisme, lui, est anti-Nationaliste et anti-régionaliste.
    Ce n’est donc pas le régionalisme, mais plutôt l’internationalisme sous toute ses formes et toutes ses varinates (arabo-islamisme, nord-africanisme, démocratisme, gauchisme,….) qu’il faut condamner.

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      Citizen
      25 janvier 2020 - 1 h 39 min

      Anonymous a dit : Ce n’est donc pas le régionalisme, mais plutôt l’internationalisme sous toute ses formes et toutes ses varinates (arabo-islamisme, nord-africanisme, démocratisme, gauchisme,….)

      Oui en effet, c’est sans doute la faute aux Arabo-Musulmans, c’est effectivement eux qui étaient derrière Ponce Pilate dans le martyre du Christ, c’est encore eux qui avaient instigué le Troisième Reich et sa Shoah, ce n’est surtout pas le Sionisme.

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    Blakel
    24 janvier 2020 - 0 h 11 min

    @ Dr Arab Kennouche
    Si le but est de lutter contre les dérives verbales de certains sectaires incitant à la haine raciale comme les Naïma SALHI, Fatma-Zohra BENBRAHAM, Rabha TOUNSI, Abdelkader HADJAR…il suffirait à l’Etat d’appliquer les vieux outils juridiques déjà existants comme l’article 298 Bis du code pénal algérien qui stipule que : « Toute injure commise envers une ou plusieurs personnes qui appartiennent à un groupe ethnique ou philosophique, ou à une religion déterminée est punie d’un emprisonnement de cinq (5) jours à six (6) mois et d’une amende de cinq mille (5.000) DA à cinquante mille (50.000) DA ou de l’une de ces deux peines seulement ».
    Créer une institution chargée de veiller sur l’histoire de la guerre d’indépendance, c’est ouvrir la voie au monopole d’une Histoire officielle, empêchant toute avancée sur le chemin de la vérité historique.
    Comme l’a bien rappelé « Anonyme 23 janvier 2020 – 9 h 31 min », c’est aux historiens d’écrire l’Histoire. Donnons leur les moyens de pouvoir faire leur travail, sans censures, ni blocages. C’est le meilleur moyen de combattre les mensonges.

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      Monsieur X
      24 janvier 2020 - 7 h 11 min

      Ce mythe, entretenu par le FLN qui se prétend gardien unique du temple, ne résistera pas longtemps aux réalités. L’histoire n’est ni blanche ni noire et garder les archives secrètes n’engendrent que des spéculations hasardeuses avec toutes les dérives…

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    Citizen
    23 janvier 2020 - 18 h 14 min

    Faire encore battre le cœur de la nation exclusivement au rythme du 1er novembre 1954, c’est perpétuer cette schizophrénie nationale due au fait que la conscience nationale oscille entre, d’une part l’adversité essentielle à la menace que représente la France dans sa nature impérialiste vis-à-vis de l’Algérie, et d’autre part l’identification existentielle au modèle que représente cette même France sur plan scientifique et technologique au regard de l’actualité des rapports socio-économiques entre les deux pays.

    Certes, la définition de la conscience nationale reposera à jamais sur la liberté et la souveraineté de l’Algérie, elle promouvra toujours le droit des peuples à l’autodétermination, elle soutiendra sans doute les combats anti-impérialisme, mais elle doit absolument se réinscrire dans une perspective universelle, celle qu’on lui reconnaissait au lendemain de l’indépendance, sans cette dimension universelle l’Algérie est condamnée à rester cette succursale de je ne sais quel consortium, sans âme ni identité, faisant autorité sur les ressources d’un territoire.

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      Le Chant Des Cygnes
      23 janvier 2020 - 20 h 34 min

      A Citizen,
      Avant de promouvoir l’autodétermination des peuples il faut d’abord que son propre peuple c’est à dire nous, nous soyons libre et indépendant. Chose qui nous a été volé depuis 62.
      Une fois indépendant, libre nous penserons aux autres sans aucun problème.

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        Citizen
        23 janvier 2020 - 21 h 58 min

        Le Chant Des Cygnes doit savoir que cela va de pair, il est inconcevable d’envisager d’être libre en passant à côté de crimes de l’espèce qu’a frappé nos pères, mères, frères et sœurs pendant plus d’un siècle, à moins d’en être une sorte d’éternel esclave condamné à gémir à ses pieds.

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          Le Chant Des Cygnes
          23 janvier 2020 - 22 h 53 min

          A Citoyen,
          Donc à vous lire si j’ai bien compris il est inconcevable de vivre libre aujourd’hui car nos parents ont subi la guerre ?
          Vraiment désolé mais je n’ai pas compris ce que vous voulez dire. Aujourd’hui depuis 62 nous sommes sous une dictature militaire, alors oui c’est bien d’avoir de bonnes intentions et vouloir aider les autres, mais malheureusement nous mêmes nous sommes opprimé, donc libérons nous d’abord et après les bonnes intentions sont seront toujours là.

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          Citizen
          24 janvier 2020 - 8 h 18 min

          A Le Chant Des Cygnes

          Vous m’avez interpelé sur la nécessité qui incombe à l’Algérie de promouvoir l’autodétermination des peuples en affirmant qu’elle serait inutile tant qu’elle ne serait pas elle-même libre, je vous ai répondu qu’il était inconcevable qu’un peuple puisse envisager d’être libre sans promouvoir cette même liberté pour les autres peuples, c’est là même le principe d’universalité des valeurs.

          Maintenant, libre à vous de penser qu’un peuple puisse exister en croyant que les valeurs qu’il prône et défend concernent uniquement son entité et s’arrêtent aux limites de ses frontières, libre à vous de penser aussi qu’un sujet qui entend être libre n’a pas à s’occuper de la liberté de son prochain, pour ma part l’évolution des hommes libres s’est toujours déployée au-delà des horizons.

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    kiwi
    23 janvier 2020 - 16 h 16 min

    ah tiens ça faisait un moment qu’on avait pas craché sur Messali Hadj… contrairement à ce que vous dites la réhabilitation de Messali Hadj par Bouteflika n’est pas « une transgression incompréhensible par le peuple » (ne prenez pas votre cas pour une généralité) je regrette au contraire qu’il ne l’ai pas assez fait!

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    Lghoul
    23 janvier 2020 - 14 h 24 min

    Le travail d’un régime illégitime donc illégal ne peut être que les formentations des divisions, des contres pieds et de la décéption a tous les échelons de la société. Les pratiques de 1962 ne sont pas encore finies. Ca continue mais personne n’est dupe. Le peuple algérien n’a jamais été si solidaire et si respecitueux de sa diversité que depuis le 22 février 2019. De l’est a l’ouest et du sud au nord, toutes les regions ont enfin compris qui est leur vrai ennemi commun – Une bande arrogante, une voyoucratie, composée, de gens dont le coeur est en france et ailleurs, qui dilapident sans retenue les biens et favorise l’étranger devant l’algérien.
    11 mois passés a se retrouver ensemble 2 fois par semaines, ont suffit au peuple algérien d’être éduqué et vacciné contre le khortisme a vie. Personne ne pourra tromper le cityen lambda. Ni la religion, ni hizb frança, ni la main de l’étranger ni amar bouzouar. Personne ne pourra vaincre un peuple uni. Ca prendra autant que ça prendra, aucun retour en arrière. Le processus de libération est irreversible et les histoires a dormir debout et les fausses promesses de menteurs a gauche et a droite ne passeront plus.

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    No comment
    23 janvier 2020 - 14 h 11 min

    Je n’ai rien compris à ce qu’il a dit. !!!

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    Anonyme
    23 janvier 2020 - 14 h 09 min

    Les Algériens doivent se réapproprier leur Histoire falsifiée et piétinée par des usurpateurs.Oui nous sommes un peuple de l’Afrique du Nord qui a subi tant d’invasions et tant de falsifications de notre histoire réelle.Il est temps d’enseigner dans nos écoles notre véritable histoire et dire la vérité à nos enfants élevés dans le mensonge et le déni de leurs ancêtres pourtant prestigieux.Je suis content que la statue du Roi Massinissa trône enfin au jardin Tafourah d’Alger mais j’aurai voulu qu’elle soit sur la place de la Grande Poste d’Alger comme prévue initialement pour le 5 juillet 2019.Il faut réparer cette erreur certainement imposée par les fossoyeurs de notre identité millénaire.

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    chaoui40
    23 janvier 2020 - 13 h 56 min

    Je le redis ici : le Berbère ne voit pas plus loin que son village et sa tribu. Chose normale et respectable. La « harkisation », comme dit l’auteur, est naturelle chez nous car le Berbère est avant tout guidé par la défense des intérêts et de l’honneur de sa famille et de sa tribu. La « nation algérienne » et « l’identité algérienne » restent à construire. Pour cela, il faut un Etat fort et juste, axé sur les valeurs berbères : le travail, l’honnêteté et le partage. Les Arabes et les Turcs ont galvaudé ces valeurs avec le commerce et l’usure et l’argent facile qui l’accompagnent. Quant à l’islam, qui aurait pu unir, il a plutôt divisé … Les pays européens, dont les peuples sont indigènes, ne sont devenus des « nations » qu’après plusieurs siècles et des millions de morts. Sous la tutelle et l’autorité de « monarques de droit divin ». Nous avons un très long chemin à faire. D’autant que les pays développés veilleront à nous étêter de nos élites scientifiques potentielles et à nous conserver dans le sous-développement. Il nous faut donc une « rupture totale » en tout. L’autarcie à la Mao serait un bon départ !

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    Youcef Benzatat
    23 janvier 2020 - 12 h 08 min

    Javais proposé il y quelques temps, au moment de la polémique sur ‘les contrebandiers de l’histoire », d’élaborer une Loi sur le négationnisme de la révolution du 1°novembre 1954. En effet, l’état doit être garant et dépositaire de la préservation des fondamentaux de la Nation Algérienne. Sans légitimité, cet état n’est pas en mesure de l’accomplir, parce qu’il tire sa légalité de compromissions avec des parties qui sont hostiles à ces fondamentaux.

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      Zaatar
      23 janvier 2020 - 13 h 47 min

      Donc en quelque sorte eddab rakeb moulah chez nous. Si tout est compromission, puisque ça commence au niveau de l’état, que penser aux plus bas étages…l’informel par déduction est plus que justifié et tout a fait normal.

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      chaoui40
      23 janvier 2020 - 14 h 04 min

      Le négationnisme et le révisionnisme DOIVENT exister. C’est la condition sine qua none de la liberté d’expression. Je suis surpris qu’un journaliste demande à ce que l’Etat régule la parole (taise la parole non officielle) ! L’écriture de l’histoire actuelle de la guerre d’indépendance n’en est qu’à ses débuts. Beaucoup de survivants ont peur de dire ce qu’ils ont vu ou vécu. Jusqu’à Ben Bella ou Chadli, qui ne nous ont rien appris dans leur autobiographie ! L’analyse marxiste des Accords d’Evian, également, reste à faire … La « vente programmée » de centaines de milliers d’ouvriers à la France déficitaire en main-d’oeuvre, par exemple !

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    Rosa Rosa Rosam
    23 janvier 2020 - 11 h 47 min

    1ere chanson :
    Afaghe a yajerath thamouthiwe,   Sauterelles quittez mon pays. (Colonialisme)
    Thayani thoura barka                     Ça suffit, maintenant ! (132 ans, c’est trop)
    Ma yala thel 9athi y kisntanieme    Le Caïd t’as vendu ma terre, dis-tu ? (Occupation illégale de l’Algérie)
    Aouid Lakathe maye saha             Exhibes l’acte, s’il est authentique. (Prouvez-le par la loi)

    2eme chanson :
    Itha8rade ougoure, Ithevathide YIthri  La lune fait son apparition suivi d’une étoile (Drapeau Algérien)
    Ijoujaghe ytse nour, Yakade thiziri       Dans toute sa splendeur, émane la lumière (La révolution)
    Ithoua thimoura athe lavhour              Qui éclaire terres et mers (Prise de conscience de tout le peuple)
    Ithourare akouthe sahari                     Montagnes et Sahara (Le nord et le sud)

    Bien entendu, il s’agit du chanteur Slimane Azem, ce monument de la chanson engagée pendant la guerre de libération, interdit par la France coloniale en 1957, interdit dans son pays en 1967.
    La suite :
    https://www.youtube.com/watch?v=iyEBxCU41Kw

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      Azul
      24 janvier 2020 - 20 h 41 min

      merci beaucoup pour la video.

    Raïna
    23 janvier 2020 - 11 h 44 min

    Il n’y a pas une seule famille algérienne à travers toute l’Algérie qui ne compte pas un chahid dans ses rangs.
    Dés l’indépendance on nous a scandé que ce sont les chaouis et les kabyles qui ont libéré l’Algérie du joug colonial,certains n’ont pas hésité à s’accaparer l’indépendance du pays en l’assimilant à leur région tout comme l’appareil militaire et sécuritaire post-indépendance.
    Il est du devoir de nos historiens de démontrer l’engagement national et non régional de tous les algériens du nord au sud,d’est en ouest dans leur lutte pour l’indépendancede notre pays..
    Bouteflika n’est pas algérien et encore moins de l’ouest algérien c’est un imposteur,un usurpateur pseudo-moujahid autoproclamé..

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      Anonyme
      24 janvier 2020 - 0 h 20 min

      Sauf que pour la kabylie et les aurès il n’y a pas de famille qui n’a pas 10 ou 15 familles dans ses rangs. Il y en a 17 de ma famille sur la stèle du village et on est pas les premiers. Ne touches pas à ce sujet sensible et n’essaies de faire passer tous les algériens pour des révolutionnaires. Il faut dire la vérité et l’accepter. On ne construit pas un pays sur des mensonges

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      On ne dilue pas un peuple parce que l'on a luttè ensemble
      24 janvier 2020 - 8 h 24 min

      L’Algérie a une identité qui ne découle pas de la guerre de libération. Il y a chez le Fln et ses poussins cette facilité à gonfler un mythe au point d’en faire d’un cailloux la sommité de l’existence. Beaucoup d’Algériens sont morts pour la France ce qui ne rend pas la France un pays algérien

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    Azul
    23 janvier 2020 - 11 h 23 min

    Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.

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    Ma Vérité
    23 janvier 2020 - 10 h 15 min

    Il fallait inventé des histoires drôles pour faire endormir nos naïfs citoyens en prison à ciel ouvert, quel racisme qui existe en Algérie à part celui contre nos émigrés il n’existe pas d’autre sauf dans les têtes de nos incompétents dirigeants, quel régionalisme celui de prévilegies et favoriser les proches et les familles où ceux qui rapportent les paniers plein de billet de Banques à nos corrompus dirigeants, nôtre seul et unique problème se sont nos dirigeants incompétents et malade du pouvoir de la vie jusqu’à la mort voir au-delà, le ridicule ne tue pas sinon il aurait fait un massacre aux seins de nos incapables dirigeants

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    Le Temps
    23 janvier 2020 - 9 h 32 min

    Le jour ou on reconnaitra que ces divergences,ces divisions sont une réalité dans la société Algerienne mis au grand jour depuis les années 90 on fera avec….Comme c est partout dans le monde depuis la chute du bloc soviétique et l émérgence des revendications identitaires ….Le cinéma du KHAWA KHAWA c est du pipo pour amuser la galerie personne n y croit

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    Anonyme
    23 janvier 2020 - 9 h 31 min

    C’est aux historiens d’écrire l’histoire. L’état n’a rien à faire dans tout ça. Qu’on supprime la censure et qu’on laisse les historiens travailler et aborder tous les sujets. Il est quand même malheureux que 99% des livres sur la guerre d’Algérie soient écrits par des étrangers. Les faux moudjahids du FLN et de l’ONM empêchent tout travail sérieux sur la guerre (qui risque de les démasquer) et les arabisants censurent tout travail sur le passé amazigh de l’Algérie c’est comme ça depuis Boumediene

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      Anonyme
      23 janvier 2020 - 14 h 38 min

      On peut demander aux historiens de se pencher sur la guerre d’Algérie, on verra alors de manière objective que toute l Algérie était concerné et que certaines régions plus que d’autres avec de très lourds sacrifices…La Kabylie et les Aures ont soufferts bien plus que l oranie par exemple…Et ce n’est pas faire insulte à cette région. Ce sont des faits que même les archives de l’armée française possède.

      De même le Dahra ( ouest) a payé un tribu immense au 19e siècle…etc…etc…
      Messali hadj était juste une revanche politico régionaliste du traître bouteflika..il s’était allié tous les messalistes pour régler des comptes personnels…

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    Mouloud F
    23 janvier 2020 - 9 h 16 min

    Parce que cela arrange tous les margoulins et les planqués. L’Histoire a été réécrite pour servir les rois du moment et tous les bouffons de service.
    Le FLN historique a disparu depuis 1962, voici la seule et bonne raison.

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