Le Hirak n’en a cure des cuistres !

Mouv Hirak
Le Mouvement populaire du 22 Février est le forgeur d’un horizon de liberté. D. R.

Par Mouanis Bekari – Depuis la parution d’un article de Kamel Daoud dans un magazine français dont le fonds de commerce est l’islamophobie et l’éreintement du récit national, l’entreprise de dépréciation de la révolte populaire s’est accélérée. Tout se passe comme si cet article avait servi de blanc-seing à ceux qui, jusque-là passablement embarrassés par la constance et l’opiniâtreté du Hirak, ont «toujours su que», ont «toujours dit que», nous avaient «prévenus que», etc. ; bref, ceux qui savaient, savent et sauront toujours avant et mieux que les autres. En un mot comme en cent : les cuistres.

Ceux-là, imbus de convictions forgées par une culture livresque, assènent des sentences d’autant plus péremptoires que le Hirak ne semble pas vouloir les entendre. Or, ce qui avait le don de les agacer jusqu’alors semble dorénavant les exaspérer. Car c’est une loi bien connue que les faux savants s’irritent fort que leurs décrets soient ignorés par ceux à qui ils les adressent. D’où la prolifération de rappels courroucés sur ce que doit être une révolution, quelles en sont les prémisses, qui est qualifié pour la mener et qui ne l’est pas. Et – mais est-ce une surprise ? – le peuple algérien est disqualifié pour ce faire, car il ne satisfait pas aux prérequis énoncés dans le catalogue du «prêt-à-révolutionner» qui sert de livre de chevet à nos maîtres-penseurs.

Ce peuple qui a mis en branle un mouvement qui a désinhibé des millions de personnes, libéré des énergies constamment brimées depuis bientôt 60 ans, permis de recouvrer le droit à la parole, réintroduit la société civile dans le champ politique, qui s’est réapproprié l’espace public qui lui avait été confisqué depuis 20 ans et qui a initié une génération à la lutte politique, le tout pacifiquement, ce peuple est recalé par les théologiens de la révolution !

Il ne suffit pas que le Hirak ait identifié les problèmes qui attentent aux équilibres du pays et affirmé sa maturité par l’exercice de la raison au détriment de celui de la passion, ce qui est le fondement de la démocratie. Il lui faut aussi déférer aux injonctions des canonistes et confirmer leurs vaticinations ! Qu’il ait indiqué avec éloquence les principes qui doivent être réhabilités et les errements qui doivent être extirpés afin de bâtir un Etat de droit ne convient pas davantage, il faut également qu’il dise comment, par qui, par quels moyens et dans quel temps. Bref, qu’il soit le Tout et les parties du Tout.

On pourrait croire qu’il lui serait fait crédit d’avoir mis un terme à l’annihilation programmée de l’Algérie lors du 5e mandat et chassé certains des instigateurs de ce crime, mais non ! Les censeurs de pacotille sont intransigeants et exigent que leur fourbi conceptuel soit décrété l’alpha et l’oméga de toute pensée et le préalable à toutes les actions. Sinon quoi ? Eh bien, sinon ils changeront de peuple et s’en retourneront sur leur belvédère en emportant leurs manuels, leurs imprécations et leurs oracles. Soit. Ils y retrouveront d’autres contempteurs, moins grotesques mais tout aussi sentencieux qui facturent au Hirak, avec une rigueur de boutiquier, les utopies qu’ils lui avaient assignées, sans préjudice des intérêts qu’ils lui réclament pour avoir échoué, momentanément ou définitivement, c’est selon leur humeur et plus encore celle des affréteurs qui pourvoient à leur pitance.

Pendant ce temps, le Hirak continuera d’être ce qu’il est : l’inspirateur d’une ambition de dignité, le forgeur d’un horizon de liberté et l’incubateur d’une génération pour qui les droits civiques s’affirment dans l’action.

M. B.

 

Comment (19)

    Périphérie d'ailleurs
    29 janvier 2020 - 11 h 13 min

    Deux arabisme tentent de comprendre l’erreur original du manque d’adhésion entre Etat et peuple. Les deux ont tort bien entendu, mais cet activisme est le non-dit de la solution.

    lhadi
    29 janvier 2020 - 6 h 39 min

    Malgré ses cicatrices, ses fractures, ses inégalités, ses exclus, mais aussi son ardeur, sa générosité, son désir de rêver et de faire du rêve une réalité, la jeune nation algérienne est prête à libérer le meilleur d’elle-même pour peu qu’on lui montre l’horizon et non les facteurs de division.

    Plus assurés des intérêts les plus élevés de la nation et de leur avenir personnel, nos compatriotes se sentiront partie prenante d’un destin collectif ouvert à tous les possibles mais aussi se verront devenir plus confiants, plus solidaires, plus patriotes.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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      Anonyme
      29 janvier 2020 - 11 h 10 min

      L’Algérie, la vraie, a une tradition plusieurs fois millénaire ce qui n’est pas bien sur cette Algérie arabe qui est plus une fausse couche…

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    J'avoue franchement !
    28 janvier 2020 - 15 h 05 min

    Monsieur Mouanis Bekari , auteur de l’article, comme je ne suis pas un intellectuel digne de ce nom ou comme vous, permettez-moi de vous dire que je ne sais pas à quoi vous voulez en venir ! Sincèrement .C’est trop compliqué pour moi et je vous promets je le dis sans ironie ! Peut-être que d’autres mieux que moi vont comprendre votre message t tant mieux pour eux, mais moi hélas je n’ai pas les outils intellectuels et la connaissance pour en comprendre véritablement le sens ! Mes respects !

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      Anonyme
      28 janvier 2020 - 17 h 10 min

      vous et votre clique avec en tête Karamazov, Zaatar et cie qui sévissez sur AP pour casser toute fierté algérienne vous ne pouvez rien comprendre
      soyez cohérents, partez
      L’article est clair, comme ceux de Benzatat, Ghédia et Bouzidi dans ce journal.
      Votre négativité ne nous concerne pas.

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        Zaatar
        28 janvier 2020 - 19 h 13 min

        Il est nul question que cela vous concerne ou que cela ne vous concerne pas il est juste question que c’est la réalité ou que ça ne l’est pas, et peu importe ce que tu penses ou ce que tu dis, et jysqu’a présent et jusqy’a preuve du contraire, le temps nous donne raison, a moi a Karamazov et cie…

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          Anonyme
          28 janvier 2020 - 21 h 56 min

          le temps ? lequel ? le temps court, le temps long ? le temps sorti de vos fantaisies ?

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          Zaatar
          29 janvier 2020 - 8 h 33 min

          Le temps qui va, le temps qui sommeille, le temps sans joie, le temps des merveilles, le temps d’un jour, le temps d’une seconde, le temps qui court, le temps qui gronde. Le temps passé, celui qui va naître, le temps d’aimer et de disparaître, le temps des pleurs, le temps de la chance, le temps qui meurt, le temps des vacances. Le temps glorieux, le temps d’avant guerre, le temps des jeux, le temps des affaires, le temps joyeux, le temps des mensonges, le temps frileux et le temps des songes, le temps des crues, le temps des folies, le temps perdu, le temps de la vie, le temps qui vient jamais ne s’arrête….(aznavour).

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    Karamazov
    28 janvier 2020 - 14 h 28 min

    Té , du rab !

    Comme on dit chinou à Guezgata : awar th3echqedh gouvladh mawlech at babet. Safidir : il ne faut pas tomber amoureux d’une pierre sinon tu la porteras,

    Maintenant : win iguezmène thasseta at izoughar. Celui qui a coupé la branche la traîne.

    Mais…

    Macha Allah , Ya Salam ! Il est est venu enfin son règne et les voilà qui radinent qui afwadjène qui qui hésite , mais hemdoullah il est là.

    Kama qala Abou Dda Rwin : la nature est impitoyable , le matérialisme historique a fait son œuvre et le règne du matérialisme dialectique est là ,triomphant sur toutes les singeries et les simagrées, pour leur reconfigurer les neurones bessif a3lihoum.

    Ils n’ont pas voulu le reconnaître et lui ont préféré un messianisme hirakien annonciateur d’une nouvelle ère qui transformera leur misérable condition en aisance et prospérité rien qu’avec des dou3ates sans qu’ils aient à suer ou à chercher un sauveur dorénavant.

    Ils ont trait des bœufs et lui ont fait un veau, 3abadou el asnam, et ils ont voué un culte immodéré au Hirak et reniant la raison, ils n’ont pas voulu le reconnaître, maintenant ils vont devoir braire son nom !

    La raison a fini par les rattraper mais ils hésitent encore : Où qu’on va? c’est par où la sortie? qu’adviendra-t-il de nous maintenant ?

    Iben thoura c’est la règle de enesrou qui s’applique : men 3amala chay-ène ad youqa3 ouwazwaz-is, ipicitou ! Safidir men 3amala mithqala daratine fi l’Hirak yarahou !

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    LE PEUPLE POUR LE PEUPLE
    28 janvier 2020 - 12 h 54 min

    VIVE LE HIRAK
    NOUS NOUS SACRIFIRONS POUR NÔTRE PAYS COMME L’ONT FAIT NOS PARENTS ARRIÈRE PARENTS. …….
    POUR SORTIR NOTRE PAYS DES MAINS DES HARKIS QUI SE RECONNAÎTRONT ET QUI AGISSENT EN SOUS MAIN DANS LE DOS DES ALGÉRIENS.

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    Karamazov
    28 janvier 2020 - 11 h 25 min

    C’est vrai que depuis que celui dont désormais on ne doit plus dire le nom a foutu le feu au lac c’est la curée pour qui donnera le dernier coup bas au Hirak. Tous les s’hab dixneufmaghressistes ont radiné quand ils ont vu que les cerbères du Temple Hirakien n’ont plus les crocs acérés pour mordre tous les tire-au-luc antihirakiens, ou se sont convertis dans le camps d’en face.

    Cet article vient à point pour donner du vent à la crou… heu… à la poupe du Hirak. Et en plus il m’apporte la définition vernaculaire qui me manquait au concept que j’avais élaboré brillamment pour saisir scientifiquement le Hirak . Branlade populacière : « peuple qui a mis en branle un mouvement qui a désinhibé des millions de personnes ».

    Même à mes moment de dévergondage les plus débridés je n’aurais pas zozé associer les mots  » mis en branle » et « désinhibé » dans le même texte.

    Mais à toute chose parfois malheur est bon ou comme disait Chirac : les emm… volent en escadrille.

    Tout au début du Hirak alors que je disais que le Hirak n’était ni Godot ne le sauveur ni le Mahdi el mountadhar parce que la configuration des étoiles n’était pas favorable ou dit autrement : une populace qui se shoote à la religion et à la rente est incapable de produire les conditions de son changement, alors que celui dont on ne dit plus le nom et toute l’intelligentsia interne et de la diaspora ont été frappées par l’engouement et prises d’une frénésie irrépressible pour lui bidouiller la théologie qui lui manquait je ne cessais d’avertir quant à tout emportement excessif car la chute et la descente du pic de l’euphorie et la désillusion seraient insupportables.

    Voila donc que les derniers combattants font mine de déposer leurs trompettes qui soufflaient dans le luc au Hirak, qui ne manquait pas d’air pourtant, pour s’attaquer à tous ceux qui ne font que leur présenter des condoléances.

    Mais apparemment comme la théologie n’a pas suffit au Hirak pour lui faire une ré-putation au delà des trottoirs urbains et de nos contrées même si ce n’est pas les encouragements et les soutiens de nos plus éminents scientifiques qui lui ont manqués, les plus acariatres et les plus persistants ont décidé de finir le travail en lui faisant une mythologie : le Hirak bouqebrine ourtoufi3a , il n’est pas ici il n’est pas là il est partout il est nulle part.

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    DZA
    28 janvier 2020 - 10 h 50 min

    Le mouvement populaire du 22/02, à déstabiliser les certitudes des potentats et leurs suppôts. Ils ont misé sur leurs convictions et dogmes, et se retrouvent face à eux-mêmes, à leur faillite, à leur médiocrité et face à un peuple déterminé qui soudain se réapproprie sa liberté d’expression et qui clame sa souveraineté. Doucement, mais sûrement, l’Algérie a commencé sa métamorphose sous les clameurs pacifiques du peuple.
    Le peuple se soucie pour son destin, et tout compte fait, se contrefiche de ses détracteurs, de ses opposants, de la police, des juges et leur système mafieux, et encore moins des critiques de ses adversaires.
    La frustration, ouvre également les portes de l’ignorance et de la perversion.

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    Sarrazin
    28 janvier 2020 - 9 h 37 min

    L appel des moujahidines martyrs «  allah yerhamhoum » , est entendu par le peuple, pour l indépendance de l Algérie.
    C’est en leur nom et à leur sacrifice que nous devons libérer le pays, de cette bande d aventuriers venus d Oujda , mais aussi des cachiristes qui se sont enrichis malhonnêtement . Tous ces voyous aussi bien des administrations que des véreux policiers sans moralité, sortis de prison et recrutés pour protéger les maffieux tels des chiens serviles obéissant à coup de cachir.
    Bientôt le Peuple valeureux et fier de son passé glorieux, pour avoir su et pu affronter et résister aux soldats français et harkis, retrouvera sa liberté malgré l oppression d un nouveau genre commise par des pseudo algériens, ….
    Comment peut on penser qu un algérien puisse se permettre de voler, de priver de liberté, de manquer de respect, de nuire, d agresser, de faire pleurer et de maltraiter un autre algérien si lui même se dit être algérien? Comment un algérien des qu il détient une once de pouvoir, l utilise pour agir tel un colonisateur français, ? Si ce n’est qu il n’est sûrement pas algérien.
    La lutte pour notre indépendance avait pour but non seulement de recouvrer notre liberté mais de vivre dans la fraternité et la solidarité. Or depuis 1962 nous vivons l enfer avec ces gouvernants marocains .
    Vive le Hirak et que Allah nous aide dans la reconquête de nos libertés. Amine.

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      Anonyme bazaf
      28 janvier 2020 - 10 h 49 min

      C’est ce qu’on appelle parler pour ne rien dire.

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        Sarrazin
        28 janvier 2020 - 19 h 12 min

        …tu trembles déjà? Alors retourne à Oujda et dans ta famille marocaine….bientôt le Hirak te répondra

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    Omazr Khayyem
    28 janvier 2020 - 9 h 26 min

    RENDRE au HIRAK du 22 février 2019 ce qui EST au HIRAK du 22 février 2019 son ACTION ÉMANCIPATRICE elle VOLONTARISTE VITALE VIVIFIANTE…VICTORIEUSE… SALUTAIRE elle est d’intérêt de SANTÉ PUBLIQUE
    Pour la métaphore les ALGÉRIENS sont en passe de RENVERSER la pyramide du pouvoir ne tenant plus sur son sommet déséquilibrée et CHANCELANTE elle finira par s’effondrer et se désintégrer…
    Hirakement votre

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    Anonyme bazaf
    28 janvier 2020 - 8 h 59 min

    C’est ce qu’on appelle parler pour ne rien dire.

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      Anonyme
      28 janvier 2020 - 11 h 03 min

      Non c’est ce qui s’appelle continuer à dire quand d’autres (dont toi) veulent pousser ceux qui ont à dire quelque chose au silence.
      Votre intimidation on s’en tape. Les articles se suivent contre Kamel Daoud et tous ceux qui paniquent à l’idée de voir un peuple algérien mature et affranchi des gourous. J’ai lu avec délice l’article coup de poing de madame Bouzidi, ai repris tous les autres de AP et celui d’aujourd’hui et les enverrais à tous les contacts possibles. Il faut se réveiller. Vos manigances de faire taire quand les gens parlent vrai nous gonflent. Nos oreilles veulent pas votre blabla. On s’en fiche complètement.

      Continuez M. Bekari ne lâchez pas écrivez. Faut plus se faire dicter les choses. Barakat. Ce qui se passe est quelque chose de bien pour nous tous.

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      Twentytwo
      28 janvier 2020 - 11 h 50 min

      Sinon Des foutaises

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