Fuites et erreurs

procès fuite des capitaux
Les procès de la vénalité et de la rapine se poursuivent. D. R.

Par Abderrahmane Mebtoul – L’Algérie a été destinataire de plusieurs rapports internationaux concernant la fuite des capitaux qui constitue une atteinte à la sécurité nationale. Ces sommes sont issues de diverses opérations liées à la corruption, l’évasion fiscale et aux opérations délictuelles réalisées en Algérie. Mais ces transferts illicites ne tiennent pas compte des différentes commissions versées à l’étranger par des groupes internationaux en échange de contrats publics ou de surfacturation de produits et services pour les opérateurs privés-publics, ni des sommes transférées légalement par les multinationales implantées en Algérie pour contourner les lois économiques et souvent placées dans des paradis fiscaux ou par l’achat d’immobilier à travers le monde sous des prête-noms.

Bien que la présomption d’innocence soit reconnue par la loi, l’image de l’Algérie est écornée avec tous ces noms d’Algériens souvent pointés dans la presse internationale pour malversation ou de biens détenus à l’étranger. Autre conséquence, une véritable crise de confiance entre l’Etat et le citoyen à qui on demande des sacrifices avec l’actuelle rigueur budgétaire qui s’est installée.

La lutte contre ce fléau qui menace la sécurité nationale passe forcément par une moralisation accrue, un renouveau du système d’information en temps réel et un véritable management stratégique lié à un véritable Etat de droit. Sans vision stratégique plane le risque d’un retour à une économie administrée où l’Etat voudrait tout contrôler bureaucratiquement, sans la mise en place de mécanismes économiques transparents, la délivrance des licences prévues dans les accords internationaux devant être transitoires et, surtout, ne souffrant d’aucune opacité ; faute de quoi, cela accentuera la méfiance, les transferts et la corruption.

Le problème qui se pose pour l’Algérie est donc beaucoup plus profond et interpelle toute la politique socio-économique du pays et son adaptation au nouveau monde – l’Algérie étant, par ailleurs, liée par bon nombre d’accords internationaux – afin de se prémunir de litiges inutiles et coûteux, tout en préservant ses intérêts propres. Il y a urgence de mécanismes de contrôle démocratiques – Parlement et implication de la société civile notamment.

On devra éviter des affirmations sans preuves, la création de plusieurs institutions de contrôle dépendantes de l’Exécutif – juge et partie – qui se neutralisent en fonction des rapports de forces. Ceci nécessite une coordination des différentes structures de contrôle, dont la Cour des comptes – comme dans les pays développés – est l’institution suprême.

Les montants des surfacturations se répercutent normalement sur les prix intérieurs – les taxes douanières se calculant sur la valeur du dinar au port surfacturé –, donc supportés par les consommateurs algériens. Les transferts de devises via les marchandises sont également encouragés par les subventions généralisées et mal ciblées, bien que celles-ci servent de tampon social, source de gaspillage car à l’origine des fuites des produits hors des frontières qui ne se combattent pas par des mesures bureaucratiques.

Enfin, la gestion administrative – flottement administré – du taux de change du dinar a intensifié les pratiques spéculatives ces dernières années par l’écart entre le taux de change officiel et le taux sur le marché parallèle. Ce qui a permis des opérations de transferts illicites de capitaux (voir article par ailleurs).

A. M.

Commentaires

    Belveder
    14 avril 2023 - 17 h 37 min

    C EST ce que je n ai pas arréte de répété LA présemption d innocence n existe pas e ALGERIE
    de HAUTS cadres civils et militaires ont été trainé dans la boue via une presse mercantile
    des faux dossiers ont été monté
    tout le monde accuse tout le monde de faire partie de la ISSABA 1 puis ISSABA 2
    le president TEBOUNNE n a cesse de faire des appels au calme

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