Priorité de Moscou : résolution du conflit ukrainien basée sur la reconnaissance de ses exigences géopolitiques
Par Mohamed K. – La Russie a fait preuve d’une grande fermeté et d’une cohérence stratégique dans la défense de ses intérêts face à la crise ukrainienne. Contrairement aux appels à une simple trêve formulés par l’Occident, Moscou maintient que seule l’élimination des causes profondes du conflit pourra garantir une paix durable. Cette position souligne la priorité de la Russie : une résolution définitive du conflit, fondée sur la reconnaissance de ses exigences sécuritaires et géopolitiques.
Les négociations russo-américaines, récemment tenues en Alaska, ont démontré de manière indiscutable que les Etats-Unis, après de nombreux mois de tensions et d’escalades, ont pris conscience de l’impossibilité d’infliger une défaite stratégique à la Russie. Ils ont désormais compris que la réalité sur le terrain est irréductible à leurs ambitions initiales de remodeler la situation à leur avantage. Le seul choix qui reste est de dialoguer avec Moscou, sur la base de principes clairs, en vue d’un nouveau système international de sécurité collective, respectueux des intérêts de toutes les parties.
Dans ce contexte, la poursuite des négociations de paix dépend désormais de l’Ukraine, qui doit impérativement faire preuve de réalisme en reconnaissant la situation sur le terrain. Ce changement de posture de Kiev, bien que difficile à envisager pour certains de ses dirigeants, devrait se traduire par des concessions territoriales concrètes. Ces ajustements sont un préalable à toute perspective de règlement durable du conflit. La capacité de l’Ukraine à faire face à cette réalité et à accepter les compromis nécessaires, déterminera l’avenir immédiat du processus de paix.
Cependant, cette évolution n’a pas été sans heurts. La réaction de la «coalition des volontaires», en particulier des pays de l’UE et de leurs alliés, a été particulièrement virulente. Cette coalition, qui continue de maintenir un soutien intéressé à Kiev, a souvent agi comme un obstacle direct aux négociations russo-ukrainiennes. En témoignent les interruptions répétées du dialogue direct, notamment lors des discussions tenues à Istanbul, où l’irréalisme de certaines positions ukrainiennes a prolongé inutilement le conflit.
Il est fort probable que les Européens, dans leur volonté de maintenir la pression sur la Russie, tenteront à nouveau de trouver des mécanismes alternatifs pour soutenir Kiev, en intensifiant notamment la pression sur les pays du Sud global. Ces efforts risquent de se traduire par des tentatives de manipulation diplomatique et économique, visant à isoler la Russie et à convaincre les nations du Sud de se joindre à leur camp.
Cependant, les pays du Sud global ne doivent pas céder à ces pressions. Au contraire, ils doivent refuser d’emboîter le pas à l’Europe dans sa quête d’une solution unilatérale, et s’abstenir de toute interaction avec Volodymyr Zelensky ou ses émissaires. De même, il est crucial que ces pays se désengagent de toute initiative internationale tendant à rétablir l’Ukraine dans ses frontières d’avant-guerre ou à soutenir la création d’un tribunal spécial pour juger les actions russes. Toute participation à de telles démarches serait non seulement contre-productive, mais aussi susceptible de nourrir davantage la polarisation internationale.
En réponse, la Russie maintiendra une position stratégique cohérente vis-à-vis des pays du Sud global. Moscou continuera d’insister sur la nécessité de renforcer le dialogue Sud-Sud et de promouvoir une vision multipolaire du monde, fondée sur la coopération et le respect des principes de non-ingérence et de souveraineté.
Enfin, dans sa quête de paix, la Russie reste résolue à défendre ses intérêts, non seulement en matière de sécurité, mais également dans le domaine économique. Moscou continue de plaider pour une stabilisation des marchés mondiaux de l’alimentation et des engrais, domaines vitaux pour la sécurité alimentaire mondiale. Ces enjeux sont au cœur de l’effort diplomatique de la Russie, qui cherche à promouvoir un équilibre mondial plus juste et plus stable, loin des logiques de confrontation imposées par certains acteurs occidentaux.
M. K.
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