Les redresseurs du FLN se démarquent des «soutiens» à Bouteflika

Le mouvement de redressement et d’authenticité du FLN se démarque des positions de soutiens à la candidature du président sortant, Abdelaziz Bouteflika. Dans une déclaration signée par le coordinateur du mouvement, Abdelkrim Abada, il est clairement demandé à la base du FLN de ne pas se fier aux appels lancés par «la direction fantoche» du parti et d’autres cercles de décision qui se bousculent actuellement pour se mettre au premier rang des soutiens à Bouteflika. Rappelant la crise qui secoue toujours le parti, les redresseurs, fidèles à leur combat pour la remise sur les rails du FLN et sa restitution aux militants authentiques, dénoncent et condamnent les actions et les propos de «ceux qui s’arrogent le droit de définir la ligne et l’orientation politique du parti durant cette élection présidentielle». «En l’absence d’une direction légitime et d’instances qui sont habilitées, au nom de la loi et des statuts, à décider d’une position commune par rapport à la présidentielle, nous ne pouvons pas adhérer aux décisions annoncées et imposées par des individus qui ne représentent pas la base militante», souligne le mouvement de redressement, dénonçant par la même «les agissements douteux» de certains cadres qui sont contraires aux valeurs et principes fondateurs du parti du FLN. Les redresseurs appellent ainsi les militants à rester vigilants et à suivre ce que leur conscience et leurs convictions leur dictent dans ce contexte où le parti vit une profonde crise. Le mouvement dirigé par Abdelkrim Abada refuse ainsi de soutenir tel ou tel candidat et estime que personne n’a le droit de parler au nom de la base militante ou de lui dicter la marche à suivre. Ainsi, les redresseurs se démarquent clairement du secrétaire général contesté du FLN, Amar Saïdani, qui mène depuis des mois campagne pour le 4e mandat, considérant que son intronisation le 29 août dernier à la tête du parti a été contraire à la loi, aux statuts et à la volonté des membres du Comité central. Les redresseurs prennent également leur distance avec Abderrahmane Belayat, ex-coordinateur du bureau politique, qui, de son côté, se démène pour faire campagne au profit du président-candidat. Cette sortie du groupe de Abada prouve encore une fois que le FLN est plus que jamais divisé et que sa base militante échappe à tout contrôle. Une partie va assurément donner ses voix pour le président sortant et l’autre pour le candidat Ali Benflis, deux militants du FLN. D’autres vont peut-être voter pour Abdelaziz Belaïd, ancien militant du parti, aujourd’hui candidat de son nouveau parti, le Front El-Moustakbal.
Sonia B.
 

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