Fraude aux législatives : Bouteflika met en garde l’administration

Une source proche de la présidence de la République a affirmé à «algeriepatriotique» que le président Bouteflika a donné des «instructions fermes» pour que les élections législatives du 10 mai ne soient entachées d’aucune irrégularité et que des «sanctions sévères» soient prises à l’encontre de tous ceux qui s’adonneraient à la fraude. Notre source précise que Bouteflika vise surtout les commis de l’Etat qui, au sein de l’administration locale, pourraient vouloir truquer le vote en faveur d’un candidat ou d’un parti quelconque. La même source révèle, par ailleurs, qu’au sommet de l’Etat, on appréhende sérieusement les risques d’un boycott massif des électeurs, notamment après la piètre prestation de la majeure partie des candidats et de leurs formations politiques. Pour tenter de sauver les meubles, le Président se déplacera à Sétif dans les tout prochains jours pour y prononcer un discours dans lequel il exhortera les Algériens à «aller voter en masse» le 10 mai pour «marquer un tournant historique». Beaucoup d’observateurs reprochent au président de la République de ne pas s’être suffisamment impliqué pour sauver la prochaine échéance d’un échec annoncé. Ces mêmes observateurs sont d’autant plus étonnés par cette absence d’engagement de Bouteflika que ce dernier se dit lui-même indépendant de tout parti politique, jusques et y compris le FLN ; étonnement aussi parce que tous les indices démontrent que, malgré la multiplication des manifestations et des grèves, les citoyens ne nourrissent aucune animosité envers le chef de l’Etat et qu’ils sont plutôt remontés contre le gouvernement qu’ils accusent de mauvaise gestion et le Parlement qu’ils qualifient de «machine à sous» pour des députés qui «ne représentent qu’eux-mêmes». Interrogée sur les mesures qui pourraient être prises en haut lieu dans le cas d’une faible participation au vote, notre source précise que les autorités politiques préfèrent évacuer cette éventualité, bien qu’elle soit probable, et se fixer sur les efforts à fournir pour «rattraper le coup» avant le jour J. La prochaine sortie de Bouteflika est considérée comme la dernière carte avant le coup de starter du 10 mai prochain.
Sarah L.
 

Commentaires

    Anonym
    6 mai 2012 - 9 h 22 min

    :Nous pensons qu’il faut
    :Nous pensons qu’il faut changer ce régime qui sévit depuis 50 ans en Algérie, et cela passe par un boycott des élections législatives algériennes qui ne s’annoncent ni propres, ni honnêtes. S’engager dans cette supercherie électorale équivaut à servir d’alibi démocratique à ce système, et revient à lui permettre de se pérenniser alors que son bilan est catastrophique. Surtout, cela reviendrait à renier nos valeurs et à trahir le peuple algérien qui traverse une grave crise morale, politique et sociale. Nous avons également décidé de boycotter ces élections à cause de la conjoncture régionale et internationale, qui a vu des pays voisins parvenir à renverser des dictatures réputées inamovibles. Or le pouvoir algérien est de la même nature, la différence notable avec les régimes qui sont tombés est l’importance considérable de la manne financière dont il dispose et le nombre conséquent des bénéficiaires de sa politique clientéliste, tandis qu’en Tunisie, une seule famille, celle de Ben Ali en profitait.
     




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