Le FLN : parti majoritaire à l’APN, minoritaire dans le pays

Beaucoup a été dit sur la victoire du FLN aux élections législatives, notamment le fait que les voix qu’il a obtenues étaient, en fait, destinées à son président d’honneur, le chef de l’Etat. D’où le point de vue récurrent qui en déduit que ce score ne reflète pas l'ancrage du parti dans la société. En réalité, le score, trompeur en lui-même, traduit la position qu’a toujours occupée le FLN, aussi bien comme parti unique que dans un échiquier politique pluraliste. Majoritaire à l’Assemblée populaire nationale, avec 221 sièges, il est minoritaire dans la société, en pourcentage de voix par rapport au nombre d’électeurs inscrits. Dans ce sens, le score du FLN reflète son ancrage réel dans la société. Il a bénéficié, comme l’ont noté nombre d’observateurs, de la discipline de ses électeurs traditionnels qui se sont mobilisés et lui ont donné leurs suffrages. Un autre fait devrait amener Belkhadem à modérer les conclusions qu’il tire de ce scrutin : la mobilisation de l’électorat FLN n’est pas le fruit de ses meetings durant la campagne ni de l’image que ce parti renvoie dans la société. D’une part, il n’y avait pas foule pour écouter ses discours pré-électoraux ; cela concerne, il est vrai, tous les partis qui avaient des candidats. D’autre part, pendant des mois, le FLN a présenté à l’opinion publique le spectacle d’un parti déchiré par les luttes intestines, les protagonistes de cette bataille de leadership entre clans opposés en venant très souvent aux mains. Et ce n’est pas fini. Ceux que l’on appelle les redresseurs ont relancé leur guerre contre Belkhadem comme si le résultat du FLN qu’il dirige n’a rien changé au rapport de forces, les élections, à leurs yeux, n’étant qu’une simple parenthèse maintenant fermée. De son côté, Belkhadem veut ignorer ses opposants, fort de ce qu’il considère comme un avantage acquis à travers l’épreuve électorale. Prochain épisode de cette lutte farouche : le 19 mai, date fixée par les redresseurs pour réunir leurs partisans et relancer l’offensive contre un secrétaire général à qui ils dénient ce titre. Pour sa part, Belkhadem ne semble pas pressé : il s’est donné un mois pour préparer la session ordinaire du comité central qu’il a convoqué pour les 14 et 15 juin. Mais là encore, ce ne sera qu’une affaire entre le FLN et… le FLN.
Lazhar Houari

Commentaires

    Maysar
    16 mai 2012 - 10 h 57 min

    Belkhadem vit ses derniers
    Belkhadem vit ses derniers jours à la tête du FLN qui sera récupéré par un fidèle de Boutef pour le compte de son frère Said qui se prépare pour les présidentielles de 2014!




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