Un habitant de Belcourt relate à Algeriepatriotique les circonstances de l’effondrement de l’immeuble

Le sinistre a eu lieu à la rue Mohamed Belouizdad. Le bâtiment a déjà été fragilisé en 2003 à cause de sauvages travaux de démolition. En effet, l'immeuble limitrophe jugé dangereux après le séisme a été détruit par une société dont le nom n'a pas été communiqué par l'APC de Belcourt. Société engagée par la ville d'Alger. Une partie de la toiture de l'immeuble a été emportée. Le dernier étage a été laissé pendant 6 mois en l'état, sous les intempéries. Aucune réaction de l'APC pendant cette période alors que des enfants habitaient l'aile non dégradée. Après une bataille kafkaïenne, la ville d'Alger a envoyé un artisan pour raccommoder les lieux. Pas de réel travail de consolidation. Pas un sou d’indemnisation pour la famille concernée, malgré le fameux portefeuille que le président de la République avait promis aux sinistrés en 2003.
En juillet 2012, un propriétaire anonyme a commencé les travaux sans signalisation ni périmètre de sécurité dans le terrain laissé vacant. Le service de l'urbanisme de l'APC en visite le 15 juillet 2012 a assuré qu'il n'y avait aucun risque car les techniciens avaient effectué les études nécessaires (à distance puisqu'ils n'ont jamais visité les appartements). Ils ont cependant promis de suspendre les travaux jusqu'à ce que le chef de chantier se conforme à la loi, en affichant une signalisation des travaux et en installant un périmètre de sécurité. Ils ont promis d'envoyer leur technicien superviser les travaux. En effet, le chef de chantier avait commencé des travaux de décapage alors qu'il avait l'autorisation de déblayer seulement. C'est ce qu'on nous a dit.
Début du Ramadhan, les travaux reprennent de plus belle jusqu'à 2h du matin. Les plaintes du voisinage n'ont rien changé, sous prétexte de mois de Carême.
Quelques jours avant le sinistre, les ouvriers ont travaillé jusqu'à l'aube, creusant jusqu'à tomber sur de l’eau. Ils ont alors arrêté les travaux et abandonné le trou béant à ciel ouvert sans, bien évidemment, aucune sécurisation.
Le 1er août 2012, au matin, une jeune femme habitant le 3e étage a essayé de quitter la galerie où se trouvait stationnée sa voiture, mais le portail (une imposante masse de bois d’environ 2 mètres de haut) n'a pas voulu s'ouvrir. La première fois en 32 ans d'existence. Un jeune du quartier a usé de toutes ses forces pour l'aider à l'ouvrir. Informé de l'incident qui indiquait que l'immeuble avait bougé, un autre membre de la famille est allé prévenir l'APC et demander qu'on vienne vérifier la sécurité des lieux. Il a expliqué toute la situation à «l'expert» de l'APC : le portail qui ne s'ouvre plus, l'apparition de fissures, le trou béant et la peur que les fondations de l'immeuble soient touchées. Ce dernier l'a rassuré en lui disant : «J'ai vu des fissures bien plus importantes et les immeubles ont tenu.» Interrogé sur la nécessité d'évacuer la famille, notre «expert» a répondu que ce n'était pas nécessaire. La nuit, à 3h du matin (et non pas au s’hour), un bruit de craquement réveille les deux personnes restées dans l'immeuble, suivi d'une chute et d'une épaisse poussière noire. Paniquée, la jeune femme appelle au secours. Les voisins appellent la Protection civile. Un jeune homme du quartier court les aider à quitter l'immeuble, les pompiers sont ensuite arrivés et les ont évacuées. Je salue le courage de ce jeune homme dont j'aimerai connaître le nom et notre Protection civile qui est la seule à pouvoir clamer haut et fort «mina al a’chaâb oua ila’chaâb». Je salue leur abnégation. Une histoire identique a eu lieu au boulevard Nacéra Nounou, en octobre 2010. Une vieille dame en est décédée et 8 familles se sont retrouvées sans abri. Cette tragédie a été rappelée à l'employé du service de l'urbanisme qui a répondu que les travaux s'effectuaient de nuit et illégalement.
Ne croyez pas que l’immeuble était vétuste ou dégradé. C'était une belle construction, d'une admirable architecture réalisée par des maîtres en la matière, un bel immeuble et de beaux appartements, qui auraient dû être préservés pour le patrimoine national. Mais ça ne marche pas comme cela ! Dieu merci, la famille a échappé au pire ! J'espère que les coupables paieront pour leur négligence afin que de nouveaux drames soient évités. Si l’effondrement avait eu lieu dans la journée, une tragédie aurait eu lieu. Une école se trouve au second étage, des personnes empruntent régulièrement la galerie et de petits enfants jouent d'habitude dans l'aile effondrée.
J'aime mon pays et je souffre de ce qu'il est devenu. J'ai honte à chaque fois qu'on me dit «vous avez eu votre indépendance, qu'en avez-vous fait ?». La meilleure forme de patriotisme est de dire la vérité et de la défendre, de promouvoir la justice aussi. Belcourt est devenu une ruine ; il ne manque que la peste et la lèpre pour que nous revenions 1 000 ans en arrière.
Un habitant de Belcourt
N. B. : personne n'a parlé de compensations. On parle d'enquête, alors que le service de l'urbanisme a prétendu que l'étude du terrain a été réalisé par des experts.

 

Comment (2)

    Anonyme
    5 août 2012 - 2 h 48 min

    Juste une précision, ce n’est
    Juste une précision, ce n’est pas l’effondrement de l’immeuble, mais d’une partie de l’immeuble.
    Cela est important pour rappeler à tout les spéculateur qui laisse croire que l’état de l’immeuble était en dégradation avancée. Il a était fragiliser par les travaux (on a creuser plus qu’il en faut .ce qui provoquer un glissement). Conclusion, c’est les travaux qui ont causer tout ce degat, avec la complicité de l’APC.




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    Anonyme
    4 août 2012 - 10 h 44 min

    Bonjour,
    Merci pour avoir

    Bonjour,
    Merci pour avoir publié mon intervention.
    Je voudrai juste rectifier la date de la rencontre avec les gens de l’APC, c’était le 16 juillet et non pas le 15 juillet comme je l’ai marqué.

    Si des internautes ont des idées pour aider les gens victimes de ce désastre qu’ils n’hésitent pas à m’en faire part. L’APC n’a pas bronché et ne s’est pas soucié de reloger les victimes ni de les aider à récupérer leurs biens.




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