Les travailleurs du filet social réclament un emploi décent

Des représentants des travailleurs recrutés dans le cadre du pré-emploi et du filet social ont observé, aujourd’hui à Alger, un sit-in pour réclamer leur droit à un emploi décent. Ils étaient une vingtaine de membres du Comité national des bénéficiaires des contrats de pré-emploi à se rassembler devant la maison de la presse Tahar-Djaout pour dénoncer la situation intenable des quelque 600 000 employés qui vivent depuis six ans dans la précarité. Les manifestants brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Du travail pour tous», «Nous demandons l’intégration» ou encore «Où sont les 3 millions d’emplois promis par le Président ?». Affiliés au Syndicat national autonome des professionnels de l’administration (Snapap), ces syndicalistes refusent cette situation. «C’est le provisoire qui dure. Ils nous bassinent depuis des années, nous faisant miroiter des postes permanents. Y en a marre ! Nous refusons de servir de béquilles à une administration en manque de personnel», lâche l’un des manifestants qui regrette que «les travailleurs recrutés dans le cadre du pré-emploi s’acquittent quotidiennement de tâches permanentes sans en avoir le statut». Les bénéficiaires des contrats du pré-emploi sont dans leur grande majorité détenteurs de diplômes universitaires (médecins, vétérinaires, ingénieurs, licenciés, techniciens…). «Il s’est avéré que ces dispositifs d’aide sont en totale contradiction avec les normes de l’emploi, maintenant les jeunes dans une précarité qui ne leur permet aucunement d’envisager leur avenir. Cette politique a été mise en place exclusivement pour absorber le chômage des jeunes diplômés et éviter un "printemps arabe" en Algérie. Ce type de contrat a montré ses limites en France où les jeunes ont protesté violemment pour les faire annuler définitivement», souligne un des manifestants dans une déclaration à Algeriepatriotique. Les bénéficiaires de ces dispositifs perçoivent un salaire dérisoire allant de 6 000 à 15 000 DA, avec des retards, et sans ouvrir, cependant, au droit à la retraite. «Cette politique d’emploi fait obstacle aux jeunes diplômés et ouvre la porte aux fuites des compétences, confirmée par les 8 000 demandes de visa d’études pour l’Amérique et les 12 000 pour la France», précise notre interlocuteur. Pour les manifestants, ces mesures de «colmatage» ont prouvé leur échec. «Pour toutes ces raisons, nous rejetons fermement cette politique en continuant notre combat à travers des actions de protestation pacifiques», affirme-t-il. Une marche est prévue pour le mois prochain à Alger.
Sonia B.

Commentaires

    Bessekrî
    1 février 2017 - 22 h 36 min

    Confirmation recrutement.
    Confirmation recrutement. Intégration pour. Une demie retraite

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