Une histoire de bras

Depuis son bras d’honneur, Gérard Longuet s’est fait trois nouveaux bras droits : Gilbert Collard, Marine Le Pen et Eric Zemmour. Le premier, homme de loi sans foi, fait les beaux bras et se jette à bras ouverts dans les bras de l’extrême droite à la patronne duquel il donne du «Madame Le Pen !» gros comme le bras. La seconde, fille d’un ancien de la Guerre d’Algérie mutilé de l’œil gauche par le bras armé du FLN, grande-gueule jouant les gros bras, a le bras long dont elle ne sait que faire et se sert de celui de son père pour glaner deux strapontins à l’Assemblée. Le troisième, guignol de l’info à ses heures perdues, est le bras d’une manivelle qu’on actionne pour débiter des âneries à tour de bras. Le mouvement du bras de l’homme politique français et la réaction pavlovienne de ses trois compatriotes, qui ont levé haut le bras pour le défendre, montre qu’il ne faut jamais s’appuyer sur le bras de ceux-là mêmes qui, il n’y a pas si longtemps, jetaient leur bras autour du coup d’un certain Kadhafi pour lui refiler des Rafales invendables, avant de lui couper bras et jambe pour n’avoir pas voulu s’encombrer d’avions de guerre onéreux et inefficaces. Faut-il encore faire confiance à ces figures d’un pays qui, à ce jour, étend ses bras colonisateurs sur des terres qui ne sont pas siennes et dont l’âme des autochtones se meurt dans les bras de celle qui leur fait miroiter le progrès en les aveuglant par l’aliénation culturelle ? En nous gratifiant de son geste frivole, c’est en réalité le bras droit qui répond au bras gauche de cette France où la scène politique est engorgée par une racaille de droite et d’extrême droite tombant dans les bras l'une de l'autre. Une racaille au bras sauf mais à l’honneur amputé.
M. Aït Amara

Commentaires

    Docteur Farouk HAMZA
    6 novembre 2012 - 12 h 37 min

    J’ai apprécié votre écrit où
    J’ai apprécié votre écrit où vous m’avez réellement épaté en jonglant avec  » les bras « . Vous m’avez rappelé le regretté Raymond Devos, car je suis un grand amoureux de la langue française. Noblesse oblige ! Vous avez su vous élever au dessus de cette désastreuse condition humaine qui se singularise souvent à notre époque par sa bêtise, l’absence de sagesse et de retenue. J’ai aimé le côté dérision et comique dans la description de ces gestes venant de hautes personnalités françaises, toujours nostalgiques et prisonniers d’un passé condamné par l’Histoire. Vous avez, Cher Monsieur AIT AMARA, par ce jeu de mots, cher à Devos, mis en évidence le ridicule de ces mouvements spontanés de ces  » petits français  » gavés et conditionné par le système colonial et néo colonial dont ils ne s’en peuvent ni s’en dépêtrer, ni se libérer. L’ironie du sort, c’est qu’ils sont dans l’inaptitude pathologique à pouvoir reconnaître la victoire des Algériens et la souveraineté de notre pays. Ils sont tellement malheureux qu’ils délirent continuellement sans arrêt et votre article pourrait être une très bonne comédie où l’ironie, comme le faisait jadis le grand Molière au XVIIème siècle, dénoncerait les travers de notre époque.
    Tous mes compliments. Bravo !




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