Aveuglé par le pouvoir ?

La tentation de prendre son rêve pour la réalité en minimisant le danger islamiste en Algérie a joué bien des tours aux démocrates avec, dans la pire des évolutions, le drame qu’a connu notre pays dans les années 1990. Personne, parmi les Algériens qui en ont été les victimes de façon massive, ne peut oublier cette période. On comprend mal la hâte du leader du MPA, Amara Benyounès, à enterrer l’islamisme. Homme politique aux convictions démocratiques et modernistes indéniables, il est censé être très vigilant sur les dangers qui menacent l’Algérie de ce côté. «Les partis islamistes ont échoué.» C’est aller vite en besogne, quand on sait que leurs représentants siègent au gouvernement, dont lui-même fait partie, et à des postes importants. Ils y sont, maintenant, depuis longtemps et rien n’indique qu’ils risquent de perdre cette position. Autre affirmation discutable : «Les Algériens à travers ces élections sont sortis de la période islamiste.» Il y a là une sous-estimation de l’abstention qui a été, pourtant, très lourde, c’est même le seul aspect de l’élection qui ne fait aucun doute. Les chiffres officiels – bien que sujets à caution à cause des pratiques électorales peu crédibles qui ont marqué l’histoire du pays – le montrent bien. Dans la capitale, trois électeurs sur quatre, c’est énorme, selon, faut-il insister, les chiffres officiels, ont boycotté les élections. Qui sont ces citoyens qui ont choisi de ne pas entrer dans le système électoral (ou d’en sortir) ? Enfin, le pas est vite est franchi : «Nous sommes dans une période de post-islamisme.» Heureusement, Ahmed Merani, ancien dirigeant du FIS, puis dissident et ensuite ministre éphémère, a encore une bonne mémoire. Il vient de rappeler comment les islamistes ont failli réussir à exploiter la situation d’après octobre 1988, alors qu’auparavant, en apparence, ils n’avaient pas d’influence sur la société et ne s’occupaient que de prédication. En apparence, comme aujourd’hui.
Cherif Brahmi
 

Comment (3)

    Mansour
    6 décembre 2012 - 7 h 06 min

    Il est heureux de constater
    Il est heureux de constater que l’islamisme ou islam politique a été fortement affaibli surtout par ses méfaits qu’il a commis vis-a-vis des populations qui ont cru en lui à ses débuts.Mais il est sorti par la porte et reviens par la fenêtre car il sert de gros intérêts mafieux que la transparence d’un régime démocratique va dévoiler sans aucun doute.Tous ces rentiers mafieux ont besoin de l’islamisme pour s’adonner à la rapine.




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    Tripode
    5 décembre 2012 - 20 h 18 min

    Il va vite en besogne.
    Il va vite en besogne. L’islamisme est toujours ancré dans le fin fond des coeurs des islamistes. C’est une idée fixe et une croyance tenace.
    Il ne disparaitra qu’avec la pratique du pouvoir qu’il aura à vivre.
    Le discrédit d’en nahda en Tunisie et des frères en Egypte ne viendra que dans la pratique du pouvoir. A condition que ces peuples aient l’occasion de pouvoir les sanctionner par les urnes si l’occasion leur est offerte de nouveau , ce qui n’est pas très sur. Alors régression féconde ou corruption permanente ? On en sait rien…..




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    Maysar
    5 décembre 2012 - 20 h 17 min

    Amara Ben younes est une
    Amara Ben younes est une girouette aux mains d’un cercle du pouvoir qui lui fait dire ce qu’il veut ! Comment a t-il fait lui sans relief et sans consistance pour devenir en l’espace de 6 mois la force politique qu’il prétend être alors que des partis comme le FFS et le RCD qui ont un riche passé militant , des structures bien rôdées et des leaders charismatiques sont loin dérrière ? C’est bien qu’un gros coup de main lui a été donné en haut lieu !




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