Nahnah à Benhadj : «Je n’adhère pas un parti dirigé par des gamins»

Membre influent du FIS à sa création, puis, très vite, dissident de ce parti avant de devenir ministre pour quelques mois dans le gouvernement Ghozali, en 1992, Ahmed Merani sort de son silence pour livrer ses «souvenirs» dans un entretien accordé au quotidien arabophone Echourouk. Il révèle l’appréciation très dure de Nahnah à l’égard d’Ali Benhadj qu’il a qualifié de gamin. «Je ne m’associe pas à un parti dirigé par des gamins», a-t-il dit à propos du FIS quand ce parti fut créé. Nahnah s’attellera à fonder l’association El-Islah oua El-Irchad devenu Hamas ensuite. Pour Ahmed Merani, le soulèvement d’octobre 1988 n’avait rien de spontané. Il rappelle comment les islamistes, qui ne s’occupaient que de prédication jusque-là et avaient peu d’impact sur la société, ont pris, sans tarder, le train en marche lors de ces événements. Sur ces péripéties, Ahmed Merani n’apporte pas de choses nouvelles, il confirme la version déjà donnée par le général Nezzar. Ali Belhadj avait appelé à la marche à partir de Belcourt alors qu’Abassi Madani jugeait le moment opportun pour la désobéissance civile et avait préparé, dans ce sens, une déclaration en 14 points qui ressemblait à une déclaration de guerre qu’il a lue à la mosquée au cours de la prière du vendredi malgré les mises en garde des autorités, fait remarquer Ahmed Merani. Cheikh Sahnoun, pour sa part, avait demandé à Ali Benhadj de rester calme, mais dès cet instant, les fondateurs du FIS avaient adopté la méthode violente pour leur action politique. Ahmed Merani a comparé la tendance djaz’ara, qui dominait dans le FIS, à un cancer qui s’infiltre en silence dans les cellules et ronge le corps de l’intérieur. L’infiltration puis l’implosion, c’est ce que les membres de cette aile la plus influente du FIS ont tenté de faire avec les groupes terroristes pour les maîtriser en croyant que l’Etat allait tomber, mais le GIA a ordonné leur élimination dans les maquis. Les djaz’aristes du FIS ne cherchaient pas à recruter massivement pour avoir une base populaire. Leur but était d’avoir des points d’appui dans les universités, les mosquées, les entreprises, à travers un travail élitiste, pour faire émerger des cadres en mesure de manipuler les gens au nom de l’islam et de les mobiliser. Ahmed Merani ne manque pas de souligner que la djaz'ara avait une direction cohérente qui lui permettait d’appliquer les décisions qu'elle prenait.
Kamel Moulfi
 

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