Tunisie : la CGTT accuse le gouvernement Ennahda de discrimination

Dans un communiqué adressé à notre rédaction, la Confédération générale tunisienne de travail (CGTT) s’insurge contre l'exclusion des représentants des travailleurs des discussions sur le pacte social. Pour rappel, le gouvernement tunisien a annoncé la signature d'un «pacte social» pour le 14 janvier 2013, à l'occasion de la commémoration du 2e anniversaire de la révolution du Jasmin. Selon la CGTT, il n'y a eu aucune négociation publique entre les représentants du gouvernement et de ceux de l'UGTT et de l'Utica avant la conclusion de ce pacte ; elle qualifie cette démarche «d'identique» à celles qui ont précédé d'autres contrats par le passé. «On continue, ainsi, à vouloir imposer l'unicité syndicale, à ignorer le pluralisme syndical et à priver des dizaines de milliers de travailleurs de leur droit de se faire représenter dans les négociations sociales», indique le secrétaire général de la CGTT, Habib Guiza. Ce dernier s'est étonné que les «acteurs» de ce pacte «agissent» sous les ordres du «schéma ancien» qui suit la logique du couple «parti unique/syndicat unique», l'un des fondements, selon lui, du régime despotique balayé le 14 janvier 2011. Le SG de la CGTT a estimé que cet accord aurait pu constituer un «événement» majeur dans l'histoire sociale du pays s'il avait été conclu dans le but d'en faire un instrument de réalisation des objectifs de la révolution, ou pour la consécration de garanties pour les travailleurs au niveau de leurs droits et de leurs aspirations, seulement, a-t-il ajouté, «il n'en fut rien». Considérant que ce pacte ne peut «s'ériger en pacte social» et que c'est un accord conclu entre certains partenaires sociaux qui «n'engagent qu'eux-mêmes», la CGTT rappelle qu'une plainte a été déposée auprès de l'Organisation internationale du travail et une autre auprès du Tribunal administratif tunisien. «La CGTT rejette toute tentative d'exclusion ou de discrimination quant au droit de toutes les organisations syndicales, celles des travailleurs comme celles des employeurs, de participer aux négociations sociales à tous les niveaux de la négociation», conclut le communiqué.
Mohamed El-Ghazi
 

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