Sans-papiers : Valls interpellé par près de cent associations

L’élan de solidarité s’élargit autour des sans-papiers en grève de la faim à Lille. Majoritairement de nationalité algérienne, ces grévistes reçoivent le soutien d’une centaine d’associations. Dans une déclaration rendue publique aujourd’hui, ces associations demandent au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, de régulariser rapidement les sans-papiers grévistes. «Nés dans la lutte de solidarité avec les sans-papiers grévistes de la faim de Lille, le mouvement "Faut-il mourir pour avoir des papiers ?" lance aujourd'hui un message clair : "La lutte continue !"», lit-on dans cette déclaration. «Des militants des comités de sans-papiers de la région parisienne sont actuellement place des Saussaies, dans le 8e arrondissement de Paris, sous les fenêtres du ministre de l'Intérieur, avec des slogans», ajoute-t-on dans cette déclaration. «Nous serons vigilants à la régularisation réelle des grévistes de la faim de Lille par la préfecture du Nord, nous continuerons à nous mobiliser pour le retour d'Azzedine et d'Ahmed, expulsés en catimini par MM. Valls et Bur au 59e jour de leur grève de la faim, nous nous attaquerons à la racine du mal : la circulaire Valls du 28 novembre 2012 et toutes les lois et circulaires racistes antérieures», poursuit-on. Les grévistes de la faim ont suspendu leur grève après soixante-treize jours pour des raisons de santé et de climat. Les grévistes doivent tous faire un bilan de santé demain.
Sonia B.
 

Commentaires

    LIBRE
    15 janvier 2013 - 8 h 58 min

    Lettre ouverte  à son
    Lettre ouverte  à son excellence

    Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA,
    Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire.

    Monsieur le Président,
    Par cette présente lettre, nous algériens du Nord Pas De Calais nous nous adressons à vous pour exprimer toute notre indignation face à l’expulsion de deux de nos concitoyens algériens, ce dimanche 29 décembre 2012, par l’Etat Français, dans un état de santé lamentable, dont un a été hospitalisé dès son arrivée à l’aéroport Houari Boumediene.

    Monsieur le Président,
    Il est à souligné que ce n’est pas la première fois qu’un algérien est expulsé des pays de l’Union Européenne et notamment de France, la différence aujourd’hui réside dans cet acharnement politique dont a été victime nos deux jeunes algériens : Ahmed.B et Azeddine.B.
    En tant qu’algérien-ne-s résidant en France, nous ne pouvons nous taire face à cette atteinte de la dignité humaine et algérienne en l’occurrence. Certes nos deux concitoyens étaient sans papiers mais ce sont des humains et le traitement qui leur a été réservé était indigne du pays berceau des droits de l’homme et inconcevable après la visite récente du président François Hollande en Algérie, le 19 et 20 décembre 2012.

    Seulement après 10 jours de sa venue, nos deux concitoyens algériens ont été expulsés dans des circonstances qui portent atteinte à la dignité humaine.
    · Comment se taire après avoir vu deux frères au bord de l’abime, suite à une grève de la faim de presque deux mois pour régulariser leurs situations administratives ?
    · Comment se taire quand on sait que nos deux frères ont été arrêtés, dans une église à Lille occupée par 81 personnes ? Après un contrôle d’identité, 6 autres personnes ont été arrêtées et amenées à la PAF (Police de l’Air et des Frontières). Au centre de rétention, seuls les deux concitoyens algériens ont été placés.
    Comment se taire quand on sait que parmi les 81 personnes occupant l’église, certains ont déjà fait objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) mais sans faire l’objet d’arrestation dans cette occupation pacifique?
    · Comment se taire après avoir vu deux frères, arrivés au tribunal administrative, dans un état d’asthénie générale, de fatigue de guerre, d’abasie et l’un deux avec un pot à la main pour vomir ses boyaux ?
    · Comment se taire quand les larmes de l’un d’entre eux ont inondé le sol du Tribunal de Grande Instance de Lille ?
    · Comment se taire après avoir vu un des deux frères gisait par terre sur le sol du Tribunal de Grande Instance de Lille et subir l’indifférence?
    · Comment se taire après avoir vu un des frères encore plus malade que la veille amené sur une chaise roulante à la Cour d’Appel de Douai au lieu d’être à l’hôpital?
    · Comment se taire quand on sait que la juge de la cour d’appel de Douai a annoncé les délibérations dans une quinzaine de minutes et ne revient qu’après au moins quatre heures ?
    · Comment se taire quand la juge de la cour d’Appel de Douai préconise une consultation médicale vu l’état de santé de nos deux frères et qu’après expulsion, l’un d’entre eux est hospitalisé en Algérie ?
    · Comment se taire quand le dossier de la personne expulsée pouvait bénéficier d’une régularisation au regard de la circulaire du 28 novembre 2012, soit par le travail soit par les attaches familiales et personnelles ici en France ?
    L’un d’entre eux avait un contrat de travail (formulaire CERFA n°13653*03 et n°13662*05 dans le dossier) et l’employeur avait certifié devant le juge qu’il le recrutera dès que la situation administrative est régularisée. Concernant le deuxième concitoyen, il avait la possibilité de trouver un contrat de travail.
    · Comment se taire quand on sait que les billets d’avion ont été achetés le 28 décembre 2012, auprès de la compagnie Air France, avant même de savoir quel sort réserveront les tribunaux français à la situation de nos deux frères ?
    · Comment se taire quand un membre du consulat d’Algérie de Lille, arrivé au centre de rétention de Lesquin à 8h30, au lieu d’exiger l’hospitalisation immédiate d’un concitoyen algérien qui n’arrivait même pas à lui parler normalement vu son état de santé, se précipite pour signer un laisser passer?
    · Comment se taire quand on sait que pour les expulser, nos deux frères ont été attachés et l’un deux la
    bouche bâillonnée avec du scotch large ?  
    Les deux grévistes de la faim font le récit suivant : « ils sont réveillés à 3h du matin, sont menottés,
    amenés dans deux voitures, sont placés dans la zone 2F de la PAF, ils sont montés les premiers en
    zone 2E dans le vol Air France/KLM de 7h30 pour Alger, accompagnés de trois policiers. Dès la
    montée des premiers passagers, ils crient pour attirer l’attention des passagers, ils sont scotchés, puis
    bâillonnés et ligotés avec du gros scotch ».

    Monsieur le Président,

    Le président François Hollande a déclaré lors de sa récente visite en Algérie que : « Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal. Ce système a un nom : c’est la colonisation.. La vérité, elle n’abîme pas, elle répare. Elle ne divise pas, elle rassemble. Alors, l’histoire, même quand elle est tragique, douloureuse, doit être dite…Rien ne se construit dans la dissimulation, l’oubli ou le déni »

    Monsieur le Président,
    Monsieur Le Président François Hollande ne peut évoquer la brutalité et l’injustice du colonialisme, juger que la vérité répare et rassemble, et au même temps tolérer cet acharnement politique et l’expulsion indigne de nos deux concitoyens algériens en dépit de la décision de libération du Tribunal de Grande Instance de Lille et de la préconisation de consultation médicale avant l’expulsion par la juge de la cour d’appel de Douai.

    Monsieur le Président,
    Nous avons quitté notre pays pour de multiples et diverses raisons, souvent ce n’était pas un choix, mais nous ne pouvons tolérer et accepter un accueil ou un traitement indigne de l’humain et notamment de l’algérien que nous sommes.

    Dans le discours de Monsieur Le Président François Hollande, il évoque aussi les échanges économiques et universitaires entre la France et l’Algérie en promettant d’ « accueillir mieux » les algériens demandant des visas.
    Est-ce ainsi qu’entend mieux accueillir les algériens Monsieur François Hollande ? C’est dans cet esprit de vérité, de la brutalité vécue face à ce système d’expulsions indigne, que nous nous adressons à vous,

    Monsieur le Président.
    En tant que Président de la République Algérienne Démocratique et populaire, je crois en votre capacité à pouvoir stopper ce dénigrement au quotidien de l’algérien et de l’étranger au général, en France, rien que dans le but de satisfaire les idées lepénistes fascisantes qui d’années en années trouvent répondant au sein même de l’Etat.
    Est-ce parce que le Front National, par le biais de Florian Philippot, était scandalisé par le propos «accueillir mieux les algériens demandant des visas » de Monsieur Le Président Hollande, que l’expulsion de nos deux concitoyens vise réconforter ce parti et prouver le non laxisme de l’Etat face à l’immigration irrégulière ?

    Mieux accueillir ce n’est pas l’embarquement dans des conditions ignobles et inhumaines! La dignité ça ne se négocie pas.  Le fameux « partenariat d’égal à égal » revendiqué par François Hollande lors de sa récente visite en Algérie révèle-t-il une certaine vision de l’égalité : celle du colon ?

    Au nom de nos martyres qui sont morts pour l’indépendance de l’Algérie et de la dignité de l’algérien-n-e où qu’il/elle soit, nous nous adressons à vous afin d’user de votre stature de président de la république afin
    · d’exiger réparation face à cette atteinte grave des droits de nos deux concitoyens expulsés, ce dimanche 29 décembre 2012 en leur accordant un visa de retour et la régularisation sans condition de B.Ahmed et B. Azeddine.
    · d’exiger le respect de la dignité de nos concitoyens algériens au nom de tous les accords qui lient l’Algérie et la France.
    · suspendre de ses fonctions l’émissaire du consulat qui a signé le laisser passer d’un concitoyen malade sans exiger leur hospitalisation au préalable.

    Dans l’attente d’une suite favorable à notre demande, veuillez agréer, Monsieur le Président, les assurances de notre très haute considération.

    Groupe d’Algérien-ne-s du Nord pas de Calais




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