L’Etat corrompt le peuple

Par Kamel Moulfi – «Donnez-leur la moyenne, qu’ils prennent leur diplôme et qu’ils débarrassent le plancher !» Celui qui hurle ces ordres est le premier responsable d’une école supérieure censée former l’élite du pays et ceux dont il s’agit sont évidemment les étudiants qui auraient dû refaire leur année. Cela se passe ainsi dans notre système éducatif, tous cycles confondus. Alors, comment s’étonner de voir des candidats au bac, recalés, exiger des autorités qu’elles leur donnent le sésame qui ouvre les portes de l’enseignement supérieur. L’agitation qui a secoué hier – légèrement – la station de métro de la Grande-Poste –, et pour laquelle, aujourd’hui, ont été mobilisés des dizaines de policiers, a pour motif une revendication qui aurait paru incroyable il y a quelque temps, brandie par des contestataires inhabituellement en masse. Les candidats recalés au bac exigent d’être portés comme ayant réussi. Certains d’entre eux ont été disqualifiés pour cause de fraude. Une vidéo commentée par tout le monde a montré comment un examen comme le bac peut être passé sans surveillants avec la liberté, pour le candidat fraudeur, de copier et de tricher sans en être empêché par quiconque. On sait que depuis quelques années, dans certains centres d’examen, des surveillants sont obligés, sous la menace d’armes blanches, de fermer les yeux sur les tricheries pendant les épreuves et parfois de ne pas rentrer dans la salle. Dans ces conditions, l’examen perd toute sa crédibilité et sa valeur. On sait aussi que durant l’année scolaire, les pratiques de corruption ne manquent pas pour inciter les enseignants à donner les meilleurs notes à des élèves qui ne les méritent pas mais qui ont l’avantage d’avoir des parents plein aux as ou bien placés. Ce n’est pas tout, l’ambiance générale est à la recherche d’une caricature de la paix sociale. Les manifestations destinées à agir comme moyen de régulation dans la société en corrigeant les erreurs ou les abus sont instrumentalisées au plan politique par les hommes au pouvoir pour neutraliser la contestation sociale de leur autorité et gagner une clientèle dans la population. Certains parlent même d’une action généralisée de corruption visant les secteurs qui peuvent bouger. Il ne s’agit pas seulement d’augmentations de salaires qui peuvent être méritées mais aussi d’autres avantages comme, à titre d’exemple, certaines bourses d’études (en euros) accordées complaisamment aux enseignants du supérieur. Avant l’interrogation sur la légitimité de la revendication des candidats qui ont échoué au bac, il faut admettre qu’ils ont, dans cette ambiance, toutes les raisons de penser que le bac peut être arraché grâce à des manifestations de rue.
K. M.
 

Comment (12)

    Lahouaria
    5 juillet 2013 - 8 h 29 min

    En Algérie, les voisins de
    En Algérie, les voisins de mes parents ont tous fait Math exacte du moins les 7 enfants, 4 filles et 3 garçons, ils sont tous les 5 ingénieurs électroniciens et tous fait les universités Oran, Mostaganem, Sidi Bel Abbes et Tlemcen seulement, ils nuls en Français, en Anglais, en Histoire Geo, en tous quoi sauf en Math, parce que leur père Allah Yarhmou était un fonctionnaire de l’Académie de notre wilaya 46, ses enfants les 7 tous recrutés comme professeurs aux lycées des 3 autres wilayates environnantes 31, 22, 13, comme par hasard, Adieu l’ingéniorat et ses maths sup, sans les autres matières
    Seulement notre voisin est décédé subitement par arrêt de cœur et a laissé encore 3 enfants scolarisés en as âge, 7 ans, 10 ans et 13 ans, ces derniers sont des enfants cancres, ils n’ont jamais réussi à accédés au CEM , donc ces 3 derniers enfants ont grandi actuellement et bossent dans les commerces de leur mères.
    C’est bizarre qu’un jeune ingénieur ne sait pas rédiger un texte en Français et passe sont temps à demander aux voisins de lui faire à sa place.
    Parce leur avant de décéder à favorisé ses enfants au sein de l’Académie et a distribué les diplômes scolaires et universitaires haut la main à ses illettrés de gosses et j’en suis que les fonctionnaires académiques font la même chose.
    Mais je croyais que le piston était dans le moteur?




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    Nasser
    3 juillet 2013 - 11 h 42 min

    – « C’est normal que les
    – « C’est normal que les cons gagnent toujours, ils sont majoritaires ! » (Louis-Ferdinand Céline)
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    – « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. » (Bossuet)




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    Nasser
    3 juillet 2013 - 11 h 28 min

    NOTRE SYSTÈME est original et
    NOTRE SYSTÈME est original et unique. Il se reproduit et se détruit, recule plus qu’il n’avance et tous nouveau dirigeant, quel que soit son charisme, ne peut que s’y adapter en accompagnant la même chorale faute de pouvoir changer « l’anormal » qui est devenu « normal » sachant que forcer à changer ce qui est présenté comme équilibre risque de provoquer les barons dont la qui peut conduire à l’embrasement !




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    Nasser
    3 juillet 2013 - 10 h 52 min

    Précisons qu’il s’agit d’un
    Précisons qu’il s’agit d’un problème qui sévit depuis près de 30 ans. Il n’est pas spécifique à l’ère Bouteflika. Il a lui aussi hérité de cette tare « insoluble ». Il a fait ce qu’il a pu, mais lui aussi n’y arrive pas. Ses réalisations non négligeables se sont faites au forceps. Il y a trop d’interconnexions d’intérêts mal acquis et ces connexions sont tellement incompétentes qu’elles ignorent qu’elles sont sur un volcan. Mais certaines commencent à investir ou à transférer leurs richesses à l’étranger en prévision d’un possible bouleversement. La situation est trop grave. Même si l’État réussit à faire passer d’autorité des changements structurels ces mêmes forces hostiles aux changements s’emploieront à manipuler les citoyens pour leur faire croire que ces changements sont contre eux ! La majorité des citoyens sont ignorants de ces choses, car non prémunis contre la propagande subversive. Nous sommes bien dans une situation kafkaïenne




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    Nasser
    3 juillet 2013 - 9 h 13 min

    C’est la déliquescence! Cela
    C’est la déliquescence! Cela se passe aussi à l’Université; pour le passage; pour le diplôme et pour une bourse. Vérifions qui obtient une bourse en vérifiant les notes! Mais doit vérifier? Des gens on fait des études supérieures sans… le BAC. Mais cela existe depuis l’indépendance… moins qu’aujourd’hui.
    Voilà où mène l’incompétence de ceux qui dirigent. Voilà les conséquences ou les effets pervers de la rente pétrolière qui fait l’objet d’une course à qui mieux mieux. C’est dans tous les secteurs. Aucun responsable actuellement, quel que soit sa compétence, ne peut y mettre un terme car cela déborde de partout ! Il est même trop tard. Nous le signalions depuis des années quand c’est déjà « limite ». Aucun pays dans l’histoire ne s’est développé sans les compétences. En Algérie les compétences sont laminées depuis plus de 30ans. Les incompétents dirigeants apportent l’incompétence en neutralisant les compétences. Même ces derniers à qui l’on avait donné une parcelle de « pouvoir » dans des secteurs bien précis, où l’on ne pouvait pas faire autrement, on n’a pas prévu leur relève et dans la précipitation on les a remplacé par ceux qu’il y avait « sous la main » c’est-à-dire des incompétents. Aujourd’hui le choix de l’incompétent est une règle. Tous les « concours » et autres « examens » ne sont plus que formalité ; les choix sont faits à l’avance. La retraite dite « anticipée » a donnée l’occasion aux diplômés compétents et non « khobsistes » et paresseux d’abandonner le « navire » laissant les institutions et les entreprises dans leurs contradictions insolubles. Proportionnellement le pourcentage des cadres compétents sortis volontairement en retraite « anticipé » doit être effarant. Il s’agissait, pour eux, d’une occasion pour fuir. Beaucoup travaillent maintenant à leur compte ou à l’étranger.
    Y a-t-il un ou des génies qui peuvent encore sauver ce qui semble encore solide ? Nous ne le pensons pas. Même le privé ne sera d’aucun secours puisqu’il est contaminé par les mêmes travers, les mêmes convoitises, les mêmes cupidités.




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    Mansour
    3 juillet 2013 - 7 h 16 min

    Ca c’est la partie visible de
    Ca c’est la partie visible de l’iceberg de la malhonnêteté,de la fraude,de la tricherie généralisée en un mot de la « kfaza » pour réussir sans trop d’efforts.Seuls le travail et l’effort personnel sont vrais et ces enfants et leurs parents qui ont tout eu sans faire d’effort(bonnes notes,vie facile etc…)trichent pour avoir leur diplôme et trouvent ça tout à fait normal.On ne leur a jamais appris à être honnête et surtout à aimer le travail bien fait et l’effort pour mériter un diplôme.Il y a quelques années,un postier d’une ville de l’intérieur qui a détourné 300 millions de centimes et confondu,il dit aux enquêteurs:ça c’est ma part du pétrole.Cette mentalité de fraudeur et d’assisté est très répandue chez nous et certains trichent même avec le Bon Dieu tout en exhibant une outrancière religiosité.Malheureusement le mauvais exemple vient du haut là où les mauvais exemples pour cette jeunesse ne manquent pas.




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    Chawi pure laine
    3 juillet 2013 - 4 h 05 min

    Bonsoir,
    un bel article qui

    Bonsoir,
    un bel article qui démontre les habitudes d’un peuple abrutisé par un pouvoir voyou, oui Monsieur Kamel en effet ces lycéens ont dans la cervelle que la rue produit le savoir et pourquoi? ils voient que la fraude est une partie de notre culture donc la pratiquer est tout à fait logique, autre chose que vous avez cité et qui super importante, depuis 1999, celui qui n,a pas de logement occupe la rue, celui qui a demandé la main d’une fille et qu’elle a refusé occupe la rue, celui qui se bat avec sa femme occupe la rue, culture de la rue, pouvoir de la rue, politique de la rue et wallah yaatik saha de citer le mal entre les lignes, cette société a besoin d’une bate de base ball mais juste qui ne frappe pas juste les pauvres, si ces voyous ont vu que les voyous aillent en prison ils ne feront jamais cela, le seul qui est mal chanceux dans ce pays est le citoyen paisible donc vaut mieux etre voyou qu’écrivain




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    louisette
    2 juillet 2013 - 21 h 29 min

    Ahurissant , inoui,
    Ahurissant , inoui, incroyable, scandaleux..des tricheurs – et leur parents – s’affichent et réclament le diplôme!!!!!
    certains vont jusqu’à réclamer une deuxième session de rattrapage. c’est une insulte envers les lauréats du baccalauréat,c’est une insulte à la science..le climat devient nauséabond parce que el-hachema rahat, el-hama rahat.. »pôvre » Algérie..




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    S.S.A
    2 juillet 2013 - 19 h 54 min

    Salam Alikoum
    Même pas

    Salam Alikoum

    Même pas surpris…
    C’est, pourtant, malheureusement tellement vrai.
    Quand, je vois qu’un membre de ma famille licencié en littérature et art(théâtre) faire le chauffeur de taxi, y a de quoi être frusté.

    Salam Alikoum.




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    An
    2 juillet 2013 - 17 h 28 min

    On a toutes les cartes pour
    On a toutes les cartes pour réussir,malheureusement ils ont démoralisés les gens de savoir ou incités a fuir le pays,la médiocrité a été récompensé et mise en valeur. Pour moi le marqueur est la gestion des déchets, un gouvernement incapable de gérer la propreté d’un pays qui est la chose la plus simple a faire est dans l’incapacité de gérer la vie de tout un peuple.




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    Securitatea
    2 juillet 2013 - 13 h 35 min

    Malheureusement, le système
    Malheureusement, le système Bouteflika est responsable de cette déliquescence des moeurs: il n’y a qu’en Algérie ou des fraudeurs au Baccalauréat pris en flagrant délit défilent pour qu’on leur donne le Bac….. Mais la plus grande fraude, inégalée dans l’histoire de l’humanité, c’est bien celle d’un Président d’honneur d’un parti de libération nationale qui vient se faire soigner chez les militaires ancien colonisateurs, n’est-ce pas là un cas de fraude à faire pâlir un algérien candidat au Bac???

    Securitatea




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    selecto
    2 juillet 2013 - 12 h 11 min

    En France ça se passe
    En France ça se passe beaucoup mieux pour l’examen du BAC à l’école algérienne internationale, les candidats n’ont rien à voir avec les enfants du peuple car tous et toutes proches d’ex ou actuels responsables, d’après des mauvaises langues les taux de « réussites » depuis plusieurs années ont battu tout les records mondiaux, le seul problèmes c’est qu’une fois inscrits dans les universités ces « étudiants » sont virés l’année d’après.




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