Déchets non recyclés : l’Algérie perd 300 millions d’euros par an

Outre l’impact négatif sur l’environnement, les déchets domestiques non recyclés font perdre à l’Algérie près de 300 millions d’euros par an. Un chiffre donné par la secrétaire d’Etat chargée de l’environnement, Dalila Boudjemaâ, lors d’une rencontre de sensibilisation sur le tri des déchets. Bien qu’il existe quelque 2 000 micro-entreprises activant dans plusieurs domaines liés à l’environnement, leur capacité en termes de recyclage s’avère très limitée. Sur un volume global des déchets (tous types confondus) de 13,5 millions de tonnes par an, 60% sont recyclables. Mais seulement 5% à 6% de ces déchets sont exploités par voie de recyclage, faute de moyens. Investir dans ce domaine peut être lucratif, mais il faudrait réussir à convaincre les gros investisseurs de le faire. Certains écologistes ne cessent d’appeler l’Etat à placer l’industrie du recyclage au cœur de sa nouvelle stratégie industrielle nationale. Car le recyclage va être bénéfique pour toute autre activité industrielle et pour l’économie nationale. Parmi les matières recyclables, il y a lieu de citer le plastique, le papier, les minéraux, les batteries et autres équipements ménagers et électroniques. Pour ce faire, il faudrait d’abord initier les Algériens au tri sélectif des déchets.
Sonia B.

Comment (4)

    fat-bio
    8 octobre 2013 - 2 h 27 min

    c’est vraiment dommage pour
    c’est vraiment dommage pour notre paye…..

    BELAID Djamel
    30 août 2013 - 20 h 09 min

    Le recyclage des déchets
    Le recyclage des déchets ménagers peut permettre de fournir du terreau agricole pour notre agriculture. Même chose avec les boues résiduaires des stations d’épuration des eaux usées.
    Plus les citoyens trieront et éviterons de rejeter des produits toxiques dans les eaux d’égouts, plus nous pourrons fournir à l’agriculture des boues résiduaires sans métaux lourds.

    Une réflexion sur ce sujet:

    BOUES DES STATIONS D’EPURATION: DE L’OR BRUN POUR NOTRE AGRICULTURE.

    Djamel BELAID Ingénieur Agronome. djamel.belaid@ac-amiens.fr

    Un réseau dense de stations d’épuration commence à mailler le territoire national. Ces stations produisent en phase finale des boues résiduelles particulièrement riches en matière organique. Or, le taux en matières organique des sols agricoles est dramatiquement faible. Ces boues pourraient donc être utilisées comme apport organique en agriculture. Des universitaires et des ingénieurs du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural se sont penchés sur la question.

    DES SOLS AGRICOLES AU FAIBLE TAUX DE MATIERE ORGANIQUE.

    En climat méditerranéen, les températures élevées au printemps et à l’automne contribuent à une forte
    minéralisation de la matière organique des sols. En effet, en présence de chaleur, d’humidité et d’oxygène, les bactéries du sol décomposent plus rapidement la matière organique.

    Deux causes sont à l’origine de la baisse du taux de matières organique des sols algériens. Il y a tout d’abord la pratique de la jachère travaillée durant l’époque coloniale et le fait d’irriguer un sol dans les conditions climatiques qui sont les nôtres.

    Voyons d’abord, la première de ces deux causes. A l’époque coloniale les agronomes avaient remarqué que plus les terres en jachère étaient travaillées, plus le rendement du blé implanté l’année suivante était élevé et cela, sans apporter d’engrais. Ils avaient remarqué également, que plus leur labour était profond, plus les rendements augmentaient. On peut retrouver des écrits d’époque où ces agronomes s’extasient de cet état de fait: « plus la jachère est travaillée, plus les rendements sont bons ». Ils en était arrivés à préconiser plusieurs passages d’outils.

    En fait, leurs pratiques permettaient une intense minéralisation du stock de matière organique du sol. Stock constitué par la décomposition des racines de céréales des siècles antérieurs et que l’araire en bois du fellah avait jusque là épargné. Les colons pratiquaient en fait une agriculture minière: ils prélevaient du sol des éléments minéraux mais sans jamais en restituer.

    La deuxième cause de minéralisation de la matière organique est donc l’irrigation. Les périmètres irrigués sont les zones les plus concernées. Des corrections sous forme d’amendements organiques sont donc nécessaires. D’autant plus que certaines cultures sont particulièrement exigeantes. Il faut ainsi 30 tonnes de matières organiques pour une culture de pomme de terre. Cette dose est à multiplier par deux si le sol est particulièrement pauvre. Quant au palmier-dattier, c’est 100 kg de fumier/an/pied qu’il faut apporter.

    LES BOUES RESIDUAIRES DES STATIONS D’EPURATION SOURCES DE MATIERES ORGANIQUES.

    Depuis plusieurs années l’Office National d’Assainissement a mis en place un réseau de stations d’épuration des eaux usées. A ce jour l’ONA gère 60 stations et lagunes. La construction de 40 autres stations est prévue entre 2010 et 2014.

    Il s’agit de traiter l’eau des égouts. Un premier traitement consiste en une décantation afin d’éliminer les particules lourdes (sable). L’huile plus légère peut être récupérée en surface. Ensuite, il s’agit de procéder au traitement de la matière organique. Cela est permis par une simple oxygénation de cette matière dans de grands bassins. Pour cela, il suffit de remuer le mélange ou d’insuffler de l’air. En présence d’oxygène ainsi apporté, les bactéries contenues dans le mélange décomposent la matière organique en éléments minéraux.

    On obtient ainsi une eau débarrassée d’une grande partie de ses particules organiques. Elle peut alors être déversée dans un oued sans risque de pollution et servir ainsi à l’irrigation agricole. Ainsi, à Tlemcen 900 hectares de terres agricoles sont irriguées grâce aux eaux issues de la station d’épuration. A Ouargla, un grand nombre de palmiers sont également irrigués de cette façon.

    Cependant, si une grande partie de la matière organique disparaît par minéralisation, il reste toujours des boues. Les stations existantes produisent une moyenne de 2 000 tonnes de boues par mois. Et la préoccupation de chaque responsable de station d’épuration est de débarrasser les bassins des boues afin de réaliser un nouveau cycle d’épuration.
    Une partie de ces boues est placée en décharges. L’autre partie est autorisée pour l’épandage sur des cultures céréalières, arboricultures et plantes ornementales (pépinières).

    A l’étranger, des directeurs de stations n’hésitent pas à être présent dans des réunions d’agriculteurs pour vanter l’intérêt agricole des boues. C’est la cas du directeur de la station d’épuration d’Achères qui traite une bonne partie des eaux usées de la région parisienne. Certains n’hésitent pas à livrer gratuitement les boues en bout de champs.

    Ces boues résiduelles riches en matière organique pourraient donc constituer un apport intéressant pour amender les sols agricoles.

    DES UNIVERSITAIRES REALISENT DES ESSAIS.

    Dès 1991, Fethallah, jeune ingénieur agronome, a mené avec succès des essais à Barika. Il a utilisé les boues résiduaires du complexe Ecotex pour des culture de tomates et de laitues sous serre. Au niveau national, des agriculteurs qui font du maraichage se sont assez vite intéressés à ces boues et ont vite compris leur intérêt agronomique.

    En 2002, une équipe de chercheurs de l’Université de Constantine dont Kribaa, a eu l’idée d’étudier l’effet des boues résiduelles en grande culture. Pour ce faire, il ont testé l’emploi de ces boues sur l’avoine et l’orge. Les essais se sont révélés concluants. Les parcelles recevant des boues ont présenté une meilleure quantité de matière sèche.

    Récemment, le département agronomie de l’université de Batna a poursuivi ces investigations. Une jeune chercheuse Mme ATI a mis en place un essai. Le Professeur Halitim (spécialiste de l’étude des sols) a suggéré d’inclure à ce travail l’étude de la dynamique du phosphore.
    L’étude a porté sur les boues résiduelles de la station d’Aïn Sfiha (Sétif) et a été menée à la station expérimentale de l’Institut Technique des Grandes Cultures. Du blé dur a été cultivé sur des parcelles expérimentales ayant reçues des doses de 20, 30 ou 40 tonnes de/hectare. Des parcelles témoins n’ont rien reçu.

    A la récolte, les rendements ont été sans équivoque: les parcelles ayant reçue des boues résiduelles ont présentées un rendement de 34 quintaux contre seulement 14 quintaux pour les parcelles témoins (sans apport).
    Ce rendement a été expliqué par la faculté qu’ont eu les plantes des parcelles amendées à produire 6000 grains par mètre carré contre seulement 3000 grains pour les parcelles témoins. On aurait pu craindre que ces grains en plus grand nombre soient plus petits. Mais il n’en est rien. Après la récolte, des lots de grains ont été soigneusement pesés. Et aussi extraordinaire que cela puisse paraître les plants de blé amendés avec de la boue ont présenté, pour 1000 grains pesés, un poids de 52 grammes contre seulement 46 grammes pour les parcelles témoins. Cela signifie, qu’en juin, lors de la phase de remplissage des grains, les plants des parcelles amendées ont disposé de plus d’eau que les parcelles témoins. Eau qui a permis de faire passer les sucres fabriqués par les feuilles vers les grains.

    Ne se contentant pas de ce seul constat, la jeune agronome a analysé la structure et la composition du sol de chaque parcelle. Et il est apparu que les sols amendés avec les boues présentaient une meilleure porosité ainsi qu’un meilleur taux de matières organiques. Or, ces deux paramètres contribuent à la rétention d’eau par le sol.

    Mieux, les dosages d’éléments chimiques de la plante ont montré un enrichissement en phosphore en présence de boue. Traditionnellement la nature calcaire des sols algérien a tendance à bloquer le phosphore du sol. Or, comme l’avait pressenti le Pr Halitim les boues ont permis une meilleure utilisation du phosphore du sol.

    Comme le note Mme ATI, «le phosphore assimilable a été valorisé par la végétation, et ceci revient à la matière organique contenue dans la boue qui forme un complexe phospho–humique et dont la minéralisation progressive permet d’assurer une disponibilité de cet élément pour la plante».

    LES BOUES, POTENTIELLEMENT DANGEREUSES POUR LA SANTE?

    Les boues des stations d’épurations constituent cependant un produit particulier. Ces boues peuvent contenir des bactéries et autres germes pathogènes ou des métaux lourds toxiques.

    Concernant ces métaux lourds, plusieurs dispositions peuvent réduire les risques de nocivité. Comme cela existe déjà pour certaines sorties d’égouts d’usines, il peut y avoir un pré-traitement permettant d’éliminer les métaux lourds rejetés. L’adjonction d’argiles à ces boues peut permettre de complexer et donc de bloquer les métaux lourds. Par ailleurs, ces boues étant épandues sur de grandes surfaces, il s’opère une forte dilution des métaux lourds éventuellement présents. En la matière, l’ONA équipe les stations des moyens modernes afin d’analyser la qualité des boues résiduelles produites. Par ailleurs l’office s’est prononcé pour « la constitution d’une banque de données qui dresse un an des boues en quantité et qualité et une cartographie des cultures des zones concernées par l’épandage ».

    Pour cet office «la clé de la problématique reste bien entendu l’instauration d’un cadre réglementaire, juridique qui définit: les modalités de mise en œuvre de l’opération d’épandage, les normes de valorisation, les responsabilités et prérogatives des différents acteurs concernés par l’opération».

    L’ONA indique également sur son site qu’une réflexion est mené au niveau de l’Institut Algérien de Normalisation ( I A N O R ) concernant le volet valorisation agricole des boues issues des stations d’épuration.

    Enfin, citons le cas des huiles usagées. Même s’il est possible d’éliminer par flottaison les huiles présentes dans les eaux usées arrivant dans les stations d’épuration, il conviendrait de proposer aux garages et ateliers automobiles un circuit de récupération des huiles de vidange.

    PASSER DU STADE DE LA PARCELLE D’ESSAI AU CHAMPS.

    Faire passer des rendements de blé de 14qx/ha à 34qx/ha constitue une belle réussite. Il ne faut pas oublier cependant qu’il s’agit là d’essais en parcelles expérimentales. La transposition de ce type de pratiques aux exploitations agricoles nécessite de réunir de multiples conditions: disponibilité de ces boues pour des surfaces très grandes et moyens de manutention (tracto-pelles, remorques pour épandage).

    A Tizi-Ouzou, un programme de valorisation des boues de la station d’épuration vise à la création de pépinières dans le cadre de l’ANSEJ.(création d’emplois).

    Si les boues peuvent permettre d’améliorer le taux de matière organique de nos sols agricoles, elles ne constituent pas la seule source d’amendements. On peut penser au compost des ordures ménagères, à une meilleure utilisation des fumiers de bovins et ovins, des fientes de volailles des poulaillers industriels ou à de pratiques agricoles plus respectueuses des sols comme l’enfouissement des chaumes de céréales. Il s’agit également de préserver la matière organique du sol apportée chaque année par les racines. Alors qu’il s’agit de la seule matière organique ayant échappée à la dent du mouton la perpétuation de la pratique labour entraine sa rapide minéralisation. Nous devons donc évoluer vers des pratiques remplaçant le labour par des techniques culturales simplifiées et à terme par le semis direct.

    Au Maroc, les agronomes ont, à ce propos réalisé un état des besoins de l’agriculture en matières organiques. Puis, ils ont dressé un inventaire de toutes les sources de matières organiques disponibles localement: fumier agricole, déchets solides produits par les industries agro-alimentaires, les industrie du bois et les abattoirs. De là est né le projet Morocomp qui vise à produire en quantités industrielles un compost issu d’un mélange entre fumier de ferme et boues de station d’épuration.

    La question de l’utilisation des boues des stations d’épuration est cruciale pour l’avenir de notre agriculture. La fertilité de nos sols est menacées par des pratiques anciennes et des causes inhérentes au climat.

    Afin de relever ces taux, des apports réguliers doivent donc être réalisés. Il en va du maintien du potentiel productif de nos sols. Les boues résiduelles des stations d’épuration, correctement utilisées, constituent un gisement appréciable; de même qu’à l’avenir, les composts urbains de la fraction organique des déchets ménagers. Fruit d’une collaboration entre universitaires, d’ingénieurs agronomes et de cadres de l’ONA, des solutions pratiques émergent. Il est encourageant de voir qu’à un problème technique, des cadres nationaux, dont l’équipe du département d’agronomie de l’université de Batna, ont montré leur capacité à trouver des solutions adaptées à nos conditions.

    DJAMAL
    28 août 2013 - 13 h 33 min

    C’EST POUR CA QUE LES VILLES
    C’EST POUR CA QUE LES VILLES ALGERIENNE SONT DES POUBELLES,
    AU LIEU DE CREER DES ENTRPRISES POUR ABSRBER LE CHOMAGE ,ILS
    RAMENES DES ENTRIPSES ETRANGERES POUR TRAITER LES CONTRATS EN EURO ET C’EST COMME CA QUE CA FONCTIONNE CHEZ NOUS.

    BISKRA
    27 août 2013 - 20 h 00 min

    C’est une perspective
    C’est une perspective importante et il y’a beaucoup d’emplois à voir.
    Par contre, il ne faut pas faire comme en Italie avec une grande spéculation et le rejet des déchets dans les compagnes.
    quand le programme national?

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