Une escroquerie politique grandeur nature

L’Algérie devient définitivement un pays où l’éthique et la morale ont déserté le forum. L’impression en est de plus en plus donnée partout dans le pays. Tous les moyens de conservation du pouvoir politique sont en cours de déploiement, au nez et à la barbe des populations désabusées et surtout de ceux-là mêmes qui devraient être les défenseurs des divers métiers pour lesquels ils ont prêté le serment d’exercer honnêtement. La nomination en tant que ministre du Tourisme de Hadj Mohamed Saïd et le projet forcé de révision de la Constitution, dans une vaste propagande nationale, sont un cas préoccupant de conscience qui interpelle tous les Algériens, professionnels du tourisme ou non, ainsi que tous ceux qui ont le privilège de comprendre comment fonctionne le système du tourisme algérien en relation avec sa politique et son développement. Cette escroquerie politique est un mécanisme, parmi tant d’autres. Comme dans de nombreux pays africains notamment, la question des services aux populations se pose avec une grande acuité en Algérie. Comme l’indiquent les résultats des premiers comptes économiques sur la saison 2012-2013 où tous les mensonges ont été dits avec l’appui de beaucoup de fonctionnaires du ministère du Tourisme, particulièrement cette histoire de 21 millions de touristes supposés avoir visité notre pays… On en déduit aisément que les spécialistes des voyages confrontés à une pauvreté sans cesse grandissante, l’accès aux services du tourisme devient de plus en plus un luxe, et les produits aériens représentant la plus grande proportion des besoins sont devenus objet de marchandage difficile. Dans de telles conditions, d’autres partenaires internationaux se présentent comme l’une des réponses à cette difficulté dans un contexte où les problèmes posés par la politique du mensonge, au- delà des particularités épidémiologiques, de chaque ministre en titre. Il est pourtant de plus en plus question de réaliser la couverture des besoins de la population par des services de qualité, ce qui nécessite d’importants moyens logistiques où le rôle de l’Etat devient prépondérant. M. Hadj Saïd en a-t-il les moyens ou va-t-il continuer à mener tout le monde en bateau, comme il l’a fait jusque-là ?
Le rôle prépondérant de l’Etat
Dans la plupart des pays, l’Etat est massivement intervenu pour mettre en place le cadre légal et réglementaire, ainsi que les structures et l’organisation adéquates pour conduire une politique touristique réelle dans l’intérêt des populations. En Algérie, Mohamed Hadj Saïd, spécialiste des fables, fait profiter tout le pays de fantasmes… Il y a longtemps que le processus a commencé alors que les fruits sont encore loin de tenir la promesse des fleurs. L’Algérie avait eu la chance de connaître depuis plus de 30 ans des expériences soutenues ici et là par divers partenaires, dont la Coopération internationale touristique, mais n’a pu capitaliser ces expériences du fait de personnes incompétentes au niveau de la tutelle pour ne citer que les activités pilotes. Le ministère a décrété ex nihilo, dans une vision uniquement et toujours de politique politicienne, sans associer les acteurs que sont les bénéficiaires des mutuelles en cours de fonctionnement, ni les organisations syndicales, ni les experts, ni aucun autre acteur du système tel que l’Association des économistes dont le rôle est déterminant dans l’analyse et l’opérationnalisation du système au développement du tourisme. Ils ont préféré se vautrer dans les avantages, sans rien amener de concret sur le terrain. Où en est l’Algérie touristique ? Avons-nous même atteint 10% des promesses vides ? La mise en œuvre des écoles de formation n’a même pas été conçue, alors qu’elle a servi d’outil de propagande à un régime qui explore les avenues de l’opportunisme. Il n’a pas instauré de débat national ouvert parce que le développement du tourisme, c’est la santé et donc du bien-être de toute la communauté nationale qu’il s’agit. Cela ne devrait pas être emballé dans une entreprise de ruse politique dont les dirigeants de notre pays sont coutumiers depuis 2004 et qui se poursuit honteusement, contre vents et marées. L’attelage de la honte et de l’escroquerie politique. Les faits les plus marquants du processus de mise en place d’un plan pour le développement touristique sont uniquement les voyages d’études pour certains journalistes. La nomination de l’ex-directeur général de l’ONT devenu vice-ministre un an avant même le démarrage de toute activité, le lancement politique et les discours savamment élaborés vendent le mensonge aux populations dans le cadre d’une entreprise honteuse d’escroquerie politique. Au lieu de conduire un processus à travers une méthode qui associe dans une démarche rigoureuse, participative et consensuelle tous les acteurs et les bénéficiaires, on a précipité, escamoté les étapes importantes que sont les consultations des concernés, l’évaluation de l’incidence financière pour l’Etat et les futurs bénéficiaires ou adhérents, et les débats sur les choix à opérer et ensuite lancer, avant de commencer à expliquer. Quel gouvernement ? Abonné qu’il est à la précipitation chère à son chef, le gouvernement a procédé tambour battant au lancement de cet important mécanisme qui est le mensonge pour un 4e mandat. Ni plus ni moins. Il a engagé les meilleurs raconteurs de fables et Hadj Saïd fait partie des meilleurs. La réponse n’est pas compliquée. Nous avons affaire à un système politique où le chef est obnubilé par le désir de s’accrocher au pouvoir à tout prix, au-delà de ce que peut lui accorder la loi. Mieux et c’est la bonne nouvelle pour les Algériens, le chef de l’Etat, dans son infinie bonté et dans sa générosité sans borne, nous offre Mohamed Hadj Saïd comme ministre du Tourisme avec la révision de la Constitution. Voilà le nouvel attelage de la honte et de l’escroquerie politique : coupler le développement du tourisme qui est un mécanisme de financement des services à une honteuse entreprise de révision de la Constitution. Tout cela est délivré par les sbires du régime agonisant à des populations analphabètes ou aux «siens» du chef de l’Etat, les mêmes qui sont manipulés au quotidien pour les marches de soutien au prince de la refondation. Ce qu’on en retient, c’est toujours la fidélité à la ruse, à la tricherie, voire au cynisme politique, sinon, comment expliquer autrement qu’un mécanisme pour le bien-être de tous soit l’objectif d’un chantage, et aujourd’hui instrumentalisé et annexé à un projet pathétique de révision de la Constitution dont les initiateurs et les défenseurs peinent eux-mêmes à expliquer les vrais motifs à convaincre, tellement le discours est pluriel et les motifs variés. D’autres affidés lâchent, sans honte pour eux-mêmes et leur famille, que l’élection de leur prince ira jusqu’en la fin du monde. Quelle tristesse ! Quelle imposture vis-à-vis de la loi et des valeurs républicaines ! Que penseront de notre pays, les partenaires susceptibles d’aider ce mode de financement à s’étendre rapidement au bénéfice de nos populations surtout déshéritées qu’on instrumentalise aussi gratuitement ? Cette nomination est une violation flagrante de toutes les règles d’éthique et des principes moraux qui guident la profession. A défaut d’agir ainsi, on finira par être rattrapé demain par les avatars de l’Histoire. Le tourisme fait partie des droits humains et nul n’a le droit de jouer avec le droit légitime des populations et des services de qualité ; non au mensonge perpétuel.
Fayçal Maarfia, expert en tourisme, Berne (Suisse)
 

Comment (3)

    RAIS
    25 septembre 2013 - 15 h 28 min

    Quand certain se choisisse
    Quand certain se choisisse comme pseudo une marque de boisson d’un certain’HB’ qui empoisonne et donne du biabète à des millions d’Algériens, il ne faut qu’il vienne en donneur de leçon de moralité sur ce site.Sauf s’il se trouve un autre pseudo de justicier comme zorro ou zéro par exemple.Vu ses commentaires on voit bien qu’il représente les tayabets el hammam.
    P.S.Je n’ai pas voulu cité la marque de ce poison car je n’ai nullement envie de lui faire de la pub.Voilà l’exemple type de nos industriels » » »crétifs vous dites » » »




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    selecto
    22 septembre 2013 - 9 h 44 min

    Je vous raconte une
    Je vous raconte une mésaventure qui m’est arrivée:
    En 2005 j’ai rencontré un Français qui voulais se rendre en Algérie avec 30 personnes, je lai orienté vers le centre culturel algérien pour avoir au moins des brochures sur l’Algérie, deux mois après je l’ai contacté pour avoir des nouvelles de son séjour en Algérie, après m’avoir remercié il m’a dit qu’on lui déconseillé l’Algérie et que la secrétaire de direction du CCA les a orienté vers une femme Marocaine travaillant dans un organisme marocain sur Paris, qu’ils étaient enchanté de leur séjours au Maroc. Je vous raconte pas ma déception.




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    Anonyme
    21 septembre 2013 - 21 h 40 min

    Merci Mr Fayçal Maarfia,
    Merci Mr Fayçal Maarfia, d’avoir mis les points sur les I. La seule solution qui nous reste pour défendre notre pays est une révolution avec ou sans l’armée. Nous avons en face de nous une mafia qui ne recule devant rien, mais qui en plus à des complice pour l’aider à écraser le peuple Algérien. (Le Maroc, La France et l’Espagne) Ce n’est pas pour rien que nous les appelons les Maffieux d’oujda.




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