Presse : la moitié des journaux vont bientôt disparaître ?

La pagaille suscitée par la distribution «intéressée» de la publicité institutionnelle via l’Anep a fait réfléchir les autorités bien avant les révélations faites par Algeriepatriotique sur le détournement des annonces institutionnelles à des fins d’enrichissement illicite et qui ont coûté son poste à un officier indélicat. Il y a quelques années déjà, ce qui était un secrétariat d’Etat à la Communication avait été enjoint d’œuvrer à réduire le nombre de journaux, au vu de la prolifération de publications «publicitophages» qui parasitent le champ médiatique national et qui n’apportent aucune valeur ajoutée à la profession. Des mesures drastiques seront prises par le ministère de la Communication, dit-on, en vue de mettre fin à l'anarchie qui règne dans ce secteur depuis des années, et qui a profité à un certain nombre d'éditeurs attirés par la manne publicitaire servie gracieusement par l'Etat, mais aussi à tout un cartel d'éditeurs parasites qui usent de leur influence pour s'assurer une grande part de la rente. Cette décision de l’Etat de mettre de l’ordre dans la corporation ne semble être qu'une première étape dans cette guerre déclarée aux nombreux imposteurs qui ont créé des journaux pour détourner «légalement» de l’argent public. Aux dernières nouvelles, il serait question d’une gestion rigoureuse de cette manne publicitaire, dont la distribution devra obéir à des critères «objectifs». Dans l’absolu, ce serait l’idéal, mais il n’est pas dit que les considérations politiques ou claniques n’interviendraient pas dans cette répartition, à l’heure des grandes batailles préélectorales. Le contrôle de cette manne ne relève plus du CCD (Centre de communication et de diffusion), désormais rattaché à la DCIO (Direction centrale de l’information et de la communication), dont la mission se cantonne à l’intérieur des casernes, mais du ministère de la Communication, où une direction a été créée pour ce faire. Elle aurait été confiée à Abdelkader Eulmi, ancien directeur à l’ENTV et fidèle au cercle présidentiel. La moitié des journaux – au moins – devraient disparaître dans les mois à venir, lorsque leur unique source de financement aura tari suite à ces réaménagements. Seuls les plus sérieux, une trentaine tout au plus, résisteront : les journaux à plus ou moins forte audience, grâce à la publicité directe, et les quotidiens à moyen tirage, mais qui devront évoluer en termes de recrutements, de contenu, de diffusion, etc., grâce à cette aide (in)directe de l’Etat.
Sarah L.

Comment (28)

    Mahdi
    17 novembre 2013 - 18 h 29 min

    Ben dis donc ! ce n’est
    Ben dis donc ! ce n’est vraiment pas rassurant comme commentaires sur l’annonce d’AP à savoir disparition de beaucoup de titres pour cause de pub ! les illustres « commentateurs-spécialistes » ont-ils imaginer l’impact social suite aux les miliers d’emplois qui seront supprimés si ces « journaux » fermeront ? vraiment l’algérien est spécial (dans le mauvais sens bien sûr) ! aucune proposition aucune solution pour les pères et mères de familles qui vivent de leur travail !! impréssionnants commentaires ! Pour vous rassurer : les patrons et éditeurs qui pourraient disparaîtres sont très… très très loin du SNMG proposé par tata louiza hanoune (35000 DA/mois) ! les éditeurs et patrons ne vivent plus de leur « journaux-torchons » depuis longtemps. Ils se sont investis dans d’autres créneaux aussi lucratifs que leur premier tremplin (presse). je vous donne aussi un chiffre, non exhaustif, des employés des journaux : une cinquantaine par journal ! faites le compte pour 90 ou plus de quotidiens + les hebdos + etc.
    Messieurs les « commentateurs » : donnez des solutions au lieu de régler des comptes à des gens que vous ne toucherez jamais. eux ils se sont sucrés (bsahethoum) et mêmes après licenciement les pauvres employés des journaux n’y pourront rien ! l’exemple du Matin, et de la manière avec laquelle les employés ont été remercié reste édifiant !
    PS pour les commentaire « anonyme » je suppose qu’il faut juste un réglage (*) étoile obligatoire d’AP et ça réglera le problème définitivement.

    Kouidri
    16 novembre 2013 - 17 h 47 min

    Les journaux qui risquent de
    Les journaux qui risquent de disparaitre seront en premier les journaux qui vivent en marge pour différentes raison. Aujourd’hui il y a plus de raison de mener son combat au grand jour que dans la clandestinité ou dans l’anonymat sauf si on a comme comme idéale une théocratie. Les voyous, les dictateurs, les terroristes, les islamistes dans leur organisation usent de la loi du silence, de la loi du milieu, de la clandestinité. Un démocrate est dans l’obligation d’user des moyens actuels pour avancer et la presse est en ce moment l’arme adéquate. Si un lecteur n’élève pas son journal à une tribune y compris pour ses problèmes professionnels, je pense qu’il n’a pas saisi l’arme que ses ainés, les enfants d’octobre lui ont offert.

    Anonyme
    16 novembre 2013 - 13 h 20 min

    après le renvoi des
    après le renvoi des véritables cadres avec diplôme et expérience en retraite anticipé .un contrôle de la tutelle a L’ANEP est obligatoire,il faut revoir le niveau scolaire des cadres qui occupent des postes clés , tous originaires de la région du P-dg , LE recrutement de 17 membres d’une même famille travaillant à la régie presse,d’autres a oued smar et rouiba.

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