Sentiment d’exclusion

Par Kamel Moulfi – Avec un énorme retard, les hauts fonctionnaires algériens découvrent le monde absurde de la bureaucratie qu’ils ont instaurée et entretenue durant des décennies, écrasant le citoyen «ordinaire» qui ne bénéficie pas de connaissances bien placées ni de l’argent pour «huiler» la machine et faire aboutir dans le délai normal sa demande. Ils constatent que la liste, qu’ils ont eux-mêmes établie, des papiers exigés pour la constitution des dossiers administratifs est trop longue et qu’une bonne partie est à supprimer. A la bonne heure ! Mais la «volonté politique», comme on l’appelle, exprimée dans les discours officiels, suffira-t-elle ? La bureaucratie est devenue un des principaux fléaux de l’Algérie. Le principe républicain de l’égalité des chances est pratiquement absent des pratiques du service public. Le piston fait des ravages, le clientélisme à base régionaliste ou politique aggrave le sentiment d’exclusion. Pour avoir un rendez-vous rapproché, en cas d’urgence, vu les délais allongés de traitement des dossiers dans certaines administrations, il faut connaître quelqu'un ou payer, ça va plus vite. Pourquoi ? Là interviennent les «rendeurs de services», généralement des hauts fonctionnaires, qui ont tissé de véritables réseaux au sein des administrations. Ce n’est pas d’une réforme dont a besoin le service public, mais d’une révolution et en urgence. Cette situation fait fuir non seulement les jeunes qui risquent leur vie dans la harga, mais également les nouveaux diplômés et les cadres de haut niveau qui tentent leurs chances ailleurs, et même les investisseurs venus de la diaspora qui ne tardent pas à connaître la désillusion. Le combat contre la bureaucratie est en même temps un combat contre la corruption. Car les lenteurs et les lourdeurs de l’administration ne sont pas seulement le fait de fonctionnaires zélés ou incompétents, qui interpréteraient mal les dispositions de la loi, mais aussi d’agents corrompus qui ont trouvé le moyen d’arrondir leurs fins de mois pour ceux du bas de l’échelle et de s’enrichir très rapidement pour ceux qui sont placés dans les postes «stratégiques». La corruption roule sur la voie royale que lui ouvre la bureaucratie.
K. M.
 

Comment (5)

    Anonyme
    16 décembre 2013 - 18 h 03 min

    c’est juste , aucun régime
    c’est juste , aucun régime fût il intègre et déterminé ne pourra venir à bout de la bureaucratie et des bureaucrates ;
    chaque élément a ouvert un registre de commerce qu’il exploite à son profit au vu et au su de tous mais sans réaction car chacun tiens l’autre ;il y a parfois une solidarité inter secteur qui se manifeste (administration ,justice ,,,,)et qui immunise et renforce la corruption;
    c’est un fléau comme la corruption qui nécessite une assistance inter départements et la société dans son ensemble ;
    DISTINGUONS ENTRE L’ ETAT ET LES AGENTS DE L’ETAT ;

    Mohamed eel Maadi
    15 décembre 2013 - 15 h 18 min

    Si c’est le cas il faudra les
    Si c’est le cas il faudra les pendre haut et court devant le peuple pour faire un exemple. Pour ma part et pour beaucoup d’algériens en Europe on commencera par les dirigeants d’AIR ALGERIE et tous ceux qui ont travaillé dans cette boîte de pres ou de loin car ils n’ont jamais dénoncé les souffrances et rakette dont nous avons et somme encore victime. Après cela justice sera faite et pas avant

    SEDDIKI
    15 décembre 2013 - 13 h 59 min

    Salem AP,
    Je vous écris pour

    Salem AP,
    Je vous écris pour vous demander deux petits services,
    là je pense, pas besoin de connaissances bien placées, j’éspère!
    Alors voilà, pouvez-vous svp, faire un petit peu de lobbying
    pour qu’on puisse revoir « Noir et blanc (Kahla oua beida) de
    Abderrahmane Bouguermouh », pendant les vacances par exemple,
    à partir du 20 décembre, un après-midi par exemple. Je vous en saurai gré. Sans qu’il y ait aucune corrélation, pouvez-vous svp, faire un de ces reportages vidéo où on pourrait découvrir l’école : Petite Ecole D’Hydra à Alger,
    30 rue des Frères Kadri, 16035 Hydra, Alger. Pareillement, j’en serait ravi.
    Vous savez et sinon je n’ai pas pour habitude de le dire, c’est une requête des plus banales, en gros ya rien derrière. Faites moi confiance. Après tanpis si ce n’est pas possible. Merci quand même.
    Au fait je voulais dire autre chose, cette année 2013/2014 sera une année où l’humiliation, sentiment subit très intense, fera non pas des victimes comme on pourrait le penser, mais des chemins de vérité. Comment ? on en reparlera.
    PS : si mes souhaits se réalisent alors dites-le moi SVP.
    Merci.
    Salem.

    salim
    15 décembre 2013 - 12 h 17 min

    Il ne faut pas fuir ni
    Il ne faut pas fuir ni inventer des prétextes.

    il faut voir la réalité en face. et affronter les problèmes de front.

    Il y a des cadres ripoux au sein de l’administration. Ce sont eux qui établissent ces exigences. Les employés au guichet qui reçoivent les citoyens ne sont pour rien.
    Ils reçoivent des instructions, ils exécutent.

    Le mal est dans ces cadres qui sont cachés dans leurs bureaux et qui tirent les ficelles, il es temps que les responsables intègre se réveillent et tapent là ou il faut.

    Il y a une sorte de 5 ème colonne au sein de l’administration. Par administration il faut entendre tout bureaux ou services ou des citoyens doivent s’adresser. Les écoles, universités, daira, wilaya etc.. Là ou il y a des dossiers à fournir il y a toujours quelqu’un pour tordre la réglementation et rendre difficile ce qui au début était juste une formalité administrative.
    Autoriser les citoyens à déposer plainte contre ces gens là qui s’imposent au sein de l’administration, et créent les difficultés, vous serez effarés du résultat.

    Je n’exagère rien, car le mal est identique partout ce qui laisse penser qu’il y a une sorte de coordination dans ces exigences des papiers. Et je le dis que c’est voulu, car des responsables au sein des mairies voient leurs agents jouer au billard avec les pc de service, au lieu de l’utiliser pour saisir les données des registres d’État civil. Rares sont les mairies qui utilisent les PC pour délivrer des documents d’État civil.

    Autre chose ou des procureurs sont concernés à ce laisser aller. Des registres d’Etat-civil au niveau des mairies déchirés et pages scotchées alors que la réglementation interdit pareille chose. (Ces registres sont la pièce maitresse de la collectivité) Et je cite les procureurs car ce sont eux qui sont responsables de ces données de l’État civil. Aucun de ces magistrats de semble s’inquiéter. Car à chaque fois je vois ces registres de plus en plus partir en morceaux.

    Et tous savent quand il y a des faux et usages de faux, le départ se fait toujours à partir de ces registres quand il sont mal entretenus.

    J’ai vu ces registres, et les pages déchirées.Je parle en connaissance de cause. Et je m’étais accroché avec les agents à ce sujet quand au laisser aller. L’État est aussi responsable de cette anarchie. On ne paie pas un agent à moins de 4000 Da mois et exiger de lui de faire un travaille parfait.

    Et pourtant ils disent que les administrateurs de Mairies sortent de l’Ena.
    Et cette Ena forme t-elle vraiment des cadres compétents et efficaces. Ou fait elle semblant de former des cadres. Car ce qui se passe au sein des administrations c’est une débâcle.

    omar
    15 décembre 2013 - 10 h 50 min

    Certains « diplomates »
    Certains « diplomates » pistonnés et protégés ont été jusqu’à abuser de l’immunité diplomatique pour commettre des actes très très graves en faisant condamner par la justice du pays hôte les institutions dont ils étaient responsables à leurs places.

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