Quand le sel fleurira(*)

Par Kamel Moulfi – «Une vraie vache à lait, cette Union qui désunit.» Il s’agit de l’Union des écrivains algériens (UEA) et le mot est d’Abderrahmane Zakad, un «écrivain libre de toute chaîne et de toute compromission», comme il l’écrit dans un commentaire suite à l’article publié par Algeriepatriotique le 10 octobre 2013 sur les tiraillements au sein de cette organisation. L’UEA est ce que l’on appelle une organisation satellite du pouvoir, pour bien montrer que sa fonction est de tourner toujours autour du pouvoir. Elle fait partie, avec d’autres «unions», de l’héritage du parti unique. Le rôle des organisations satellites grandit à l’approche des élections comme c’est le cas actuellement pour le scrutin présidentiel d’avril 2014. C’est le moment pour certains de leurs responsables de monnayer leur soutien : soit un poste politique dans le gouvernement à la faveur d’un remaniement «sur mesure» opéré dans ce but, ou au Sénat, à l’occasion du renouvellement du tiers présidentiel – ils savent qu’il y a six sièges à pourvoir fin décembre –, soit des avantages, sonnants et trébuchants, c'est-à-dire directement en argent, ou, ce n’est pas à négliger, en locaux ou terrains, ou autres, la panoplie est infinie. L’article d’Algeriepatriotique a cité comme exemple le cas d’Azeddine Mihoubi, qui a eu à diriger l’UEA dans les années 2000 avant qu’il devienne ministre. Et c’est encore Abderrahmane Zakad qui acquiesce dans son commentaire : «Le poste sert pour accéder à d'autres fonctions et à être ministre par simple saut de puce. L'Union est un tremplin et réservoir de pseudo-cadres en cas de besoin.» On comprend alors l’effervescence que connaissent, à côté des partis politiques, les organisations type UEA devenues théâtres d’une bataille qui se déroule de façon étouffée dans la perspective de la prochaine présidentielle. Avec le temps, ce fait s’est vérifié : chaque fois qu'un conflit surgit, c’est qu’il y a une «bagarre» entre partisans de différents courants qui comptent bien se servir de ces appendices pour soutenir tel ou tel candidat. Et dans l'Union des écrivains, ce sont les partisans de Benflis qui tentent de déboulonner l'actuelle équipe dirigeante, proche du pouvoir. Les griefs sont faciles à trouver, les yeux fermés ou presque : «La direction de l’union n’a pas respecté ses engagements, n’a pas mené à bien sa mission et n’a pas atteint les objectifs assignés.» On peut ajouter : «l’abus de confiance et de la déformation du message qu’une union d’écrivains doit véhiculer». C’est ce qu’avait rapporté Algeriepatriotique dans son article déjà mentionné. Alors, attendre de cette UEA qu’elle œuvre à ce qu’il y ait «toutes les conditions nécessaires pour une production littéraire de qualité, et pour encourager les jeunes talents pour émerger et prendre le relais», cela arrivera le jour où le sel fleurira. Ne soyons pas naïfs.
K. M.
(*) Proverbe algérien signifiant «tu peux toujours attendre !»

Comment (2)

    galou
    24 décembre 2013 - 16 h 37 min

    Cette union d’écrivaillons
    Cette union d’écrivaillons monolingue arabo-islamiste,ne represente que les quelques ignares qui y militent pour un casse-croute de la part du pouvoir…le budget accordé a cette sois-disant union des ecrivains est illicite,car non seulement,ils n’ont aucune production intellectuelle,mais en plus,et c’est ce qui est plus grave,ils polluent le paysage culturel Algerien.




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    Halli
    24 décembre 2013 - 11 h 05 min

    Attention à l’erreur, je
    Attention à l’erreur, je suppose que vous voulez parler de l’UEPA (Union des écrivains publics algériens), Je ne connais qu’une vingtaine d’écrivains (au sens strict du terme)algériens, mais aucun d’eux n’est à l’UEA, et encore moins à l’UEPA.




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