Yennayer : sa majesté le coq pour augurer richesse et fécondité

A Constantine, à quelques jours de la célébration du nouvel an amazigh, les cocoricos de coqs se promenant librement dans de nombreuses demeures sont des plus en plus audibles. En fait, dans la capitale de la Numidie, bien avant que Chachnaq 1er ne soit reconnu comme celui qui inaugura l’an berbère, il y a de cela 2964 ans avec son accession au trône de l'Egypte antique, le coq, de préférence un gallinacé de ferme élevé au grain, a toujours été le précurseur d’une célébration augurant richesse et fécondité. Les enfants, dans cette cité bimillénaire, ont, depuis des générations, adopté Yennayer à travers le coq qui égaye la maison et se sont nourris d’une multitude d’histoires autour d’une célébration particulière qui, transcendant le temps, défiant la 3 G et le haut débit, s’incrustent toujours dans la mémoire collective et perpétuent un passé lointain, voguant entre mythes et légendes, et reflétant l’autre dimension culturelle et identitaire de la ville. Trida tadjine et poulet fermier pour accueillir Yennayer et augurer abondance et prospérité Yennayer à Constantine, la ville qui ne se lasse jamais de célébrer les fêtes et les «nefqa» est accueilli en grande pompe. La veille du 12 janvier, un repas copieux est préparé pour le diner. «Trida tadjine» sortes de pâtes connues dans d’autres régions sous l’appellation de «fettat» ou «chouat» est le met phare pour Yennayer. Avec dextérité et savoir-faire, une pâte très fine est cuite sur un tadjine en cuivre avant d’être grossièrement découpée, beurrée et arrosée de sauce rouge à base de volaille. Pour Yennayer, on ne lésine point sur les moyens. Un véritable festin est préparé. La meilleure des semoules de blé dur est utilisée pour préparer la pâte de la trida, le beurre fermier est présent pour assurer le goût authentique du plat et un bon poulet fermier est le «must» pour ce repas de communion. La tradition veut que la part des absents soit également réservée. A Constantine, l’on continue de perpétuer l’idée que Yennayer doit être accueilli avec le sacrifice d’un coq. L’on assure que la présence des volailles, symboles par excellence de la fécondité, en ce jour de célébration du nouvel an Berbère, est le présage d’une année fertile et prospère. La célébration de Yennayer est également l’occasion de perpétuer l’histoire de la chèvre, une légende qui continue à se transmettre, sans fausse note, de génération en génération. L’on raconte qu’une chèvre, «imbue et suffisante», avait suscité la colère de Yennayer qui correspond à une bonne partie du mois de janvier, en le traitant d'incapable, car on relate que la bête, orgueilleuse, s'était vantée d'avoir été épargnée du froid glacial et des crues hivernales de Yennayer. Frustré, ce dernier s'est vengé en empruntant une journée auprès de Fourar (le mois suivant) pour déverser son courroux sur la chèvre. Les ancêtres ont rapporté que la pauvre bête se remit à trembler de froid et de peur d'être emportée par les eaux en furie. Depuis, le destin de cette dernière continue de symboliser, d'après cette mythologie, le sort réservé à quiconque oserait braver la nature. La légende est connue à Constantine sous l’appellation «self el maâza». Les anciens appuient aussi que c'est la raison pour laquelle février est le mois le plus court de l'année. Yennayer, une date, un symbole et un héritage maghrébin Loin d'être un vestige évanescent de l'histoire ou la vague réminiscence d’un passé lointain, Yennayer, avec ses traditions culinaires, ses pratiques rituelles et ses couleurs particulières, continue de ponctuer le temps comme un évènement toujours vivace et «une partie intégrante de l'ensemble des traditions constitutives de l'identité culturelle de l’Algérie, mais aussi de tous les pays maghrébins», souligne Mohamed Ziane, enseignant à la faculté de Sociologie de l’université Mentouri. Affluent essentiel parmi tant d’autres composantes de l’identité des peuples du Maghreb, Yennayer (correspondant au premier jour de janvier du calendrier julien, décalé de 12 jours par rapport au calendrier grégorien) «marque le début du calendrier agricole et est lié au cycle des saisons», utilisé depuis l'antiquité par les Berbères à travers le Maghreb, soutient cet universitaire qui relève aussi que la célébration du nouvel an Amazigh est liée à «une tradition agricole et aux ressources essentielles à la vie paysanne». M. Ziane soutient que la célébration de Yennayer, marquant cette année le début de l'an amazigh 2964, remonte à la préhistoire. Elle est intimement liée, dit-il, aux rituels agricoles qui diffèrent d'une région amazighe à une autre, dans les pays du Maghreb mais dont le dénominateur commun reste «se rapprocher de la terre et de ses richesses et prier pour qu’elle offre le meilleur et épargne les malheurs». Il rappelle également que la célébration de Yennayer renvoie au jour de l'intronisation du roi amazigh Chachnaq, qui conquit en l’an 950 avant J.-C. l'Egypte antique, et s’installa au sommet de la 22e dynastie pharaonique dans la région de Siwa avant d’unifier l’Egypte ancienne et de conquérir Jérusalem.
R. C
 

Comment (3)

    Laetizia
    13 janvier 2014 - 23 h 17 min

    Les calendrier julien /
    Les calendrier julien / grégorien sont communs à de nombreux peuples méditerranées. Cela ne fait pas de Yennayer une fête étrangère à l’Algérie. C’est une célébration ancrée dans notre histoire, spontanée et populaire, ne cherchez pas à insinuer quoi que ce soit Syphax!




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    syphax
    12 janvier 2014 - 13 h 07 min

    Les origines de Yennayer
    Le

    Les origines de Yennayer
    Le 12 janvier est une fête annuelle andalou-mauresque et correspond au premier jour de l’An selon le calendrier Julien. Ce dernier a été remplacé par l’église par le calendrier grégorien en 1580 en supprimant 10 jours. Pourquoi voulez-vous falsifier l’histoire ? Le calendrier amazigh a été inventé en France par un kabyle algérien en 1980 en se basant sur l’intronisation du roi sheshonq pharaon d’Egypte en l’an 950 avant notre ère. Et ce pharaon égyptien de l’ouest du pays d’origine libyque n’a rien à voir avec l’Algérie ni avec les Kabyles.
    Lisez les livres d’histoire et renseignez-vous svp avant de nous raconter vos conneries.
    Yennayer (ennayer) est d’origine andalouse et non pas kabyle. Pour connaître l’histoire et les origines de cet évènement, lire la page 153 de ce livre :
    https://www.facebook.com/mouwachahat




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    Laetizia
    9 janvier 2014 - 21 h 25 min

    Yennayer fête algérienne!
    Yennayer fête algérienne! Bientôt Jour férié et fêté collectivement!




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