Win-win et rey-rey

Par Kamel Moulfi – «Win-win», ça résonne comme une onomatopée. C’est la formule magique qui a échappé en leur temps aux joueurs de «rey-rey» qui plumaient les pigeons nombreux à se hasarder à l’époque dans les rues de la Casbah d’Alger. «Win-win», c’est le sésame qui s’impose aujourd’hui dans le «climat des affaires» que les grandes sociétés internationales veulent instaurer avec les pays en développement, comme le nôtre. La formule est parfois utilisée, presque comme un gargarisme, dans sa version originale mais beaucoup de responsables algériens lui préfèrent, par précaution ou par habitude, sa traduction française : gagnant-gagnant. Quand elle est accompagnée d’un petit sourire malicieux en coin, quasiment irrépressible, c’est rassurant, on comprend que le dirigeant algérien qui en parle n’y croit pas et c’est tant mieux, mais très souvent, hélas !, cette formule inventée ailleurs est dite avec le plus grand sérieux, en public. «Win-win» : pour comprendre, comment ça marche, il faut lire l’article d’Algeriepatriotique sur la grosse ficelle d’Axa. Qui s’en préoccupe ? Les entourloupes ne manquent pas et les opérateurs étrangers ne sont pas du tout mécontents du «climat des affaires», qu’ils souhaiteraient encore plus permissif et, naturellement, au détriment de l’Algérie. Et quand les pouvoirs publics serrent les vis pour réduire l’hémorragie de devises provoquée par des «ruses» de ce type – parce que dans notre pays, oui, il y a encore des gestionnaires patriotes, soucieux de l’intérêt de leur pays –, les échos médiatiques qui montent ne sont, malheureusement, pas destinés à dénoncer la malhonnêteté des «partenaires étrangers» mais la mesure salvatrice prise par l’Algérie. Les commentaires qui ont suivi notre article donnent de l’espoir. Ils montrent que les Algériens «incrédules» sont plus nombreux qu’on ne le pense. Le «win-win» ne trompe que ceux qui veulent bien s’y laisser prendre. Les autres devraient renforcer le contrôle et sanctionner les infractions à la loi. Personne ne leur reprochera de faire leur travail.
K. M.
 

Comment (10)

    Anonyme
    1 décembre 2014 - 14 h 01 min

    @Par Mohand (non vérifié) |
    @Par Mohand (non vérifié) | 1. décembre 2014 – 13:44
    parfaitement d’accord avec toi, mon ami. Ils ont trouvé l’astuce pour placer les leurs dans les ministeres, on pondant une mesure tout a fait saugrenue, qui interdit aux natifs d’Alger, par exemple, d’occuper des postes dans les ministeres (surtout la justice) sous pretexte qu’ils ne doivent pas travailler dans leur wilaya! incroyable mais vrai. Autremenent dit, aucun genie en n’importe qu’elle matière ne peut occuper un poste dans un ministere s’il ne vient pas d’ailleurs qu’Alger. Facon de rameuter leur enfants du bled.Et si demain, les ministeres etaient deplacés (comme le projet fut initié au temps de chadli) vers d’autres wilayas, ils s’empresserons d’abroger cette mesure qui les desservira.
    Tu as surement entendu les histoires de ces ministres qui, une fois nommés, installent leurs enfants comme conseillers dans leur propre staff. Lorsqu’on se rapelle que Boumedienne (Allah yerhmou)malade, dans un hopital à Moscou, avait recu la visite de son jeune frère, en compagnie d’un ministre, sa première question fut  » qui a payé le voyage de mon frère ». Quand on a lui repondu, qu’il a été pris en charge par la présidence. Il a donné sur le champ, instruction, pour qu’on defalque les frais de voyage de son frère sur son propre salaire. Voilà, la moralité qui manque à ceux qui dirigent l’Algerie en ce moment.

    Mohand
    1 décembre 2014 - 12 h 44 min

    Pas seulement les années 80,
    Pas seulement les années 80, les années 70 aussi, du temps de boumédienne, la première génération de cadres algériens formés dans les grandes écoles ont fait merveille… quoiqu’ils rendaient jaloux ceux qui ont occupé des postes parcequ’ils ont pu se faire établir une attestation communale etc… Il faut peut ajouter qu’actuellement les nomminations sont tellement incroyables y compris celle du Président qu’on se demande ce qu’ils en ont fait des procédures d’avant. Niveau de formation, enquêtes de moralités, enquêtes professionnelles et enquêtes sur les engagements ainsi que les relations du cadre pressentis quelle que soit le domaine civile et militaire. Je m’amuse quelques fois à regarder les JO pour lire les nominations et j’avoue être beaucoup surpris par certaines désignations par decret présidentiel. On nomme par décret des personnes (certaines je corrige) parcequ’ils ont dit oui , pour des attributions de marchés illégaux, parcequ’ils signent des procés verbaux de commission de marchés qu’on lui dit de signer. De président de commission on passe directement au poste de Directeur Général, qu’il soit illettré en Arabe et en Français ça ne gène personne. Et si par hasard il est natif de l’ouest ça passe encore beaucoup plus vite. L’Algérie s’enfonce dans la médiocratie parceque certains ne voient que les affaires et l’argent qu’ils gagnent et qu’ils veulent continuer à gagner.

    Anonyme
    1 décembre 2014 - 9 h 35 min

    dans les années 70-80
    dans les années 70-80 l’algerie etait entre les mains de « batisseurs »,aujourd’hui elle est entre celles des « demolisseurs ».

    C’est là, toute la difference !

    Anonyme
    1 décembre 2014 - 8 h 44 min

    @Par Mohand (non vérifié) |
    @Par Mohand (non vérifié) | 30. novembre 2014 – 19:05
    si tu as été dans les années 80 dans les entreprises publiques, tu dois te rapeller qu’à cette époque, on faisait la chasse aux entreprises étrangères fictives, qui soumissionnaient en masse, sous diverses raisons sociales, pour le meme marché, manière de decrocher un contrat en se qualifiant comme le mieux-disant. Après la pré-selection, les 5 ou 10 entreprises retenues devaient passer devant la commission de négociations, ou parfois les entreprises mal classées consentaient des réductions spéctaculaires sur leurs offres pour rafler un marché. On avaient de redoutables négociateurs qui n’avaient qu’un seul souci, faire gagner de l’argent à leur pays, en contre-partie d’un miserable salaire, qui a conduit à une misérable retraite plus tard. Rabi wkilhoum.

    Aujourd’hui, une nouvelle generation est née, elle ne croit plus aux reves collectifs, mais négocie les marchés en fonction d’interets personnels. Au diable l’interet général, au diable l’Algerie et les reves communs. C’est le « vole qui peut » qui prime sur tout.

    Mais au final, rien ne vaut une conscience tranquille et le respect qu’on retient de soi-meme. Et puis, un jour, viendra l’heure de rendre des comptes au créateur. Ce jour là,( pour les voleurs,les corrompus, les traitres et les comploteurs ) »
    « …ne sera jamais accepté d’aucun d’eux de se racheter même si pour cela ils (donnaient) en rançon le contenu, en or de la Terre. Ils auront un châtiment douloureux, et ils n’auront point de secoureurs. » Coran, s3v91

    Anonyme
    1 décembre 2014 - 6 h 48 min

    Je commerces tu commerces
    Je commerces tu commerces nous commerçons oui ok ! Mais se lancer dans affaires loufoques et puis aucune chance d’aboutir à un bon résultat pour sauver la mise cela s’appelle tout simplement de l’escroquerie …ray-ray c est bien cela car aucune chance de gagner et pi si tu gagnes les lascars qui sont autour et font semblant de jouer re pointeront le douk-douk ( couteau) dans le dos …cest cela quoi on joue nos dirigeants ( khelil est le plus gros joueur de Ray-Ray. A ciel ouvert …le petit gaid lui c est avec une artillerie lourde …!

    Mohand
    30 novembre 2014 - 18 h 42 min

    Désolé pour les fautes de
    Désolé pour les fautes de frappes, je ne devrai pas en faire moi qui critique justement ceux qui en font. Po

    Mohand
    30 novembre 2014 - 18 h 05 min

    Je fais pendant quelques
    Je fais pendant quelques temps responsables en Algérie du tant où les cadres sont choisis d’abord sur leur compétence, puis vient la région de naissance et enfin l’adhésion ou non au Parti unique. J’avoue que pendant cette longue période les cadres étaient compétents, ils savaient écrire, gérer et souvent ils damment le pion aux spécialistes étrangers… Il y a quelques jours un européen m’a envoyé trois mails, écrits par un directeur général d’une Institution publique. J’avais honte du charabia mélangé à du chinois aucune ponctuation , des fautes d’orthographe et bien de syntaxe… terriblement afligeante un éleve du CM ferait sans doute mieux.
    J’ai alors répondu à mon contact pour lui dire pourquoi il m’a envoyé ces mails, malgré les fautes nombreuses on voit un peu ce qu’il veut dire ce DG; il m’a répondu tu sais je t’ai envoyé ces mails pour te contredire sur l’Algérie que tu défends, il ajoute avec des dirigeants comme celui , et sans doute il y en a beaucoup, l’Algérie ne se relevera pas.
    J’avais envie de lui dire tu as raison ! mais je me suis tu honteux en somme…

    Anonyme1
    30 novembre 2014 - 18 h 00 min

    Le « rey-rey » ou « es-Sefra »
    Le « rey-rey » ou « es-Sefra » (couleur de la carte à jouer représentant le Roi, rey en espagnol), jeu de passe-passe pour « plumer les « pigeons » n’était pas l’apanage de la capitale. toutes les villes et villages d’Algérie, surtout les ports Avaient leurs « équipes » dont les joueurs venaient presque tous des milieux interlopes. Pendant la Guerre de libération, le jeu fut interdit par le FLN. On se souvient des premiers plans du film « La Bataille d’Alger » montrant le Chahid Ali-la-Pointe s’exerçant au jeu dans la Casbah avant de devenir le Héros que l’on sait.
    Revenons à l’article: il est tout à fait exact mais il ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Société Générale; BNP Paribas; Natixis; ABC Bank; Gulf Bank; Fransabank et bien d’autres officines installées en Algérie sur les cendres de Khalifa Bank, CA Bank, deux banques algériennes (le PDG de la deuxième fut emprisonné de longues et mourut dans la fleur de l’âge), en sont les principaux outils de la prédation et du pillage en règle de l’économie algérienne

    karimdjazair
    30 novembre 2014 - 16 h 02 min

    On ne va pas cracher dans la
    On ne va pas cracher dans la soupe, mais en meme temps si celle ci est d un gout douteux, on ne la boira pas non plus.

    Oui à l investissement étranger, si celui ci crée des emplois, et transfert de la technologie et améliore la capacité de production locale, il doit donc y avoir de veritables perspectives. Si c est juste pour minimiser les couts de production, de par la main d oeuvre bon marché, et servir de débouché, et donc juste faire du bénéfice, je ne vois pas trop l intéret de ce win win.

    Il faut que de part et d autres il y ait une veritable volonté de developper un partenariat privilégié, bénéfique aux deux parties.

    De toute manière, je compte plus sur l investissement de nationaux, et c est à cela, que l Etat algérien doit donner la priorité et surtout y mettre tout le paquet.

    amal
    30 novembre 2014 - 12 h 20 min

    Win-win fonctionne seulement
    Win-win fonctionne seulement lorsque quelqu’un qui achète les oeufs d’or de quelqu’un n’oblige pas ce dernier à tuer la poule.
    Tu es mon partenaire et j’ai besoin de toi alors je prend soin de ne pas t’étrangler durant une seule affaire. Je ne vois pas ce que une aussi noble pensée aurait de mauvais?
    Lorsque quelqu’un me vend quelque chose, je sais qu’il veut avoir mon argent dont il a besoin et moi je sais que j’ai besoin de ce qu’il me vend même si c’est lui qui a créé ce besoin. Cependant, s’il a la mentalité win-win, il n’irais pas boucher les trous de la serrure de mon magazin avec de la colle pour pouvoir me vendre le service de me la réparer, mais il trouvera un autre moyen intelligent de me soutirer de l’argent en m’offrant les meilleurs conditions de travailler. Je suis libre, il est libre mais il compte sur son intelligence pour créer chez moi un autre besoin qui va m’aider à prospérer et non à sombrer. Que ce serait bien de voire la formule win-win coloniser l’esprit des algériens! ce sera une véritable bénédiction.

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