Saïd Sadi à Béjaïa : «Je n’ai aucun mal à assimiler Messali au maréchal Pétain»

L’ancien président du RCD, Saïd Sadi, qualifie l’autosaisine de la justice, suite à ses propos sur des personnalités historiques (Kafi, Messali et Ben Bella), d’«imbécillité». S’exprimant aujourd’hui dans une salle archicomble du Théâtre régional de Béjaïa, l’auteur du livre polémique sur le colonel Amirouche accueille avec «sérénité» le procès que va lui intenter le parquet. Devant un public majoritairement acquis à sa cause, à savoir le droit de débattre publiquement des faits de l’histoire, le Dr Saïd Sadi, galvanisé, affirme que «ce procès est le bienvenu». Pour lui, ce sera une tribune pour mener le débat, interdit ailleurs, sur l’histoire. Evoquant Ali Kafi, le conférencier commence par admettre que «personne ne peut nier son parcours révolutionnaire. Je lui reproche son jugement détestable sur Abane Ramdane». Autrement dit, Saïd Sadi n’a rien d’autre à reprocher à cette figure historique et ancien président du Haut Conseil d’Etat. Revenant sur l’actualité de ces deux dernières semaines, notamment l’affaire de Charlie Hebdo et du gaz de schiste, l’ancien président du RCD parle d’une «aliénation parisienne sur l’Algérie». Saïd Sadi dénonce dans ce sillage l’hypocrisie de certains journalistes français notamment «Laurent Joffrin qui accepte d’abriter la rédaction de Charlie Hebdo, alors (qu’)il a refusé dans les années 1990 de dénoncer les massacres en Algérie». Saïd Sadi rappelle ainsi que des médias français ont bien véhiculé la thèse de «qui tue qui» en Algérie. Adepte de la lutte pacifique pour la démocratie, Saïd Sadi appelle à la vigilance et, surtout, à ne pas répondre aux provocations. «Nous devons éviter de tomber dans les provocations du pouvoir», a-t-il appelé. Revenant sur le parcours riche et controversé de Messali El Hadj, Saïd Sadi assure qu’il n’a «aucun mal» à assimiler «Messali El Hadj au maréchal Pétain : début héroïque, puis revirement contre les chefs de la Résistance». Pour étayer ses propos, Sadi cite Ali Haroune, responsable politique de la Fédération de France du FLN historique, qui a évoqué dans son livre les dérives des messalistes en France. Interrogé une nouvelle fois sur l’autosaisine de la justice, Saïd Sadi répond : «Cela ne me gêne pas. Je suis un client permanent de la Justice. Il faut que ce débat ait lieu.» Sadi révèle dans ce sillage que son fils aussi va bientôt passer devant la justice, sans fournir de détails sur la nature de l’affaire.
Rafik Meddour
 

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