Une fête, deux camps

Par Kamel Moulfi – Pour la première fois, le pouvoir ne bénéficie plus de l’avantage du consensus national autour de sa politique énergétique qui rencontre, depuis quelques mois, une surprenante opposition populaire contre l’exploitation du gaz de schiste voulue par le gouvernement. Cette opposition, dont le pouvoir est obligé de tenir compte, se traduit, d’une part, ouvertement, dans les manifestations des habitants d’In Salah qui reçoivent le soutien des régions voisines, et, d’autre part, de façon plus diffuse, mais non moins massive, dans le reste du pays, dans une solidarité qui s’exprime sous diverses formes avec In Salah. Le mouvement visant à protéger l’environnement face à l’exploitation du gaz de schiste n’est pas né des partis en place, il a surgi hors de l’espace politique. Ce ne sont plus les débats, sans suite, entre experts au service de clans du pouvoir sur la politique énergétique à suivre, motivés par des intérêts de rente, comme c’était le cas avant, mais des positions affichées avec fermeté, au sein de la société, par les jeunes et leurs familles entières, y compris les femmes et les enfants. Le consensus, historiquement établi autour de la place des hydrocarbures dans l’économie nationale, semble même avoir changé de nature, en reposant cette fois sur la recherche d’alternatives aux hydrocarbures et, en premier lieu, sur le refus de laisser faire les premiers pas vers l’exploitation du gaz de schiste. C’est la forte dépendance de notre pays à l’égard des hydrocarbures, mise à nu par la chute des prix du pétrole, qui a donné aux contestataires une raison supplémentaire de rejeter l’option du gaz de schiste. Ils l’ont fait à partir d’un sens admirable de l’intérêt national. Et les partis politiques regroupés autour de l’Instance de concertation et de suivi (ICSO) ont fini par suivre et par s’y mettre, eux aussi. Le 24 février 2015 marque l’entrée de la politique énergétique dans le champ des luttes politiques de l’opposition, inaugurées par l’organisation, aujourd’hui, de rassemblements contre le gaz de schiste.
K. M.
 

Comment (9)

    anonyme
    24 février 2015 - 23 h 17 min

    Par tahia el djazair (non
    Par tahia el djazair (non vérifié) | 24. février 2015 – 23:50
    … avoir les mains propres c’est une des conditions pour faire avancer le pays. à bas les corrompus et les corrupteurs!




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    tahia el djazair
    24 février 2015 - 22 h 50 min

    Aussi bien que le pouvoir ou
    Aussi bien que le pouvoir ou l’opposition , Bouteflika ou Ben flis , le peuple , les riches ou les pauvres , tous les algériens doivent savoir une bonne fois pour toute que tout développement, toute civilisation , toute politique toute démocratie , passe par une condition élémentaire sans laquelle rien ne se fera et rien ne sera possible (sauf si on veut mentir et se mentir ) : C’EST LA PROPRETÉ… Tant que le pays est sale , les villes sont sales , les villages sont sales , les rues sont sales , les champs sont sales, les WC sont sales , les quartiers sont sales , les plages , les mosquées , les stades , les hôpitaux , les casernes , les écoles , les bureaux , les espaces publics et privés sont sales , parfois très sales etc… et tant il n’y a aucune propreté partout ; tant qu’il y a un manque d’hygiène flagrant et honteux , tant que les algériens et les algérienne ne se lavent pas et ne mettent pas des habits propres … il n’y aura aucun décollage économique du pays , aucun développement , aucune bien-être aucune civilisation … rien !!!




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    Anonyme
    24 février 2015 - 20 h 13 min

    l’opposition est un concept
    l’opposition est un concept qui se conjugué uniquement avec la peur et la clandestinité ;pour une fois ,des militants ,des partis et de simples citoyens ont réussi la prouesse de dire ,HAUT ET FORT , NON !
    A QUOI ?
    à la seconde béquille ,après celle des forces de répression , du pouvoir :
    LES HYDROCARBURES ,notamment le GAZ DE SCHISTE ;
    les multinationales après le clan lui même , sait que les lignes commencent à bouger dans ce pays .




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    Adel
    24 février 2015 - 16 h 39 min

    Pipo, pipo aucune fausse
    Pipo, pipo aucune fausse note, quelques trublions de surcroit imaginent que la foule allait les suivre.
    Ce soir tout le monde rigole.
    J’ai reçu des comptes rendu de plusieurs wilayas, une journée de fête sans incident, hélas sauf celui celui qui s’est produit a l’entrée du tunel d’aokas.
    Toutes mes condoléances aux familles des victimes




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    Rabah
    24 février 2015 - 16 h 22 min

    Plutôt un pays profondément
    Plutôt un pays profondément divisé à cause d’un pouvoir autiste et archaïque qui veut entrainer l’Algérie dans sa chute inévitable.




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    Hamid
    24 février 2015 - 14 h 44 min

    « Les partis de l’opposition
    « Les partis de l’opposition regroupée autour de l’Isco s’y sont mis aussi  » . C’est bien . Mais avec quel succès ? L ‘insignifiance de la mobilisation d’aujourd’hui que le dispositif policier ne peut ^pas expliquer à lui seul pose la question de la représentativité de ce conglomérat de partis et de l’absence d’une alternative au régime qui soit portée par le peuple .




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    Kahina
    24 février 2015 - 13 h 22 min

    Le pouvoir Algérien est prêt

    Le pouvoir Algérien est prêt à mettre le sud Algérien aux mains des multinationales ( TOTAL et des compagnies américaines) pour expérimenter et détruire tout ce qui est vivant. Sans remord ni scrupule.
    Les pro-gaz de schiste n’ont aucune fibre nationaliste.
    Le 4eme Mandat a coûté trop cher pour l’Algérie et sur tous les plans. Ce 4eme Mandat a démontré que ceux qui nous dirigent sont à la solde des billets verts et de l’Euro.

    Je n’ai pas l’impression qu’ils savent ce que veut dire le  » 24 Février ». Tout ce qu’ils font va dans le sens opposé de cette journée.

    En tout cas, il n’ya que le peuple qui sauvera ce pays.




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    New kid
    24 février 2015 - 11 h 36 min

    Le gaz de schiste pour cette
    Le gaz de schiste pour cette gouvernance, est comme la drogue pour Momo 6.
    Mais quel rapport avec les islamistes ? Elle s’en sert comme d’une épée de Damoclès sur la tête du chaab djazairi.
    Cette dictature ne veut rien laisser aux générations futures ou au pays pour affronter les siècles à venir et à laisser l’Algérie se promouvoir au rang des nations civilisées.
    Apres elle ce sera l’alluvion du déluge qu’ils auront délibérément créé.




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    citoyen karim
    24 février 2015 - 9 h 27 min

    Il existe des Algériens
    Il existe des Algériens confronté à l’injustice d’un pouvoir antinational, hostile à tout ce qui touche au sentiment patriotique. Des gens tout ce qu’il y a d’ordinaire –j’en fais partie-, qui mènent un combat de longue haleine contre cette nouvelle forme de colonialisme hybride et des plus dangereux car il s’attaque à tout ce qui a trait à l’émergence d’une Nation, encore plus destructeur que celui, des conquêtes, qui l’a généré.
    De simples citoyens qui sont livré à un combat disproportionné pour un idéal de société plus juste, plus morale, plus équitable. Se sont d’abord ces Algériens qu’il aurait fallu fédérés.
    Il existe au sein de notre Armée des officiers supérieurs patriotes qui sont disposés à accompagner un changement politique dans notre pays dans le cadre d’une transition pacifique. Ils n’ont cessé et ne cessent d’envoyer des messages clairs pour une opposition qui soit issue des enfants meurtris d’une Algérie blessée, j’essaye modestement depuis 2009 à sensibiliser tous ceux qui peuvent éclairer les individus à devenir citoyen parce que convaincu que ce n’est certainement pas aux étrangers de le faire, encore moins aux multimafieuses, comment ce fait-il que je ne fais pas parti de ce qui est appelé chez nous opposition ? Pourtant ce n’est certainement pas faute d’avoir essayé, et par tous les moyens, d’en faire partie.
    Je suis convaincu que ce n’est pas due à de la mauvaise foi, mais plutôt à un manque de… lucidité !
    Je viens d’avoir une longue discussion avec Monsieur Nebbou –le Docteur Sadi le sait- et je ne cesse de mesurer l’ampleur des malentendus qui nous sépare de cette indépendance nationale tant espérer par nos Martyrs.
    Karim Aït Aïssa




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