Etrange mise au point du FLN : Amar Saïdani a-t-il été rappelé à l’ordre par la Présidence ?

Le parti du Front de libération nationale assure que son secrétaire général n’a nullement critiqué les partis de l’opposition et se démarque totalement de ce qui a été rapporté dans les médias. Dans une déclaration mise en ligne sur son site officiel, l’ex-parti unique apporte des précisions et fait état d’une mauvaise interprétation et d’une déformation des propos de Saïdani, lequel s’adressait uniquement aux militants en leur demandant de s’intéresser à l’histoire des partis et à leurs référents idéologiques. «Certains partis algériens n’ont pas compris l’intervention du frère Amar Saïdani, secrétaire général du parti du FLN, faite samedi à l’hôtel El-Riadh de Sidi Fredj, à Alger. Le SG s’adressait aux militantes et militants du parti en les appelant à bien comprendre les idéologies, les idées et l’histoire des partis en Algérie et à l’étranger», a précisé le FLN, assurant qu’il avait cité des partis dans un but pédagogique pour mieux faire comprendre son idée aux militants. «Amar Saïdani a pris comme exemple le Parti de la justice et le développement (PJD) d’Abdallah Djaballah et du Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas) d’Abderrezak Mokri. Sur le plan international, le frère Amar Saïdani a évoqué le parti au pouvoir en Turquie AKP, en se demandant si ce parti a des racines qui remontent à l’époque ottomane ou il est le fruit du nouvel Etat national turc moderne. Il a aussi évoqué le Hezbollah et son dogmatisme qui le lie à l’Iran ainsi que le mouvement Hamas palestinien, en relevant la différence entre les partis qui appartiennent à un courant idéologique ancien et ceux qui ont été créés pour défendre une idée, sans qu’ils aient une base militante et des structures», a souligné cette formation politique selon laquelle le parti de Sofiane Djilali a été en effet cité comme l’exemple d’une formation sans base militante. Le FLN a insisté sur le fait que les propos de Saïdani ont été déformés et sortis de leur contexte, assurant qu’il n’avait voulu attaquer aucun parti. L’ex-parti unique dit regretter que certains partis soient allés vite en besogne en répondant à Amar Saïdani «en des termes défiant toute éthique politique». Amar Saïdani a-t-il été rappelé à l’ordre par la Présidence ? Possible. Surtout que le message du chef de l’Etat, qui suscite encore des interrogations, ne semble pas encore être validé dans sa version française pour qu’il soit mis sur le site officiel de la première institution de la République. Il est nécessaire de rappeler la contradiction flagrante relevée dans les deux versions du message du premier magistrat du pays. La version française, comme nous l’avions rapporté, contient une phrase critique contre la presse, qui n’existe pas dans la version originelle écrite en arabe et lue par son conseiller Benamar Zerhouni à Ghardaïa, à l’occasion de la fête de la Victoire, le 19 mars dernier. Le recadrage du discours de Saïdani fait aujourd’hui par la direction du parti sonne comme une volonté d’apaiser une situation politique très tendue après ses successives attaques contre l’opposition. Il est difficile de croire à la mauvaise interprétation des propos d’Amar Saïdani pour la simple raison qu’il passait tout son temps à tirer à boulets rouges sur l’opposition.
Rafik Meddour
 

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