Ordures : une affaire d’Etat

Par Kamel Moulfi – Les Algériens vont finir par s’accommoder de la saleté ambiante et oublier ce qu’est la propreté des rues et places d’une ville. Ils se résignent à cette situation alors qu’il n’y a rien de plus désagréable qu’un environnement infect. Les trottoirs sont recouverts d’une crasse repoussante, les rigoles encombrées de tas de gobelets en plastique ou de petits emballages divers que les passants jettent sans se soucier de la salubrité des lieux qu’ils fréquentent pourtant. Des endroits en plein centre, à peine à l’abri du regard, sont utilisés comme urinoirs faute de toilettes publiques. Les camions bruyants, et eux-mêmes sales, chargés du ramassage des ordures passent et repassent dans certains quartiers comme pour se faire voir. Manque de civisme des citoyens et incurie des autorités locales se conjuguent pour perpétuer cette situation dramatique qui s’est installée durablement depuis quelques années. Les velléités des responsables à tous les niveaux, exprimées dans des discours creux, n’ont rien changé à la réalité. Les annonces de «nettoyer les villes» ont été lancées sans effet alors que les ordures occupent jusqu’aux petits espaces verts. Le slogan de «campagne de propreté» a été tellement galvaudé que les gens n’y croient plus et, d’ailleurs, aucun responsable n’ose continuer à en parler. Il y a eu un appel sur les réseaux sociaux pour une opération de nettoyage, soldée par un fiasco, tant personne n'a répondu à l'appel, non pas par fainéantise ou par insouciance, mais parce que les Algériens savent que cela ne servirait à rien et que le problème est ailleurs : l'hygiène et la propreté d'une ville ne sont pas une question de volontariat, mais une affaire d'Etat. On nous dit que des enveloppes de centaines de millions de dinars sont consacrées à rendre propres les agglomérations, comment se fait-il alors qu’elles ressemblent de plus en plus à des dépotoirs à ciel ouvert où les déchets sont jetés n’importe où et à tout moment de la journée. C’est un vrai plan qu’il faut pour avoir des villes propres. Et c’est l’obligation des autorités.
K. M.

Comment (29)

    Mouloud
    15 mai 2017 - 0 h 39 min

    Algérie poubelle
    Azul, Oui l’état Algérien est à l’origine de tous les problèmes de ce beau pays. Mais pour la propreté de nos villes et campagnes, l’état Algérien n’est pas le seul responsable. La population porte à elle seule la plus grande responsabilité de cette insalubrité.
    Pour confirmer cette responsabilité, il vous suffit d’observer le comportement bestial des individus en ville, à la campagne ou sur nos belles plages. Vous verrez alors que la plupart des gens n’ont aucun savoir-vivre et aucun respect de leur personne, ils crachent comme des lamas, jettent tout parterre, pisse sans gène la ou il mange et j’en passe. En résumé ils s’alissent tout ce qu’ ils touchent.
    A quelques exceptions, personne ne veut prendre en charge ses déchets et montre du doigt l’état. NON la propreté est l’affaire de chacun.
    C’est indigne pour un musulman.
    A bon entendeur

    Anonyme
    19 août 2015 - 18 h 00 min

    Conclusion, tant que
    Conclusion, tant que l’ALGERIEN , ne voyage pas il salira son environnement. Ne dit on pas que les voyages forment la jeunesse !
    Ceci est aussi valable pour tous nos responsables des communes, des wilayas et même du gouvernement, pour savoir prendre les décisions adéquates.

    Anonyme
    16 août 2015 - 12 h 52 min

    Les villes algériennes sont
    Les villes algériennes sont devenues des dècharges géantes à ciel ouvert .Venez à el aouana dans la wilaya de jijel et vous saurez c’est quoi la propreté

    T213
    16 août 2015 - 6 h 01 min

    En effet, les ordures qui
    En effet, les ordures qui jonchent notre environnement est une affaire d’État. Mais comme des ordures sont aux commandes de ce même État, notre pays est devenu une immense « mazbala ». Ce ne sont pas seulement nos villes qui sont sales, mais nos campagnes sont jonchées de détritus qui font le bonheur des chiens et des chats errants ainsi que des rats.
    Ce crime écologique est le résultat désastreux de la mafia au pouvoir qui se préoccupe uniquement des intérêts de ses membres en négligeant celui de la collectivité.
    La solution est très simple : il suffit de créer partout des centres de tris et de recyclage des détritus qui offriront du travail aux chômeurs, tout en produisant de la richesse. Actuellement, même si on veut faire preuve d’un comportement civique, on ne peut pas, car les moyens manquent. Trouve-on à portée de la main une corbeille pour se débarrasser de l’emballage d’un sandwich dans nos villes ? Dans nos campagnes, on ne trouve même pas de poubelles publiques pour jeter ses ordures. Résultats des courses : on se débarrasse de ses immondices comme on peut et bonjour les dégâts… En fait, c’est la loi de la jungle causée par des incompétents qui ont pris en otage tout un pays en détruisant son environnement.

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