Un arrêté le révèle : la France prévoit de mener des opérations militaires sur le sol algérien

Venant en remplacement de l’opération «Serval» au Mali, et lancée officiellement en juillet 2014, l’opération baptisée «Barkhane» devait «couvrir un périmètre plus large de la région subsaharienne», avait indiqué le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian lors de son lancement officiel. Celui-ci a bien précisé que la nouvelle opération régionale visait à «combattre le terrorisme dans le Sahara et au Sahel» et qu’elle allait être déclenchée «juste avant la tournée de François Hollande en Côte d'Ivoire, au Niger et au Tchad». Mais il n’a jamais été dit, dans aucune déclaration officielle des responsables français, que l’Algérie faisait partie des pays concernés par ce redéploiement de l’armée française dans cette région d’Afrique ou que notre armée travaillerait en coordination avec la France dans le cadre de cette opération. Pourtant, un arrêté daté du 25 septembre dernier et publié dans le Journal officiel de la République française (JORF) du 1er octobre 2015 (n°0227), cite nommément l’Algérie parmi les douze pays concernés par cette opération. Ce texte de loi a pour titre : «Arrêté du 25 septembre 2015 accordant aux militaires participant à des opérations extérieures sur les territoires de la République islamique de Mauritanie, de la République du Sénégal, de la République du Mali, de la République algérienne démocratique et populaire, de la République de Côte d'Ivoire, du Burkina Faso, de la République du Niger, de la Libye, de la République du Tchad, de la République fédérale du Nigeria, de la République du Cameroun et de la République centrafricaine, le bénéfice des dispositions de l'article L. 4123-4 du code de la défense»(*). L’arrêté stipule que «le texte permet d'accorder aux militaires, ainsi qu'à leurs ayants cause, servant dans le cadre de l'opération Barkhane, du 1er octobre 2014 au 30 septembre 2016 inclus», sur ces territoires «une couverture majorée des risques invalidité et décès». Il est donc très clairement énoncé dans le texte que des opérations militaires françaises peuvent, théoriquement, avoir lieu même sur le territoire algérien, alors que les officiels français n’y ont jamais fait allusion ouvertement. C’est pourquoi cette facilité avec laquelle l’Algérie a été impliquée dans le champ de bataille de l’armée française reste curieuse. Elle appelle, en tout cas, une réponse claire de la part du gouvernement algérien qui devrait demander des explications sur cette attitude grave qui porte atteinte à la souveraineté nationale. L’opération «Barkhane» s’étend aujourd’hui jusqu’au Tchad et au Niger, deux pays qui longent les frontières sud-est de l’Algérie, où le ministre français de la Défense s’est rendu plusieurs fois pour inspecter les troupes qui y sont toujours engagées. On sait que le président français et son gouvernement multiplient les appels depuis plusieurs mois pour arracher une décision de la communauté internationale pour «traquer» les groupes armés dans le Sud libyen, en vain. Pour le moment, du moins.
R. Mahmoudi
(*)
Lire le texte de l’arrêté

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