Intervention militaire britannique imminente en Libye : Cameron envoie ses troupes à Tripoli

Les capitales occidentales tremblent à l’idée de voir le mouvement terroriste Daech prendre le contrôle de la Libye. Pour tenter de faire face à une telle éventualité, le gouvernement britannique a dépêché, ce lundi, son chef de la diplomatie Phillip Hammond à Tripoli, pour annoncer une aide financière urgente de 10 millions de livres sterling au nouveau gouvernement dirigé par Fayaz Al-Saraj, et préparer une intervention militaire imminente. Le projet est déjà en phase de finalisation. Il s’agit, en effet, d’une intervention militaire d’envergure pour mettre fin au chaos imposé par les factions djihadistes armées, affiliées à Daech, à tout un pays. Le plan a été dévoilé par l’hebdomadaire dominical britannique The Observer de cette semaine. L’opération se déroulerait en plusieurs étapes. Elle débuterait par l’intervention d’une unité des forces spéciales britanniques composée de 1 000 hommes pour sécuriser Tripoli, la capitale, de sorte à permettre aux dirigeants politiques de prendre la direction des affaires en main. L’opération entamera, ensuite, sa seconde phase qui consiste à cibler toutes les zones sous contrôle des groupes armés, notamment aux alentours des champs pétroliers, principale source de revenus de l’économie libyenne.
Les forces britanniques devraient également se joindre aux forces de la coalition internationale, pour prendre part à une série d’opérations ciblant, en priorité, les capacités militaires des factions djihadistes et des groupes terroristes, qui posent un réel risque à la sécurité en Libye. Un risque pris très au sérieux par les capitales occidentales et qui pourrait éventuellement déborder sur les frontières et contaminer d’autre pays de la région, dont l’Algérie. Ces opérations consistent à mener des frappes contre les positions de Daech, l’entraînement des troupes libyennes au combat contre le crime organisé et les réseaux mafieux des passeurs des migrants illégaux vers l’Europe. «Il s’agit d’opérations soigneusement préparées», souligne l’hebdomadaire britannique qui a dévoilé les détails de ce plan. Un plan qui intervient dans une conjoncture dominée par de réelles craintes de voir la Libye se désintégrer et se transformer en une zone de non-droit où seul le langage des armes et de la terreur l’emporterait.
Un scénario irakien bis ?
Les autorités britanniques qui n’ont pas souhaité s’étaler sur les détails de ce plan d’intervention ont juste tenu à préciser que le chaos libyen «a atteint des proportions inquiétantes, à telle enseigne que la nouvelle direction politique ne sera pas en mesure de faire face seule à la menace de Daech». L’organisation terroriste s’était fixé comme objectif de cibler toute la région, l’Algérie et la Tunisie figurent dans le plan global de l’organisation, et d’instaurer un émirat terroriste dans le Maghreb.
A Londres, le gouvernement dirigé par le conservateur David Cameron subit d’énormes pressions de la part de la classe politique et de l’opinion publique au sujet de l’implication de leur pays dans des actions militaires en Libye. Tout le monde réclame plus de transparence sur une éventuelle intervention militaire dans ce pays, en raison des craintes d’un embrasement généralisé en cas d’échec de cette option. Certains analystes craignent même une reproduction du scénario irakien dans cette région, déjà extrêmement fragilisée par une présence active de groupes djihadistes, notamment au Sahel, et en raison aussi des incertitudes sur le devenir politique des certains Etats de la zone. En Tunisie, la phase de transition démocratique a du mal à décoller, alors qu’en Algérie la maladie du président suscite beaucoup de questionnements, d’autant que l’Algérie est considérée comme un pays essentiel dans le jeu des équilibres au niveau régional.
De Londres, Boudjemaa Selimia

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