Une brutalité inexplicable

Par Kamel Moulfi – Le pouvoir est-il aux abois à ce point ? Il adopte, de façon surprenante, un comportement qui est tout le contraire de ce qu’ont promis, il y a quelques mois à peine, les discours officiels qui annonçaient, de façon sereine, la révision constitutionnelle à propos du renforcement de la liberté de la presse et des nouveaux droits accordés à l’opposition parlementaire, autrement dit les contrepouvoirs indispensables à la démocratie. N’est-ce pas plutôt à un musellement que l’on assiste à travers une démarche allant crescendo vers une dérive autoritaire qui, de toute évidence, risque de conduire à une atteinte aux libertés d’expression et d’opinion, dont le pouvoir s’était, pourtant, accommodé durant des années ? L’affaire El-Khabar, l’encerclement du nouveau siège du journal El-Watan par la police, la mise en place précipitée de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel après des années d’hibernation et le projet de loi sur l’obligation de réserve dans l’armée étendue aux officiers et aux personnels à la retraite sont les indices précurseurs d’un paysage politico-médiatique bridé en contraste fort avec les libertés reconnues par la Constitution et censées avoir été consolidées par sa dernière révision. Il y a, de toute évidence, une brutalité inexplicable dans le virage adopté par le pouvoir dans sa pratique à l’égard de ses adversaires. Les prochaines échéances électorales de 2017 qui approchent à grand pas, pour le renouvellement de l’APN et des APC, et l’élection présidentielle d’avril 2019 qui n’est pas très éloignée dans le temps politique, peuvent-elles motiver le passage à des vitesses supérieures dans les mesures qui visent à affaiblir l’opposition jusqu’à rendre ses activités inopérantes ? Ou alors, tout cela est-il dû à la crainte, voire la panique du pouvoir de ne pas être en mesure de maîtriser une situation économique et sociale qui montre des signes de dégradation susceptibles de constituer des facteurs de tension insurmontables, les moyens d’acheter la «paix sociale» étant de moins en moins disponibles ?

K. M.

Comment (8)

    Erdt
    26 juin 2016 - 0 h 38 min

    Écrire dans la constitution
    Écrire dans la constitution des mots comme  » garantie des libertés…' »  » indépendance de la justice?? » » ..et patati et patata..des attrapée-nigaud qui n’ ont pas été dénoncés !! Quand la carrière du juge est entre les mains du pouvoir !! Et dire que sidna s’aider de l’ugta a insulté eddine e nos grand mères et que personne ne l’a remis en place!




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    TheBraiN
    25 juin 2016 - 10 h 14 min

    En défendant l’indéfendable à
    En défendant l’indéfendable à savoir le viol des lois même s’ils sont « tolérés » et « instrumentalisés » dans le cadre de la lutte des clans , l’auteur de l’article semble faire fausse route et privilégier l’aspect idéologique voir les affinités personnelles au sens de l’éthique .
    El WATAN et KBC ont violé les lois et le pouvoir les a laissés faire !
    Tout comme les autres chaînes TV privées continuent à violer les lois avec un pouvoir qui laisse faire …..pour le moment !




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    Larbi
    25 juin 2016 - 9 h 29 min

    El watan-Elkhabar
    dans le cas des deux médias, ils ont tout simplement bafoués la loi(conformité et autorisation d’occuper un studio sous celés de justice)

    seriez vous avec ceux qui ne respectent pas la loi?

    y aurait il des exception dés lors que l’on est un journal et/ou une télé?




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    lhadi
    24 juin 2016 - 14 h 14 min

    Republique des copains et des coquins
    Alors que les dérives du pouvoir sont de plus en plus fréquentes, alors que la confiance du peuple envers ces rebouteux qui propagent la discorde entre citoyens d’une même nation et considèrent la compétence comme un danger et l’intelligence comme une menace, la véritable lucidité semble néanmoins provenir des citoyens qui s’adonnent à la réflexion sur une société que les « Rastignac algériens » délaissent et perdent de vue.
    Ainsi, nombreuses les citoyennes algériennes et nombreux les citoyens algériens, qui comme moi, ne veulent plus de cette république des copains et des coquins qui met aux abonnés absents une politique à l’écoute du peuple : donc, ne peut être capable de donner une voie de développement de la société issue de l’entendement général.
    Fraternellement lhadi (lahdi24@yahoo.fr)




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    Jelloul El Fehaimi
    24 juin 2016 - 11 h 29 min

    « Il adopte, de façon
    « Il adopte, de façon surprenante, un comportement qui est tout le contraire de ce qu’ont promis, il y a quelques mois à peine, les discours officiels qui annonçaient, de façon sereine, la révision constitutionnelle à propos du renforcement de la liberté de la presse et des nouveaux droits accordés à l’opposition parlementaire »
    Il y’ a comme ça des expressions qui dénotent que :
    1) soit le journaliste a écrit son article avec son pied gauche
    2) Soit qu’il est resté un grand garçon qui croit au père Noël venant du pôle nord sur un traineau chargé de cadeaux.
    Et depuis quand les représentant d’un pouvoir de mafieux dit-il la vérité? Il faut revenir à la parodie d’élection de 2014 et se rappeler les gesticulations de Sellal qui disait aux Mascaréens « votez pour Bouteflika et il fera de Mascara une nouvelle Californie » et se dire que dans la foule il n’y avait personne pour lui dire que si Bouhef devrait faire de mascara une nouvelle Californie, pourquoi ne l’aurait il pas fait depuis 3 mandats de 15ans. Si l’on devait se référer aux déclarations des dirigeants du monde entier, jamais dans aucun pays et depuis l’antiquité, aucun leader n’a déclaré « je ne vous ment pas, je ne suis pas un menteur ». Sellal l’a déclaré maintes fois, et c’est dommage que son nez à l’instar de celui de Pinocchio ne s’allonge pas à chaque mensonge sinon celui de sella devrait être aussi long que celui de l’autoroute est-ouest.
    dans ce triste pays on nous affirme maintenant que l’Algérie enregistre un déficit énorme mais hélas le plus grave déficit n’est pas économique et financier c’est le grave déficit moral qui caractérise dirigeants et société.




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    Lemdigouti
    24 juin 2016 - 11 h 02 min

    Brutalité…..EXPICABLE
    Je pense que la brutalité dont traite l’article est explicable.
    Pourquoi explicable ?
    Parce qu’il ont osé l’inexplicable et l’impensable en présentant à la candidature présidentielle une momie en fauteuil roulant. Un grand malade victime d’un terrible AVC INVALIDANT A 100 % qui a laissé des séquelles irréversibles a été installé à la tête de l’État CONTRE TOUTE FORME DE LOGIQUE à tous les points de vue : santé, capacité à exercer, Constitution…..cette loi suprême qui frappe d’invalidité pareil cas.
    Dés lors, en maîtres absolus, les centres de décisions étant entre les mains d’usurpateurs de quoi et de qui
    peuvent ils avoir à craindre ???
    Les échéances électorales étant à portée de vue ils veulent rayer de la carte tout ce qui n’est pas caisse de résonance à leur main mise sur le système.
    Cette escalade dans la répression inaugure si besoin est la manière dont ils veulent régenter la vie du pays.
    De toute façon ils n’ont rien à perdre. Ils sont dans une situation de protection de leurs arrières pour perpétuer la protection du clan afin de ne pas rendre les comptes à la nation.
    Avec eux et cette fuite en avant tous les scénarios sont possibles. Les moyens de répression étant entre les mains de fidèles patentés ils pensent être maîtres à bord quitte à précipiter l’Algérie dans un abîme tout en ignorant les terribles conséquences ; pour le clan mafieux rester aux commandes est la seule alternative.
    Il faut les comparer à la situation de celui qui, dos au mur réagit de n’importe quelle manière pour sauver sa peau.
    Sombre avenir pour notre pays, où le peuple en spectateur non concerné assiste passif à la mise en place d’un scénario écrit par des prédateurs intéressés par leur seule survie, l’avenir du pays étant leur dernier souci.




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    anonyme
    24 juin 2016 - 10 h 48 min

    C’est trop!
    Une marche nationale est primordiale dans ce contexte où le pouvoir ne recule devant rien.
    Marchons pour une Algérie libre.
    Encerclement du siège d’EL WATAN ne doit pas passer comme ça.




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      25 juin 2016 - 9 h 31 min

      marche
      pensez à marcher pour des motifs valables, pas pour des gens qui ne respectent pas les lois de leur pays




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