Réfugiés : le coup de gueule de Charlotte Phillips
«Les dirigeants mondiaux ont laissé passer une occasion unique de résoudre la crise mondiale des réfugiés», a déclaré Amnesty International à Londres, à l’issue des négociations jugées «très décevantes» pour un nouvel accord des Nations unies concernant les réfugiés. Dans la nuit du 2 au 3 août, les Etats membres des Nations unies réunis à New York ont arrêté définitivement le document final, fort édulcoré, qui sera adopté lors d’une réunion de haut niveau des Nations unies organisée le 19 septembre pour faire face à la crise des réfugiés. Le pacte mondial concernant les réfugiés qui avait été proposé par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon n’y figure pas et ne sera désormais pas adopté avant 2018.
«En proie à la crise des réfugiés la plus grave de ces 70 dernières années, les dirigeants mondiaux n’ont pas assumé leurs responsabilités», a déclaré Charlotte Phillips, conseillère sur la question des droits des migrants et des réfugiés auprès d’Amnesty International. «La réunion de haut niveau de septembre constituait une occasion historique de trouver une solution mondiale indispensable à la crise des réfugiés. Au lieu de saisir cette occasion, les dirigeants mondiaux ont reporté à 2018 toute possibilité d’accord, tergiversant autour de décisions capitales alors que des réfugiés périssent en mer ou croupissent dans des camps, sans aucun espoir dans l’avenir».
«Cependant, ce n’est pas parce qu’ils ont échoué à adopter un accord que les gouvernements s’en tirent à bon compte. Les Etats ne peuvent continuer à se soustraire à la responsabilité qui leur incombe d’aider les personnes fuyant la guerre et les persécutions», a encore souligné Charlotte Phillips.
De Londres, Boudjemaa Selimia
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