Philippines : un attentat à la bombe fait douze morts à Davao

Par le passé, Davao a été le théâtre d'attentats meurtriers commis par des islamistes. D. R.

Au moins 12 personnes ont été tuées dans un attentat à la bombe, dans la soirée du vendredi 2 septembre, sur un marché de Davao, la plus grande ville du sud des Philippines, selon les autorités. Le président Rodrigo Duterte, maire de cette ville de deux millions d’habitants pendant près de deux décennies, se trouvait à Davao vendredi mais pas à proximité des lieux de l’attaque, selon son entourage. Après l’explosion, il s’est rendu «au bureau de police de Davao pour être tenu au courant de la situation», a déclaré son fils, et vice-maire de la ville, Paolo Duterte.

L’explosion a eu lieu peu avant 23 heures (heure locale) dans un marché animé où les gens dinaient, à proximité d’un hôtel prisé par les touristes et les hommes d’affaires, qui n’a pas été touché. «Nous avons retrouvé des éclats provenant d’un engin explosif improvisé», a déclaré un porte-parole de la présidence. 

Quant aux auteurs de l’attentat, il a évoqué la possible piste de trafiquants de drogue ou d’activistes islamistes, ajoutant : «Beaucoup sont en colère contre notre président et notre gouvernement»«Nous n’excluons pas la possibilité qu’ils puissent être responsables, mais il est trop tôt pour spéculer», a-t-il encore ajouté.

Douze personnes ont été tuées et plus de trente blessées, selon un nouveau bilan fourni par un autre porte-parole de la présidence. Près des lieux de l’explosion, des corps étaient mêlés aux débris de tables en plastique et de chaises. 

Par le passé, Davao a été le théâtre d’attentats meurtriers commis par des activistes islamistes ou des rebelles communistes. Davao se situe sur l’île méridionale de Mindanao, où des séparatistes musulmans mènent depuis des décennies une rébellion armée qui a fait plus de 120 000 morts. Les rebelles communistes, en lutte armée également depuis 1968, sont présents dans les zones rurales près de Davao.

Depuis son arrivée au pouvoir en juin, le président Duterte a lancé des pourparlers de paix avec les communistes. La rébellion et le gouvernement sont convenus la semaine dernière de prolonger indéfiniment la trêve décrétée en vue de ces négociations. Il a également ouvert ces dernières semaines des discussions de paix avec deux des principaux groupes rebelles musulmans, dont le Front Moro islamique de libération.

En revanche, il a déclenché une offensive militaire contre le groupe islamiste Abou Sayyaf, créé au début des années 90, qui a fait allégeance à l’organisation Etat islamique. Quinze soldats ont été tués lundi dans des affrontements avec Abou Sayyaf sur l’île de Jolo, l’un des principaux fief du groupe islamiste, à 900 km de Davao. Le porte-parole de la présidence a fait référence à ces combats à Jolo en évoquant la possible responsabilité des activistes musulmans.

Quant à la piste des trafiquants de drogue, Duterte a élu président sur un programme ultrasécuritaire, s’engageant à mettre fin en six mois au trafic de drogue en faisant abattre des milliers de trafiquants de drogue présumés. La guerre contre la drogue a déjà fait près de 2 000 morts.

R. I. 

Commentaires

    Anonymous
    4 septembre 2016 - 20 h 17 min

    Comme par « hasard » cet
    Comme par « hasard » cet attentat intervient au moment où le président Duterte allait rencontrer le leader du mouvement de rébellion de la région musulmane afin de confirmer un accord précédent sur une paix définitive
    Et c’est le groupe abu sayaf encore une fois , les idiots utiles d’un certain système.
    Comme quoi l’islamisme est véritablement un instrument de certaines puissances impérialistes jamais assez rassasiés en guerres……

    M DUTERTE tenez bon , vous allez certes en voire de toutes les couleurs mais cela signifiera que vous êtes effectivement l’homme qu’il faut à votre pays




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