La stratégie de la tension pour repousser les tournées de Ross

Christopher Ross, persona non grata chez les Marocains. D. R.

Une tournée de Christopher Ross, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, était prévue pour la fin du mois de mars 2016. Le Maroc a demandé de reporter cette visite jusqu’à la fin du conflit déclenché par l’expulsion de la composante civile de la Minurso. 

La résolution du Conseil de sécurité qui s’en est suivie a été rédigée de façon à contenter les autorités du Maroc et les pousser à accepter d’accueillir Ross. «Maintenant que le Conseil de sécurité a salué les résultats de l’accord sur la Mission de l’ONU (Minurso) et réitéré son appel à des négociations, rien n’empêche le retour de Ross dans la région pour poursuivre ses efforts de facilitation. Une proposition officielle est en train d’être faite aux parties et aux pays voisins», a déclaré Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général de l’ONU, lors de son point presse quotidien du 1er août.

Seulement, Rabat ne l’entendait pas de cette oreille. Pour éviter de devoir se prononcer et rejeter la proposition de l’ONU, le Maroc a préféré provoquer un autre conflit pour repousser de nouveau la visite de Ross. De là l’épisode d’El-Guergarate qui, selon les déclarations du coordinateur sahraoui avec la Minurso, Mhamed Khaddad, vise à saper les négociations prévues par les Nations unies. Pour rappel, Ross a été désavoué à deux reprises par Rabat et ses visites repoussées dans le temps à chaque fois, en attendant la fin du mandant du SG de l’ONU, Ban Ki-moon. 

La stratégie marocaine avec Christopher Ross

Dans toutes ses visites à Rabat, Ross entend que la proposition d’autonomie est le maximum que le Maroc a à offrir pour la solution du conflit du Sahara Occidental. Ross y oppose un questionnaire au Maroc sur «la nature du compromis (l’accord mutuellement acceptable) et les modalités de réalisation de l’autodétermination et quelles sont les modalités concrètes à suivre en ce qui concerne l’exercice du droit à l’autodétermination dans le cas du territoire du Sahara Occidental ?».

Au questionnaire de Ross, le Maroc répond par un autre questionnaire destiné au diplomate américain. Le 18 juin 2014, Rabat a envoyé une délégation ministérielle s’entretenir avec Ross à New York. Le compte-rendu de cette réunion signale que Ross «a été contraint d’accepter de s’engager à clarifier par écrit les paramètres de son mandat, loin de toute ambiguïté ou ambivalence», ajoutant que «la balle est dans son camp. Toute reprise du processus est désormais tributaire des clarifications qu’il est tenu d’apporter».

Pas de réponse de la part de Ross. Dans une note datée du 2 août 2014, le ministre marocain des Affaires étrangères se plaint auprès de l’ambassadeur des Etats-Unis à Rabat, Dwight Bush. Salaheddine Mezouar a exprimé «la surprise du Maroc de ne pas avoir obtenu de réponse à trois questions concernant la mission de Ross, en précisant que non seulement cette réponse, qui devait intervenir en 48 heures, est toujours attendue depuis le 18 juin dernier mais, qu’en plus, l’envoyé spécial préfère passer par d’autres canaux plutôt que de répondre directement, alors que sa responsabilité est de le faire de la manière la plus claire et que le Maroc est en droit d’obtenir des clarifications sur sa démarche».

Le 22 août 2014, Omar Hilale propose de permettre à Mme Kim Bolduc de rejoindre son poste à El-Ayoun pour pouvoir mener la guerre contre Ross. «L’accalmie autour de la Minurso permettra au Maroc de se concentrer au front diplomatique de Ross. Il sera ainsi en meilleure posture pour mieux résister aux pressions des capitales précitées, et canaliser ses efforts pour isoler Ross, l’affaiblir et le pousser dans ses derniers retranchements au sujet de son agenda caché au Sahara», dit-il.

Une note analytique sous le titre «La nouvelle stratégie de l’envoyé personnel : quel positionnement pour le Maroc ?», rédigée par le MAE marocain en date du 16 septembre 2014, fait une description de la vision des autorités marocaines de Ross. Selon cette note : «C’est un homme ambivalent, ambigu, qui dispose d’une réelle capacité à dire à chacun de ses interlocuteurs exactement ce qu’il a envie d’entendre. On ne peut pas dire dans l’absolu qu’il soit animé d’un sentiment anti-marocain. Par contre, il est indéniablement sceptique sur la volonté marocaine d’approfondir les réformes en matière de démocratie et d’Etat de droit. Il fait partie d’une frange au sein du département d’Etat qui a toujours nourri une certaine méfiance vis-à-vis du Maroc.» «L’envoyé personnel indique à présent pour la première fois que le moment est venu de réfléchir en termes stratégiques et de poser les termes de la solution mutuellement acceptable. En d’autres termes, les propositions mises sur la table des négociations par les parties jusqu’à présent n’ont pas permis d’avancer et donc qu’il faut réfléchir à autre chose. L’envoyé personnel arrive progressivement au constat qu’après cinq ans de médiation il doit rassembler de part et d’autre les ingrédients nécessaires pour qu’il puisse présenter sa propre initiative. Dans son esprit, il pourrait s’agir de donner un peu plus que l’autonomie et un peu moins que l’indépendance.»

Pour des raisons tactiques, il ne présentera rien de formel avant les élections en Algérie, en avril prochain, et va user de la diplomatie de la navette pour donner le sentiment que le plan qu’il proposera sera l’émanation de ses discussions avec les parties. En réalité,   Ross y réfléchit depuis au moins deux ans et a recruté deux experts sur les questions de médiation pour l’aider. Fondamentalement, l’élément manquant qui guide l’action de   Ross consiste à savoir quelle est la stratégie de Washington dans la région. Avant de servir l’ONU sur un plan formel, Ross incarne la vision américaine sur ce dossier.

Double casquette

Depuis sa nomination, Washington a décentralisé la gestion de ce dossier. En fait, la position américaine est fortement influencée par Ross lui-même. C’est cette double casquette, l’une officielle et l’autre officieuse, qui rend la situation difficile. L’unique option qui n’a pas encore été testée sur les parties jusqu’à présent est la formule confédérale. Ross l’a-t-il à l’esprit ? Elle pose un problème fondamental : dans un système confédéral, le droit à la sécession est garanti par la Constitution.

Une note adressée à l’attention du ministre des Affaires étrangères marocain en date du 2 octobre 2014 propose «d’évaluer la situation dans son ensemble et de mesurer le prix politique des événements à venir, en considérant, éventuellement, la possibilité pour notre pays de désavouer l’actuel envoyé personnel du secrétaire général, comme l’avait fait l’Algérie dans son temps avec son prédécesseur, Van Walsum, et ce au vu des tensions à répétitions qu’il suscite, qui affectent l’évolution de notre question nationale au sein du Conseil de sécurité et qui se répercutent sur nos relations avec l’un de nos plus importants partenaires».

Le 25 octobre 2014, sous le titre «Eléments d’une stratégie pour la gestion de l’exercice avril 2014-avril 2015 concernant la question du Sahara», propose le «recadrage du travail de l’envoyé personnel (EP)». Selon cette note, «Ross a démontré son parti pris flagrant et son attitude foncièrement hostile au Maroc. Sans entrer dans une confrontation ouverte avec lui, il s’agit de le discréditer. Sans en faire une victime, il s’agit de le forcer à renoncer à sa mission et, sans être ouvertement contre sa démarche, il s’agit de refuser d’être complice d’un scénario préétabli (l’échec du processus de 2007), notamment à travers les mesures suivantes : 
– limiter au minimum ses déplacements au Maroc et confiner les contacts avec lui au niveau de New York ; 
– en cas de déplacement au Maroc, le faire recevoir à un niveau intermédiaire (working level) ; 

– distiller au niveau des relais officieux (journalistes, universitaires, parlementaires, etc.) un message sceptique à l’égard de l’EP (est-il l’homme de la situation ? Peut-on faire le renouveau du processus politique avec le même EP ? etc.) ; 
– réagir fermement et promptement à tout écart de conduite de la part de l’EP ;
– Mettre la pression sur lui pour qu’il confirme, au préalable, la disposition de l’Algérie à s’inscrire fortement et sincèrement dans le compromis.

Diaspora Saharaui

Comment (19)

    Med Benhamou
    5 septembre 2016 - 13 h 17 min

    Le Maroc veut effrayer la
    Le Maroc veut effrayer la France et ses responsables politiques..

    Le Parquet anti-terroriste de Paris a démenti vendredi 2 septembre 2016 les propos du ministre de l’intérieur marocain qui affirmait que deux étudiants marocains avaient planifié des attentats en France, a rapporté dimanche le site France Bleu. « Si des preuves avaient été retrouvées lors des perquisitions des appartements des deux hommes, ils n’auraient pas été simplement expulsés vers le Maroc mais auraient subi un long interrogatoire en France », ajoute le site, ce qui lance des interrogations sur les objectifs d’une telle manipulation médiatique qui risque d’affoler la population de Metz, où selon le journal Assabah, proche des services secrets marocains, deux marocains s’apprêtaient à commettre des attentats visant une boîte de nuit gay, un restaurant et la Place de la République.

    Pourtant, la nouvelle du prétendu attentat déjoué grâce à la collaboration du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) marocain a été relayé par l’ensemble de la presse marocaine. Notamment par les supports les plus officiels.

    Il ne s’agit pas de la première fois que les services de la police marocaine avancent leur participation dans la neutralisation d’une tentative d’attentat en France. Ils prétendent avoir fourni aux services de sécurité français l’adresse de l’appartement de Saint Denis où Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats de Paris était planqué.

    En lançant des informations pareilles, le gouvernement du Maroc tente de cacher le rôle exclusif joué par les marocains résidents en France dans les derniers attentats meurtriers perpétrés en France et en Belgique.

    En effet, malgré la présence en grand nombre sur le sol européen d’algériens, tunisiens, turcs, la majorité écrasante des terroristes sont d’origine marocaine et selon certains observateurs, ils pourraient être manipulés par les services secrets marocains dans la cadre de l’instrumentalisation de la menace terroriste pour s’imposer comme allié indispensable dans la lutte anti-terroriste.




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    Tahar Ben Jelloun
    5 septembre 2016 - 13 h 10 min

    Rapport américain sur le
    Rapport américain sur le trafic des êtres humains au Maroc

    Le Maroc est un pays d’origine, de destination et de transit pour des hommes, des femmes et des enfants victimes du travail forcé et de la traite à des fins d’exploitation sexuelle. Des fillettes marocaines originaires de zones rurales pouvant avoir seulement 6 ans sont recrutées pour travailler comme employées de maison dans les villes et deviennent des victimes du travail forcé, ne recevant aucun salaire et subissant des menaces, des restrictions de leur liberté de circulation et des violences physiques, psychologiques ou sexuelles ; toutefois, une ONG a indiqué que le nombre des cas de travail domestique des enfants a baissé depuis 2005.

    Des garçons marocains sont soumis au travail forcé comme apprentis dans la fabrication artisanale, le bâtiment et les ateliers de mécaniciens automobiles. Des hommes, des femmes et des enfants, surtout originaires d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud pénètrent volontairement, mais clandestinement, au Maroc avec l’aide de passeurs ; une fois sur place, certaines des femmes et des jeunes filles plus âgées sont forcées de se prostituer ou, moins fréquemment, de travailler comme employées de maison. Des organisations internationales et des ONG locales signalent que les femmes et les enfants non accompagnés venant de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo et du Nigeria sont très vulnérables à la traite à des fins d’exploitation sexuelle et au travail forcé au Maroc.

    Des femmes originaires des Philippines et d’Indonésie sont recrutées pour être des employées de maison au Maroc, mais à leur arrivée, certaines sont soumises au travail forcé, elles ne reçoivent pas leur salaire, leurs passeports sont confisqués et elles subissent des violences physiques de la part de leurs employeurs. Une ONG locale a fait remarquer en 2014 que l’absence d’une ambassade ou d’un consulat des Philippine au Maroc fait courir aux ressortissants philippins, en particulier aux employés de maison, davantage de risques d’être victimes de la traite et rend plus difficile l’obtention de services de protection. Des réseaux criminels à Oujda, près de la frontière avec l’Algérie, ainsi que dans la ville côtière septentrionale de Nador, forcent des immigrantes étrangères sans papiers à se prostituer et à mendier ; les réseaux d’Oujda forceraient également des enfants à mendier. Certaines migrantes qui ont transité par Oujda, en particulier des Nigérianes, sont forcées de se prostituer une fois qu’elles arrivent en Europe. En 2014, le Maroc a connu une forte augmentation du nombre des migrants et des réfugiés syriens, mais on ne dispose pas d’informations sur leur vulnérabilité à l’égard de la traite des personnes au Maroc.

    Des hommes, des femmes et des enfants marocains sont exploités à des fins de travail forcé et d’exploitation sexuelle, surtout en Europe et au Moyen-Orient. Des Marocaines sont forcées de se prostituer, surtout dans les Émirats Arabes Unis, au Bahreïn, en Jordanie, en Libye, en Syrie et en Europe ; certaines d’entre elles sont limitées dans leur liberté de circulation et subissent des menaces et des violences psychologiques et physiques. Des recruteurs offriraient des emplois à des hommes marocains dans la région du golfe Persique, mais confisqueraient leurs passeports et soumettraient ceux-ci à la servitude pour dette après leur arrivée. Des garçons et des hommes adultes marocains sont attirés vers l’Europe au moyen d’offres d’emploi frauduleuses, puis forcés de vendre de la drogue. Certains étrangers, en particulier des Européens venant surtout de France et d’Espagne, font du tourisme sexuel infantile dans les principales villes marocaines.

    Le gouvernement du Maroc ne se conforme pas entièrement aux normes minimales pour l’élimination de la traite, mais il fait des efforts importants dans ce sens. Pendant la période visée par le présent rapport, il a un peu amélioré ses activités de soutien des organisations de la société civile qui travaillent avec les migrants vulnérables. Il a également élaboré un plan d’action national de lutte contre la traite dans le but d’adopter une législation contre la traite des personnes. Le droit marocain n’interdit pas toutes les formes de traite des êtres humains, et les agents publics ont continué d’assimiler la traite des personnes, le trafic illicite de migrants et la migration illicite. Le gouvernement a communiqué des données sur ses efforts modestes pour mener des enquêtes et des poursuites judiciaires au sujet de la traite des personnes et des délits liés à la traite des personnes ; toutefois, il n’a pas pu le faire au sujet de la condamnation des auteurs de la traite des personnes en 2014. Depuis plusieurs années, il n’a pas identifié proactivement les victimes de la traite parmi les groupes démographiques vulnérables ou fourni des services de protection à celles-ci. Il a fait des efforts insignifiants pour chercher à détecter les victimes de la traite parmi les migrants en situation irrégulière, surtout parmi les migrants subsahariens, et les autorités ont continué à faire des rafles, arrêter, détenir et expulser les victimes étrangères de la traite parmi eux.

    RECOMMANDATIONS À L’INTENTION DU MAROC :

    Promulguer et faire respecter une loi qui interdit toutes les formes de traite des personnes et prescrit des peines suffisamment sévères pour toutes les formes de traite des personnes, en la distinguant du trafic illicite de migrants ; augmenter de façon significative les enquêtes, les poursuites judiciaires et les condamnations des personnes se livrant à la traite des êtres humains, et garantir l’imposition de peines sévères ; garantir que les victimes ne sont pas sanctionnées pour des actes illicites commis en conséquence directe d’avoir fait l’objet de la traite des personnes, comme des violations au regard de l’immigration ; identifier proactivement les victimes de la traite, surtout dans la communauté des migrants étrangers ; élaborer et mettre en œuvre des procédures officielles concernant l’identification des victimes et leur orientation vers des services de soins ; fournir un financement et un soutien en nature aux ONG qui offrent des services spécialisés aux victimes de la traite, y compris aux victimes étrangères, et orienter les victimes vers ces prestataires de services ; améliorer énormément la collecte et la communication des données sur l’application des lois, en séparant notamment les données sur les délits liés à la traite des personnes et celles portant sur le trafic illicite de migrants ; et mener des campagnes d’information du public sur toutes les formes de traite des personnes.

    POURSUITES JUDICIAIRES

    Le gouvernement a fait de modestes efforts de répression de la traite des personnes. Le Maroc n’a pas de loi contre la traite des personnes, et ceci a continué de représenter un grand obstacle pour faire aboutir les poursuites concernant les délits liés à la traite et a provoqué la confusion entre les agents publics pour ce qui est de distinguer entre les infractions liées au trafic illicite de migrants, à la migration illicite et à la traite des personnes. Le code pénal du Maroc interdit le travail forcé des enfants aux termes de l’article 467-2, qui prescrit des peines d’un à trois ans de prison. Le code pénal interdit également la prostitution forcée et la prostitution des enfants aux termes des articles 497 à 499, qui prescrivent des peines allant jusqu’à 10 ans de prison ou la réclusion à perpétuité pour des délits s’accompagnant de circonstances aggravantes. Le code pénal ne définit pas et ne sanctionne pas expressément la traite à des fins d’exploitation sexuelle. L’article 10 du code du travail marocain interdit le travail forcé ; ce délit est passible d’une amende pour la première infraction et d’une peine de prison allant jusqu’à trois mois pour les infractions ultérieures. Si l’on exclut les peines pour les délits de prostitution forcée ou de prostitution d’enfants accompagnés de circonstances aggravantes, les peines ne sont généralement pas assez sévères. Le gouvernement a fait état d’efforts modestes de répression des délits potentiels liés à la traite à des fins d’exploitation sexuelle. Il a signalé de nombreux cas impliquant des suspects qui auraient été responsables de la prostitution et de l’exploitation sexuelle d’enfants, mais, sans disposer de détails à leur sujet, il est difficile de savoir s’ils comprenaient des délits liés à la traite des personnes et si des auteurs de la traite des personnes ont été poursuivis en justice. Le gouvernement a indiqué avoir engagé des poursuites judiciaires contre 37 personnes faisant travailler des enfants comme employés de maison, mais il était difficile de savoir si ces affaires constituaient du travail forcé. Il a également signalé avoir démantelé 19 réseaux de trafic illicite de migrants et de traite des personnes en 2013 et 2014, mais n’a pas donné de détails sur les efforts faits pour mener des enquêtes et des poursuites pénales à l’encontre de ces groupes. Le gouvernement n’a pas fait état d’enquêtes, de poursuites judiciaires ou de condamnations de fonctionnaires complices de la traite des personnes. Il a fourni une formation sur la lutte contre la traite des personnes à 937 responsables de la gendarmerie royale/gardes-frontières, ainsi qu’à des représentants de ministères et d’ONG et à des journalistes pendant une séance organisée en novembre 2014.

    PROTECTION

    Les efforts du gouvernement pour identifier et protéger les victimes de la traite sont demeurés insuffisants. En 2014, le gouvernement n’a pas signalé avoir cherché à identifier ou avoir identifié proactivement des victimes, y compris celles appartenant à des groupes démographiques vulnérables comme les migrants en situation irrégulière et les refugiés rencontrés par des agents publics dans le cadre du programme de régularisation des migrants. Toutefois, des organisations internationales et des ONG ont identifié indépendamment des victimes dans ces groupes pendant l’année. Dans le cadre de son programme de régularisation en 2014, le gouvernement a octroyé des permis de séjour et donné l’accès à des services publics, comme l’éducation, les soins de santé et l’aide à l’emploi, à des réfugiés et des migrants en situation irrégulière. Néanmoins, rien n’indique qu’il y ait des services gouvernementaux conçus spécifiquement pour aider les victimes de la traite ou des fonds alloués à ces fins. Le gouvernement n’a pas non plus indiqué avoir fourni des soins à des victimes marocaines de la traite rapatriées. Il a offert des services aux femmes et aux enfants victimes de violences, par l’intermédiaire du ministère de la Justice et de centres d’accueil d’enfants, mais il n’a pas indiqué que ces services aient été utilisés par des victimes de la traite. Le gouvernement a beaucoup compté sur les ONG et les organisations caritatives pour fournir des services de protection aux victimes, avec un financement ou un soutien en nature limité. Toutefois, des ONG et des organisations internationales ont indiqué avoir des relations de travail actives avec les responsables locaux des services de répression, qui signaleraient les enfants à risque – dont certains pourraient être des victimes de la traite – aux services de protection. De plus, en 2014, le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration a annoncé avoir signé un accord de partenariat avec 25 organisations de la société civile pour fournir des services humanitaires d’urgence aux migrants vulnérables, y compris aux victimes potentielles de la traite. Les autorités auraient encouragé des victimes à témoigner pendant des enquêtes sur des trafiquants et le décret no 1-11-164 protège mieux les victimes et les témoins qui font des dépositions contre les trafiquants ; toutefois, rien n’indique que des victimes aient témoigné en 2014.

    Le gouvernement n’a pas protégé les victimes de la traite de poursuites judiciaires engagées pour des actes illicites commis en conséquence directe d’avoir fait l’objet de la traite des personnes. Des ONG, des ambassades étrangères et des associations de la société civile ont signalé que, même si les descentes de police dans les communautés migrantes dans le nord et les refoulements vers l’Algérie ont diminué en 2014, les autorités ont continué à faire des rafles, arrêter, détenir et expulser des migrants étrangers en situation irrégulière, y compris des victimes de la traite. Les autorités marocaines n’ont pas cherché à identifier les victimes potentielles de la traite parmi ceux qui avaient été arrêtés et expulsés ; elles ont plutôt souvent traité les victimes étrangères de sexe masculin surtout comme des migrants illicites. De plus, en 2014, les médias, les organisations internationales et la société civile ont souvent fait état de violences – allant de l’expulsion à la mort – à l’encontre de migrants subsahariens, y compris de victimes potentielles de la traite, perpétrées par des agents publics marocains et espagnols le long des frontières des enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta. Il existe des dispositions juridiques pour prévenir l’expulsion des victimes étrangères de la traite vers des pays où elles pourraient subir des représailles ou des préjudices.

    PRÉVENTION

    Le gouvernement a fait quelques progrès pour empêcher la traite des personnes. En décembre 2014, il a adopté une stratégie nationale de la migration et de l’asile, qui comprenait des mesures de lutte contre la traite des personnes. Il a également élaboré un plan d’action national de lutte contre la traite des personnes, qui comprenait un engagement à finaliser et adopter une loi contre la traite des personnes, élaborer des mesures de protection des victimes, donner une formation sur la lutte contre la traite des personnes aux agents publics et investir dans des campagnes de prévention. En 2014, le gouvernement n’a pas organisé de campagnes de sensibilisation sur la traite des personnes, mais, en coordination avec une organisation internationale, il a entamé une étude au sujet de la traite des personnes au Maroc. Le ministère de l’Emploi et des affaires sociales a mené 312 inspections du travail et identifié des centaines d’enfants travailleurs au premier trimestre 2014, mais les inspecteurs n’ont pas identifié de victimes de la traite parmi eux. Les inspecteurs ont continué d’être entravés par le manque de personnel et ils n’avaient pas l’autorisation légale de pénétrer chez les particuliers, ce qui les empêchait d’identifier des enfants ou des adultes assujettis à la servitude domestique. Le gouvernement a indiqué avoir mené un nombre inconnu d’inspections de bureaux de placement privés qui ne respectaient pas les règlements en matière d’emploi, mais il n’a pas donné d’informations sur les résultats de ces inspections. Il a pris des mesures pour réduire la demande d’actes sexuels tarifés et de tourisme sexuel infantile au moyen de sa « Politique publique intégrée de protection de l’enfance », dont l’objectif est d’améliorer le cadre juridique de la protection des mineurs en incluant la mise en œuvre de sanctions pénales pour le recrutement d’enfants en ligne à des fins d’exploitation sexuelle et le tourisme sexuel. En outre, le gouvernement a continué de travailler avec l’industrie du tourisme pour empêcher l’exploitation sexuelle des enfants. Il donnerait à son personnel diplomatique une formation sur les droits de l’homme comprenant des questions relatives au droit du travail et à la traite des personnes. Il a fourni une formation sur la question de l’exploitation sexuelle, mais pas spécifiquement la traite des personnes, aux soldats marocains avant leur déploiement à l’étranger dans le cadre de missions de maintien de la paix de l’ONU.




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    Moroccoleaks
    5 septembre 2016 - 13 h 03 min

    Noam Chomsky : Le « printemps
    Noam Chomsky : Le « printemps arabe » a commencé au Sahara occidental.

    La question pourrait paraître saugrenue. Comment le petit peuple que constituent les Sahraouis pourrait être précurseur d’une lame de fond qui a déjà coûté cher à plusieurs dictateurs ? Quel lien peuvent avoir les révoltes populaires qui ont débouché sur le départ de Moubarak, de Ben Ali et de Kadhafi et celle qui a poussé les Sahraouis, qui vivent sous la coupe des Marocains depuis 41 ans, à manifester quelques semaines avant ?

    Chronologiquement d’abord, on peut constater que le mouvement de protestation qui a enflammé le Sahara occidental à Gdem Izik de la mi-octobre à la mi-novembre 2010 a précédé de quelques semaines à peine les premières manifestations de Tunisie.




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    Mahmoud
    5 septembre 2016 - 10 h 42 min

    Avec la force il ne peut y
    Avec la force il ne peut y avoir de résistance surtout quand il s’agit d’une soldatesque incapable de défendre un petit Îlot (Iles de Leila)




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    Le Rifain
    5 septembre 2016 - 10 h 33 min

    Le fils du Glaoui H2 ne
    Le fils du Glaoui H2 ne quittera jamais le Sahara occidental parce qu’il y va du devenir de sa predatrice famille allaochtone au Maroc et tant que le peuple Sahraoui ne reprendra par sa légitime lutte armee.




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    BabElOuedAchouhadas
    5 septembre 2016 - 10 h 26 min

    La RASD et le Polisario
    La RASD et le Polisario doivent apprendre par coeur l’adage qui dit « ce qui a été pris par la force doit être repris par la force ».




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    Tahar Ben Jelloun
    5 septembre 2016 - 10 h 15 min

    Le destin du peuple Sahraoui
    Le destin du peuple Sahraoui est entre ses mains et ne rien attendre de cette coquille vide de l’ONU pour recouvrir son independance tant que cette Organisation est entre les mains du sionisme international sinon il finira comme le peuple Palestinien.




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    Anonyme
    5 septembre 2016 - 9 h 47 min

    Comme toute prostituée qui se
    Le Roitelet M6 ne comprendra que le langage de la force et la RASD doit comprendre cela




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    Madjid
    5 septembre 2016 - 9 h 43 min

    Je ne cesse de dire et redire
    Je ne cesse de dire et redire sur ce site et bien d’autres sites que la solution a ce problème passe par la reprise de la lutte armée qui avait fait connaître au monde entier la juste cause du peuple sahraoui




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    Houari31
    5 septembre 2016 - 9 h 05 min

    L’indépendance du Sahara
    L’indépendance du Sahara occidental est au bout du fusil de son peuple. Point barre.




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    Ziad Alami
    5 septembre 2016 - 9 h 02 min

    De toute évidence la
    De toute évidence la stratégie de fuite en avant du roitelet est la seule alternative face au risque existentiel de sa predatrice famille au Maroc. Face a cette situation il ne reste au Polisario que la reprise de la lutte armée s’il veut l’indépendance du Sahara occidental et ainsi mettre fin aux souffrances de son peuple




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    Algerienhiour
    5 septembre 2016 - 1 h 10 min

    Il faut que lamara notre
    Il faut que lamara notre ministre chevronné se depeche pour mettre tout ça au clair.
    Il y a la Mauritanie qui est entrain de dépecer le territoire des sahraouis.




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    THidhet
    4 septembre 2016 - 18 h 23 min

    Ce dossier est traité comme s
    Ce dossier est traité comme s’il s’agissait d’une sorte de mésentente entre deux pays à propos d’un tracé de frontières. Or, il s’agit d’un conflit où il y a un agresseur (le Maroc) et un agressé (le peuple Sahraoui). On ne devrait même pas demander leur avis aux marocains. Ca, le Polisario doit le comprendre s’ils sont vraiment sincères dans leur lutte. Et le plus tôt sera le mieux car entre-temps, le fétide Makhzen est en train d’utiliser l’argent des enfants Sahraouis pour s’incruster encore plus.




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    La Cigale
    4 septembre 2016 - 17 h 49 min

    L’indépendance et la liberté
    L’indépendance et la liberté ne s’offrent pas , elle doit s’obtenir par la force .
    La patiente n’est pas illimitée. Le pourrissement et la ruse utiliser par le maroc et ceux qui tirent les ficelles les sionistes dans ce conflits et tout les autres conflits dans le monde veulent créer un conflit général dans la région.
    L’Algérie est prête à toutes les confrontations le peuple algérien ne fera pas dans la dentelle.
    Il sera impitoyables avec ces ennemis.
    C’est quand vous voulez les minables .
    Le roitelet c’est jours sont compter .




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      Anonymous
      4 septembre 2016 - 22 h 13 min

      Les va-t-en guerre derrière
      Les va-t-en guerre derrière leurs pc, aussi bien algériens que marocains, seront les premiers à détaler aux premiers fracas des bombes. Prions pour que cette guerre fratricide ne puisse jamais avoir lieu




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        Namara
        5 septembre 2016 - 11 h 33 min

        Tu es pour le statu quo, donc
        Tu es pour le statu quo, donc le makhzen conserve le Sahara Occidental et les Sahraouis restent réfugiés, dans leurs tentes à Tindouf. Drôle de réflexion d’un maroki incapable de demander la libération de Ceuta et Melilla de l’occupant espagnole. Enfin ta réflexion garde la pour toi les Algériens sont habitués à la guerre, aux fracas des bombes et au feu.




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    Anonymous
    4 septembre 2016 - 16 h 41 min

    Le Maroc manoeuvre pour
    Le Maroc manoeuvre pour gagner du temps en investissant dans les territoires occupés et tenter de rallier d’autres pays à sa cause et le changement du secretaire general de l’ONU.Si les sahraouis ne bougent pas cette histoire peut durer + de 100ans.




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    Anonymous
    4 septembre 2016 - 15 h 59 min

    Christopher Ross (né le 4
    Christopher Ross (né le 4 octobre 1943 à Quito, en Équateur) est un diplomate américain.
    Biographie

    Christopher Ross obtient un baccalauréat universitaire (B.A. degree) en études orientales de l’université de Princeton, puis une maîtrise (master’s degree) en relations internationales de l’université Johns-Hopkins1,2.

    Il est nommé ambassadeur des États-Unis en Algérie en 1988, puis en Syrie en 19912,3. En 1998, il dirige le Bureau of Counterterrorism du département d’État1,3. Il prend sa retraite en 1999, puis travaille en tant que Conseiller diplomatique des États-Unis dans le monde arabo-musulman2. En janvier 2009, il est nommé Envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental4.

    Les responsables marocains ont eu dans le passé, des différents, des malentendus, des interprétations,…..
    Allant jusqu’aux Manoeuvres habituelles des marocains: chantages, intimidations,pressions, ruses,…..
    Avec Mr. Christopher Ross sur l’application des modalités des résolutions de l’O.N.U




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    LotfiALN
    4 septembre 2016 - 14 h 17 min

    PRENEZ L’EXEMPLE PALESTINIEN
    PRENEZ L’EXEMPLE PALESTINIEN ET VOUS COMPRENDREZ QUE SEULE LA LUTTE ARMÉE NON SEULEMENT AU SAHARA MAIS SUR LE TERRITOIRE MAROKI VOUS PERMETTRA DE RECOUVRIR VOTRE INDÉPENDANCE.
    DEPUIS LES ACCORDS D’OSLO LES ISRAÉLIENS ONT PIÉGÉ LES PALESTINIENS EN LEUR IMPOSANT DES NÉGOCIATIONS INTERMINABLES TOUT EN CONTINUANT À COLONISER ET À ANNEXER.
    VOUS SAVEZ CE QU’IL VOUS RESTE À FAIRE.
    ET VOUS N’ÊTES PAS SEULS.




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