Entre les mains d’apprentis-sorciers !

Par Kamel Moulfi Le pouvoir, insoupçonné par le lectorat, que les infographistes ont dans la confection des journaux, a-t-il été étendu à la fabrication du livre scolaire destiné à des élèves qui ne sauront pas «corriger d’eux-mêmes» les bourdes commises par ces professionnels de la presse, laissés à leur libre arbitre ? C’est visiblement ce que le gouvernement veut nous faire croire en évoquant la «défaillance technique» à propos de l’erreur sur la carte de la Palestine, qui a sidéré l’opinion publique et dont les parents d’élèves ne finissent pas de parler.

Dans les médias, «spécialistes» et fonctionnaires, certainement dûment «habilités», tentent d’expliquer que, d’une façon générale, les très graves fautes constatées dans des livres scolaires sont des erreurs d’inadvertance commises par des infographistes et que, dans ce cas précis, la carte incriminée a été copiée d’internet. Mais ils ne répondent pas aux vraies questions : les livres scolaires sont-ils confectionnés par des académiciens ou des techniciens de PAO ? Y aura-t-il des sanctions contre les responsables des institutions qui sont derrière ce grave manquement ?

L’hypothèse de l’erreur technique n’est pas du tout convaincante. Si tel est vraiment le cas, cela veut dire que le sort de nos enfants est entre les mains d’apprentis-sorciers ! Et ces derniers ont la tâche d’autant plus facile que la confection du manuel scolaire relèverait donc non pas du professionnalisme le plus accompli, comme il sied à une mission de cette importance stratégique, mais tout simplement du petit bricolage, pour reprendre l’expression des artisans quand ils ont à réaliser un travail dérisoire, «bricola», comme ils disent pour justifier le manque de sérieux dans leur travail.

Et, bien sûr, dans cet esprit, l’illustration dans un livre scolaire n’a aucune autre fonction que de remplir, au sens strict du mot, un espace dans une page, au mieux agrémenter l’écrit d’une image en couleurs pour le rendre plus agréable. Pourtant, en cours de géographie, on apprend aux élèves à quoi sert une illustration collée à un texte. On leur inculque même la nécessité de toujours accompagner la photo d’une légende et d’une signature. En fait, les superviseurs des projets du livre scolaire n’ont pas droit à l’erreur, sous peine de lui faire perdre définitivement son statut quasi-sacré.

K. M.

Comment (5)

    Erdt
    22 septembre 2016 - 0 h 58 min

    Je soutiens la ministre,et la
    Je soutiens la ministre,et la soutiendrai jusqu’au bout,mais là c une erreur grave,impardonnable!! Un livre scolaire doit être conçu par des spécialistes,profs,universitaires du sujet! Et puis quand on remet a l’imprimeur le modèle à imprimer,on vérifie le premier tirage ,et si c bon on donne ce qu’on appelé un bon a tirer! On n’imprime pas des milliers de livre comme ça!!




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    TheBraiN
    21 septembre 2016 - 9 h 46 min

    A censurer !
    L’homme qu’il faut à la place qu’il faut , la femme qu’il faut aussi !




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    Laetizia
    20 septembre 2016 - 21 h 48 min

    prenons exemple sur les bons
    Eh ben on dirait que vous venez de découvrir le parapluie! bien sûr que c’est du bricolage, ça se voit tout de suite! Comparez ces livres à des livres décents, les manuels d’école français par exemple, y a pas photo tout de même! on voit bien l’application des auteurs à fabriquer un livre intelligent captivant qu’on a envie de lire et de relire . Observez les livres de chez nous, que voyez vous ? du bricolage, du mauvais goût, du travail bâclé fait par dessus la jambe, des textes illisibles et des images mal reproduites parce que piratées ! eh oui ce sont pourtant des institutions d’État qui pratiquent ces abus. Et quand bien même une carte géographique serait libre de droit , on peut quand même faire le travail à fond pour plus de cohérence et de maîtrise du sujet et ne pas reproduire bêtement le travail d’autres personnes. Avec ce genre de systématique, l’erreur fini toujours par arriver au mauvais moment!




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    The Slave
    20 septembre 2016 - 19 h 29 min

    Non à la médiocrité
    Premier article sensé que vous faite depuis un bout de temps. Analyse d’un fait qui touche beaucoup de citoyens.




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    Anonymous
    20 septembre 2016 - 11 h 29 min

    Agir collectivement
    Complètement d’accord, ce sont des apprentis-sorciers et ils font du bricolage !




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