Une nouvelle guerre contre les pauvres

Par Samir Bouakouir – Alors que des décisions antisociales sont prises unilatéralement sous l’injonction d’institutions financières internationales, le système ne peut plus tolérer de brèches en son sein. L’éviction du SG du FLN obéit à cette volonté de «reconstruction d’un consensus interne» pour faire face aux troubles sociaux inévitables. Incapable de proposer une vision pour le pays, d’indiquer une trajectoire politique faute de légitimité démocratique, le pouvoir s’apprête à mener une nouvelle «guerre contre les pauvres», à faire payer le prix de l’irresponsabilité et de la gabegie à une majorité de notre peuple.

Confondant les intérêts de l’Etat et de la nation avec ceux d’un régime devenu dangereux pour la cohésion nationale et sociale, les décideurs mettent en place un dispositif de quadrillage militaro-policier du pays et finalise la batterie de textes juridiques visant à neutraliser toute contestation politique. La légalisation de l’autoritarisme à travers la criminalisation de tout acte politique, syndical ou associatif autonome, la volonté de réduire au silence les médias électroniques accusés de porter atteinte à l’image de l’Algérie à l’étranger annonce une «nord-coréisation» du pays.

La raison du «système» se heurtera pourtant à la raison tout court. Dans un monde globalisé, la bunkerisation du pouvoir relève du délire politique absolu. Les transactions financières douteuses, la fuite illégale des capitaux, les manipulations à l’origine d’événements meurtriers dans le pays sont un secret de Polichinelle pour les puissances étrangères et leurs «services». Comment ne pas voir qu’elles servent d’excellents moyens de pression sur un régime prêt à toutes les concessions pour se maintenir ? Le commun des Algériens ont longtemps compris que la complaisance étrangère sert en définitive les intérêts du régime et non ceux de l’Algérie.

Lorsqu’on gouverne contre son peuple, quand on gère un Etat et qu’on dispose de ses revenus comme des biens privés, on s’expose tôt ou tard à la vindicte populaire. Il appartient aux élites politiques, militaires, intellectuelles, économiques et médiatiques de s’affranchir de la logique d’un système en dérive et transcender les clivages secondaires. A la veille de la commémoration du 1er Novembre, il faut se souvenir que malgré les impasses, les renoncements et les désillusions, la détermination et la conviction en un idéal peuvent produire un miracle historique.

S. B.

Comment (7)

    momo
    27 octobre 2016 - 16 h 37 min

    ON NE FABRIQUE AUCUNE
    ON NE FABRIQUE AUCUNE RICHESSE .C NORMAL D ETRE EN FAILLITE .INFLATION ET DEVALUATION MAIS PAS POUR TOUT LE MONDE .LES HAUT FONCTIONAIRES VIVE COMME DES NABABS SANS MEME TOUCHER A LEUR SALAIRE .TOUT LE MONDE LE VOIT MAIS PAS LE GOUVERNEMENT .UNE JUSTICE A DEUX VITESSES.




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    benchikh
    24 octobre 2016 - 19 h 24 min

    Je ne suis pas d’accord que
    Je ne suis pas d’accord que c’est une guerre contre les pauvres,parce-que nous sommes tous pauvres ,il y a que le DIEU qu’il a cette richesse,si les gens ne se cassent pas la tête pour améliorer leur mode de vie,il ne pas reprocher qui que se sois sauf la personne qui a créée cet environnement de cette pauvreté .Il faut lire Adam Smith le fondateur de la richesse humaine. » La richesse des nations « 




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      Mohamed El Maadi
      25 octobre 2016 - 8 h 47 min

      [email protected]

      [email protected]

      Vos propos sont fataliste et exonère les vrais responsables.Comme vous parler de Dieu je vais vous citer une parole de Ali compagon de l’islam qui disait ceci  » Si vous entrer dans une ville et y trouver des pauvres sachez que dans cette meme ville certain ne s’acquitte pas de la Zakat »
      Le sens profond de cette phrase c’est que le droit a ete nié.
      Voyez en Algerie ils preferent faire sortir la jeunesse algerienne du pays car ils ont tout en tete cette histoire de cette femme qui a enferme son chat sans lui donner sa subsistance et que Dieu a punie par l’Enfer.

      Cette histoire symbolise l ‘Algérie ou tu ne peut rien faire car enfermé sans te donner les moyens de survivre.




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        benchikh
        25 octobre 2016 - 19 h 16 min

        Mais Mohamed El Maadi,les
        Mais Mohamed El Maadi,les gens en Algérie et dans le monde arabe doivent changer,le système politique économique change ,la centralisation n’existe plus,faute de moyens.Les gens doivent trouver d’autres moyens que l’état pour vivre,qu’ils reviennent à leur terre(algérie,egypte,syrie,iraq,tunisie)ils ont tous abandonnaient leur terre vers la ville(voir la démographie) .La vie est un combat ,il faut lutter pour arriver ,et ne pas perdre le temps à attendre.El zakat l’état prépare les gens pour les rendre plus utile envers les autres (solidarité).Mr El Maadi,chez nous les agriculteurs en trouvent plus les ouvriers pour nous aidé ,vous pouvez dire que nous sommes seul en face cette terre immense ,mais on appris l’habitude grâce notre Seigneur le tout puissant.On lute pour les autres et pour notre bien.Il n’y pas une civilisation sans les sacrifices.




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    Lghoul
    24 octobre 2016 - 12 h 23 min

    L’autre choc « doux » est l
    L’autre choc « doux » est l’effritement de la valeur du dinar ou sa dévaluation silencieuse en goutte a goutte.
    Chaque 1 % de dépreciation équivaudrait a une baisse de salaire de 1 %.
    Les gens se rendront compte quand ils laisseront la totalité de leur salaire chez l’épicier du coin.




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    TheBraiN
    24 octobre 2016 - 9 h 58 min

    On doit éviter de tomber dans
    On doit éviter de tomber dans la piège du populisme !
    Certaines mesures auraient du être prises depuis 10 ans au moins !
    Le système évitait de trop « fâcher » la foule et la « foule » trouvait son compte en sciant la branche sur laquelle elle était assise .
    Les fuites de capitaux , qui existent dans tous les pays et systèmes du monde, ne sont certes pas combattus (peut-être même sont-ils encouragés ?) mais ne sont qu’un élément du puzzle , un élément important certes mais pas le seul .
    La complaisance étrangère n’est pas une complaisance (et le dire serait accorder à l' »étranger » un droit de regard voire de jugement sur notre pays , sur notre état) mais une posture tout à fait normale car chacun défend ses intérêts après tout !
    La conclusion de l’article elle parait un peu simpliste relevant plus de l’angélisme que de la nature humaine avec un auteur demandant au système de partir et de renoncer à ses avantages de son plein gré .




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    Bekaddour Mohammed
    24 octobre 2016 - 7 h 43 min

    D’abord regarder le réel
    D’abord regarder le réel droit dans les yeux : Nous sommes, sauf rares exceptions, un monde, dirigeants et dirigés, tombés dans le piège corrupteur, « L’Algérie » en principe bien de tous est considérée comme un ennemi, même inconsciemment, (C’est devenu instinctif) que tout un chacun doit voler, salir, voire fuir, si bien qu’il n’y a pas un Nous sain. Le pauvre et le riche ont toujours existé, le faible et le fort, ils n’arrivent à être heureux que lorsqu’ils ont compris le dessein de leur créateur, et collaborent-, se sachant liés pour le meilleur et- pour le pire, et ont trouvé la formule organisatrice de leur vivre ensemble. A ce stade, nous restons un brouillon extrêmement dangereux, mais les brouillons, dans un examen minuté, ont un sablier qui leur signifie qu’ils doivent à un instant donné « rédiger » au propre. L’Algérie doit rendre la Copie à « L’Examinateur », je crois bien que c’est le moment, sous peine d’avoir vécu l’indépendance pour rien, « L’école est finie », (C’est pour les connaisseurs le titre d’une chanson française de 1966, ou 1967), il y a du travail…




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