Quand la route impose sa loi meurtrière

Kamel Moulfi – Quatre jours à peine après le vote à l’APN du texte de «loi relative à l’organisation et la sécurité de la circulation routière» – quel intitulé ronflant ! –, les députés ont reçu illico presto le premier écho renvoyé par la réalité à partir d’une petite localité dans la wilaya de M’sila, où le renversement d’un bus de transport de voyageurs a fait 10 morts et 12 blessés, puis un rappel dans la même journée du samedi 7 janvier lancé du Gourara, dans la wilaya de Ghardaïa, avec la collision entre un véhicule utilitaire et un semi-remorque qui a fait 7 morts et un blessé, puis, comme si cela ne suffisait pas, une autre collision entre deux véhicules légers près de la commune de Maoussa (Mascara) qui a provoqué la mort de 3 personnes et fait 3 blessés, et encore une autre à El Oued, 2 personnes tuées et 3 blessées.

Le plus remarquable est sans doute dans le rapport entre le nombre de victimes et le nombre d’accidents. On ne connaît pas la réaction des députés qui ont voté le nouveau code de la route, ni celle des responsables en charge de le faire respecter, mais dans les médias, les commentaires qui ont suivi cette série d’accidents ont repris les mêmes stéréotypes pour déplorer le «bilan tragique qui renseigne sur l’ampleur de ce phénomène ayant pris des proportions inquiétantes». Que font les autorités face à cette situation ?

En dehors des déplacements de ministres sur les lieux et la présentation des condoléances aux familles des victimes après une visité des blessés à l’hôpital, gestes de solidarité dictés par un devoir protocolaire, il y a cette législation qui n’en finit pas de «durcir les sanctions», mais qui prouve à chaque occasion son inefficacité, et rien d’autre, pour obtenir le but recherché qui est de sécuriser véritablement la circulation sur les routes algériennes. Comment donner son efficacité à la loi et arriver à diminuer le nombre et la violence des accidents ? Il semble plus difficile de trouver une vraie réponse à ces questions que de concocter une loi et faire lever les mains à l’APN pour la voter.

K. M.

Comment (3)

    Farid
    11 janvier 2017 - 18 h 59 min

    On constate que les camions
    On constate que les camions et les bus font le plus d’accidents mortels…Pourquoi ne pas egorger les moteurs à pas plus de 80 kms…Je crois qu’on le faisait avant… même si un accident arrive , à 80 kms/h, ce n’est pas la même qu’un accident à 130 ou 140/h..
    En plus, il faudrait exiger pour chaque chauffeur de camions det de bus un stage de conduite préventive, chaque six mois..




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    Caton
    10 janvier 2017 - 11 h 38 min

    Pléthore d’agents sans sécurité

    L’autorité en place sait comment durcir la répression envers la population en ouvrant à l’infini le recrutement de la police et de la gendarmerie mais ne sait absolument pas utiliser ces effectifs pour arrêter cette hémorragie de vies humaines; hémorragie due aux assassins lâchés sur les routes par cette même autorité.
    C’est vrai que pour cette autorité les vies humaines ne comptent pas, surtout lorsqu’elles ne sont pas des siens; son seul objectif ce sont les amendes qu’elle fait rentrer dans sa caisse.
    Ce ne sera malheureusement pas la dernière hécatombe, le peuple algérien est habitué depuis longtemps à ce triste palmarès dû à l’incurie qui sévit sur les routes algériennes.
    Et ce n’est pas l’augmentation des amendes infligées aux chauffards qui va faire baisser cette stupide mortalité.

    C’est à vraiment se demander à quoi sert toute cette armada d’agents de la sécurité routière si elle n’arrive pas à pallier aux carences de la formation à la conduite sur route prodiguée par des auto-écoles au rabais !

    Pour exemple, il n’y a qu’à voir la prolifération des marchés sauvages de fruits et légumes sur toutes les routes algériennes au nez et à la barbe de ces agents de la sécurité routière et même à leur côté.
    Il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour connaître la dangerosité de cette anarchie marchande sur les routes; mais l’autorité laisse faire car elle a peur de s’attaquer à ces voyous de l’informel qui squattent les routes en toute impunité; elle préfère sévir sur les pères de famille qui ont dépassé de 5 Kms/h la vitesse limite autorisée !




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    anonyme
    9 janvier 2017 - 10 h 10 min

    Où sont nos responsables?
    La prise en charge des accidentés de la route coutera une fortune au trésor publique.
    Nos responsables doivent agir vite pour sauver la sécurité sociale de la faillite.
    Où sont les sanctions contre ses voyous de la route?
    C’est dramatique ce silence de nos responsable!




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