Les signes d’un deal

Par R. Mahmoudi – A suivre les déclarations curieusement enthousiastes de la plupart des partis politiques sur les prochaines élections législatives, on a l’impression que toutes les portes leur sont tout d’un coup ouvertes. Et on est tenté de croire que chacun aura finalement le nombre de sièges souhaité dans ce qui s’apparente d’ores et déjà à une véritable mosaïque parlementaire, voire à une foire aux dupes.

A commencer par les islamistes qui rêvent de reconquérir leur place au gouvernement et n’hésiteront pas à retisser de nouvelles alliances avec la future majorité pour participer à une coalition hétéroclite, au nom d’un «front uni» ou d’une réconciliation en attente de parachèvement. Plusieurs indices montrent, en effet, que ce scenario de réintégration des islamistes au pouvoir était programmé. Il en est ainsi du regroupement des formations d’obédience islamiste, pour justifier en amont un bon score aux élections La désignation d’un ancien cadre d’Ennahda à la tête de la Haute instance de surveillance des élections législatives fait aussi partie du scénario.

Par ailleurs, le réaménagement de la loi électorale au profit des formations n’ayant pas obtenu 4% lors du précédent scrutin et profite essentiellement aux partis islamistes, tandis que les déclarations des leaders islamistes sont toutes favorables à la participation à un gouvernement issu d’une élection «relativement propre». Il en est de même s’agissant des médiations initiées par la direction du FLN auprès de différentes personnalités islamistes visant à les ramener dans le giron du pouvoir.

Enfin, le rapprochement assumé des hautes sphères de décision avec les Frères musulmans tunisiens et libyens, participe de cette même approche. Rached Ghannouchi n’a-t-il pas loué l’expérience algérienne en matière de réconciliation nationale et révélant même que le président Bouteflika s’opposait au classement de la secte des Frères musulmans comme organisation terroriste ? Faut-il rappeler aussi que la visite de l’islamiste tunisien a été suivie d’un étrange déplacement d’Ahmed Ouyahia à Tunis pour y rencontrer un prédicateur libyen ?

R. Mahmoudi

Comment (2)

    muhand
    6 février 2017 - 9 h 05 min

    La boîte de pandore
    Une fois de plus les laborantins du système ont réussi à trouver le moyen de leurrer tous ceux qui ne le sont pas favorables. Ces partis politiques qui participeront à une autre mascarade électorale se prendront une gifle magistrale. Comme toujours la plus grande part ira au FLN qui n’aura même plus besoin du RND pour former une majorité absolue. Les islamistes pour les consoler seront récompensés d’une trentaine de sièges juste pour pouvoir former un groupe. Quant aux soit disant partis démocratiques, ils auront entre 1 et 20 députés en fonction de leurs allégeances. Après l’élection ils reviendront encore nous raconter qu’il y a eu une fraude massive comme si ils ne le savaient pas. Ces partis politiques phagocytés par quelques opportunistes de militants qui ne sont intéressés que par leurs petites personnes voient en cette élection une opportunité pour s’enrichir cela le système l’a bien compris, voilà la seule raison qui pousse ces partis de la honte à participer à ce carnaval. Le boycotte ne suffira pas non , il faut une révolution citoyenne pacifique pour une 2 em république. La rue doit gronder.




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    Cheikh kebab
    4 février 2017 - 21 h 29 min

    Ils sont plus intelligents
    Ils sont plus intelligents que les autres,les démocrates se divisent au lieu de s’unir comme eux. Je vois pas la différence entre les programmes du rcd,ffs,pt,jil djadid,benflis…et mds…! Les islamistes ont un cap et ils s’y dirigent.




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