Driss Djazaïri à Oxford : «Le monde devrait s’inspirer de l’œuvre de l’Emir Abdelkader !»

Driss Djazaïri. D. R.

«La vision, la pensée et l’héritage de l’Emir Abdelkader pour le monde actuel, marqué par des conflits et tensions entre les religions» ont été une nouvelle fois réaffirmés lors d’une conférence animée par le diplomate algérien Driss Djazaïri au Centre des études islamiques d’Oxford, en Angleterre, l’Oxford Centre of Islamic Studies. Devant une assistance nombreuse, composée en grande partie d’universitaires, d’enseignants, de chercheurs et d’étudiants de la prestigieuse université britannique. Driss Djazaïri, directeur exécutif du Centre de Genève pour la promotion des droits de l’Homme et du dialogue international, a tenu à souligner que les valeurs prônées par l’Emir Abdelkader «sont toujours d’actualité, aujourd’hui plus que jamais». L’orateur a mis en avant les valeurs humaines, de respect, de tolérance et d’humanisme prônées en temps de guerre comme de paix par l’Emir Abdelkader qui, plaçant haut le respect d’autrui, était un homme de paix «tendant la main conciliante à ses adversaires, avant d’avoir recours à son sabre». «Il avait offert refuge et hospitalité à des milliers de chrétiens, en application des préceptes de l’islam, religion de tolérance. Il prônait également, en précurseur, l’humanisme en temps de guerre, le droit humanitaire de nos jours», a-t-il dit.

Driss Djazaïri a estimé que ce sont de ces valeurs de tolérance et d’humanisme dont le monde, qui traverse une conjoncture marquée particulièrement de tensions et d’intolérance entre les religions, «a le plus besoin aujourd’hui». «L’humanité qui s’enfonce dans la violence, la haine et l’extrémisme, devrait prendre modèle sur l’Emir Abdelkader, le messager de paix et de fraternité, en suivant les valeurs prônées dans son livre Al-Mawâqif (attitudes)», a souligné l’ancien ambassadeur d’Algérie à Washington.

Lors du débat qui a suivi la conférence de Driss Djazaïri, des intervenants ont demandé comment il serait possible d’apprendre à l’humanité l’ouverture aux autres, le respect d’autrui et des religions, véhiculés par cet enfant de l’Algérie. En marge de la rencontre, Driss Djazaïri a mis en exergue l’importance pour le Centre d’études islamiques de «s’intéresser aux valeurs universelles de l’Emir Abdelkader, dans un contexte de tension croissante due à l’islamophobie et aux frustrations des populations musulmanes refusant l’invasion étrangère».

«C’est une bonne chose que la voix de l’Algérie soit entendue pour la première fois dans cette institution qui dispose d’un réseau très important, notamment en ce qui concerne le message de l’Emir Abdelkader qui est d’une actualité brûlante présentement», a affirmé Driss Djazaïri, dont la conférence a été une occasion pour «mieux faire connaître ce riche patrimoine que nous avons en Algérie et avec lequel nous pouvons contribuer à la paix dans le monde», a conclu le diplomate algérien.

De Londres, Boudjemaa Selimia

Comment (60)

    Mindjibalina
    18 février 2017 - 14 h 24 min

    Lettre de l’Emir Abdelkader à
    Lettre de l’Emir Abdelkader à Louis-Philippe (roi de France)
    Contribution de notre ami S. Bennaï

    Je t’ai déjà écrit deux fois pour t’ouvrir ton coeur. Tu ne m’a pas répondu. Mes lettres ont été interceptées sans doute, car tu es trop bienveillant pour ne m’avoir fait connaître tes véritables dispositions à mon égard ; puisse une dernière tentative avoir plus de succès ! Puisse l’exposé de ce qui se passe en Afrique y attirer ton attention et emmener enfin un système propre à faire le bonheur des populations que Dieu a confiées à notre commune sollicitude. La conduite de tes lieutenants est injuste à mon égard et je ne peux supposer encore qu’elle soit connue de toi, tant j’ai confiance en ta justice. On tâche de te faire croire que je suis ton ennemi, on t’abuse. Si j’étais ton ennemi, j’aurais déjà trouvé maintes occasions de recommencer les hostilités. Depuis le refus que j’ai fait au commandant de Salles, Ambassadeur du Maréchal Vallée (refus qui est motivé dans une des lettres citées plus haut), il n’est sorte de dégoûts dont je n’ai été abreuvés par tes représentants à Alger. Mes soldats ont été arrêtés et retenus en prison sans motif légal ; l’ordre a été donné de ne plus laisser pénétrer dans mes Etats la moindre quantité de fer, cuivre, plomb, etc. Mes envoyés à Alger ont été mal reçus par les autorités ; on ne répond à mes dépêches les plus importantes que par un simple accusé de récéption ; on s’empare des lettres qui me sont adressées d’Alger et puis on dit que je suis ton ennemi, que je veux la guerre à tout prix ; moi qui, margré ce prélude d’hostilité, facilite l’arrivée de toutes les productions de mon pays sur vos marchés, qui m’entoure d’Européens pour développer chez moi l’industrie et qui donne enfin les ordres les plus sévères pour que tes ingénieurs, tes savants même parcourent en sûreté mon térritoire et n’y trouvent que le plus bienveillant acceuil.
    Mais te dira-t-on, l’Emir n’a pas encore rempli les premières conditions que lui a imposées le traité de la Tafna ! Je n’ai retardé l’accomplissement de ces clauses que parce que tes représentants ont, les premiers, manqué à leurs engagements.
    En effet, où sont ces nombreux fusils, ces innombrables quintaux de poudre, ces approvisionnements de plomb et de souffre qu’on devait me fournir ?

    Pourquoi vois-je encore à Oran ces chefs des Douars et des Smalas, dont l’extradition en France m’était promise ?

    Tes généraux pensent-ils que je n’ai pas entre mes mains le traité particulier 1 (le seul qui m’intéressât) écrit de la main de l’un d’eux, et revêtu de son cachet ? Pourrai-je croire un instant à la non-validité des promesses écrites d’un représentant du roi ? Je te l’avoue, nous avions une si haute idée de la bonne foi des chrétiens francais que nous avons été effarouchés par ce manque d’exécution de leurs promesses et que sans de nouvelles instructions de ta part, nous avons refusé toute innovation du Traité. Oui Sultan de France, tes agents exclusivement militaires, ne veulent que combats et conquêtes ; ce système n’est pas le tien, j’en suis sûr. Tu n’es point venu sur la terre d’Afrique pour en exterminer les habitants, ni pour les chasser de leur patrie. Tu as voulu leur apporter les bienfaits de la civilisation. Tu n’es point venu asservir des esclaves, mais bien les faire jouir de cette liberté, qui est l’apanage de ta nation, de cette liberté dont tu as doté tant de peuples et qui est une des bases des plus solides de ton gouvernement. Eh bien ! la conduite de tes généraux est tellement contraire à ces sentiments (qui sont les tiens, j’aime à le penser), que les Arabes sont persuadés que la France a l’intention de les asservir et de les chasser de leur pays. Aussi, vois-je grandir chez eux et contre vous, une haine qui sera plus forte que ma volonté et mettra un obstacle insurmontable à l’éxécution de nos projets mutuels de civilisation. Je te prie, au nom de Dieu qui nous a tous créés, cherche à mieux connaître ce jeune musulman que l’Etre suprême a placé malgré lui à la tête d’Arabes simples et ignorants et qu’on te dépeint comme un ennemi fanatique et ambitieux. Fais-lui savoir quelles sont tes intentions, que surtout tes propres paroles arrivent à lui et sa conduite te prouvera qu’il était mal apprécié. Que Dieu continue à t’accorder les lumières nécessaires pour gouverner sagement tes peuples. Cette lettre est écrite en langue française par Léon ROCHES – devenu musulman – arabisé pour le bien de l’histoire et qui a pris le nom de : El-hadj Omar – sous la dictée de l’émir Abdelkader dans son camp de Bou-Khorchefa le 15 avril 1839.

      Anonymous
      18 février 2017 - 16 h 38 min

      Après il s’est planqué à
      Après il s’est planqué à Damas pendant 33 ans en se mettant au service de la France.

        Truth & Trust
        19 février 2017 - 13 h 37 min

        Mr Anonyme, s’il vous plait,
        Mr Anonyme, s’il vous plait, n’écrivez pas des inepsies sur des sujets que vous ignorez. L’Emir Abdelkader est notre fierté à tous car il represente vraiment et toujours l’âme algérienne: compassion envers les siens et envers ses ennemis, respect de la parole donnée, esprit de sacrifice, attitude chevaleresque dans les combats, sens de l’état, et encore et encore…Il y a des centaines d’ouvrages écrits à son sujet par des auteurs Algériens, Français et étrangers : tous ont loué la personnalité de l’Emir, jusqu’à ses prisonniers Français qui ont tous intercédé en sa faveur pour sa liberation quant il était interné à Pau et à Amboise, car il les avait bien traité durant leur détention dans ses camps. Il a été décoré par les puissances de l’époque pour avoir sauvé des milliers de Chrétiens du massacre de fanatiques à Damas (déjà ! comme quoi l’histoire se répète). Toutefois, je ne vous blâme pas, vous êtes une énième victime du systeme éducatif aux relents d’une idéologie fanatique). Je vous suggère de lire quelques ouvrages sur l’Emir, vous aurez alors tout le loisir de corriger votre jugement. Salutations.

    La Cigale
    18 février 2017 - 14 h 20 min

    Tout à fait d’accord avec ce
    Tout à fait d’accord avec ce que dit cet intellectuelle au coeur rempli d’humanité et de compassion pour autrui don le noble Coran sa religion l’islam est sa première et seule source d’inspiration .
    Voilà un bon ambassadeur qui peut promouvoir la paix à travers le monde par des conférences comme celle ci.

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