Attribution prochaine d’un doctorat honoris causa à Lounis Aït Menguellet

Aït Menguellet nourrit la culture et le patrimoine amazighs. New Press

L’artiste Lounis Aït Menguellet sera nommé docteur honoris causa au courant du premier semestre 2017, a annoncé lundi le recteur de l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou lors du Colloque international consacré aux 50 ans de carrière du chanteur.

S’exprimant à l’ouverture des travaux du colloque qui s’étalera sur trois jours, Ahmed Tessa a précisé avoir convoqué le conseil scientifique pour jeudi 15 mars en vue de proposer au Département de langue et culture amazighes de la Faculté des lettres et langues de choisir annuellement deux grandes figures de la culture algérienne pour leur décerner ce titre honorifique.

«Pour cette année, nous proposerons pour ce premier semestre Lounis Aït Menguellet, puis, à titre posthume, Lounès Matoub qui obtiendra la distinction honorifique durant la deuxième moitié de l’année en cours. Deux hommes qui méritent amplement d’être honorés en signe de reconnaissance à leur œuvres, à leur parcours et leur engagement», a-t-il déclaré.

Une date de décernement du doctorat, qui fait suite au Colloque international consacré au cinquantenaire d’Aït Menguellet par le Laboratoire d’aménagement et d’enseignement de la langue amazighe que préside Nora Tigziri, sera fixée par le conseil scientifique qui déterminera une date de remise du trophée qui aura lieu au plus tard au mois de juin prochain, a-t-il affirmé.

«Lounis est le symbole d’une kabylité retrouvée. Il a porté la voix de la jeunesse qui se bat pour la liberté et pour les droits. Il est le porte-parole de la femme opprimée et du montagnard pauvre et digne. Aït Menguellet tout comme Lounès Matoub nourrissent notre culture, notre patrimoine et leurs œuvres sont une source d’inspiration pour plusieurs générations», a-t-il déclaré.

Lounis Aït Menguellet «profondément honoré»

Présent au colloque, Lounis Aït Menguellet a déclaré à la presse qu’il est «profondément honoré» par l’intérêt que portent l’élite scientifique et la communauté universitaire à son œuvre.

«Le plus important, ce n’est pas ma personne en tant qu’individu, mais plutôt le bénéfice qu’en tire notre culture et notre identité qui a besoin de telles initiatives. Que nos élites intellectuelles fassent avancer de cette façon notre culture ne peut que nous faire chaud au cœur.»

Le poète philosophe a estimé que tous les travaux scientifiques consacrés à son œuvre artistique constituent un apport de plus pour la langue et la culture amazighes, soutenant qu’un homme de culture n’est plus le propriétaire de sa création après l’avoir publiée, puisqu’elle devient un héritage commun qui contribue au renforcement des valeurs sociales.

Abordant ses projets, Aït Menguellet a déclaré qu’il est en train de préparer des galas aussi bien à Tizi-Ouzou qu’à travers d’autres wilayas, sauf que le programme n’est pas encore officiellement arrêté.

Sa première rencontre avec le public est attendue pour le 24 mars à la Coupole d’Alger, une manière, selon le chanteur, «de contrebalancer le gala du Zénith de Paris puisque la Coupole est pratiquement de la même envergure et de la même importance».

L’auteur de Djamila, Tejra Illili, Abrid Temzi, Chaâlet agh tafat, Afennan, Taqbaylit, Ameddah et des centaines d’autres titres prépare également un nouvel album dont la sortie est attendue pour le mois d’avril.

Le colloque, qui se poursuivra jusqu’à jeudi, connaît la participation d’universitaires venus du Maroc, d’Espagne, de France et du Canada ainsi que de plusieurs wilayas du pays, a-t-on fait savoir.

Une vingtaine de communications sont au programme de ce rendez-vous scientifique dans lequel les débats porteront sur l’œuvre de Lounis Aït Menguellet dans toutes ses dimensions, notamment la thématique, la poésie ou le texte, la musique, la traduction et l’adaptation.

R. C.

Comment (5)

    simple lecteur
    15 mars 2017 - 13 h 15 min

    Chapeau bas à bous Monsieur
    Chapeau bas à bous Monsieur Ait Menghellat. Félicitations rien à dire.




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    tripode
    7 mars 2017 - 17 h 51 min

    Il faut tout lire , tout
    Il faut tout lire , tout étudier, mais je suis sidéré que mes enfants apprennent la poésie pré-islamique , La fontaine , et tutti quanti et personne ne leur propose la prose de Lounis Ait Menguellet.




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      Mouhouche
      8 mars 2017 - 12 h 48 min

      Cela s’appelle la haine de
      Cela s’appelle la haine de soi…oui, oui, la haine de soi, pas la haine de Tamazight ou bien de la langue Kabyle, parce que si c’était le cas, pourquoi est ce que des poètes Algériens aussi célèbres que Sidi Lakhdar Benkhlouf qui ont écris ont dardja, sont superbement rejetés par l’école Algérienne. Tamazight en général et la langue Kabyle en particulier ne sont que La partie visible de la haine de l’Algériannité, cette partie visible qui empêche ces monstres de dormir, alors que l’autre, la partie enfouie, qui se trouve dans les ténèbres, elle jalouse la partie du dessus, pensant que c’est celle là qui lui fait de l’ombre, qui l’étouffe.




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    Thidhet
    7 mars 2017 - 8 h 29 min

    Dans un pays où l’on hononore
    Dans un pays où l’on hononore les grands hommes plutôt les grosses petites frappes venues d’on ne sait où comme Saidani et Tliba, un homme de l’envergure d’Aït Menguelet aurait eu droit à bien plus qu’un Doctorat Honorifique. Gageons, à notre grande honte, que l’Elysées y songera bien avant nos chers locataires d’El Mouradia.




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    Rabah Mansour
    7 mars 2017 - 8 h 13 min

    Cet immense artiste Kabyle
    Cet immense artiste Kabyle certes mais universel à plus d’un titre.Ses paroles et sa musique sont des baumes pour l’âme.La Kabylie et l’Algérie sont honorées par ce grand poète fier,juste et modeste à la fois comme sa Kabylie natale.




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