Spéculateurs puissants, Etat faible

Par Kamel Moulfi – La flambée des prix dans les marchés a été évoquée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a pointé du doigt les spéculateurs comme étant les responsables de cette situation ayant entraîné une chute vertigineuse du pouvoir d’achat d’une grande partie de la population. Les spéculateurs ont rendu inopérante la fameuse loi de l’offre et de la demande, puisque l’abondance de la production agricole qui couvre largement les besoins du marché n’a pas réussi à endiguer la tendance à la hausse vertigineuse des prix.

Les spéculateurs agissent en territoire conquis en profitant d’une conjoncture qui leur est favorable. D’une part, l’essentiel de leurs opérations commerciales sur ce marché se fait dans l’informel, en dehors de tout cadre juridique et sans contrôle réel. Ils n’ont rien à craindre, ni la loi du marché ni la loi de la république, «que du bénéfice», comme on dit. D’autre part, le recours habituel aux importations qui permettait au gouvernement de «casser les prix» en inondant le marché par des quantités importantes de pomme de terre, de viande ou autre produit frappé par la spéculation, n’est plus possible. L’Etat n’a plus l’aisance financière que lui procuraient les cours élevés du pétrole.

La solution annoncée par Sellal – accélérer la construction de marchés de gros – va se heurter sans aucun doute à la résistance des spéculateurs qui ne comptent pas laisser tarir une source d’enrichissement aussi facile et rapide. Ils ont la maîtrise du marché et la puissance financière, pourquoi se résigneraient-ils à abandonner le terrain à l’Etat ? Ils vont continuer leurs magouilles malsaines et tenter de garder encore plus longtemps en otage le marché des fruits et légumes, et, avec lui, toute la population, en dominant le maillon décisif de la commercialisation. Les commerçants déclarés qui utilisent les factures et paient leurs impôts, et qui survivent encore, sont, avec les consommateurs, les principales victimes de cette liberté d’entreprendre chaotique.

K. M.

Comment (6)

    Ali
    16 avril 2017 - 14 h 53 min

    Subvention campagne électorale
    J’ai fait la remarque suivante : à chaque fois que les élections législatives approchent c’est la flambée des prix des produits alimentaires. J’en ai conclu que les détenteurs des produits alimentaires affiliés à des partis qu’il es inutile de citer car ils ont pignon sur rue, recourent à la flambée des prix pour payer la campagne électorale de leurs mentors. Une fois les élections terminées les prix à leur niveau habituel.




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    Felfel Har
    12 avril 2017 - 15 h 49 min

    Qui fait quoi?
    Qui est en charge de la régulation des marchés? C’est l’État! Qui se plaint de la désorganisation des circuits de distribution des produits? C’est encore l’État! Qui doit remédier à ces carences? C’est toujours l’État! Il ne peut se défausser sur les spéculateurs et/ou sur les consommateurs. C’est à lui d’agir sur la base de l’arsenal juridique dont il s’est doté et sur les institutions de contrôle qu’il a créées. Que font les consommateurs pour protéger leur pouvoir d’achat? Ne peuvent-ils pas s’organiser en Associations pour signaler aux autorités tout dépassement? Rien n’est impossible, il faut agir.  » A coeur vaillant, rien n’est impossible. »




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    Cheikh kebab
    12 avril 2017 - 2 h 21 min

    C les ministres qui sont
    C les ministres qui sont faibles. À chaque problème ils invoquent la spéculation. Mais on le sait,mais vous ,ministres qu’est ce que vous faites??? On dit qu’on produit du ciment à gogo,à ne savoir quoi en faire mais des entrepreneurs à chlef se plaignent du manque: réponse du ministre c la spéculation. La banane est importée rendue port et dédouanée à 70 da!!!! Arrive chez détaillant à 400 da!!! Alors qu’il ya quelques mois on l’a payait 80/100 da!! Qu’est ce qui a changé??? Le dinar n’a pas été dévalué de 400% ,non???




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    1er novembre
    11 avril 2017 - 15 h 48 min

    Mr Sellal, le problème est
    Mr Sellal, le problème est dans la chaîne de distribution. Cassez la maffia en donnant ce créneau aux jeunes de l’Ansej. Créer des coopératives de jeunes dans chaque wilaya ou zone agricole, dites à vos dsa de leur créer des liens directs avec les agriculteurs et marchés de gros. Vous résorberez le chômage et améliorerai le quotidien du citoyen.




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    Aldjazairi
    11 avril 2017 - 13 h 16 min

    Il se moque de qui , le
    Il se moque de qui , le premier ministre ….?!!




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    TOTO
    11 avril 2017 - 12 h 38 min

    IL YA UN AN LES PATATES ETAIT
    IL YA UN AN LES PATATES ETAIT A 15 DINARS L AIL A 60 DINARS.QUAND IL Y A DE L OFFRE EN ABONDANCE LES PRIX BAISSE C TOUT .EN PLUS PERSONNE NE TRAVAILLE AVEC 5 MILLIONS DE FONCTIONAIRES .ET 5 MILLIONS DE RETRAITER NE DITES PAS N IMPORTE QUOI..




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