Quelle position adopter face à la crise entre Doha et Riyad : un dilemme pour l’Algérie

L'émir du Qatar a été reçu par le président Bouteflika à Alger en 2014. New Press

Si, pour l’instant, l’Algérie n’a pas encore réagi à la crise diplomatique sans précédent qui déchire les pays du Golfe, après l’annonce de six pays de rompre leurs relations avec le Qatar, tout indique que notre pays observera une parfaite neutralité, et ne pourra qu’appeler à la normalisation, au nom de la fraternité et de la solidarité arabes.

D’abord, parce que, traditionnellement, l’Algérie se défend de s’ingérer dans les affaires d’autres pays, comme elle l’a prouvé à maintes occasions mais, surtout, parce qu’elle n’est sous l’influence d’aucune des deux parties en conflit, comme le sont les quatre ou cinq pays (Emirats arabes unis, Bahreïn, Egypte, Yémen et gouvernement de l’Est libyen) qui se sont immédiatement alignés du côté saoudien, en attendant certainement d’autres dans les prochaines heures.

Il faut dire même que l’Algérie a subi les affres de ces deux puissances arabes que sont l’Arabie Saoudite et l’Emirat du Qatar, qui cherchaient alors à caporaliser l’ensemble des pays arabes pour asseoir leur plan de reconfiguration de la carte géopolitique de la région.

L’Algérie s’est d’abord heurtée à Doha dès les premières années du déclenchement du «printemps arabe» pris en main par le petit Emirat gazier. Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire, en février 2013, le Qatar a publiquement menacé l’Algérie de lui faire subir le même sort que les pays en proie au chaos. Alger refusait de cautionner notamment la suspension de la Syrie de cette organisation panarabe et rejetait toutes les accusations qui étaient formulées contre le gouvernement de Damas.

Le froid entre l’Algérie et le Qatar remonte, en fait, aux années 1990 lorsqu’Alger a décidé de fermer le bureau de la chaîne Al-Jazeera à Alger, en raison du parti-pris flagrant de cette chaîne pour la subversion islamiste. Cette chaîne de propagande ne ratait pas une occasion pour dénigrer l’Algérie et cherchait sans cesse à y semer la fitna par la désinformation et l’intoxication, méthode utilisée avec efficacité en Libye, en Egypte, en Syrie et en Irak.

Reprenant l’initiative, après la destitution de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, en juillet 2013, l’Arabie Saoudite n’a pas cessé de faire pression sur l’Algérie pour la rallier à son camp, mais en vain. Au niveau de la Ligue arabe, désormais inféodée à Riyad, l’Algérie fait partie de trois pays ayant refusé de voter, en mars 2016, le classement du Hezbollah libanais comme organisation terroriste. Les Saoudiens en voudront encore à l’Algérie pour son refus de rejoindre l’alliance armée qu’ils avaient montée contre la résistance yéménite.

En avril 2015, un avion d’Air Algérie a été interdit de survoler l’Arabie Saoudite pour rapatrier des dizaines de Maghrébins bloqués à l’aéroport de Sanaa. Mais, en dépit de cette tendance à l’escalade, l’Algérie a toujours privilégié l’apaisement et l’entente avec Riyad. Ce message a été transmis de vive voix, en avril 2016, par l’envoyé spécial du président Bouteflika, Tayeb Belaïz, au roi d’Arabie Saoudite, Salman. Expliquant la démarche de l’Algérie, Belaïz a déclaré que notre pays respectait «une doctrine héritée de la Guerre de libération nationale et basée sur le principe de non-intervention dans les affaires internes des Etats», a-t-il affirmé pour justifier le refus de l’Algérie d’adhérer à la coalition mise en place par l’Arabie Saoudite. «Toutefois, a-t-il relativisé, les différends entre l’Algérie et l’Arabie Saoudite n’étaient pas de nature à “altérer la relation fraternelle” qui lie nos deux pays.»

Il faut dire que, depuis cette rencontre, la tension entre les deux capitales s’est apaisée, comme l’atteste l’invitation récente de l’Algérie à assister au Sommet Etats-Unis-monde musulman à Riyad. Mais loin de toute idée de soumission.

R. Mahmoudi 

Comment (105)

    Enfant gaté
    7 juin 2017 - 7 h 45 min

    ça me rappelle le fameux
    ça me rappelle le fameux dicton : quand on veut noyer son chien…on dit qu’il a la rage .
    l’arabie saoudite a pointé du doigt le qatar comme ayant la rage juste parcequ’il ( le qatar) est ami avec l’Iran qui est l’ennemi juré des saoud !
    les usa sont des criminels et des comploteurs car il y’a quelques années l’axe du mal était plutot les saoudiens pour l’équipe Obama , et voilà qu’aujourd’hui c’est l’iran et tous ceux qui soutiennent l’iran.
    si l’algérie adhére à cette mascarade , alors elle accepte l’ingérence des « super puissances  » (usa) dans d’autres pays ….et demain pourra etre le tour d’un autre pays …
    Trump n’est pas du tout fait pour la politique et la diplomatie , il a le profile parfait d’un enfant trop gaté de 72 ans.




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      Ahmed
      8 juin 2017 - 9 h 15 min

      Exact Mon Vieux
      Exact Mon Vieux




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    Anonymous
    6 juin 2017 - 15 h 56 min

    Si ma mémoire est bonne le
    Si ma mémoire est bonne le Mossad à envoyer du matériel d’espionnage à travers le Qatar le matériel a été découvert dans l’avion du Qatar Airways qui a atterri en Algérie heureusement que les services de douane sont vigilants …personnellement je trouve que c’est une très bonne nouvelle que ces chiens se retrouve aujourd’hui pendu par les pieds … Tic tactique tactique tac les monarchies sont en train de couler j’attends le naufrage du Maroc avec le plus grand plaisir . Inchallah




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    Erracham
    6 juin 2017 - 14 h 02 min

    Les deux pays nous vouent une
    Les deux pays nous vouent une haine sans merci et celà dure depuis longtemps. Nos dirigeants doivent le savoir. J’ai entendu le grand moudjahid Mhamed Yazid (Allah yarrahmou) déclarer que, pendant la révolution, la délégation extérieure (dans laquelle il faisait partie) a essuyé un refus net du roi Fayçal de nous aider. Notre révolution était suspecte et il craignait que, si elle réussissait, elle donnerait des idées à ses sujets. Plus tard,quand j’effectuais des études post-graduées à Michigan State University (en 1976), j’ai rencontré des étudiants moyens-orientaux qui considéraient que nous, Algériens, étions plus Européens et communistes qu’arabes et musulmans, donc impies. mécréants. Depuis, je ne rate aucune occasion pour leur exprimer mon mépris et de leur rappeler leur traitrise non seulement vis-à-vis des Algériens, mais de tous les musulmans de la planète qui honorent l’Islam authentique, pas le leur, sectaire et rétrograde. SVP, ne dites plus qu’ils sont nos frères, au contraire!




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      Sam
      6 juin 2017 - 17 h 58 min

      Je suis entièrement d’accord.
      Je suis entièrement d’accord….moi personnellement. ..je ne reconnais aucun lien de fraternité avec ces gens et seules les algériens sont mes frères et ce, en dépit de toutes nos différences. ..je ne suis pas touchée ou offusquée par ce qui se passe entre ces monarchies; toutes les nations connaîtront le déclin et leur heure est peut être arrivée. ..entre les saoudiens rétrogrades, sectaires, fondamentalistesi et immoraux et les qataris avides d’asservitude, il n’y pas de place pour la raison. …




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    nono
    6 juin 2017 - 12 h 28 min

    pas de dilemme. Ces pays sont
    pas de dilemme. Ces pays sont tres riches mais n’ investissent jamais chez nous. Ils nous en jamais aide financierement. On a aucun lien avec eux, c’est clair




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      louisa
      6 juin 2017 - 20 h 13 min

      pourquoi veux-tu qu’ils nous
      pourquoi veux-tu qu’ils nous aident ? nous aussi on est producteur du gaz et du pétrole comme eux ,nos terres sont cultivable pas eux alors où va notre richesse




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